Le Cloud comme nouvel OS dominant

Je vais vous raconter une histoire.

Jusqu’aux années 80, l’informatique était une discipline strictement réservée à l’entreprise. Mais petit à petit, l’ordinateur s’immisça dans nos foyers,  l’Internet allant même, aux débuts des années 2000, se tailler une place de choix dans nos vies. Nous avions encore une séparation franche entre nos environnements informatiques professionnels et personnels, nos données et logiciels étant localisés sur nos propres machines.

Mais un autre basculement allait s’opérer. Le succès du Web permit de s’émanciper de cette localisation, nos données et logiciels commençant à migrer petit à petit sur la toile. Dans le même espace-temps, ces mêmes logiciels Web dépassaient en qualité ceux qui nous étaient fournis dans notre cadre professionnel. Nous étions mieux équipés, mieux préparés, nos usages évoluant à un rythme que nos organisations professionnelles avaient souvent du mal à tenir.

C’est à ce moment qu’émergea la Génération Y. Plus qu’un groupe de personnes, ils portaient en eux l’embryon d’une mutation que notre société allait vivre. Nous allions tous désormais devoir suivre leur rythme, et aux entreprises de subir un train qui fusait tambour battant. Et pendant que nous commencions à vivre l’ubiquité de nos vies digitales et physiques, l’informatique allait s’émanciper de l’ordinateur comme seul terminal d’accès. La mobilité allait en seulement 5 ans, changer radicalement notre manière de consommer le digital. Toujours dans notre poche, toujours à portée de main.

L’informatique allait devenir une ressource accessible à la demande. Si nos données étant déjà dans le Web, la mobilité amplifia le phénomène. Le Cloud personnel était né. Seul compte désormais les services consommés, s’affranchissant de la question du  moyen d’accès et reléguant par la même occasion la sphère d’influence des systèmes d’exploitation d’antan.

Et c’est ici que notre histoire se termine, ne laissant qu’à notre imagination le loisir de griffonner ce que le futur pourrait être.

  1. Arrivée de l’informatique grand public, d’Internet et du Web 2.0
  2. Naissance de la Génération Y et évolution des usages
  3. Explosion de la mobilité, ère post-Microsoft
  4. Émergence du Cloud comme système d’exploitation dominant
  5. ?

Chaque individu emporte avec lui son propre système d’exploitation, son Cloud personnel. Il est désormais difficile de ne pas le reconnaître. Je croise des dirigeants et autres responsables qui se rassurent à croire qu’un firewall peut encore les épargner, mais le phénomène est déjà dans les murs, dans nos poches, sur le Web et donc partout.

Ne pensez pas qu’en bloquant des services comme Facebook ou DropBox, voir en proposant un service « à peu près » équivalent vous allez satisfaire la foule. Cette dernière refusera purement et simplement l’idée que vous puissiez choisir pour elle. Nous avons aujourd’hui tous le loisir du choix, suivant le moment et le contexte. Rien ne pourra infléchir cette tendance.

En informatique, un système d’exploitation (OS) est un ensemble de programmes qui dirige l’utilisation des capacités d’un ordinateur par des logiciels applicatifs

Nos bons vieux OS peinent à se faire une place, relégués qu’ils sont par les navigateurs Web comme porte d’entrée vers le système d’exploitation moderne qu’est le Cloud. Car si l’OS dirige les capacités d’un seul ordinateur, le Cloud tire parti d’une infinité de ressources.

Nous pouvons même imaginer nous affranchir de cette surcouche, ou tout du moins arrêter d’y prêter attention là il était hier impensable de passer outre. Microsoft s’essaye à contrer cette tendance en sortant l’ovni Windows 8, mariage improbable entre un OS ancestral, le Cloud et le tactile …

Selon Gfk, il se vend aujourd’hui en France plus de tablettes que de PC. Depuis le début de l’année, le best-seller des ventes d’ordinateurs sur Amazon US n’est pas un PC Windows, ou bien un Mac, mais un Google Chromebook.

