Patron incognito, le grand écart

On pourrait longtemps disserter sur les raisons de l’exercice et les supposées volontés de ces patrons affichant une certaine humilité. Malgré tout, les résultats sont d’autant plus étonnant qu’ils nous éclairent sur une réalité qui malheureusement se généralise de plus en plus et échappent à nombre de nos élites.

Drôle de mascarade que ce « Patron incognito »

D’un côté le jeu de dupe de salariés que l’on trompe indirectement, prétextant une émission aux vocations sociales bien différentes que l’opéra qui se trame en coulisse. Réalité qui affiche de manière plus ou moins transparente l’entreprise avec un grand « E », que l’on a si peu souvent l’occasion de découvrir et de voir dans son plus pur appareil.

Et puis il y a le patron. Celui qui va se prendre la claque d’une vérité dure mais belle et bien réelle. On parlera de « gens formidables », d’actions prises en réaction à un quotidien cruel. Mais c’est sans compter le patron espion qui grime la réalité, joue à caricaturer l’homme de la rue (le crade, le vrai), loin du conformisme affiché du costume / cravate et de la bienséance.

Chassez le naturel, le patron redeviendra rapidement l’homme gestionnaire, celui qui ne croit qu’en la vérité du chiffre. Même lors de l’épreuve de la divulgation, il n’ira pas plus loin que ses intérêts propres, offrant les bons points et autres belles paroles, l’exercice de communication l’exigeant presque à ne pas trop jouer au bon samaritain.

Le grand écart

A l’image d’une télé réalité lambda, les formules sont donc connues et servies sur un plateau de manière totalement déconnectée. Car oui, on découvre dans ces émissions une réalité faite de bonnes volontés. Des gens qui se décarcassent pour faire au mieux un travail totalement déshumanisé. Ce qui finalement saute aux yeux, c’est le décalage entre un dirigeant gestionnaire, leader charismatique et aventurier de son état, et des employés suiveurs qui souffrent d’un management qui va trop loin. Mais s’il est simple d’ouvrir les yeux quelques secondes, il est beaucoup plus tentant de les refermer aussitôt.

Je serais même tenté de jouir des petites réactions d’hommes qui découvrent que leur monde est différent de celui qu’ils s’imaginaient. On se consolera de les penser, malheureusement, sincères. Amis humains, bienvenue dans le monde réel !

Pourquoi tout va toujours mal

Vrai ou faux, le principe de Peter a cela de fascinant qu’il peut à la fois se suffire à lui-même par sa perfection ET par son imperfection.

Avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d’en assumer la responsabilité

Néanmoins, pour être quotidiennement confronté à l’implacable réalité du principe de Peter, il se heurte naturellement au barrage qu’il est lui-même apte à générer : la pyramide hiérarchique. Il n’y a de mon point de vue, tout simplement pas assez de postes (principalement ceux donnant accès à des responsabilités) pour empêcher Peter et Hull d’avoir raison.

Nous sommes (presque) sauvés.

Principe de Peter

Génération Y – Contexte, vélocité, ubiquité

Je me devais d’écrire un article sur la Génération Y, me sentant directement concerné par un sujet dans l’air du temps. Le buzz actuel prenant de l’ampleur, cela a été pour moi l’occasion de faire des recherches plus approfondies. Car il me manquait quelque chose, comme s’il y avait dans tout cela une réalité qui m’échappait totalement.

Mais avant tout, de quoi parlons-nous ?

Une brève histoire du temps

Les définitions sur la Génération Y ne manquant pas, partons donc d’un point de vue purement sémantique en tenant compte du contexte. Contexte générationnel donc … mais surtout géopolitique, sociétal, technologique, artistique, démographique.

On tendra donc à s’appuyer sur ces données pour définir les générations successives, même si les dates diffèrent suivant le point de vue adopté :

  • Baby-boomers – Fin de la seconde guerre mondiale (1945) à la détente de la guerre froide (1963)
  • Génération X – De Mai 1968 aux chocs pétroliers successifs (1979)
  • Génération Y – De la naissance d’Internet (1983) au nouveau millénaire (2000)
  • Génération Z – Du 11 Septembre (2001) à nos jours

En prenant du recul, la plupart des définitions datées citées ci-dessus sont à la fois vraies et fausses. Seul compte le contexte global, les successions n’étant pas abruptes mais se réalisant de manière fluide.

Contexte – Éducation – Perception

Mais la question du contexte n’aurait finalement aucun impact si celui-ci n’avait pas d’effet sur le développement des générations en devenir.

Je parle  bien évidemment de principes éducatifs, eux-mêmes influencés par les générations et contextes précédents. Principes éducatifs qui généreront une perception influençant les contextes futurs, créant par la même occasion un cycle vertueux.

En cela, il est plutôt simple de comprendre que les attentes et valeurs de chaque génération différente. Et c’est finalement sur ces divergences que se construisent les nombreuses théories liées à la Génération Y et son argumentaire n°1 : une constante incompatibilité avec le monde du travail.

On dit d’eux qu’ils sont moins riches mais plus diplômés, moins indépendants mais plus autonomes, moins collectifs mais plus interconnectés, moins engagés mais constamment en quête de sens.

