Messagerie d’entreprise, et pourquoi pas Google ?

J’avais déployé il y a de cela 1 an des montagnes d’arguments comparatifs entre les solutions de messagerie dominantes du marché (celles de Google, IBM et Microsoft) s’appuyant sur les attentes des utilisateurs, à savoir sécurité, fonctionnalités, confidentialité, vision, etc. Bref toutes les peurs communes rapport aux solutions Cloud, mais c’est bien la performance qui était à l’honneur. Et à l’époque de cette étude, les solutions de Google étaient déjà au-dessus du lot sur tous les points.

Depuis tout ce temps, il n’y a plus à contester l’existence du géant de Mountain View dans le domaine de la messagerie. Il est même devenu un acteur incontournable. De nombreuses entreprises, et pas les plus petites, migrent vers Google et la tendance devrait s’accentuer en 2013. Reste bien évidemment une réserve non négligeable d’entreprises qui conservent leur messagerie en interne -pour des raisons que ne pourrions tout à fait débattre- principalement sur des solutions Microsoft, IBM ou bien encore Zimbra.

Sur son propre terrain, un seul concurrent réellement compétitif fait face à Google et son GMail : Microsoft. Ce dernier s’essaye à rattraper le temps perdu et peut compter sur son image de marque, son influence dans la sphère entreprise et son parc établi. Car si l’ère post-Microsoft est d’actualité, le Cloud est un rouleau compresseur qui va dans le sens d’une évolution toute naturelle. Le prix et la performance auront raison de la plupart des infrastructures privées, et les logiciels passeront également sous le spectre de la comparaison.

Mais pour être tout à fait clair, la bataille se joue du côté des utilisateurs et du grand public. Et sur ce terrain Google gagne du terrain, aidé par une pléiade de produits tels Android ou bien encore Chrome.

One account to rule them all

Revenons à nos moutons. Pourquoi préférer une solution plutôt qu’une autre ? Google, Microsoft, IBM, … ?

Même s’ils ont un intérêt évidemment réel, il y a un et un seul aspect qui devrait aujourd’hui nous intéresser : l’interopérabilité. Comme je l’expliquais à propos du Réseau Social d’Entreprise, une application qui ne peut communiquer, ne peut donc s’intégrer avec d’autres applications et agit littéralement en aveugle. Et côté interopérabilité , Google est le roi incontesté. Une startup se créée ? vous pouvez parier qu’elle se posera la question de son intégration native avec Google.

Pourquoi ? Pensez grand public. Une grande partie des utilisateurs utilisent déjà Google pour la recherche, ont un smartphone Android, un compte  YouTube. Le seul service qui pourrait aujourd’hui tenir la comparaison est Facebook. Mais le réseau social n’est pas un acteur de la sphère professionnelle collaborative, ce qui limite drastiquement son impact sur l’écosystème des applications d’entreprise.

Google peut donc être considéré comme le choix du roi (nous pourrions parler du bien fondé et de son emprise sur le Web mais ce n’est pas le sujet de l’article). Il vous ouvre un champ des possibles qu’aucun autre acteur ne peut vous fournir, une autre option pourrait même paraître étonnante. Pourquoi donc se priver de choisir la solution offrant le plus de possibilités via son ouverture et sa place de choix dans la sphère Internet ? Le Web, le Cloud sont au centre de nos vies digitales, vous ne pouvez plus vous contenter de croire que votre PC est votre unique porte d’entrée sur le monde, de même que pour votre système d’information interne.

Cela fait de Google une quasi-évidence. Vous doutez de tout cela ? Regardez autour de vous …

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todolist

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Le VIP, cette diva qui détruira la DSI

La DSI telle que nous la connaissons est sans doute en train de mourir.

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Mais outre bien comprendre la tendance, intégrer et accepter ce court-circuitage, il est un point qui aujourd’hui plombe de nombreuses entreprises : le VIP.

Car le VIP n’est pas quelqu’un auquel on ne refuse pas grand-chose. Nous avons d’un côté une IT qui doit subir la réalité des utilisateurs, s’essayant à les contrer tant bien que mal et garder en place un édifice aussi friable qu’un château de cartes. Et de l’autre, une IT qui doit satisfaire les VIP et prendre en compte l’affect dans ses décisions. Le contrat est intenable.