À suivre …

amazon-chromebook

Le voyage menant à l’entreprise connectée

Dans Get Bold, Sandy Carter nous expose la démarche mise en oeuvre par IBM pour devenir un Social Business. L’évangéliste d’IBM décrit le framework utilisé par son entreprise pour atteindre l’idéal d’une entreprise engagée, transparente et agile.

A Social Business is one that understands how to embrace social technology, use it, get value from it, and manage the risk around it.

A Social Business embeds social tools in all its processes, and for both employees and clients – the entire ecosystem.

In my experience, a leadership company explores the social techniques that really to its business with a systematic approach, by creating a bold, unique Social Business AGENDA.

social-business-agenda

Ci-contre plus de détails sur le contenu de ce Social Business AGENDA (version française).

  • Aligner objectifs et culture d’entreprise : selon Carter, il est nécessaire d’avoir une vision solide et s’intéresser à sa culture maison avant de s’engager dans l’AGENDA, sous peine d’échouer. Il est nécessaire d’avoir une culture qui favorise l’engagement et l’expérimentation (typiquement, s’affranchir des logiques types Command & Control). Ce n’est, selon elle, qu’une fois cette longue et difficile étape franchie que l’entreprise pourra s’ouvrir à l’extérieur et gagner en réputation.
  • Gagner la confiance de son réseau : l’AGENDA permet de développer son écosystème au travers la confiance qu’il pourra nous témoigner. La confiance se construit autour de l’expertise, le contenu, la transparence, l’ouverture, la réactivité, la consistance. Un manque de confiance au sein de votre entreprise est une barrière au changement d’où cette étape stratégique.
  • Engager par l’expérience : à partir des objectifs de l’entreprise et en se focalisant sur l’interaction, l’intégration et l’identification il est possible de créer une stratégie fondée sur la volonté d’accroître l’engagement de son écosystème (incluant aussi bien les employés que les clients). Cette stratégie est mouvante, aussi bien que votre culture, et doit évoluer au fil des expérimentations mises en place au fur et à mesure de votre voyage au coeur de l’AGENDA.
  • Nourrir les processus métier : donner l’autonomie nécessaire à vos processus grâce à l’utilisation de votre réseau. Il faut nourrir ces derniers de manière à permettre aux différents parties prenantes de votre entreprise de collaborer efficacement (dans certains cas, de nouveaux processus seront créés). Il est nécessaire de prendre en compte l’ensemble des processus de l’entreprise, et pas seulement le marketing, pour permettre de faire évoluer sa culture d’entreprise et y intégrer une dimension sociale (dans le sens 2.0 et médiaux sociaux, bien évidemment)
  • Définir la réputation et gérer les risques : l’AGENDA peut vouloir dire planifier le meilleur et la pire. La gestion de la réputation de l’entreprise est un concept nouveau qui prend en compte les actions des personnes sur Internet. Le but est de transformer celles qui sont négatives en articles, blogs, histoires qui elles, en plus d’être positives, apporteront de la valeur à l’entreprise (et auront un impact sur son succès). La gestion du risque veut dire se préparer au pire, être prêt à agir.
  • Analyser vos données : être conscient des métriques permettant de comprendre ses clients, leurs attentes en terme de produits et d’offres, pouvoir évaluer sa réputation et prendre la bonne décision au bon moment : voilà ce qu’analyser vos données doit vous permettre.

La société malade de gestion

Le sociologue Vincent de Gaulejac conclu son ouvrage « La société malade de gestion » de la  manière suivante.

Les paradigmes de la gestion ont été conçus pour gérer les choses. Ils ne peuvent être appliqués aux hommes sans bafouer le principe moral qui impose de traiter la personne humaine comme une fin en soi. On évoque l’importance du facteur dans l’entreprise sans s’apercevoir que le fait même de le considérer comme un « facteur » contribue à l’instrumentaliser. Repenser la gestion, c’est imaginer d’autres formes de gouvernance capables de construire des médiations entre les intérêts des actionnaires, des clients et du personnel, tout en prenant en compte le respect de l’environnement , les solidarités sociales et les aspirations les plus profondes de « l’être de l’homme ».