La critique émane d’ailleurs de l’ordre établi, des responsables en place, issus des générations précédentes. Il y a là, un réel antagonisme générationnel, créant par la même occasion un gap de perception entre une jeunesse et nos responsables.

Ces derniers s’appuient sur un idéal vécu, et s’y attachent logiquement. Ils font désormais face à des jeunes adultes qui ne connaissent que l’utopie d’un monde qu’ils appellent de leurs vœux.

Je vois nos institutions luire d’un éclat semblable à celui des constellations dont les astronomes nous apprennent qu’elles sont mortes depuis longtemps déjà.

Si cela peut expliquer l’incompatibilité d’une génération mal perçue, les solutions se trouvant sans doute dans les nouveaux modèles d’organisations d’entreprise, il est tout de même légitime de se demander pourquoi le phénomène prend tant d’ampleur.

Car n’y a-t-il pas de génération incomprise de ses ainés ?

La vélocité d’un monde en pleine mutation

Prenons du recul. Comme vu précédemment, il n’est pas compliqué de différencier des générations en rapport au contexte. Nous pourrions même appliquer l’exercice à l’humanité dans sa globalité.

Car tout s’accélère.

L’écriture n’a pas 5000 ans, l’imprimerie typographie 550 ans passés, la machine à vapeur pas loin de 230 ans, l’ordinateur personnel tout juste 35 ans et l’Internet va vers ses 30 ans.

Nous vivons dans un monde véloce, et nous n’en sommes qu’aux balbutiements d’évolutions plus profondes. Nanotechnologies, biotechnologies, intelligence artificielle, sciences cognitives, etc.

Les nouvelles générations seraient donc rompues à ces évolutions permanentes ? Les Y comme premier avatar d’une révolution profonde et les Z, avec leurs caractéristiques propres, faisant figure de premiers réels natifs du numérique ?

Lorsque j’ai pris la présidence du groupe, j’ai commencé par me rendre dans nos différents bureaux dans le monde. […] J’ai observé avec une attention particulière les collaborateurs qui étaient créateurs de la plus grande plus-value pour notre entreprise : il s’agissait des employés de la génération Y. Ces salariés âgés d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années étaient les éléments clés de nos équipes. Nos clients me parlaient sans cesse d’eux parce que ces jeunes les rencontraient et leur délivraient nos produits et services. Ces collaborateurs n’étaient pas impressionnés par mon statut. Je constatais qu’ils aimaient apprendre et passaient des heures (pas toutes au travail, j’espère) sur Facebook, MySpace, YouTube ou encore sur leur blog pour partager leurs idées. Sans eux, HCLT n’aurait été composé que de juristes et de managers, porteurs de process n’offrant rien de vraiment concret aux clients. La plus-value de notre entreprise reposait entre les mains de cette jeune génération.

Ubiquité du terme

Quid donc des autres générations ? Elles ne peuvent, de mon point de vue, que suivre le train et s’adapter à cet environnement sans cesse en mouvement. Ce changement est même déjà en train de se concrétiser, les baby-boomers représentant une part significative de l’Internet.

La vélocité est donc une variable et non une constante. C’est sans doute là que se perdent nos décideurs. Les changements sont trop brutaux, trop radicaux.

Les particularités initiées par la Génération Y sont malgré tout en train de se diluer. A terme, lorsqu’ils accéderont aux responsabilités, l’ubiquité sera sans une réalité.

Nous ne serons donc tous des Y. Mais quid, de ne s’adapter qu’à cette génération si notre société converge vers unique voie ?

Sans doute en prenant un prenant un point de vue plus macroscopique. Car peut-être sommes-nous en train de vivre l’émergence d’une nouvelle espèce.

Touch Generation

Si les rejetons de la Génération Y souffrent de troubles de la concentration, de perte de mémoire, d’illettrisme … que peut-on imaginer pour nos futures générations ?

La tablette limite la relation au monde à ce que l’enfant en voit

Il touche l’écran au lieu de saisir l’objet, il ne le flaire pas, ne le mâchouille pas. Il n’a pas d’appréhension des trois dimensions de l’espace.

Les écrans nous introduisent à un présent éternel

L’enfant frotte la tablette, une image surgit. Il frotte, une autre arrive. En revanche, quand il tourne les pages d’un livre cartonné, il y a un avant, un pendant et un après

SharePoint 2013 antisocial

SharePoint 2010 profitait de l’effet d’aubaine généré par MOSS 2007, confirmant définitivement le succès de Microsoft en la matière. La concurrence étant assez faible, l’éditeur peaufinait son avantage stratégique logiquement centré sur le document, lui-même généré par les produits de la firme de Redmond. Limpide !

En Beta depuis quelques mois, la version 2013 de SharePoint était à l’honneur de la SharePoint Conference 2012 de Las Vegas. Plus qu’un rituel, cette grand-messe était l’occasion de définitivement lancer la nouvelle mouture du logiciel de Microsoft.

Un cycle de vie trop convivial

En 2010, le « Social » n’était que l’embryon d’une vague désormais stratégique.  BlackBerry était encore au centre de la plupart des stratégies d’entreprise. Le Cloud ne faisait pas encore école (sauf pour ce pauvre Ray Ozzie).