Car le VIP est une diva que l’on ne peut raisonner. Et ce dernier apporte dans ses valises, la réponse à la fracture qui s’était créée au fil des années entre l’informatique grand public et professionnelle.

La mode du Do It Yourself a intégré le monde professionnel et le VIP est le premier a succomber aux sirènes du consumérisme. Qu’il n’est pas jouissif d’avoir le dernier smartphone ou la dernière tablette à la mode, entrant de plain-pied dans le monde du Bring Your Own X. Et étant donné qu’il y a fort à parier que le nombre d’objets dits connectés risque d’augmenter, nous allons rapidement les importer en entreprise via le privilégié qu’est le VIP.

La DSI doit donc se réinventer pour tenir compte de ces concepts, devenir proactive et innovante, sous peine de se transformer en un prestataire de service à la solde de ses donneurs d’ordre, sans concession aucune.

Internet, le Cloud, The Pirate Bay

The Pirate Bay (TPB) avait dernièrement annoncé sa migration vers le Cloud, qui plus que rendre son système à priori inattaquable, posait la question de la nature d’Internet ainsi que l’ensemble des concepts et systèmes qu’il remet en cause directement ou indirectement.

Pour compléter l’histoire, est sorti depuis quelques jours le film The Pirate Bay Away From Keyboard, relatant l’histoire du procès à l’encontre des créateurs de TPB.

Au début du procès, le porte-parole du groupe, Peter Sunde, reprend le procureur, qui vient de lui demander quand il a rencontré pour la première fois un autre membre de The Pirate Bay « IRL » (In real life, dans la vraie vie).

« Nous n’utilisons pas l’expression ‘IRL’, répond-il. Nous préférons ‘AFK’ (Away from keyboard, loin du clavier). Nous pensons que l’Internet est réel« , explique-t-il en souriant.

Plaisir et productivité au travail

Dans cette session (datant d’Avril 2012), David Alia d’OCTO nous livre un petit précis de management articulé autour de 10 règles faisant écho aux classiques en la matière (Tribal Leadership, Rework, Manager Minute, etc.). De quoi redonner à certains les clés du plaisir et du bien-être au travail à l’heure où le pessimisme ambiant pourrait nous empêcher de tous nous épanouir.

  1. Tell Me WHY
  2. Vous n’avez pas le MONOPOLE des bonnes idées
  3. Faites toujours MIEUX
  4. Faites des 03 (One On One)
  5. (Ab)usez des FEEDBACKS
  6. Plutôt demander PARDON que la PERMISSION
  7. CÉLÉBREZ !
  8. Dites OUI !
  9. Dites NON !
  10. Have FUN !
  11. Le monde des BISOUNOURS

VALVE ou savoir quoi faire quand personne n’est là pour vous dire quoi faire

VALVE est une entreprise étonnante à plus d’un titre.

Bien évidemment, la nature même de ses activités, à savoir créer des jeux vidéos, peut déjà dénoter d’une différence toute particulière. Certains affirmeront même qu’une organisation de ce type n’est finalement pas une entreprise au sens classique du terme, tout au plus une startup dans toute la négation que le terme peut supposer, en total décalage avec le monde « réel » du travail.

Mais ce que je voulais plus spécifiquement aborder est la manière donc fonctionne VALVE. Certains l’auront fait pour, moi, lisez par exemple l’excellent billet de Yanis Varoufakis sur le sujet ou l’éclairage que fait Michael Abrash de ses activités au sein du studio.

Comment donc fonctionne VALVE ? Et bien, pour s’en faire une idée, mettons-nous dans la peau d’un nouvel arrivant et décortiquons l’excellent (et étonnant) manuel dédié aux nouveaux employés.

« No Hierarchy and no Management at All »

La promesse de l’ouvrage est déroutante : « Savoir quoi faire quand personne n’est là pour vous dire quoi faire, une aventure intrépide ». Pour avoir souvent été intégré à la va-vite dans une entreprise, en tant que consultant, une telle profession de foi m’a immédiatement mis dans une condition optimale pour apprécier la cinquantaine de pages de l’ouvrage. Celui-ci est d’ailleurs découpé en 6 chapitres que je vous propose de parcourir au travers les quelques remarques qui vont suivre.