L’homme ne peut se laisser assimiler à une ressource de l’entreprise. Quelque chose en lui résiste inéluctablement. La pensée utilitariste participe à produire une crise symbolique. Une crise des significations et des finalités qui brouillent le sens de l’action. La « malade gestionnaire » trouve ici sa source. Elle oriente la production de richesse vers un projet d’accumulation sans limites qui détruit des pans entiers de la société. Elle confronte l’homme à un système paradoxal dans lequel richesse et bien-être s’opposent au lieu de se compléter.

Je vous invite également à regarder la conférence  ci-dessous toujours du même auteur.

Un ère d’abondance

Seconde incartade faisant suite à ma lecture de Free! de Chris Anderson publié certes en 2009, mais qui me parait toujours autant d’actualité. Le concept de gratuité qu’il décrit, et plus particulièrement celle ayant trait à l’informatique, est aujourd’hui une réalité qui pousse de nombreuses industries à tendre vers un modèle hybride mêlant rareté et abondance.

Le tableau ci-dessous illustre cela excellemment. Et, ce qui me frappe, c’est que l’on pourrait tout à fait remplacer la notion Rareté/Abondance par Ordre/Chaos, ou bien Entreprise 1.0/Entreprise 2.0.

Free Chris Anderson Rareté Abondance

Le modèle initié par le Web, l’émergence de l’ère informationnelle, nous pousse à reconsidérer nos anciennes ressources motrices, telles que le pétrole. Aujourd’hui, la matière grise est notre ressource première. L’abondance de cette dernière, l’infinité de combinaisons qu’elle suscite, permet aujourd’hui d’aller au-delà des limites que nous nous étions fixées.

Les NBIC peuvent être une de ces applications. Au carrefour des Biotechnologies, des Nanotechnologies, de l’Informatique et des sciences Cognitives, elles seront peut-être la prochaine application de l’ère d’abondance dans laquelle nous entrons.

Et si nous nous mettions à rêver d’immortalité ?

Loi de Moore = Cloud Computing

Vous connaissez sans doute la fameuse Loi de Moore, conditionnant l’évolution constante du marché du silicium et des microprocesseurs. Sans remettre en cause la vérité du concept ou bien encore se poser la question de son exactitude à terme, force est de constater que les lois empiriques décrites par Moore nous offrent un éclairage plus qu’intéressant sur le Cloud Computing.

Loi de moore

 

Comprenez bien que nous sommes aujourd’hui, comme l’écrit Chris Anderson dans Free !, dans une ère d’abondance. Les ressources informatiques (fondements du Cloud Computing) que sont la bande passante, le stockage et la puissance de calcul doublent leurs limites tous les 18 mois pour un prix deux fois moins élevé.

Prenez l’exemple d’un Google. Lorsque le géant de la recherche créé un nouveau data center, celui-ci se trouve être deux fois moins cher et deux fois plus puissant qu’un de ceux qu’il avait créés 18 mois plus tôt.

Une industrie d’abondance

De quoi répondre à la demande croissante de ressources informatiques, mais surtout d’accroitre les revenus d’un marché toujours plus en expansion et d’en réduire de plus en plus le prix d’acquisition pour les clients. Et nous allons de plus en plus tendre vers l’infini et le zéro.

Regardez es tarifications d’un Amazon Web Services. Ils se sont permis de les baisser 23 fois depuis 2006, annonçant même 25% de réduction sur leur offre de stockage S3 en novembre dernier …. et la tendance devrait continuer, encore et encore. Historiquement, l’offre d’Amazon est issue du gaspillage que permet l’abondance : que faire de ses ressources informatiques inutilisées, si ce n’est les revendre à son voisin ? Et la firme de Bezos est allée encore plus loin dans le concept en recyclant les instances inutilisées sous forme d’enchères, grâce à son offre Spot Instances.

Car finalement, le Cloud Computing est une démarche qui outre ses spécificités techniques, rend accessible à n’importe qui ces ressources abondantes et quasi infinies.