3 ans plus tard, c’est désormais un océan qui sépare l’éditeur d’une réalité qui lui échappe. D’où la nécessité d’aller plus vite, plus loin. Et Microsoft l’a bien compris, en suivant un plan que je décompose en 3 étapes :

  • Rationalisation – ou comment faire la même chose en plus efficace et conforme aux standards actuels
  • Évolution – ou comment intégrer les attentes des parties prenantes de son écosystème (utilisateurs, administrateurs, développeurs, etc.)
  • Expansion – ou comment pallier aux faiblesses natives de ses produits

Un produit génétiquement 1.0

SharePoint a toujours été le parfait produit d’un modèle d’entreprise organisée en silo. Sécurité, imbrication, partage de documents, la part des échanges et de l’humain n’étant réduit qu’à quelques bribes de fonctionnalités. En cela, SharePoint 2010 apportait une vision sociale très limitée, au mieux une surcouche applicative mal pensée et moyennement fonctionnelle.

Etant adapté aux organisations et non aux hommes, il s’accommodait mal d’un monde qui lui demandait d’être ce qu’il n’est pas. Car qu’est-ce que SharePoint si ce n’est :

  • Un Framework de développement = Il suffit de voir la demande de développeurs SharePoint. On ne le perçoit pas comme un produit fini apportant une vision fonctionnelle brute. On le modèle à volonté, c’est là toute sa force
  • Des espaces/sites collaboratifs = SharePoint s’organise en poupées gigognes. On parle de sites, de sous-sites, d’héritages de fonctionnalités, d’héritage de droits. SharePoint est un produit féodal dans sa manière de fonctionner, où tout est cloisonné et contrôlable

Microsoft, malgré sa position de leader sur le marché, savait que son enfant était mal né et souffrait de maux inguérissables …

2M$ = Yammer

Et c’est là qu’entre en jeu Yammer dans la stratégie de Microsoft. Incapable d’innover, les évolutions se font maintenant à grands coups de dollars. Hier Skype, aujourd’hui Yammer, qui sera le prochain ?

Quoiqu’il en soit, le rachat et donc la fusion de 2 produits phare du domaine fait désormais office d’épouvantail. La suite de tout cela ? Dixit Jared Spataro, directeur senior de la division Office :

The first step for us in this journey is SharePoint + Yammer integration

We see the people-centric paradigm of Yammer and the more document-centric model of SharePoint as incredibly complementary – and a powerful combination

L’explication est claire, Microsoft voyant en Yammer la parfaite mariée. Reste donc à réussir l’union.

Première étape, l’intégration SharePoint + Yammer. Côté marketing d’abord, avec une baisse de prix et l’intégration commerciale au Cloud collaboratif de Microsoft. Puis fonctionnellement, avec l’intégration de Web Part et l’Open Graph de Yammer (équivalent à celui de Facebook pour ceux qui se posent la question), les nouvelles fonctions communautaires de SharePoint 2013 pouvant paraitre comme les premières étapes d’intégration de Yammer dans SharePoint Server.

Quel futur donner aux deux produits ? On s’attend logiquement à du SSO, l’articulation et la cohabitation se faisant au fur et à mesure. Car Microsoft ne peut se permettre de tuer la poule aux œufs d’or qui lui rapporte  2 milliards de $ par an. Imaginez donc le potentiel, Microsoft affirme que SharePoint est utilisé par une entreprise française sur deux (la statistique est bien évidemment à pondérer, le terme « utilisé » pouvant prêter à sourire …).

Nous avons donc d’un côté un marché et des utilisateurs qui pousseraient naturellement vers Yammer et des organisations, des responsables qui continuent à ne jurer que par SharePoint. Le statuquo devrait donc encore primer quelque temps, laissant le choix du roi à Microsoft qui pour le moment va se servir de l’expérience acquise par Yammer et ses technologies pour les intégrer à ses produits historiques.

Quoi de neuf docteur ?

Mais finalement, de quel bois est-il fait ce SharePoint 2013 ?

Comme à l’accoutumé, SharePoint reste disponible en 2 versions, toutes partageant le même cœur de produit :

  • SharePoint Foundation 2013 : version gratuite, tout du moins si vous avez un Windows Server de disponible
  • SharePoint Server 2013 : version payante, que l’on risque de retrouver disponible sous forme de CAL (à l’identique de la version 2010)

Et concernant les nouvelles capacités et fonctionnalités de SharePoint 2013 ?