Les premières pages traitent de la culture maison, la retranscription de l’épopée VALVE et ce qui rend l’éditeur unique.

  • Une entreprise autofinancée et indépendante
  • Une entreprise sans hiérarchie ou organigramme, favorisant l’innovation et la créativité
  • Leur fondateur/dirigeant n’est le manager de quiconque
  • 100% du temps est consacré à des projets personnels

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On pourra s’amuser de leurs surprenants bureaux mobiles, signe de l’ouverture qui règne au sein de VALVE, facilitant d’autant l’autogestion de chacun, la collaboration et l’innovation. Les roulettes ne sont pas là par hasard, et doivent permettre à chaque employé trouver la place adéquat, rapport à son projet ou ses projets du moment, ainsi que les personnes avec lesquelles il collabore au quotidien.

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Construire sa propre aventure

Mais là où VALVE est étonnant c’est assurément dans sa manière d’aborder le travail en général. Ici pas de fiches de postes (et rappelez-vous, pas d’organigramme). Si vous connaissez la fameuse règle des 20% de Google, laissant à ses employés le temps de travailler sur des projets personnels, chez le VALVE le pourcentage est de 100%. Personne n’a de titre, tout le monde est designer et peut questionner l’autre sur son travail. L’ouverture et la transparence sont normatives.

Chacun est libre de ses actions et décide sur quoi il travaille (cela pose la question du recrutement, j’y reviendrais plus bas). VALVE pousse le concept d’intelligence collective à son maximum, chacun pouvant être recruté pour travailler selon son bon plaisir, les projets qui comptent sont donc abondamment suivis.

Bien évidemment l’idée ne tient que parce que VALVE ne s’attache à recruter des personnes de talent. Chacun s’adjoint donc à choisir ce qu’il lui plait, et indirectement travailler sur les projets sur lesquels il est apte à donner le meilleur de lui-même. Personne n’est là pour vous dire quoi faire, la confiance étant la base même du travail au sein de VALVE. Le risque existe, mais il est perçu comme une manière d’apprendre qu’une opportunité de sanction.

Où trouver sur quoi et avec qui travailler ? Le guide nous conseille d’aller au-devant des gens, de leur parler, de socialiser et se trouver des points communs, raconter son histoire, faire preuve d’empathie, respecter l’expérience, etc. Unique à l’époque d’Internet ? Non, tout à fait logique. Les carrefours de rencontres sont là ou l’innovation se créée. Prenez l’exemple de Zappos et son projet DownTown.

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La sérendipité ainsi générée sous-entend que chacun est donc directement responsable des objectifs à long terme de l’entreprise. Initialisez votre propre projet, parlez-en autour de vous, recrutez vous-même des collègues, faites preuve de leadership, laissez les équipes émerger et s’auto-organiser en structures autorégulées.

Le but de ce pouvoir distribué est de rendre chacun en capacité de choisir le travail le plus important à réaliser (et d’en être profondément conscient et convaincu), mais aussi de soumettre les décisions des autres au regard de chacun, le même processus étant appliqué à chaque niveau de l’entreprise, recrutement inclus.

Comment tout cela arrive à tenir ? Le guide nous apporte une réponse on ne peut plus claire sur ce sujet.

Over time, we have learned that our collective ability to meet challenges, take advantage of opportunity, and respond to threats is far greater when the responsibility for doing so is distributed as widely as possible. Namely to every individual at the company.

En clair : l’union fait la force.

Performances & Recrutement

Chaque année, un groupe de personnes nommé pour l’occasion interviewe l’ensemble des employés. Chaque employé fournit un retour sur son travail et celui des personnes avec lesquelles il a eu l’occasion de collaborer.

VALVE utilise le Stack Ranking. Oui, cette technique, permettant de classifier les employés, peut avoir des répercussions terribles lorsqu’elle est mal utilisée. Dans le cas présent, elle permet de fournir une liste des personnes permettant à VALVE de briller. Ces personnes sont autant génératrices de valeurs pour l’entreprise, qu’elles sont (doivent ?) très justement rétribuées en retour. Il y a dans ce concept une idée d’équité : ceux qui fournissent le plus, gagnent le plu. Ainsi, au sein de chaque projet, on demande à ses membres de s’autoclassifier via 4 métriques (qui seront également utilisées lors du recrutement) :

  1. Niveau de compétences / capacité technique
  2. Productivité / efficacité
  3. Contribution au groupe
  4. Contribution au produit

C’est le regroupement de l’ensemble des informations au sein de chaque groupe qui permet de classer les employés au niveau de l’entreprise dans sa globalité (bien évidemment, sans organigramme et en toute transparence, cette technique fonctionne parfaitement).