Le cas de la messagerie est étonnant de vérité. Qui payerait encore pour avoir une boite mail personnelle ? Personne ! La question que l’on pourrait donc se poser est de savoir combien de temps payerons-nous encore nos boites mails professionnelles ? Reste à attendre une entreprise qui le proposera et redéfinira le marché, en trouvant un business model qui puisse, à l’image de ce que réalise Google avec son placement de publicité, permettre de proposer gratuitement des outils aujourd’hui payants. Les ventes actuelles ne s’appuient que sur la volonté des entreprises de s’assurer d’un service contractuel professionnel et appuyé par une démarche différente que celle proposée au grand public. Le verrou ne demande donc qu’à voler en éclats.

Où va-t-on, donc ? L’abondance promet un Cloud toujours plus puissant et moins cher, et devrait réaliser la vision de Nicholas Carr dans The Big Switch, qui comparait l’informatique à l’électricité. Vous risquez donc bien avant de pouvoir souffler, voir cette grande idée se réaliser et vous affranchir de l’informatique comme d’une ressource ne nécessitant plus qu’un bouton On/Off pour pouvoir alimenter vos idées.

Just as the last century’s electric utilities spurred the development of thousands of new consumer appliances and services, so the new computing utilities will shake up many markets and open myriad opportunities for innovation. Harnessing the power of the computing grid may be the great enterprise of the twenty-first century.

L’avénement du Bring Your Own Cloud

Nous sommes tous confrontés au phénomène du Bring Your Own Cloud. L’idée ? À l’image du Bring Your Own Device (BYOD), le BYOC constitue la tendance des employés à utiliser leur environnement Cloud personnel dans leur contexte professionnel.

Petit rappel, rappelons-nous que le nombre d’objets connectés est en train de croitre, et que la tendance ne devrait pas s’infléchir.

Global Connected Devices

Dans le cas de l’utilisation de logiciels / applications Web on parlera de Bring Your Own Application (BYOA) et très souvent d’outils de communication ou de collaboration du type Google Apps, Skype, Evernote, iCloud, Dropbox, Skydrive, etc. Ces applications se déploient à une telle croissance qu’elles sont en train de redéfinir le modèle dominant du monde du logiciel.

Ce conglomérat d’applications et de données, personnel et/ou professionnel, constitue le Personal Cloud de chaque individu. C’est la pratique de l’utilisation de ce Personal Cloud dans le cadre professionnel que l’on nomme Bring Your Own Cloud. Cet environnement est maintenant mobile, toujours à portée de main, et non plus localisé sur un ordinateur personnel.

En soit le BYOC est le dernier avatar de la consumérisation de l’informatique. Cette tendance est en train de s’étendre à l’ensemble de la sphère professionnelle, vous êtes même sans doute victime du BYOC sans le savoir. Et 2013 devrait voir le phénomène littéralement exploser !

Subir la réalité

Les entreprises subissent aujourd’hui le BYOD. Un nombre croissant de la population a un smartphone et/ou un appareil connecté dans sa poche.

Il y a aujourd’hui 60 millions de téléphones portables en France, et il est clair que le BYOD est un formidable accélérateur pour le BYOC (et inversement). Si vous êtes un DSI ou un dirigeant et que vous lisez ces lignes, soyons clairs : vous ne pourrez que très difficilement endiguer le phénomène.

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Vous pouvez vous amuser à interdire les smartphones, mais je vous souhaite bonne chance. Qu’invoquerez-vous, sorti d’éléments juridiques ou sécuritaires ?

L’interdiction est même un non-sens. Il est rare de crier à la fuite d’informations lorsque l’on parle du papier, pourtant le problème est le même. Il y a toujours eu autant d’hypocrisie sur le sujet, spécialement lorsqu’on se rend compte que nombre d’entreprises peuvent déployer des montagnes de sécurité informatique (firewall bloquant Internet, blocage des ports USB, etc.), mais qui ne s’alarme pas de choses plus communes (email utilisable sans restriction, bureaux physiques accessibles pour le premier quidam venu). Plus inquiétants, les VIP sont aujourd’hui les premiers à pratiquer le BYOD et à outrepasser leurs propres garde-fous … et l’ère post-PC incarnée par l’iPad risque fort de confirmer cette constatation.