  • Peu de nouveautés côté architecture. On reprend les mêmes bases et on recommence
    • Côté fonctions avancées on notera pas mal d’efforts coté BI, ECM, eDiscovery, Identity Management
    • Toujours un peu plus de WCM. Des URL plus lisibles, navigation par tag ou la possibilité d’intégrer de la vidéo plus facilement, plus de fonctions de SEO
    • La recherche évolue. FAST est totalement intégré dans SharePoint Server, remisant l’ancien moteur de recherche SharePoint au placard
    • Web Analytics devient une partie intégrante des fonctionnalités de recherche
  • Côté personnalisation on s’essaye à rendre le travail un peu plus simple pour les web designer (pour ceux qui connaissent, il y avait de quoi s’arracher les cheveux)
    • Mise à jour de l’interface utilisateur pour l’adoption de l’UI Metro que l’on dit plus facile à utiliser (je demande encore à voir)
    • Meilleur respect des standards Web
  • Une nouvelle version de l’interface pour plateformes mobiles tirant allégrement parti d’HTML5
    • Possibilité de faire du push de notifications
  • Un nouveau modèle de déploiement des fonctionnalités : les Apps
    • Accès à un store local ainsi qu’à l’Office Apps Store de Microsoft
    • Bien évidemment, pas mal de nouveautés intégrées au tout nouveau Visual Studio 2012
  • Une mise à jour des fonctions sociales
    • Un vrai mur d’activités (rapport à la version 2010 qui faisait pleurer)
    • Apparition des Communautés, un nouveau type de modèle de site centré sur les interactions de personnes (fournissant entre autre, un système de Gamification)
    • Skydrive Pro, qui remplacera du même coup SharePoint Workspace ainsi que le « My Site »
    • Évolution du micro blog, apparition d’une fonction de partage en 1 clic, etc.

Bref, rien de très révolutionnaire. On ne peut néanmoins que saluer les efforts consentis pour rendre le produit moins complexe et plus accessible.

SharePoint = Social ?

Quid du nerf de la guerre : le Social ? Nous avons vu plus haut que le rachat de Yammer pouvait facilement s’interpréter comme un aveu d’échec rapport à la nature même de SharePoint qui n’a tout simplement pas la carrure d’un vrai réseau social d’entreprise.

Je trouve que Microsoft fait preuve de lucidité. Nous avons d’un côté un produit 1.0 massivement implanté en entreprise et dont le taux d’adoption est, il faut le rappeler, en croissance. De l’autre côté, un marché qui évolue vite, très vite et des acteurs émergents qui se taillent la part du lion.

En rachetant Yammer, de même que Skype, Microsoft fait plusieurs opérations très profitables :

  • Suppression de concurrents potentiels et rentables, donc bien accueilli du côté des places de marché
  • Renforcement de son positionnement et de l’image de marque auprès de ses clients/prospects et autres cabinets d’experts, partenaires, etc.
  • Absorption de technologies innovantes au seing de ses produits historiques (ou comme vu plus haut, surement en complément)
  • Intégration d’hommes et de cultures radicalement opposées à l’esprit d’une grande corporation

En cela, le nouveau SharePoint n’est finalement pas une surprise. Comme décrit plus haut, on rationalise l’existant, on fait évoluer ce qui doit l’être et on étend le spectre fonctionnel du produit.

Bien évidemment on aurait pu souhaiter une vision beaucoup plus radicale, mais il est impossible de faire table rase du passé si facilement. En cela, les décisions prises sont donc logiques. La continuité également.

A suivre …

Sauf présence d’un répertoire « personnel », votre employeur peut avoir accès à vos fichiers

Les dossiers et fichiers créés par un salarié grâce à l’outil informatique mis à sa disposition par son employeur pour l’exécution de son travail sont présumés, sauf si le salarié les identifie comme étant personnels, avoir un caractère professionnel de sorte que l’employeur peut y avoir accès hors sa présence

Dixit Franc Muller, la protection de la vie privée du salarié dans l’entreprise est donc subordonnée exclusivement à la création d’un répertoire intitulé « personnel ».

Dont acte …

Comment se désintoxiquer de son smartphone

Qu’il était bon le temps de la découverte de l’Internet de poche. Pour ma part, la révélation date de 2009 avec un Android G2. J’empilais les applications, testait tout ce qui se faisait, restait à l’affut des dernières nouveautés et prévoyait déjà de changer de téléphone tous les 36 du mois pour « rester dans le coup ». C’était l’utopie, tout était beau, tout était nouveau.

Passés les premiers amours …

Pour être tout à fait honnête, cet objet a eu un effet couteau-suisse que je ne peux nier. Certains appareils du type GPS, Gameboy, appareil photo, réveil, baladeur, montre, calculatrice et quelques autres ont fait les frais de l’apparition du téléphone intelligent dans ma vie. C’était, comme disait justement l’autre, une révolution. Et bien évidemment, je ne m’étonne plus de penser à chaque fois que cela m’est permis, qu’il y a sans doute déjà une application pour ça 🙂

Tels les premiers pionniers, avoir l’impression de marcher pour la première fois dans une sphère totalement inconnue a quelque chose de grisant.  Et puis, au fil du temps, les smartphones ont commencé à fleurir dans les poches. Un iPhone ici, un Android par là … La découverte faisait partie du quotidien.

Une drogue dure

Dans notre monde hyper-connecté, tout est à portée de main. Le smartphone fait dorénavant office, comme j’aime à le répéter, d’extension de cerveau. Nous vivons littéralement avec cette « chose » : on sort avec, on dort avec (où tout du moins à portée de main), on joue avec, on fait nos courses avec, … on ne le lâche pas d’une semelle.

Tant et si bien, que le smartphone est devenu en quelques petites années, le bras de l’Internet connecté, du Web 2.0. Facile à dégainer, facile à utiliser, bref … il faisait corps avec nous même. D’ailleurs il n’est pas rare, lorsque que je m’étonne à discuter smartphone, d’entendre dire « je ne l’utilise quasiment plus pour téléphoner ». Et oui, le smart a éclipsé le phone.