Concernant le recrutement il s’agit pour VALVE d’une tâche de la plus haute importance, la pérennité de l’entreprise ne pouvant être assurée que par des employés triés sur le volet et aptes à s’intégrer à la manière toute particulière qu’à la société d’exister. VALVE n’embauche que des personnes qui performent dans leur domaine, des profils Seniors qui n’auront pas à suivre de plan de formation ou autre programme de développement personnel (on part du principe que les nouveaux venus, étant donné leurs pédigrées, sont à même de s’autoformer). Mais surtout le système est assez parfait pour n’utiliser que des personnes dont il a besoin, quitte à en laisser certains sur le carreau.

Chaque employé est d’ailleurs amené à interrompre son travail pour participer au processus de recrutement. Et à ce titre, VALVE a développé une méthode assez complète sur le sujet, que chacun doit maîtriser. S’affranchissant des problèmes hiérarchiques (et du principe de Peter), VALVE a un mantra simple : ne pas embaucher quelqu’un moins compétent que soi-même.

Mais reste qu’au regard de ces quelques lignes une question qui moi aussi m’a rapidement effleuré l’esprit, et donc la bible du nouvel arrivant nous apporte (encore une fois !) une réponse.

Question : Si tout cela fonctionne pour nous, pourquoi chaque entreprise ne fonctionne pas de cette manière ?

Réponse : C’est extrêmement difficile.

Principalement parce que dès le début, cela nécessite de s’impliquer dans le recrutement d’une manière différente à ce que l’on pourrait retrouver dans la plupart des entreprises.

Il est nécessaire d’avoir une discipline quant à l’évolution de l’entreprise plus importante que n’importe quel but court-termiste.

Cela demande également une liberté vis-à-vis d’éventuelles pressions externes (investisseurs, actionnaires).

Et pour finir, avoir un fondateur qui soit assez confiant pour construire ce genre d’organisation est rare, bien évidemment

Le clavier fait de la résistance

À l’usage, je me suis fortement habitué à l’utilisation de mes appareils mobiles dans ce qu’ils font de mieux, à savoir celui de la consommation de contenus : jeux, musiques, documents, informations, etc. Dans tous ces usages, la tablette a totalement éclipsé l’ordinateur de ma vie numérique personnelle.

À dire vrai la navigation sur tablette est quasi optimale au point d’éclipser l’impératif besoin d’une souris comme pointer principal. Le partage est facile et simplifié. Reste un seul écueil, la production de contenu, chasse gardée de l’ordinateur et de son appendice numéro un : le clavier.

Mobilité = Productivité ?

Ce que l’on reprochait assez justement aux OS mobiles était de ne pas nous fournir nos applications professionnelles. Typiquement, un poste de travail sans un Microsoft Office est rapidement défini comme inutile dans de nombreuses organisations.

Mais l’écueil est en voie de ne plus exister. Microsoft vient de sortir un Office 2013 qui même s’il peut décevoir est taillé pour le mobile,  Google Drive et autres sont des outils plus que matures permettant de couvrir à minima 95% des usages professionnels que de tels outils peuvent nécessiter (offrant même certaines fonctionnalités que ne peuvent se targuer nos bonnes vieilles applications de bureautique).

En ce qui concerne les applications professionnelles, même combat. Le nombre d’applications spécifiques aux tablettes est en train de s’envoler et pas une application professionnelle digne de ce nom n’irait aller à l’encontre d’un marché qui crie à l’envi, la volonté d’avoir une application mobile digne de ce nom. Les développeurs mobiles allant même jusqu’à rendre une meilleure copie sur tablette, réservant des usages plus complets (et souvent moins ergonomiques) aux versions web classiques.

