Self Management en entreprise où l’absence d’apprentissage d’une « hygiène » digitale

J’ai un fils de 2 ans et demi qui fait ma fierté. Ce petit bonhomme m’étonne de jour en jour, et je m’émerveille autant à le voir grandir que lui à découvrir des choses qui me paraissent anodines. Prenez l’exemple du brossage de dents : son habilité grandit avec la pratique, mais nous veillons, ma femme et moi, à lui montrer la bonne voie. Où tout du moins celle que nous pensons bonne pour lui, en accord avec nos principes, notre expérience, etc. L’hygiène s’apprend, s’acquiert dès le plus jeune âge, je ne vais pas vous faire un cours sur le sujet.

Hygiène. Ensemble des principes, des pratiques individuelles ou collectives visant à la conservation de la santé, au fonctionnement normal de l’organisme

Cet ensemble de principes, de pratiques individuelles ou collectives visent à conserver sa santé, à faire que son organisme fonctionne bien. Ne dit-on pas « Avoir une bonne hygiène de vie » ou « Avoir une bonne hygiène alimentaire ». Mais pour autant, ces réflexes s’acquièrent dans l’intimité et sont les bases invisibles et implicites de nos organisations humaines. Ecoles, collectivités, associations, entreprises, etc.

J’en viens donc au Self Management. Cette discipline, que l’on rapprochera des techniques du développement personnel, se développe aujourd’hui de plus en plus. Son objectif ? nous permettre, au moyen de méthodes et autres routines, d’auto-gérer correctement un travail plus que jamais digitalisé. La méthode sans doute la plus répandue : Getting Things Done.

J’assimile le Self Management à l’hygiène digitale. Savoir gérer ses tâches, ses mails, etc. Néanmoins, à l’inverse de l’hygiène corporelle, nous n’apprenons que très peu à la gérer. Nos parents n’étaient pas là pour nous apprendre, tout autant que l’école. Avec le temps, nous nous sommes pliés à ce que nous pensions tous bon pour nous, chacun affinant ses techniques d’auto-gestion, d’auto-organisation.

Le Self Management en entreprise se doit d’être acquis. Rien ni personne ne vient vous dire comment faire. On vous abandonne à une myriade d’outils et on se passe des astuces sous le bras comme autant de coutumes locales.

Mais à l’heure de l’infobésité et du stress numérique plusieurs éléments viennent renforcer la nécessité d’une prise de conscience sur le sujet :

  • L’accélération constante des changements : tout va toujours vite. A chacun d’être toujours plus véloce et absorber une augmentation croissante de contenus, de tâches et autres redevabilités (lisez et gardez la phrase qui suit bien en tête et prenez du recul sur ce sujet, vous serez surpris de sa cruelle réalité = votre boite mail est une liste de tâches que vous ne contrôlez pas). Ce n’est pas l’objet de ce billet mais le sujet de l’absorption de cette vélocité et ces changements permanents cachent également une incapacité des organisations et méthodes managériales à supporter cet état de fait.
  • Des systèmes surchargés et inadaptés : Outlook n’est pas un bon logiciel de Self Management. Pourtant 90% des entreprises doivent fonctionner avec ce seul logiciel devenu un quasi standard. Malgré tout il est inefficace à deux tâches essentielles : organiser et chercher. Résultat, la plupart des utilisateurs passent un temps fou à trier leurs mails, à les archiver (quotas oblige non ?) et passent encore plus de temps à chercher une information qu’ils pensaient avoir sous la main. Pire, Outlook n’est pas le seul système posant problème, tout y passe ou presque, la liste est très très … mais très longue !
  • Des utilisateurs qui supportent tout : trop de changements rapides, des systèmes surchargés et inadaptés. Dans les cas deux, ce sont les employés qui trinquent. C’est à ce moment qu’on se rappelle le paradoxe de Robert Solow : « on voit des ordinateurs partout sauf dans les statistiques de la productivité ».

A l’heure où je vous parle, une règle prévaut toujours en entreprise : « Un problème = un logiciel ». Tout ceci alimente le monstre digital et ne mène à rien. On sur-déploie des systèmes que l’on sous-utilise. Cela coûte cher à déployer, à maintenir et à faire adopter (quand cela l’est réellement).

J’appelle à une vraie prise de conscience sur le sujet. Décideurs IT, rationalisez vos systèmes ! Faites plus avec moins. N’écoutez et n’acceptez pas aveuglement toutes les demandes de vos utilisateurs, ce n’est la porte ouverte qu’à un grand n’importe quoi. Soyez les gardiens du temple, arrêtez de penser qu’une fois déployé, un logiciel se suffit à lui-même. Les actions d’accompagnement d’après déploiement (principalement sur le long terme) sont les plus importantes et les moins répandues en entreprise. Mesurez et écoutez la satisfaction dans le temps. Partez du principe qu’un collaborateur a autant voire plus d’importance qu’un client et optez pour une vraie symétrie digitale. Osez vous pencher sur la problématique du Self Management, vous serez surpris de voir qu’à mieux comprendre les usages de vos utilisateurs, vous en apprendrez plus sur votre système d’information que toute la matière technique sur laquelle vous vous noyez depuis des années.