Les usages que l’on y développe sont à peu de choses près identiques à ceux que l’on peut pratiquer sur un ordinateur … mais en plus insidieux. Pourquoi cela ? Parce que celui-ci se trouve au creux de votre poche. Un commentaire Facebook ? Une alerte, un petit jingle, une vibration et on se sent obligé de dégainer. Idem pour les mails, les SMS, les mises à jour d’applications, etc. De plus, malgré sa petite taille, l’appareil regorge d’applications qui vous tendent les bras. Tout y est pour vous faire plonger, j’en connais même qui ne pourraient aller aux WC sans leur greffon numérique …

Multipliez donc les usages, vous multiplierez les interactions et les interruptions. Toute votre vie y passe.

Detox Inbox

J’avais précédemment écrit un article sur le mail, et fait le tour des actions à réaliser pour lâcher prise. Le smartphone peut facilement faire l’objet du même traitement.

Règle n°1 – Séparez le privé du pro

Un français moyen passe en moyenne 15 minutes au téléphone par jour. Ce que ce chiffre ne dit pas, ce sont les statistiques d’utilisation des professionnels. Ces derniers sont  souvent esclave de leur téléphone et y passe leur vie, la mobilité ne faisant qu’amplifier le phénomène.

L’ensemble des règles que je vais décrire s’appliquent donc, à votre smartphone personnel ou professionnel. D’ailleurs, pour bien commencer, ne succombez pas à la mode du « Bring Your Own Device ». Il est sans doute tout à fait grisant de pouvoir se la jouer dernier cri avec son iPhone 5 plutôt qu’un vieux Nokia ou BlackBerry fourni par votre société, mais la 1ère chose dont on a pas envie, c’est de recevoir un mail ou un appel pro en plein week-end détente. J’ai pratiqué et je peux vous dire que ce n’est pas une solution propice à la paix des ménages.

Donc, répétez après moi : la terre ne s’arrêtera pas de tourner si je me « déconnecte » (au sens propre comme figuré) dès que je sors de ma sphère boulot. Ce n’est pas du zéle, mais une question d’équilibre. Quoiqu’il arrive, le téléphone existe, et vous pouvez toujours laisser des instructions et votre numéro personnel à quelques collègues au cas où. Nous verrons comment, avec les règles qui suivent, compléter la démarche.

Règle n°2 – Laissez le vivre

Oui, oui … franchement, laissez-votre téléphone tranquille. Libérez-vous de lui, et lui de vous. Vous avez un smartphone pro ? Éteignez-le dès que vous sortez du boulot, laissez-le au bureau et ne le rallumez que lorsque vous reprendrez le lendemain ou sorti du week-end.

Bon OK, je vous autorise à l’allumer et le consulter un peu avant mais n’abusez pas. La règle de l’urgence décrite plus haut est réelle. Si une vraie urgence arrive, ne vous inquiétez pas, on trouvera toujours le moyen de vous contacter !

Et concernant votre smartphone perso, ne soyez pas tout le temps dessus. J’en vois qui ne peuvent s’empêcher de le trainer jusqu’à leur table de restaurant. Tout le temps dessus, toujours alerte. Laissez-le donc dans votre sac, votre manteau ou chez vous si vous n’en avez pas besoin.

Coupez le cordon ombilical, ne devenez pas son esclave.

Règle n°3 – Évitez les distractions

Le smartphone a intégré la dimension « Internet » au phénomène du téléphone. L’usage des applications mobiles a depuis peu dépassé celui de l’usage d’Internet sur ordinateur, et cette tendance ne risque pas de s’inverser.

Mais dites-vous bien que votre smartphone n’est pas votre bureau. Vous n’y produirez du contenu qu’épisodiquement. Donc pas besoin d’installer obligatoirement toute la panoplie d’applications que vous pourriez retrouver sur votre PC. Supprimez les jeux auxquels vous ne jouez ou jouerez plus, idem pour les applications d’informations et d’obscurs réseaux sociaux.

Gardez à l’esprit que plus vous en aurez et plus aurez la tentation de perdre votre temps en lançant une application X ou Y histoire, comme le dit si bien l’expression, de « tuer le temps ».

Règle n°4 – Ne gardez que l’essentiel

Avant de me décider à nettoyer mon smartphone, je devais avoir une bonne centaine d’applications. L’appareil en question (un Android), ramait à tout bout de champs, son autonomie réduite à quelques heures en usages intensif. Le serpent se mordait littéralement la queue, ne voyant à mon problème qu’un souci lié à la vétusté toute relative de mon appareil. Monde de merde … m’acheter le dernier bijou technologique à 500€ devrait bien changer la donne …

Et bien non, rassurez-vous. Même si je suis conscient de l’obsolescence programmée de mon téléphone, la seule et unique solution reste de faire le ménage.

Posez-vous les bonnes questions :

  • Ça me sert ?
    • Oui ? OK on garde
    • Non ? Poubelle
  • Sinon ça t’arrive réellement de l’utiliser cette application ?
    • Oui ? Je la classe quelque part, je sais qu’elle est là, au cas où …
    • Non ? Bon, tu peux la virer

Au final, je me retrouve aujourd’hui avec une petite armée d’applications qui ont toutes faites leurs preuves (ajoutez à ces dernières les applications natives Android : GMail, Calendar, Maps, Navigation, etc.) :

N’oubliez pas de remiser l’accès au Google Play/App Store, très très très loin (cachez le, supprimez-le, oubliez-le). Mieux vaut éviter de perdre son temps à fouiner dans les centaines de milliers d’applications existantes.