L’OS mobile offrirait même certains usages que ne peut se permettre un PC / Mac. Par exemple des facilités de partage, des ponts intra-applications facilités, une connectivité 3G (ça parait idiot, mais un ordinateur a encore aujourd’hui rarement un emplacement pour une carte SIM), un centre de notifications, etc. Sur nos ordinateurs il faut parfois batailler, voir abandonner même l’idée de pouvoir profiter de telles fonctions qui de mon point de vue vont rapidement devenir capitales pour tout environnement de travail se voulant productif.

Pourquoi une telle simplicité et une telle promesse ? Principalement parce que l’OS mobile cadre les développeurs. L’OS desktop complexifie, par ses possibilités infinies, son ergonomie. En un mot comme un seul, les appareils mobiles sont de plus en plus efficaces, quel que soit le contexte. Et cela facilite leur adoption et l’éclosion d’usages nouveaux.

L’ordinateur désuet ?

Que reste-t-il donc à l’ordinateur, si celui commence à perdre en efficacité ? Une souris, des fenêtres applicatives ? Tout simplement un clavier. Et oui, bien sûr, vous pouvez toujours annexer un clavier à votre tablette.

Même si je commence à m’habituer aux claviers virtuels, force est de constater que rien ne remplace un vrai clavier physique. Tout du moins pour le moment. Et dans le domaine, les choses avancent vite. Microsoft et quelques autres constructeurs ont montré quelques bribes d’ingéniosité en matière d’hybridité mobile. Un clavier rétractable pourrait être une solution, mais l’avenir nous réserva, j’imagine, quelques belles surprises.

Ce qui se dessine néanmoins, c’est une fusion vers un OS nouvelle génération. Chrome OS ou autres bureaux Cloud peuvent poser les bases d’une uniformisation. Nos applications sont aujourd’hui presque toutes disponibles via un navigateur, facilement virtualisable ou accessible en déportée lorsque cela est nécessaire. L’OS mobile se pose en chantre de l’ergonomie et le champion de consommation de contenu.

L’ordinateur n’a donc plus rien que le seul couple clavier/souris et la rapidité qu’il promet comme domaine exclusif.

L’hybridité puis la fusion

Entre temps, Microsoft signe un nouvel opus de son système d’exploitation, en la présence de Windows 8. Cet OS est à la fois desktop et mobile, marié à un matériel qui au mieux d’être innovant se voudra étonnant. Un OS de transition hybride pour des usages et une évolution du système d’exploitation vers quelque chose de nouveau.

De son côté, Apple a amorcé l’évolution en commençant par une pratique qui en aurait étonné plus d’un il y a de cela encore 5 ans, à savoir intégrer des fonctions purement mobiles à son Mac OS X avec l’apparition du Notification Center et des facilités de partage vers les réseaux sociaux.

Reste au final à imaginer une sorte de Responsive Design propre à un OS unique, s’adaptant au contexte, au matériel, au besoin. Sur ce terrain, le clavier parait aujourd’hui le seul outil résistant encore au changement. Vers quoi nous tourner ? Des solutions nées des usages développés par les claviers virtuels et autres T9, l’évolution des technologies et assistants vocaux telle que Siri, voir pourquoi pas des idées optiques ? Les ingénieurs de Google se sont déjà posé cette question dans le cadre de leur projet « Glasses », ce dernier allant jusqu’à nous envoyer des informations via de simples vibrations.

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Les interfaces vont donc évoluer, rapidement. Mais quel que soit les formes qui le substitueront ou non,  le clavier physique est aujourd’hui  le seul outil réellement apte à permettre d’évoluer dans des conditions que nous voulons optimales pour travailler.

Reste à savoir pour combien de temps encore ?

Comment se désintoxiquer des réunions

Dans la même série, après le mail et le smartphone, je vous propose une liste d’astuces pour vous permettre de vous désintoxiquer des réunions.

En tant qu’avatar du travail de bureau, la réunion est une pratique qui tient à l’organisation même du travail. Pas une prise de décision sans réunion, pas d’initialisation de projet sans réunion, etc. Elle prend une place non négligeable dans notre travail et fait partie de notre quotidien.