Microsoft s’offre LinkedIn, et s’ouvre au Web

Microsoft vient de réaliser sa plus grosse acquisition en s’offrant LinkedIn. Plus que l’ardoise impressionnante laissée par l’achat (je vous laisse réaliser le ratio coût / utilisateur), ce que beaucoup vont analyser reste la raison d’un achat, le pourquoi ?

Satya Nadella, PDG de Microsoft, annonce clairement son plan et les intentions du nouveau couple :

Together we seek to empower every person and organization on the planet.

Les ambitions sont claires, le plan d’action moins, mais que se cache derrière ce mariage ?

Comme j’avais déjà pû l’expliquer, les réseaux à l’ère de l’information se doivent d’être centralisés ET décentralisés, capable de gérer la personne ET le groupe, voire mieux à savoir héberger l’intégralité des parties prenantes de nos organisations :

Le Social Graph doit impérativement s’ouvrir au Web et ne pas rester cantonné aux seuls murs de l’entreprise

LinkedIn étant sans aucun doute la base de données B2B la plus fournie au monde, couplez son graphe aux capacités de la plateforme Office 365 et vous avez là un aperçu plus qu’intéressant des futures capacités que le couple pourra nous offrir.

Cette acquisition peut même sonner l’imminence d’une mort prochaine des réseaux sociaux d’entreprise, où à minima les prémices d’une refonte de leur façon de concevoir le business. Le couple Microsoft/LinkedIn pose les prémices d’une plateforme convergente répondant aux errances d’un marché et pouvant rapidement régler son compte à une concurrence trop auto-centrée sur elle-même, là ou les enjeux se jouent principalement à l’opposé de leurs concepts initiaux. Ils ne jouent tout simplement pas sur le même terrain …

Alors que tout se passe à l’extérieur de l’entreprise, les réseaux sociaux d’entreprise traditionnels nous enferment. Le réseau social historique, promis à devenir l’outil de travail unique, s’enferme sur lui-même et risque de disparaître au profit de hubs numériques, directement intégrés au cœur des principaux acteurs du Web Social.

Les équipes Microsoft font mieux que cette petite prédiction. Ils acquièrent tout simplement un des principaux hub du graphe social mondial. En contrepartie, cette fusion créera un nouveau mastodonte du Web aux côtés de Google et Facebook, un hub permettant d’ouvrir l’entreprise aux possibilité d’un Web qu’il ne voit encore que comme une option.

Enfin, Microsoft, qui avait raté le virage social, comble la brèche d’une histoire fortement orientée vers « l’entreprise » et qu’il n’avait tout simplement pas su négocier !

Le digital nous rend-il aveugle ?

Notre ère est marquée au fer rouge par l’ultra financiarisation d’un capitalisme que l’on décrit souvent comme décomplexé, exacerbé et poussant à l’égocentrisme.

Preuve en est, que ne voit-on pas d’entreprises entièrement pilotées par les chiffres. La rétroaction aux cours de la bourse parait normative, entraînant une perte de sens qui touchent au plus profond de nos organisations, de nos générations, de notre civilisation.

Résultat :

  • La durée de vie des entreprises se réduit
  • Le chômage augmente inexorablement
  • Le capital prend tout simplement le pas sur l’humain
  • L’écart entre les plus pauvres et les plus riches est exponentiel

La norme est aujourd’hui aux « licornes », ces startups issues du digital franchissant le cap de la valorisation au milliard de dollars. Ces mêmes licornes qui mettent en péril certains pans entiers de notre monde, alors que -financées qu’elles sont par des capitaux privés- elles n’ont que d’autres vocations qu’à être revendues ou à entrer en bourse.

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Un monde « tâchifié »

En soit le digital est une interprétation extrémiste des principes d’organisation scientifique du travail par sa division, base de ce que l’on nomme « Command and Control« .

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De quels extrémismes parlons-nous aujourd’hui ? ceux des processus associés au digital, à la recherche de la qualité totale. Ils poussent à l’automatisation, à la déshumanisation et autres dérèglements du monde du travail. Ils sont à bout de souffle et poussent même aux pires mensonges (GM, Volkswagen, etc.), mais ne sont étonnement jamais remis en cause sauf crises majeures (cas de fraudes avérées, suicides au travail, etc.).

Nous ne sommes finalement jamais sortis des efforts guerriers et industriels consentis lors du siècle précédent. Le vocabulaire utilisé au sein de nos organisations est même révélateur, nous sommes en état d’alerte permanent (time to market, just in time, war room, etc.).

Le temps se réduit irrémédiablement. L’on abandonne certains savoir-faire aux profits d’automatismes, en notant et objectivant les collaborateurs sur des mesures inefficientes, générant une situation de stress et d’urgence. Même créer une startup ne prends que tout au plus quelques semaines.