Comprenez bien que lorsqu’une personne s’achète le dernier iPhone, il ne va pas aller l’amener à son service informatique et demander qu’on lui installe le dernier logiciel maison pour faire son travail. Non, il va tout simplement aller sur l’App Store de son mobile et télécharger l’application dont il a envie et qu’il souhaite installer à l’instant.

Que ce soit pour travailler ou non, n’entre même pas en ligne de compte, car nous parlons d’un sujet affectif (il suffit de voir le % de personnes qui dorment avec leur téléphone pour bien le comprendre). Il est fini le temps où les utilisateurs doivent s’adapter à ce qu’on leur donne, ils veulent utiliser ce qu’ils souhaitent pour être plus productifs. Qui plus est s’il s’agit souvent de leurs propres appareils.

Que faire, donc ? Accepter l’évolution qu’impose cette tendance de fond.

L’obligation de s’adapter

Le BYOC remet en cause les logiques que les services IT ont mis tant de temps à créer, et c’est ici que le mal de tête commence pour les DSI.

La mode du « Do It Yourself » leur avait déjà mis du plomb dans l’aile. Il est par exemple aujourd’hui très simple pour un manager d’outrepasser son responsable informatique, plutôt que d’attendre que son service maison daigne lui répondre, et directement acheter un service Web en ligne (quand ce n’est pas gratuit, prenez l’exemple de Yammer).

Il faut donc absolument prendre en compte le problème dans sa globalité, accepter le concept et fournir des solutions qui puissent s’adapter autant que possible à la situation. Vous trouverez ci-contre un début de réflexion sur le sujet.

  1. Il y a une apps pour ça ! Premièrement, il va falloir fournir des « Apps », et non plus un logiciel. Cela peut nécessiter de les réécrire, les virtualiser, les adapter … bref, il faut penser services et applications. Au mieux, une apps doit également exister pour les mobiles existant, mais également ceux qui vont sortir
  2. Proposer un réseau adapté et analyser son trafic. Le Web est omniscient et les demandes de plus en plus gourmandes en bande passante se généralisent, poussant nos bons vieux réseaux à bout. Faites-les évoluer pour mieux servir vos utilisateurs. Mieux vaut fournir un WiFi un tant soit peu sécurisé et optimisé que les laisser naviguer sur leurs forfaits data. Profitez-en pour analyser votre trafic, prenez connaissance de leurs usages
  3. Favoriser la culture du self-service. Vous devez adapter votre système au Web, plus que l’inverse. Laissez-vous la possibilité de tirer parti du Web et du Cloud. Si vous bloquez un service pour une raison quelconque, il vous faudra le remplacer par un service équivalent autant que possible sous peine de rejet. Soyez réactifs aux évolutions et aux nouveaux usages, car vos utilisateurs auront souvent un temps d’avance
  4. Informer et communiquer. Plus que jamais, il va falloir échanger avec vos utilisateurs. Traitez tout le monde de la même manière, du VIP à l’employé de base, chacun doit s’astreindre à des règles identiques. Contractualisez la pratique
  5. Fournir des services de sécurité. Le Web et le Cloud ne doivent pas automatiquement rimer avec insécurité. Développer une démarche Bring Your Own nécessite plus que jamais la mise en place d’éléments de sécurité extrêmement pointus. Sécurisez ce qui doit être sécurisé, et ne tombez pas dans les dérives sécuritaires encore trop en vogue

Le Bring Your Own Cloud est un mouvement global. Les utilisateurs sont aujourd’hui de plus en autonomes, de plus en plus rompues aux nouvelles technologies et aptes à adapter leurs usages à la moindre évolution. Par rebond, les appareils mobiles et les solutions Web sont en train d’envahir les entreprises.

La consumérisation de l’informatique fait qu’aujourd’hui tout le monde le pratique, l’ubiquité du Web rendant le déni impossible par les entreprises. Il faut donc intégrer le mouvement, le comprendre, faire évoluer son système d’informations, ses règles, sa manière de traiter l’information.

L’entreprise doit s’y préparer sous peine de rester à la traine et voir ses employés développer un système d’information parallèle.

Le meilleur (et le pire) de la mobilité

Une étude intéressante de Pew nous rappelle que, malgré le phénomène, la mobilité a son lot d’avantages et d’inconvénients.