Ainsi de multiples études nous confirment cette importance que l’on ne pourrait définir comme relative. Pour 40% des employés, les réunions occupent en moyenne 38 minutes quotidiennement (18% y consacrent plus d’une heure). Vous avez même eu connaissance de l’histoire de cet homme arrêté par l’inspection du travail pour avoir multiplié les réunions, allant jusqu’à en organiser 17 par jour.

Ces dernières années, l’Inspection du travail a noté une recrudescence de ce qu’elle nomme une forme aiguë de « réunionite ». « C’est un sujet extrêmement tabou, surtout dans les milieux de la finance. Mais on nous signale de plus en plus d’affaires de ce type », explique un responsable départemental. Une recrudescence qui a poussé l’Inspection du travail à mettre en place un Numéro vert pour les victimes de réunions abusives. « Si vous ou un de vos proches êtes victimes ou témoin, agissez, brisez le tabou. »

Ce que la statistique ne dit donc pas, outre l’importance de temps passé en réunion, c’est l’efficacité de ces dernières. Si cet homme et cet exemple sont un cas extrême, cela dénote surtout de la place donnée aux réunions dans nos organisations et dans l’exécution de notre travail, confirmant de plus l’hégémonie de la pratique dans les structures fortement hiérarchisées eu égard le silotage du travail.

On parlera donc, dans ce cas précis, de réunionite aiguë.

4 règles pour commencer à lâcher prise

Règle n°1 – Arrêtez d’organiser des réunions

Arrêtez d’organiser des réunions pour organiser des réunions ! Je m’étonne toujours d’arriver dans des réunions :

  • Où rien de concret ne se passe (une réunion doit absolument déboucher sur quelque chose)
  • Où on déroule un document à la manière d’une émission télé, sans interaction
  • Où on comble les lacunes des autres (tu n’as pas lu le document à lire initialement ? tant pis pour toi)
  • Où on revient sur des éléments précédemment débattus
  • Où on ressasse d’anciennes réunions
  • Où on se réunit pour flageller ou féliciter
  • Etc.

Une réunion doit être un lieu d’action. On ne réunit pas des personnes dans une même pièce ou à distance pour prêcher le vide, s’informer et « éventuellement », prendre des décisions. Les décisions doivent être prises ou tout du moins abordées auparavant, pas dans le cadre d’une réunion.

Soyez donc sur ce point et appliquez-le quotidiennement.

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Règle n°2 – Arrêtez d’assister aux réunions

Nous sommes tous plus ou moins conscients d’assister à trop de réunions. Enchainer les réunions est totalement contre-productif. Pourtant je vois certains « VIP » de grandes sociétés passer leur vie en réunion. Difficile de les croire réellement conscients de la vie de leur entreprise une fois sortie de leur bulle. J’ai un jour rencontré un dirigeant m’avouant son incapacité à gérer le problème : « Je n’arrive même plus à savoir quand je ne suis pas réunion ». Ne tombez pas dans les excès !

Arrêter d’y assister est une méthode simple et radicale. Expliquez votre point de vue, exposez le gain de productivité que cela peut consister pour vous. Demandez si vous pouvez vous astreindre d’assister à une réunion, cela peut aussi être vertueux dans le sens où vos collègues se verront obligés de réaliser un compte rendu de digne de ce nom (vous savez, ces documents que personne ne lit, étant donné que tout le monde assistait à cette fichue réunion !).

Arrêtez également de penser que votre présence est indispensable, ou même de croire que vous vous devez d’y être « au cas où ». Dans le pire des cas, demander à fixer vos interventions en début de réunion pour vous éclipser le moment venu. Vous n’avez pas idée du nombre de personnes qui passent leur temps à faire autre chose en réunion, pianote leur téléphone, discutent, voir mangent pendant une réunion … cela est caractéristique d’un dysfonctionnement que ne pouvez subir plus longtemps.

Dernier argument : le coût d’une réunion.

Nombre de participants x Taux horaires x Temps de la réunion

Ex: 5 participants x 100 € x 2 h = 1000€

Règle n°3 – Préparer votre réunion

Trop de réunions sont fixées sans se préoccuper du temps, qui est pourtant la denrée la plus rare qui soit. Tenez-vous aux horaires, soyez à l’heure de bout en bout.