La richesse du temps est inversement proportionnelle à la richesse matérielle. Plus on devient riche matériellement, plus on devient pauvre en ressource temporelle. Plus les sociétés sont riches, plus les gens sont stressés

Ajoutons à cela une complexification de nos organisations et de réelles dysfonctions du travail. Pour assurer la fiabilité des opérations et limiter les risques, les compétences clés et les décisions sont centralisées. Cela créé un goulot d’étranglement, forçant la création de couches hiérarchiques et de mécanismes de contrôles nourris par une facheuse tendance à auto-alimenter de nombreuses carences managériales.

Le partage d’informations devient standardisé et inutile dans la prise décision. Les employés deviennent déconnectés de leurs entreprises, leurs avis ne comptent plus depuis longtemps, leurs libertés d’actions étant totalement restreintes. Ne restera plus qu’à confier les reines de l’entreprise à une intelligence artificielle, si ce n’est déjà le cas.

Dès lors, comment voulez-vous qu’ils adhérent à des valeurs et objectifs qui ne visent qu’à créer encore plus d’iniquités. Rien ne compte que l’exécution aveugle de tâches totalement vides de sens.

Le point de non-retour ?

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Nous nous sommes rendus à un stade où les complexités des entreprises atteignent des limites, ou nôtre planète atteint ses limites. La seule règle demeure de croître à crédit, principalement en acquérant des concurrents potentiels et transférant certaines activités vers des prestataires moins coûteux (créant des contrôles supplémentaires).

Les processus ne sont finalement là que pour contenir le chaos, faisant fuir les talents et les bonnes volontés. La centralisation des décisions créé une culture empêchant l’action non-quantifiée, anéantissant l’humilité nécessaire au partage, au courage, à l’écoute et sonnant la fin du bricolage, de l’entraide, du collectif et de la confiance. La soif de grandeur créé une situation d’entropie, d’auto-destruction.

Ce que nous appelons généralement « management » consiste à créer des difficultés aux personnes souhaitant réaliser leur travail

D’où la question : le digital nous rend-il aveugle ? Et bien le digital est à la fois source de bienfaits mais, à l’instar d’un médicament, peut avoir l’effet d’un poison s’il est utilisé à des doses incorrectes.

C’est exactement le cas d’un Google. Extrêmement utile au quotidien, l’expérience que l’on peut faire de leur moteur de recherche est néanmoins différente pour chaque individu. Orientée qu’elle est par notre profil, Google ne vous proposera pas automatiquement les meilleurs résultats pour vous, mais bien les meilleurs résultats pour ses propres intérêts. Là se trouve les limites d’un digital qui n’a d’autres fins que d’alimenter cette course sans fin.

Pire, le business model des GAFA se nourrit inexorablement de ce que nous sommes, c’est la raison d’être des Big Data : orienter notre fainéantise, nos envies, nos pulsions, nos choix vers les services qu’ils vendent aux autres entreprises.

Nous ne sommes plus le client mais le produit

Dès lors, devons-nous continuer à accepter aveuglement, fascinés que nous sommes, par ce que la technique nous apporte et perdre notre libre-arbitre au profit d’entreprises-états maîtresses du digital ?

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Du travail gratuit aux Big Data. Où comment-nous participons tous au succès des GAFA

Prenez l’exemple de ce que l’on appelle le « libre-service ». Vous avez tous eu l’occasion de travailler implicitement à la production d’un service ou d’un produit, et cela gratuitement. C’est le cas lorsque vous passez aux caisses automatiques de votre supermarché. La caissière est remplacée par un scanner et un automate assez basique  : vous scannez le produit, le placez sur une balance, vous payez et l’affaire est jouée.

Ce travail du consommateur est dit « gratuit ». Vous n’êtes en aucun cas rémunéré pour cet effort. Pire, les prix n’ont pas baissé pour autant, et la caissière qui autrefois réalisait ce travail, n’en a tout simplement plus, de travail. Bien heureusement, le travail gratuit du consommateur a ses propres limites.

Du travail du consomateur au travail gratuit

A l’autre bout du problème, se trouve le crowdsourcing ou production participative.  Wikipédia en est un exemple très vertueux. Des gens y participent volontairement, et la valeur de la plateforme se fait à cette seule condition.

L’effet inverse s’appelle « perverted crowdsourcing » ou « travail spéculatif ».

Pour faire simple, utilisé à des fin peu recommendables le crowdsourcing peut permettre la création d’un système quasi crapuleux permettant de générer de l’argent sur la base d’un travail non-rémunéré. Oui, dit comme cela on pourrait aussi partir du principe qu’un devis soit également du « perveted crowdsourcing » sauf que l’effort consenti n’est pas à la hauteur de ce qu’un créatif puisse subir (voir l’exemple de la vidéo ci-dessus).

Notez que le digital pousse à tâchifier le travail, et que l’apparition de plateformes de crowdsourcing multiplié par le nombre d’acteurs disponibles, entraîne un effet pervers sur les prix des prestations et donc, la baisse de la rémunération du travail. Et où passe toute la valeur générée ? sur les plateformes bien évidemment.

L’artisanat des Big Data

Les données sont l’or noir de notre siècle. Vous en doutez ? les GAFA ont générés 433 milliards $ de CA pour 73 milliards $ de bénéfices sur 2015.