D’ailleurs ne vous dites même pas que vous pourriez louper une application. Si un indispensable pointe le bout de son nez sur la planète, ne vous inquiétez pas, quelqu’un vous en parlera surement, on vous partagera l’information à un moment où à un autre.

Bien évidemment, tout cela reste fonction de vos usages et de vos (mauvaises) habitudes …

Règle n°5 – Supprimez les notifications

Supprimez toutes les notifications ou mises à jour de votre téléphone. Je dis bien TOUTES !!! Taillez dans le gras, osez aller dans votre application Facebook et mettez en veilleuse toutes les notifications (non, en fait, virez Facebook tout court, ce sera plus simple :)). Répétez ensuite l’action pour chaque application.

Préférerez les mises à jour automatiques et silencieuses dès que vous vous connectez à un réseau Wifi. La barre de notification est un aimant sur lequel vos yeux se sentent inexorablement attirés. Pour éviter de succomber il vous faut donc être radical et vous éviter autant que possible de tomber dans le panneau.

Vous devez, au bout du compte, ne recevoir que l’essentiel. Typiquement tout ce qui est rattaché à la fonction téléphone à savoir les appels/SMS.

Oui, j’oubliais. Plus terrible que la barre de notification, les jingles et autres vibrations sont ce qui se fait de plus intrusif. Comme pour les notifications, réservez cela aux fonctions de téléphonie et supprimez tout le reste.

Au passage, gardez-vous de permettre à votre téléphone d’émettre le moindre son sauf si cela est nécessaire. Ceux qui utilisent les transports en commun comprendront …

Règle n°6 – Optimisez l’espace

Vous l’aurez compris, il faut éviter au mieux d’être tenté. Cachez-donc cette tablette de chocolat qui traine sur la table, limitez-vous à n’afficher de manière visible que les applications nécessaires (Android le permet, sinon utilisez des dossiers).

Utilisez des raccourcis (comme l’exemple ci-dessous ou j’utilise un raccourci vers l’envoi d’un SMS à un contact précis), n’utilisez des widgets que si cela vous apporte quelque chose.


Si vous souhaitez néanmoins vous mettre au courant de ce qui passe dans le monde essayez Flipboard. Cette application m’a permis de supprimer une vingtaine d’autres applications d’informations (bye bye Twitter, Facebook, Seesmic, LinkedIn, 20Minutes, L’équipe, Le Monde, 01Net, etc.). Flipboard sélectionne pour vous les informations et vous permet également de publier (attention tout de même, ce n’est pas un outil de veille pur et dur).

Règle n°7 – Créez-vous une liste blanche

Une fois les premières règles mis en pratique, vous devriez déjà avoir un téléphone un peu plus véloce ainsi qu’une autonomie un peu plus raisonnable. Votre téléphone ne passe plus pour un arbre de noël, votre temps vous appartiens un petit peu plus.

Maintenant, il est l’heure de rendre à votre smartphone sa fonction initiale : le téléphone. Et malheureusement de ce côté-là ce n’est pas non plus la panacée.

Pour commencer, installez une application du type de Call Blocker (nativement Android a déjà de quoi faire, mais l’interface et les fonctions laissent à désirer). Cette dernière peut par exemple n’autoriser que les appels entrants des numéros que vous avez dans votre carnet d’adresse. Les autres seront immédiatement renvoyés vers votre boite vocale. Cela inclus les fameux numéros masqués, mes préférés 🙂

Vous pouvez également placer certains de vos contacts (ceux qui abusent) sur une liste noire ou -comme c’est mon cas- gérer une liste blanche. Pensez-vous réellement vouloir recevoir des appels de la totalité de votre liste de contact ? Chez moi, sorti d’une trentaine de personnes, le reste devra passer par mon répondeur.

D’ailleurs pour qu’ils puissent vous laisser un message, faites qu’il soit clair et précis. Indiquez que vous allez les rappeler si nécessaire, demander leur de laisser l’objet de leur appel, leurs coordonnées, etc.

Règle n°8 – Ne paniquez pas ! Profitez !

La seule idée de ne pas avoir votre portable en poche vous dérange ? Vous avez en plus l’impression de devoir rester constamment connecté, sous peine de manquer le délire du siècle ? Vous êtes sans doute frappé de nomophobie (no mobile phobia) et/ou du syndrome FOMO.

Le smartphone devient une sorte d’objet transitionnel, qui nous donne le sentiment de ne plus être complet quand on en est privé, et qui génère une perte dans le lien à soi-même et aux autres

Ne succombez pas à l’angoisse. Consultez votre messagerie téléphonique et vos réseaux sociaux qu’1 seule fois par jour. 1 seule fois par jour, grand maximum ! Ça ne sert à rien d’en faire plus. Vous allez quoi qu’il arrive louper quelque chose, même en ayant constamment les yeux rivés sur votre téléphone. De plus, grouper ce type d’actions permet mécaniquement de gagner du temps.