De plus, on ne se réunit pas pour parler chiffon, mais principalement pour régler des problèmes. Communiquez votre ordre du jour, échangez sur celui-ci AVANT la réunion. Indiquez aux autres que vous êtes ouvert à l’évolution de ce dernier en préambule, mais qu’au démarrage de la réunion, l’ordre du jour servira de fil d’Ariane, évitant les tergiversations et autres digressions, vous offrant un moyen de recadrer si nécessaire.

Fournissez une liste d’éléments à connaitre AVANT le début de la réunion. Elle ne doit pas être un lieu ou tout s’apprend et on passe notre temps à faire de la lecture ou de la remise à niveau pour les absents.

Règle n°4 – Faites vivre votre réunion

Vous vous réunissez pour un but bien précis. Coupez les téléphones portables, les messageries, etc. barricadez-vous si nécessaire. Les interruptions sont ce qui entravent le plus notre travail quotidien, ne les laissez pas vous envahir dans l’espace clôt et cadré qu’est la réunion.

Ne soyez pas tendre avec les retardataires, vous n’avez pas de temps à perdre avec eux.

Comprenez également qu’une réunion ne doit pas être à rallonge, mais est avant tout un lieu qui valide les décisions et permet de se fixer des objectifs à tenir.

Essayez également de ne pas organiser de réunions à rallonge. Pour cela, suivez votre ordre du jour et laissez à chacun un temps de parole, et n’hésitez pas à interrompre les personnes qui confondent réunion et place de marché.

Office 2013, mais où va donc Microsoft ?

La nouvelle mouture de la suite bureautique de Microsoft vient de sortir. Parmi les habituels packs (de 139 € à 539 € pièce !) se glisse une nouvelle offre « famille » qui se base sur un modèle d’utilisation hybride, PC/Mac et Cloud/Mobile, le tout en abonnement mensuel ou annuel.

Que se cache derrière cette offre ?

  • La suite Microsoft Office Professionnelle 2013, installable sur 5 postes (à partir de Mac OS X 10.5.8 ou PC Windows 7) voir utilisable en mode virtualisé si vous n’avez pas le logiciel sur votre machine (limité à Windows 7 et 8)
  • L’accès au même Office dans le Cloud et sur mobilité … enfin pour le moment seulement sur Windows Phone (le tout, hors Publisher, Acces et OneNote)
  • Un espace de stockage SkyDrive de 20 Go
  • Et 60 minutes d’appels Skype par mois
  • Le tout à 99€ par an

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Plus que son contenu, cette offre surprend par son mode de paiement via abonnement (une première !). Mais son orientation familiale nous permet de nous poser la question suivante : faut-il acheter ce package et acquérir cet Office 2013 ?

Qu’a bien pu faire l’équipe Office en presque 3 années ? Si l’on remonte dans le temps, la version 2007 avait apporté le ruban, OpenXML et l’intégration OpenDocument / PDF. La version 2010 marquait les premiers pas de la version Web d’Office. Donc qu’en est-il de cette version 2013 ?

Bien naturellement, le logiciel de bureautique de Microsoft a évolué. Nouveau design, ergonomie adaptée au tactile, évolution d’Office Web Apps, intégration au Cloud de Microsoft (SkyDrive), possibilité d’éditer des PDF. Peut-on considérer cela comme suffisamment adapté à nos attentes ?

Et bien, c’est l’offre dont je parlais ci-dessus qui nous en apporte la réponse : Mobile et Cloud. Et sur ces deux points, Office 2013 peut décevoir.

Adopter le futur  …

Posons-nous LA question du moment. Où est donc la version iPad d’Office ? Où est donc le « vrai » Office mobile ?

Certains pensent sa sortie imminente. Si cela se trouve, elle existe même déjà, bien au chaud … mais elle ne sortira peut-être jamais. Pourquoi ? Un souci d’achat in app ? Non, comme le souligne Ars Technica, ce serait tout simplement la meilleure opportunité et la pire erreur à commettre.

Making the unique … less unique

La meilleure opportunité de mettre tout le monde d’accord en tirant parti du savoir de Microsoft en matière de bureautique, et la pire erreur en ouvrant la boite de pandore d’un Office ne tournant pas sur un PC (la version Mac existe bien, mais nous sommes loin des taux d’adoptions d’Android ou iOS). Chaque Office sur iPad vendu serait un manque à gagner pour Microsoft (moins les 30% de marge d’Apple) et autant d’utilisateurs qui se détourneraient de Windows.