Prenons Google,  sans doute le premier acteur à mettre en oeuvre un Big Data à l’échelle mondiale. La masse d’informations qu’il détient combiné à ses puissants algorithmes permet l’existence de son business model, à savoir l’affichage de publicités ciblées sur son moteur de recherche. Le ciblage s’opère sur la base d’un profilage : qui vous êtes, vos habitudes d’actions sur la toile, vos intérêts, vos notations, vos achats, votre localisation, etc. Les données s’échangent, se vendent et sont la base de leur business model.

Maintenant prenez en perspective le travail gratuit et celui du consommateur. Et bien, nous sommes nous même acteurs du propre succès de Google et consorts. En utilisant les produits gratuits que propose Google (Gmail, Youtube, etc.), nous générons des données, des traces de qui nous sommes, et cela gratuitement. C’est la soit-disante contrepartie du service (ce contrat d’utilisation que nous ne lisons jamais mais acceptons toujours).

En parallèle, les GAFA croisent leurs données et les exploitent pour mieux vendre des services dont nous sommes les premiers ciblées : la publicité en question payée par leurs « vrais clients », à savoir les entreprises. Le but de la manoeuvre étant bien évidemment de nous amener à cliquer, à consommer le service ou le produit derrière cette publicité et donc créer un cercle vertueux (?).

Un pillage en règle autorisé

Mais derrière tout cela, nous produisons la matière voire même le travail nécessaire à l’existence d’un tel business model. Le problème des Big Data est donc relativement proche du travail du consommateur et du travail gratuit.

Se pose dès lors des questionnements quand à la nature de l’abandon de ses données et leur transfert. Car s’il existe des lois encadrant les transferts d’argent ou de biens matériels, via l’instauration de taxes et de douanes, il n’en est rien des données.

Ce vide créé une situation où nous sommes aujourd’hui pillés par des acteurs non-européens de la matière dont se nourri le digital, l’or noir de ce siècle.

Deux possibilités s’offrent désormais à l’Europe : jouer sur le terrain des GAFA ou inventer un cadre juridique et technique propre à notre territoire. Il semble que nous nous aventurions sur la première hypothèse, ce qui, avec tout le retard accumulé en la matière, parait bien périlleux voir perdu d’avance. La seconde option parait être la seule solution mais l’Europe demeure engluée dans un imbroglio politico-économico-social à priori insoluble.

Une transformation digitale mortifère

J’entends beaucoup parler de transformation digitale. En soit, et l’on aborde très rarement le problème sous cet angle, le digital n’est qu’affaire d’automatisation (robots + algorithmes).

Car si le digital est source de bienfaits, elle n’est finalement, dans le cadre de nos entreprises, perçue comme unique moyen d’optimisation des processus, du business, et donc du rendement d’une organisation.

Pourquoi l’on en parle très rarement en ces termes ? tout simplement à cause de l’emploi. Se projeter dans l’avenir et comprendre que l’on va irrémédiablement se faire remplacer par un robot, se faire uberiser de l’intérieur, ça n’est pas bon pour la paix sociale. Le sujet demeure tabou.

L’uberisation n’est qu’un processus s’employant à régler les errances d’un marché, se muant en épée de Damoclès. Un acteur de ce type arrivant avec ses gros sabots, profitant des vides juridiques, du digital et détruisant tout ce qu’il trouve sur son passage : emplois, richesses, innovations, savoir-faire, etc.

Prolétarisation

La prolétarisation est, d’une manière générale, ce qui consiste à priver un sujet (producteur, consommateur, concepteur) de ses savoirs (savoir-faire, savoir-vivre, savoir concevoir et théoriser).

Au final, par appas du gain, par peur, par nécessité, par mimétisme l’on va donc massivement s’engager dans une transformation digitale et s’uberiser soit-même. Se transformer et copier des modèles venus d’ailleurs, souvent maladroitement en essayant de prendre en compte son existant, son histoire. L’on va donc amorcer de nombreuses initiatives de transformations digitales mortifères. Une auto-destruction presque souhaitée facilitant par la même occasion le travail des « uber » de demain …

Pourquoi je vous parle d’auto-destruction, de mort ? tout simplement parce que notre monde repose sur un concept macro-économique assez simple : celui d’un cercle vertueux entre revenus, consommation et production. Pour faire simple, et Ford l’avait bien compris en souhaitant vendre ses voitures à ses propres employés, il est nécessaire pour supporter une consommation de masse, de maximiser le pouvoir d’achat, lui-même rendant possible la production des biens en question.

Dès lors, que se passera-t-il si le digital et l’automatisation viennent, comme la plupart des prédictions le confirme, détruire à minima 50% de nos empois ? Le cercle vertueux imaginé par Keynes s’effondra de lui-même. Mieux, tout cela risque de ne pas mettre 10 ans à se réaliser ..

Après l’uberisation de l’économie. Place aux collaborateurs

Le digital est comme un torrent sans fin. Loin d’être un joli long fleuve tranquille, il s’immisce même là ou ne l’attend pas. Résultat, certaines entreprises sont en train d’écoper de tout bord. Sauf qu’à ne pas résorber les fuites, l’effort est sans fin, et l’issue irrémédiable.