Ne succombez pas à l’urgence, laissez les gens se déshabituer de votre promptitude à répondre dans la seconde.

Ne laissez pas votre téléphone vous contrôler

Comprenez bien qu’à trop se poser la question du choix, vous vous coupez au fur et à mesure la possibilité d’en faire. A trop croire que vous vous devez d’être connecté, vous vous couperez définitivement de votre réelle existence.

Cet article pourrait traiter de nos rapports à l’Internet en général, mais cela fera sans doute l’occasion d’un autre sujet. En attendant, brisez les chaines qui vous enferment. En suivant ou en adaptant les règles ci-dessus vous devriez pouvoir lâcher un peu prise.

Et bien évidemment, gardez le cap. Ne fléchissez pas.

L’Open Space m’a tuer

Sorti en 2009, L’open-space m’a tuer, livre de Alexandre des Isnards et Thomas Zuber est sans doute critiquable sur la forme mais le fond n’en demeure pas moins une vision éclairée du quotidien des cadres d’aujourd’hui.

Impossible de critiquer l’open space sans passer pour des syndicalistes ou des révolutionnaires : c’est la dictature de la positive attitude. Impossible de s’épancher en privé sans passer pour des enfants gâtés : dans l’imaginaire collectif la communication, le consulting, le web sont des métiers aussi prestigieux que passionnants. C’est donc entre nous deux,  presque en cachette, que nous avons commencé à raconter par mail les gloires et déboires de nos quotidiens de jeunes cadres.

Le livre est structuré de manière plus ou moins chronologique, est romancé et permet de dresser une liste assez fidèle de ce que le néo management peut générer.

Vous en retrouverez ci-dessous une liste plus ou moins exhaustive …

Au pays de Candy

  • Tout le monde est cadre.
    • En entreprise les cadres ne cadrent finalement pas grand chose
    • Les vrais cadres s’appellent dorénavant « manager »
    • Ces derniers sont là pour faire travailler les autres, les mettre en ordre de marche
    • Pour cela, ces derniers font appels à des références guerrières, sont omniprésents, les attaques se font personnelles et les rapports sont parfois très violents
  • Lopen space nécessite de vivre à visages et écrans ouverts
    • Il est le terrain d’une véritable comédie humaine
    • Certains se disent pressés et très occupés, d’autres font semblant de bosser, etc.
    • Il permet aussi de tester la résistance des jeunes cadres en pratiquant le management par le déménagement
  • Jamais le travail n’aura été aussi dépendant du facteur psychologique
    • Il ne faut jamais communiquer son stress et conserver la maîtrise de soi
    • On parle de « toxicité émotionnelle », de « dictature du bonheur »
    • Un seul impératif donc, s’éclater au boulot et interdiction de se plaindre
  • Le manager du moiest normatif
    • Il est nécessaire de s’affirmer pour mieux rentrer dans le moule (le participatif a des limites …)
    • Pour garder de la cohésion, le management organise des week-end de team building : on s’essaye à des jeux en équipe pour essayer de souder les employés
    • Mais au final tout fini par des récompenses liées aux résultats individuels …
  • Les auto-évaluations permettent de solliciter l’acceptation de l’évaluépour qu’il soit responsable de ses objectifs
    • Un procédé encore plus sain nommé 360°, consiste à évaluer son n+1
  • Les managers ne jurent que par tableaux, objectifs, grilles d’items, référentiels de compétences, logiciels d’auto évaluation, MBTI, etc.
    • Grâce au timesheet (en guise de bracelet électronique) les cadres sont autonomes mais comme détenus en liberté
  • L’entreprise a ses propres règles, son propre langage, sa propre culture
    • Il est bien vu de partir après son chef, voir de dormir au bureau ou devenir un « Crackberry » (accro à son BlackBerry)

Le cycle de vie du consultant

  • Les intérêts individuels des salariés et ceux de l’entreprise sont tellement séparésque l’instrument suprême, la promotion, en est affecté
    • En cas de restructuration les candidats au licenciement ne manquent pas
  • Les jeunes ne sont pas plus fainéants qu’avant
    • Ils sont lucides de plus en plus tôt
    • Ne parlons plus d’implication sans parler « pognon »
    • L’implication des cadres ne prévaut que s’ils sont intéressés financièrement au projet de leur entreprise
    • Certains pratiquent la politique de la toile cirée : merci pour la prime et démission sans prévenir !
  • S’épanouir dans son boulot, bel objectif
    • Impossible d’y arriver, ils ne veulent juste ne pas être forcé de le faire croire
    • Cela commence par de la démotivation, puis vient la dépression (malaise vagal, etc. le stress positif a ses limites), pour finalement arriver à la démission
    • Ceux qui se mettent en position de démissionnaire sont souvent mis au placard
    • Au mieux une décision des prud’hommes se voudra n’être qu’une reconnaissance à titre posthume
  • Les entreprises intègrent le turnover dans leur gestion des ressources humaineet se gardent bien de fidéliser des ressources interchangeables
    • On arrive même à trouver des annonces pour des « stagiaires seniors ».