  • 85% des adultes américains ont un téléphone portable (49% possèdent un smartphone)
  • 67% des possesseurs de mobiles vérifient souvent leur appareil pour voir s’ils n’ont pas manqué un message, une alerte ou un appel (même sans que cela fasse suite à une sonnerie ou une vibration)
  • 44% des possesseurs de mobiles dorment avec leur téléphone portable pour ne pas manquer d’appels, de messages ou une notification durant la nuit
  • 29% des possesseurs de mobiles ne s’imaginent pas vivre sans leur appareil
  • 11% des possesseurs de mobiles s’inquiètent parfois de passer trop de temps avec leur téléphone
  • 39% des possesseurs de mobiles déclarent que certaines de leurs connaissances ce sont plaints parce qu’ils ne répondent pas rapidement aux appels téléphoniques ou aux SMS

 

Les 3/4 des employés se désengagent de leur travail

L’institut Gallup réalise une étude régulière sur l’implication des salariés dans leur entreprise. Pour cela l’institut classe les employés en trois groupes.

  • Les salariés engagés et motivés à faire évoluer leur entreprise
  • Les salariés désengagés qui effectuent leur travail de manière neutre
  • Les salariés activement désengagés qui ont une vision négative de leur entreprise et peuvent travailler avec zèle, allant à l’encontre des intérêts de leur employeur

La méthode se base sur le système Q12 développé par Gallup, articulé autour d’un questionnaire de 12 questions (d’où le nom).

  1. Je sais ce qu’on attend de moi au travail
  2. J’ai le matériel et les équipements nécessaires pour bien faire mon travail
  3. Au travail, j’ai l’occasion de faire ce que je sais le mieux faire
  4. Dans les 7 derniers jours, j’ai reçu une forme de reconnaissance ou d’appréciation pour avoir bien fait mon travail
  5. Mon supérieur hiérarchique, ou quelqu’un au travail, semble se préoccuper moi en tant que personne
  6. Il y a quelqu’un au travail qui m’encourage à me développer
  7. Au travail, mon opinion semble compter
  8. La mission/le but de l’entreprise me donne l’impression que mon travail est important
  9. Mes collègues de travail veulent faire un travail de qualité
  10. J’ai un(e) très bon(ne) ami(e) au travail
  11. Au cours des 6 derniers mois, quelqu’un au travail m’a parlé des progrès que j’ai pu réaliser
  12. Au cours des 12 derniers mois, j’ai eu l’occasion au travail d’apprendre et de me développer

Mais revenons aux résultats de l’étude en question.

Si en 2001, aux États-Unis, le pourcentage de  salariés engagés avait atteint un niveau historiquement bas de 30%, il stagne pour plafonner en 2011 à 29%. Cela confirme donc une tendance globale, en n’omettant pas que le % de salariés activement désengagés à augmenté pour atteindre en 2008, 20% !

Côté France nous ne sommes pas en reste, les résultats parus en 2002 par le même institut révélaient un petit 6% de salariés engagés et 26% d’activement désengagés, confortant notre bilan assez catastrophique en la matière.

La difficile quête de l’engagement

S’il est un sujet qui a marqué l’année 2012 , c’est bien celui de l’engagement.

Tout d’abord, l’engagement du collaborateur français que l’on voudrait nous dépeindre comme fainéant, drogué aux 35 heures, aux RTT et ne rêvant que de la retraite. Joli tableau !

Puis l’engagement dans le domaine de l’Entreprise 2.0 / Social Business. Les premières années passées à définir le concept étant derrière nous, ces derniers temps ont surtout été l’occasion de se poser la question du comment. Comment faire ? comment s’y prendre ? comment concrétiser la vision d’une organisation qui évolue au rythme d’un monde de plus en plus véloce ? Et comment donc, favoriser l’engagement des collaborateurs dans l’exécution d’une telle vision ?

Be Happy

Tout d’abord, ce qui marque c’est d’avoir d’un côté des projets 2.0 qui sombrent par un manque d’engagement flagrant. Et de l’autre une économie moribonde forçant à s’interroger sur la supposée fainéantise des employés français.