L’uberisation est une leçon faite à notre monde. Une réponse brutale à l’inaction, aux ententes nuisibles, à la prise en compte des vrais enjeux. Elle répond à la quadrature du cercle, et comme l’eau, a horreur du vide.

Pour ceux qui prennent ce phénomène comme un fléau, je voudrais leur dire que l’on ne se fait pas « uberiser » par magie. L’uberisation règle les errances d’un marché et ses acteurs.

Sursaut d’orgueil, la transformation digitale sera sans doute le buzz word de l’année. Il va donc falloir écoper peu importe la taille du bateau ou l’ampleur de l’avarie.

L’on va donc « digitaliser » à outrance. Cela va permettre, je l’appelle de mes vœux, de mettre en lumière les réelles difficultés auxquelles font face les organisations et leurs collaborateurs. Car ce sont eux qui en supporteront la charge. Et faut-il encore rappeler  qu’il demeure trop d’employés désengagés au travail. L’histoire d’amour est passée, le divorce consommé, le constat est brûlant :

    • Iniquités de tous bords
    • Carences managériales
    • Pression induite du digital
    • Vélocité permanente
    • Etc.

Par peur de se faire uberiser, de très nombreuses organisations s’engageront dans une transformation que peu maîtriseront. Une grande majorité effectuera ce voyage sans réelle posture d’incarnation, de vérité, de transparence et de confiance.

Résultat prévu : une transformation loupée, permettant aux ubers de demain de combler les attentes d’un marché que les historiques ne maîtrisent déjà plus.

Comment inverser la tendance ? Se lancer, ne plus avoir peur et aller vite. L’enjeu ? se transformer ou mourir.

Doit-on innover ? bien évidemment. Mais pas seulement dans les services proposés. Mettez toutes vos forces dans vos moyens d’actions, votre organisation, vos principes managériaux. Fini la rigidité organisationnelle, fini le temps de la réflexion, fini le command & control, place à l’action, au courage, au bricolage, à la prise de plaisir au travail.

Vers un démantèlement des réseaux sociaux ?

Si une stratégie Mobile First équivaut à placer les applications mobiles en avant des applications Web classiques, Facebook nous apporte aujourd’hui un éclairage sur ce qui risque d’être un mouvement général.

Car se pose l’existence même des plateformes, concentrant applications et services au travers d’un accès unique, d’une expérience globale. Le réseau social étalon est aujourd’hui en phase de diversification, comme nous avions pu le constater à la suite des rachats de WhatsApp et d’Instagram, mais est aussi en train de démanteler son application Web et donc toute sa logique concentrique.

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En dissociant Messenger de Facebook pour la rendre autonome, mais aussi en supprimant certaines applications, où comme vient de le faire Google en créant des applications Documents et Feuilles de Calculs extraites de Google Drive, prime est aujourd’hui à ceux qui assureront une présence de tous les moments.

1 besoin = 1 application

En quoi cela est-il stratégique ? Et bien tout simplement, nous constatons un mouvement d’utilisateurs du réseau social ainsi qu’un vieillissement de sa base active au profit d’applications mobile : WhatsApp, Snapchat, etc.

Comment l’analyser ? Pour faire simple, à force de vouloir toujours en faire plus, Facebook a noyé sa force dans un produit protéiforme. Ajoutez à cela, l’apparition de publicités de plus en plus intégrées et voyez le résultat.

Nos envies ne sont satisfaites que par des applications qui nous sembleront à même de répondre à nos besoins. Comme nous l’entendons, au moment où nous le souhaitons, car nous ne sommes pour la plupart que des consommateurs passifs d’un Internet ancré dans notre quotidien. Sauf qu’à concentrer de nombreuses applications au sein d’une seule et même plateforme, et donc d’une même application, risque est pris de voir les utilisateurs ne pas tirer parti de l’ensemble de ses services. Voir ne pas en utiliser du tout.

Facebook se démarque également par son omnipotence. Tout le monde s’y trouve (parents, commerçants, professeurs, marques, célébrités, entreprises, etc.), galvaudant la notion d’amis ainsi que son concept initial. En cela, le réseau social prône l’égocentrisme, la mise en scène, l’indélébile plus que le réel lien social, la spontanéité et l’instantanéité.

Et puis, ne perdons pas de vue que ce changement est néfaste aux affaires. Facebook tirant ses revenus de la publicité, il doit absolument diversifier ses revenus et les basculer sur les périphériques mobiles, chose qu’il est aujourd’hui en passe de réussir.

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De ces constats, en résulte une mosaïque d’applications, et marque peut-être à terme la fin des plateformes concentrationnaires. Tout du moins, dans leur forme actuelle.

Indirectement, ceci risque d’impacter encore plus les applications Web classiques au profit du mobile, et remettre en cause l’hégémonie des navigateurs Web.

Car la mobilité a cela de magique qu’elle nous rapproche du Web et ses choix quasi infinis. Toujours à portée de main, les appareils mobiles sont ceux qui, en lieu et place des plateformes, se trouvent désormais au centre de nos vies.