Pour le second point, le nouvel Office Web Apps souffre d’une ergonomie qui l’empêche de faire bonne figure sur tablettes. En trois ans, Office Web Apps n’apporte rien de radical, rattrape au mieux son retard sur la concurrence et n’est qu’une application vivant dans l’ombre de son grand frère, solidement installé sur votre poste de travail.

Office365-Office2013

Un poste de travail qui aujourd’hui devrait, nous dit-on, rimer avec un Windows 8 s’essayant à marier PC et Mobile. Mais à force de s’essayer à faire une pierre deux coups, l’hybride ne serait-il pas devenu l’ADN de Microsoft ? Cela me fait penser à Kodak, qui avait depuis le milieu des années 70/80 tout ce qu’il fallait pour régner sur la photo numérique et qui, le cul entre deux chaises, s’était efforcé de faire le grand écart entre un futur qu’ils maîtrisaient sans doute mieux que tout le monde et un passé auquel ils s’accrochaient farouchement.

Kodak Advantix

… ou mourir

Mais n’en somme pas là. Microsoft étant loin d’être moribond.

Malgré tout, pendant ce temps, la concurrence avance ses pions. Et cela me renvoie à la place de Windows dans notre quotidien, car au fil des années, Microsoft s’est efforcé de faire de son système d’exploitation le centre de nos vies numériques.

Et Office n’en est que le bras armé. Que penser d’un Windows dans un environnement qui évolue en dehors de sa sphère d’influence ? Aujourd’hui, seul le Cloud prévaut, peu importe le moyen d’accès. Il n’y a donc pas de fatalisme à penser que nous nous réveillerons sans doute un jour dans un monde où Windows ne sera qu’une option parmi tant d’autres.

Et les entreprises dans tout cela (la chasse gardée de l’éditeur) ? Prenez une tablette qui n’a aujourd’hui pas le loisir d’avoir un Microsoft Office. Vers quoi les utilisateurs vont-ils naturellement migrer ? Une tablette Microsoft ou une solution tierce, bien évidemment. Et c’est ici que la chaîne représentée par le couple Windows/Office commence à s’effriter dangereusement. D’où cette offre étonnante dont je parlais en introduction et qui s’essaye à contrer une concurrence de plus en plus offensive.

Faut-il y voir un signe avant-coureur ? Seul l’avenir nous le dira.

Protectionnisme contre innovation

Microsoft est aujourd’hui un géant. Son business lui rapporte plus de 70 milliards de dollars (dont un tiers pour la seule division Office), et comme disait Louis Gerstner à propos d’IBM, il est finalement difficile de faire danser un éléphant. Microsoft a sans doute déjà les armes pour gagner la bataille, mais a également pour mission de défendre son territoire et son trésor de guerre, quitte à devoir surréagir en urgence. Et c’est ici que les acquisitions que sont Yammer et Skype peuvent devenir salutaires, en s’imprégnant d’une culture différente et en allant là où les utilisateurs sont et vont.

“Is every Office document a website? It’s possible”

Les hommes de Balmer vont donc certainement patienter et sonder le marché grâce à leur triptyque Surface / Windows 8 / Office 2013. Ce triumvirat doit s’imposer pour imaginer remonter une pente qui commence à devenir dangereusement glissante. La survie de la firme, où tout du moins son « aura », en dépend (même si le spectre d’un Microsoft omniprésent a toujours la peau dure).

Entre-temps, certains acteurs continuent à s’affranchir d’une logique physique. D’autres créés ce qui pourraient être les futurs vainqueurs d’un jeu qui risque d’être passionnant. Autant d’éléments qui remettent en cause la place du PC comme nous le connaissons, pointant du doigt la question que pose le facteur de forme … et donc s’en détacher petit à petit. Car à bien y réfléchir, Windows est une surcouche plus ou moins utile qui s’intercale entre l’utilisateur et son navigateur Internet.

Demain, nous devrions donc nous affranchir de toujours penser Windows / Office. Ce duo n’est aujourd’hui à notre disposition que pour consommer nos données et est finalement condamné à redevenir ce qu’il est : un outil.