Définir le Cloud

Le Cloud fait désormais partie du paysage de l’IT. Fini donc, le temps de l’évangélisme ? Car si l’on en croit Gartner, le Cloud est entrée dans sa phase de désillusion.

Les analystes donnent donc 5 ans au Cloud pour s’assurer une vraie maturité sur le marché, s’affranchir des parasitages inhérents au buzz généré par le sujet. Le rendez-vous est donc pris …

Et la France dans tout ça ?

Entre temps, dans notre bonne vieille France, où en sommes-nous ? Le dernier rapport TNS-Sofres sur « les TPE-PME et le Cloud Computing » dresse le constat suivant :

  • 5 % des TPE-PME utilisent aujourd’hui le Cloud (15 % des PME de 50 à 99 salariés)
  • 65 % des entreprises qui connaissent le cloud et la quasi-totalité des entreprises qui l’utilisent pensent que cette pratique est amenée à se généraliser, alors que 29 % d’entre elles seulement considèrent que c’est une mode passagère
  • 74 % seraient prêtes à faire un choix français, plutôt qu’européen ou américain pour leur solution de cloud computing, pour un prix et un niveau de service égaux
  • 71 % de ces entreprises connaissent mal les obligations légales qui imposent de garder leurs données sensibles sur le sol français ou européen et 55 % des TPE ne connaissent pas le Patriot Act
  • Avec la multiplication des failles de sécurité des données dans le milieu informatique, les TPE-PME sont 76 % à considérer ce critère comme un frein à l’utilisation du cloud

Qu’est-ce que le Cloud ?

Si la question peut faire sourire, il n’est pas fréquent de voir un peu tout et n’importe quoi en la matière (rapport à la désillusion dont parle Gartner).

La source qui fait référence en la matière reste la définition donnée par le NIST (National Institute of Standards and Technology).

Pour vulgariser le sujet, j’avais concocté une présentation l’année dernière, qui est toujours d’actualité et se veut claire et rapide à parcourir.


En voici un rapide résumé :

  • Pourquoi utiliser le Cloud ? Principalement pour baisser ses coûts d’infrastructure IT, optimiser ces dernières et gérer l’afflux de données
  • Le Cloud est une révolution des infrastructures informatiques. Il est pérenne, déjà présent massivement mais est aujourd’hui utilisé à toutes les sauces (Cloud Washing)
  •  Le Cloud est une vraie industrie réservée à quelques rares acteurs. Les autres s’efforceront de continuer à faire du « bricolage »
  • Le Cloud est définit par 5 caractéristiques essentielles (un service ne répondant pas à l’un d’entre eux n’est pas un service Cloud) :
    • As-a-Service : distribué sous la forme d’un service à la demande (voir en self-service)
    • Élastique : les ressources d’un service Cloud sont élastiques et permettent une évolutivité de la demande quasi instantanée
    • Mutualisé : 1 seul service pour X clients. Les ressources sont partagées entre les clients
    • Mesuré : le service est facturé à l’utilisation (mode OPEX)
    • Accessible n’importe où, n’importe quand, depuis n’importe quel point d’accès. L’ubiquité d’Internet permet cela
  • Le Cloud a 3 modes de consommation
    • SaaS (Software-as-a-Service), consommer un logiciel
    • PaaS (Software-as-a-Service), consommer une plateforme d’exécution d’applications
    • IaaS (Software-as-a-Service), consommer des infrastructures (machines virtuelles, disques durs virtuels, etc.)
  • Le Cloud c’est également 3 modèles de déploiement
    • Cloud Public. Celui que l’on considère, souvent à juste titre, comme le seul et réel « Cloud » car répondant aux 5 caractéristiques citées plus haut
    • Cloud Privé. Vos infrastructures en main propre chez vous ou chez un prestataire tiers (infogérants, hébergeurs)
    • Cloud Communautaire. Cloud utilisé par plusieurs organisations ayant des besoins communs (Amadeus est un exemple bien connu de Cloud Communautaire)

Où en sommes-nous ?

Bien évidemment, il serait malhonnête de ne pas finir cet article sur les principales alertes qui aujourd’hui pondèrent les promesses du Cloud. A savoir :

  • Opacité des offres et des prix
  • Fiabilité et sécurité
  • Aspects juridiques

La multiplication des acteurs, la nature même des services proposés et des offres de plus en plus complexes à appréhender font qu’il est simple de s’y perdre. Notons par exemple que certains acteurs gardent la localisation de leurs données secrètes,  d’autres ne précisent pas faire appel à de la sous-traitance, etc.

Les alertes se multiplient donc et peuvent justifier la méfiance actuelle. Les opportunités font face aux questionnements liés au Patriot Act, au Safe Harbor, à l’absence de réels standards, à la peur de confier ses données à un tiers, à la pression exercée par les utilisateurs et ses effets pervers (cf. le BYOD chez IBM).

Bref, toutes ces questions doivent amener des réponses et le temps devrait nous permettre de rapidement y voir plus clair. Quoiqu’il en soit, la cacophonie actuelle peut à elle seule justifier la phase de désillusion annoncée.

Citation : La forme de capitalisme que nous connaissons aujourd’hui ne maximise pas le bien-être des gens

La forme de capitalisme que nous connaissons aujourd’hui ne maximise pas le bien-être des gens