Le navigateur web, une application parmi les autres

Nous vivons aujourd’hui dans un monde mobile. Et si depuis quelques années, les applications mobiles étaient souvent considérées comme annexes et complémentaires, elles prennent aujourd’hui massivement le pas sur la pratique d’une informatique classique, principalement concentré autour de l’ordinateur personnel et le navigateur, reléguant les sites web classiques et autres applications bureau au second rang.

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Aujourd’hui, tous les plus grands acteurs, Facebook, LinkedIn, Google et bien d’autres, s’embarquent dans une stratégie mobile globale et prioritaire. Mobile First est aujourd’hui le mot d’ordre des acteurs du Web.

Et si l’intensification de l’utilisation du web mobile se fait de plus en plus pressante, couplé aux ventes de périphériques mobiles, connectés et portables, nous ne serions pas loin de voir d’ici là des stratégies totalement et uniquement dédiées au mobile. Car pourquoi se poser la question d’une application web classique si 85% du temps passé est généré par la mobilité ?
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Demain nous pourrions donc voir des stratégies Mobile Only, entraînant indirectement l’hégémonie des navigateurs Web comme porte d’entrée privilégiée du Web. Ces derniers deviendront  de simples applications parmi les autres, un moyen d’accès non différencié à un Internet devenu ubiquitaire.

Crise de l’engagement et quête de sens : du stoïcisme au robotisme

Nous sommes ce que nous partageons. Mais se pose ici la question du sens de l’action, du partage. Que faire avec celui qui ne veut pas, ne peut pas, ne souhaite pas partager ? Dans une ère où l’on cherchera à maximiser les effets de réseau, dont se nourri inextricablement l’intelligence collective, il convient de se pencher sur ces personnes qui n’entrent pas dans ce cadre, ou tout du moins, qui n’essayent pas à participer à la conversation générale.

On cherchera donc, lors de la mise en place d’un projet de transformation numérique, des « early adopters ». De bonnes âmes, aptes à porter le projet auprès de leurs collègues, et initialiser la pompe informationnelle. Ces derniers auront le privilège de pouvoir marier engagement corporate et qualités requises (c’est souvent à ce moment qu’on nous parlera, à tord, des natifs du numérique).

La déshumanisation du travail

L’idée serait de créer de vocations. Aucun caractère d’obligation, évidemment, car la sérendipité ne se fera qu’à cette seule condition : celle du bon-vouloir de chacun. Dès lors, comment créer cette émulsion ? Ici, je ne peux que vous alerter à la mise en parallèle des éléments qui suivent :

  • engagement numérique : voir règle des 1%
  • engagement employé : seuls 13% le sont
  • engagement politique : environ 750.000 adhérents aux différents partis pour 600.000 élus
  • engagement syndicaliste : 7% des actifs, soit 1,7 million

Conclusion simplissime. Personnellement, je m’amuse à y voir une sérieuse évidence.

Car le partage n’est motivé qu’à certains endroits :

  • Apporter des contenus intéressants et divertissants
  • Se définir soi-même aux autres (renforcer son image, ses passions…)
  • Grandir et nourrir son réseau (rester connecté avec les autres, découvrir des personnes qui ont les mêmes passions…)
  • S’épanouir (recevoir des commentaires à ses publications, se sentir impliqué…)
  • Permets de soutenir des causes et opinions qui nous tiennent à cœur

Mais qu’est-ce que l’engagement, si ce n’est la contrepartie à la participation ? On ne peut réduire la servitude volontaire , dont font preuve les employés envers leur entreprise, qu’à la simple équation travail = salaire. Nous sommes arrivés à un moment de notre histoire où nos organisations, en perpétuant des méthodes issues de l’ère industrielle, déshumanisent le travail à un point rarement atteint.

En cherchant à aller toujours plus loin, à toujours vouloir croître, nous nous retrouvons dans une époque de rareté temporelle. La croissance n’étant pas, tant s’en faut (voir schéma ci-contre), annexée aux gains de productivité, il a fallu en faire toujours plus. L’information devient croissante, la technologie omnisciente, mais rien n’y fait. Paradoxe ?

« Vous pouvez voir l’ère informatique partout sauf dans les statistiques de productivité »
  • Robert Solow, prix Nobel d’économie

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Résultat nous vivons aujourd’hui dans l’urgence permanente ! La cause ? notre temps disponible n’est tout simplement pas extensible. Nous sommes devenus toujours plus efficaces et productifs, mais simplement à nos dépends, contraints que nous étions à produire toujours plus. Nos vies personnelles et professionnelles fusionnent petit à petit, pour le meilleur, mais peut-être avant tout pour le pire.

Car ne nous y trompons pas, le désengagement est un système d’autoprotection. Désormais, la plupart des employés font acte d’ataraxie, référence à la doctrine stoïcienne et à la maxime suivante :

Sustine et abstine (littéralement « Supporte et abstiens-toi »)

L’action sur ce que l’on ne peut contrôler étant vaine et le désengagement devenant massif, certains palliatifs soi-disant motivants sont mis en oeuvre. Que compétitions et récompenses soient monnaie courante dans de nombreuses entreprises n’étonnera personne, avec les effets pervers que nous connaissons …

Dès lors, le partage devient utopique.

Une solution d’apparat ?