Dans l’un ou l’autre des cas, cela me rappelle aux bons souvenirs de la règle du 1%.

Sur Internet, moins de 1 % de la population contribue de façon proactive, 9 % participe occasionnellement de façon opportuniste et 90 % des observateurs ne contribuent jamais

Le Saint-Graal serait donc de casser cette règle. Mais là où personne ne force à participer à une communauté virtuelle, il y a, pour l’entreprise, une impérative nécessité d’engagement. Les employés doivent se surpasser, donner de leur personne, se sortir les tripes … et en plus de tout cela il faudrait participer activement au nouveau réseau social fièrement mis en place. Ça laisse rêveur …

Mais je garde à l’esprit que le travailleur ne sent que très rarement heureux dans son travail. Cette simple statistique suffit à comprendre que l’émergence de l’engagement nécessite une approche différente. Vous vous forcez à faire quelque chose que vous aimez ou qui vous passionne ? pas moi. L’inverse est-il également réel ? Aucunement, c’est évident.

Europeans are unhappy at work

 La source du mal

Pour éclaircir ce mystère il est donc intéressant de se pencher sur le cas français et nos spécificités. Et comme l’a si bien décrit Cecil Dijoux, ces dernières sont sans doute culturelles.

  1. Rapport passionnel au travail
  2. Culture hiérarchique conflictuelle
  3. La société de défiance
  4. Diabolisation de l’entreprise
  5. Centralisation de l’information

Mis bout à bout, cette liste nous permet d’avoir un regard plus éclairé sur un ensemble d’attitudes que l’on peut rencontrer dans nos entreprises.

Pour résumer nous sommes tout particulièrement attachés au statut fourni par un poste ou une position dans un organigramme. Cela créé par la même occasion une  distance hiérarchique, des silos informationnels, un repli sur soi-même ainsi qu’une réticence à reconnaître l’erreur (tout cela dans le but de protéger un emploi ou une place chèrement acquise).

De plus, nous avons l’impression d’être constamment surveillés ou jugés négativement, et diabolisons très facilement l’entrepreneuriat ou le « dirigeant ». Couplez tout cela aux nombreux dérèglements du travail actuellement constatés, à ces pratiques managériales qui déshumanisent totalement le travail et élèvent le processus au delà de l’humain.

Secouez un bon coup, et vous obtenez un cocktail détonnant qui ne peut favoriser l’engagement.

Surpasser la réalité

Reste donc à infléchir notre culture ? Sans rentrer dans le débat de l’existence du concept même, malheureusement, lorsque l’on parle de culture d’entreprise on a plus souvent à faire à un discours langue de bois quand cela ne tourne pas à l’exercice marketing.

Bien avant que le mot ne soit à la mode, ma société a développé une authentique culture d’entreprise (création d’un logo, distribution de sweat-shirts aux salariés, séminaires de motivation en Turquie). C’est une entreprise performante, jouissant d’une réputation enviable dans sa partie ; à tous points de vue, une bonne boîte. Je ne peux pas démissionner sur un coup de tête, on le comprend.

Intégrer la nécessité du changement ne transformera pas ce que l’on peut nominativement définir comme une « culture d’entreprise » du jour au lendemain. Pour ces entreprises qui franchissent l’étape d’un tel investissement, en plus d’être complexe, le voyage sera long et se fera peut-être même dans la douleur.

Mais il est quoi qu’il arrive, impératif de surpasser la réalité. Car ne sommes-nous pas à terme, obligés d’évoluer dans le sens naturel des choses ? Il est finalement si dur de bouger de sa zone de confort … mais lorsque cela est vital il n’y a pas d’hésitations à avoir.

Pour finir sur une petite note positive, un consensus est en train de dessiner autour de ce que cette grande idée doit représenter pour l’entreprise. Valeurs, culture, pratiques, tout nous renvoie à l’idyllique contrat social d’une organisation agissant autant à la réussite de son objectif capitalistique qu’au bien-être de ses employés et autres parties prenantes.

Reste à rendre possible la quadrature du cercle que représente une entreprise 2.0 qui ne peut que difficilement rester 1.0.