Résoudre l’équation de ce que j’appellerai les stoïques est donc primordial, d’autant que les nouvelles générations prônent un idéal de vie qui promeut un équilibre vie privée / vie professionnelle.

Dans le même temps, les entreprises voient la compétition s’intensifier. Pour remédier à cela, innovation et numérique sont devenus les maîtres-mots, et seules quatre alternatives stratégiques leurs sont offertes :

  1. Être agile et innovant en restant petit. L’impact de l’entreprise sur le monde reste limité et demeure sous le coup d’une concurrence tierce
  2. Croître sans mettre en place de règles et souffrir du chaos. Ce qui pourrait signifier, mourir à petit feu …
  3. Croître et piloter l’efficacité de son business model grâce à des logiques gestionnaires (management + qualité). Ici, on fait le pari que le marché sur lequel l’entreprise se positionne ne puisse évoluer ou être bousculé via l’émergence d’une rupture, d’un nouveau concurrent
  4. Croître en évitant le chaos ….

…. en recrutant un personnel hautement adapté en lieu et place de parier sur des processus / qualifications, mais en s’appuyant sur l’autodiscipline ainsi qu’un esprit « startup » (décontraction + agilité). C’est typiquement ce que la plupart des entreprises issues du numérique (les Google et consorts) adoptent comme méthode. Pour cela, elles pratiquent un recrutement :

  • élitiste : on ne recrute que des hauts diplômés (le haut du panier), permettant d’avoir de bonnes bases de sélection
  • restrictive : on filtre ceux qui n’ont pas le câblage adéquat (on les passes au tamis de la culture maison) et qui n’excellent pas dans leur domaine
  • attractif : on les paye au prix fort, on les traite bien (« fan service », cantine gratuite, possibilités de télétravail, etc.)
  • pragmatique : on recrute ceux qui savent faire, font parti de la frange « active » de la population cible (et entrent dans les pourcentages cités plus haut), qui ont un réel esprit d’entrepreneuriat (que l’on mettra au service de l’organisation) et d’artisanat (ayant un savoir-faire hors du contexte technique pur)
  • et actif : on va chercher le candidat idéal, quel que soit l’endroit où il se trouve sur le globe

Malheureusement, on constate que la plupart des entreprises appliquent exactement la formule inverse, faisant acte d’une extrême passivité. Aujourd’hui on cherche encore des compétences (des « ressources » humaines) dans des bassins d’emplois extrêmement limités, qui sont en adéquation avec une entreprise faisant le dos rond (travail en équipe, gestion du stress, adaptabilité, etc.).

Bien évidemment, vous me direz qu’il est plus facile d’attirer les meilleurs en s’appelant Google, et vous aurez raison. Reste qu’entre ces deux extrêmes, il existe un juste milieu où chaque entreprise devrait pouvoir se positionner. Si la recette miracle était de mieux recruter, elle est donc surtout favorable aux entreprises qui veulent, doivent, peuvent et ont les moyens de recruter les meilleurs.

Mais se pose néanmoins toujours la question des stoïques, ceux-là mêmes qui indirectement, n’entrent pas dans le moule des employés « modèles » tant recherchés. La réponse apportée par les géants du Web peut paraître simple : ne pas les intégrer dans leur équation de recrutement. Ce qui n’est bien évidemment pas le cas de la quasi-totalité des entreprises, qui souvent surembauchent du personnel dans le but de combler les lacunes d’une organisation minée par le désengagement.

La quasi-totalité des entreprises n’ayant pas le luxe d’être des startups et remettre les compteurs à zéro, il demeure donc un problème de taille. Seraient-elles réellement des usines à générer du désespoir, des postes inutiles à mesurent qu’elles croissent ? Notez qu’en règle générale, plus une entreprise a d’employés et moins chacun de ses employés est productif : lorsque vous ajoutez 10% d’employés, vous perdez 1% de productivité par employé.

Au bout du tunnel, ne leur restera qu’une seule alternative : pourquoi, ne pas simplement supprimer ces « inutiles » ? Nous sommes peut-être loin d’imaginer la vérité …

Here Come the Robots

Une voie assez sombre est l’avenir même du travail, où en tout cas de certains types d’emplois. C’est le sujet du livre de Brynjolfsson et McAffee, Race Against the Machine. A terme, 47% des emplois devraient être confiés à des robots.

Ce changement de paradigme n’est ici plus seulement à mettre au profit d’emplois manuels. Certains domaines, comme les services, la vente, l’administration ou bien les transports risquent à des degrés divers une vague d’automatisation.

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Nous voilà donc, face à une équation terrible. La robotisation serait donc le stade ultime de la productivité, mais plus importante est la corrélation forte entre chômage et profits. Plus le premier augmente et plus le second explose.

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Notre monde fait donc la part belle au capital. Plus, la création de valeurs est aujourd’hui totalement perturbée et les perspectives apportées par la robotique risquent même d’accentuer la tendance. Au final, la part du travail dans les revenus générés continuera sans doute de baisser inexorablement.

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Mais notre salut à tous pourrait bien se trouver ici même. Nous sommes, je le pense, actuellement en plein milieu d’une transformation de notre civilisation : celle du passage de l’ère industrielle à l’ère informationnelle.

Avant même d’avoir pu imaginer et penser comment transformer nos organisations, il nous aura fallu faire avec les moyens du bord : à savoir, nous adapter avec ce que nous avions appris durant l’ère industrielle. Une conception du travail qui se retrouve déshumanisé, comme nous pourrions le faire avec un robot …

Résultat, nous nous essayons à automatiser humainement ce que nous devrions automatiser à terme, principalement par le biais de la robotique. Car si l’on en croit les projections, nous devrions faire abstraction des emplois de support, et peut-être de la bureaucratie. Indirectement, c’est toute une partie des emplois de soutiens qui vont disparaître, favorisant le grand écart entre emplois à haute et basse compétences.

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Mais de mon point de vue, la solution passe par le sens du travail ainsi qu’un nouveau contrat social entre organisations et employés. Les libertés d’un capitalisme débridé nous poussant trop à l’égocentrisme nous font oublier nos devoirs et notre nature humaine.

C’est le constat de Toyota, les champions de la productivité humaine, qui en surrobotisant leurs activités et réduisant au maximum les éléments humains, sont au final devenus moins performants. Leurs constats sont les mêmes que les géants du Web : employer des personnes pouvant travailler avec et pour les machines. Des artisans, des intrapreneurs.

La robotique annihilera peut-être les métiers de soutiens des entreprises. La robotique annihilera peut-être les classes moyennes, creusant les écarts entre riches et pauvres . Mais de trop nombreuses entreprises suivront le mouvement, et resteront empêtrées dans une crise de sens.

Brutale vélocité

Donc quid du moment présent ? Pour une entreprise où le désengagement règne, trois options existent :

  • Se transformer . Ici, il ne s’agit point de mesurettes portées par quelques rares personnes, mais d’une transformation longue et radicale de l’entreprise. Ici, ne se pose pas la question de la rentabilité de l’organisation, mais bien de sa survie
  • Faire acte de résilience. Aller chercher où l’on peut la croissance. Soit via fusion / acquisition ou divers plans de licenciements, soit en cherchant de nouvelles martingales visant à augmenter la productivité de l’organisation et ses employés (malgré les impacts humains)
  • Mourir. Suite du point précédent, quand cela se passe mal (cela peut durer très longtemps suivant la taille de l’entreprise / CA). Constat pessimiste, mais je vous invite à vous pencher sur l’actualité récente pour constater que le mouvement est déjà en ordre de marche (voir graphique qui suit)

 

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Dans tous les cas, le « coût humain » ne semble pas pouvoir être épargné. Les stoïques seront d’ailleurs les premiers touchés, faute à la déshumanisation, à la robotisation de notre société et du travail.

De plus en plus d’entreprises et d’emplois continueront indirectement de disparaître. La seule condition de sortie restera l’impératif de survie économique, car ne vous y trompez pas, l’histoire humaine regorge de ces sales moments où les intérêts de quelques-uns ont toujours prévalu sur la masse. Sauf qu’à ce jeu-là, certains joueront sûrement à se brûler les ailes, et je l’espère, feront changer les mentalités.

« Les Institutions feront tout pour préserver le problème dont elles sont la solution »

  • Clay Shirky

« J’entends souvent les gens dire qu’ils sont trop occupés pour passer du temps sur l’amélioration. Je leur réponds qu’ils cesseront d’être occupé lorsqu’ils seront morts ou que leur entreprise aura fait faillite »

  • Shigeo Shingō

« Il n’est pas nécessaire de changer. La survie n’est pas obligatoire »

  • William E. Deming

Pour aller au delà de telles prédictions, les entreprises devront régler une fois pour toutes le problème d’un désengagement toujours plus massif et réintroduire du sens au travail. Et, pour finir sur une petite touche optimiste, je ne crois pas que nous serons tous demain forcés à rester chez nous. Le chômage généralisé n’aura sans doute pas lieu, de nouveaux métiers et marchés émergeront et il y a fort à parier que l’humanité s’adaptera à cette nouvelle ère, que l’on espérera juste un peu plus harmonieuse que les précédentes.

Un blog, une vision ?

J’aime prendre de la hauteur à propos des idées formulées sur ce blog. D’ailleurs, sans vouloir se répéter indéfiniment, certains concepts qui peuvent me paraître désormais implicites ne le sont nécessairement pas pour tous.

A ce titre j’avais d’ailleurs fait le point sur mes écrits et les éléments sur quoi je souhaitais m’impliquer. Pour affiner ma démarche, je me suis donc amusé à regrouper la quasi-totalité des articles publies sur ce blog au sein de la carte heuristique ci-contre. Regroupés, mais avant tout liés, créant ainsi un cheminement que je m’essaye de rendre le plus fluide et logique.

Par ailleurs, cet exercice me permet d’émettre une conclusion intéressante. Au départ technique, mes articles se sont diversifiés d’une manière totalement incontrôlée et empirique. Aujourd’hui, j’y vois des liens évidents que j’ai hâte de pouvoir synthétiser et regrouper au sein d’une vision globale et cohérente.