La mort annoncée de SharePoint

Outre les défauts du produit et les faibles avancées de la nouvelle version du produit de Microsoft, ce qui intrigue est la place qui lui est réservée dans la nouvelle version d’Office 365 (qui est en passe d’être rapidement déployée au grand public).

Jugez un peu, plus une trace de la marque « SharePoint ». Tout est fait pour passer sous silence l’avatar du lourd fardeau que peut représenter un produit en décalage avec son temps. Cette mise sous silence est sans rappeler l’acquisition à grands frais de Yammer, et son imminente intégration. De là à imaginer que SharePoint se fasse totalement occulter par le réseau social, il n’y a qu’un pas.

À terme, SharePoint ne devrait être qu’une solution « technique ». La plomberie de fonctions collaboratives plus avancées, chose que l’on cache habilement sous le tapis. Une pure affaire de spécialistes, mais rien qui ne devrait arriver aux douces oreilles des utilisateurs lambda.

Un changement qui semble radical, spécialement lorsque l’on connait le chiffre d’affaire généré par SharePoint. Mais une prise en compte des réalités qui nécessite des adaptations. Microsoft tient peut-être le bon bout.

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Le RSE traditionnel est-il déjà mort ?

Je lisais dernièrement l’article de Frédéric Charles qui traitait du « Graal de collaboration » : une plateforme convergente. Qu’en penser réellement ?

Remplacer le mail par une plateforme collaborative ? Tout le monde fait cela depuis 10 ans. Les outils sont connus, les effets également. C’est donc un sujet qui n’est (presque) plus à débattre.

Intégrer cette plateforme à l’email et inversement ? Cela fait sens, tous vont s’y engouffrer. Pourquoi ? Pour créer des plateformes uniques, verticales et bien évidemment faire évoluer les usages (créant par la même un cercle vertueux alimentant le commerce de ces mêmes solutions).

Qui a raison, qui a tort ?

Mais dans cette foire d’empoigne, quel est l’acteur qui détient en son sein la plus grande part de vérité ? Ma réponse est simple. Les vainqueurs de cette grande bataille seront ceux qui concentreront la majeure partie du social graph mondial.

The social graph in the Internet context is a sociogram, a graph that depicts personal relations of internet users. It has been referred to as « the global mapping of everybody and how they’re related »

Imaginez-vous une carte des interactions humaines sur la toile. Sur quelles plateformes ces dernières se concentrent-elles le plus ?

La terre entière s’y trouve déjà regroupée, et si le RSE a pour vocation de centraliser, on s’essayera à y intégrer la totalité des parties prenantes de l’entreprise avant tout (vos fournisseurs, vos clients, vos employés, vos partenaires, vos prestataires, etc.). Centraliser les savoirs de l’entreprise, au travers de nombreuses fonctionnalités, mais également s’ouvrir au monde.

Donc côté grandes manoeuvres, regarder du côté de Google, Facebook ou LinkedIn me parait plus sensé que de parier sur IBM ou Microsoft. Cela me coûte de le dire, étant donné mon attachement à ces deux éditeurs historiques (je ne parle même pas des autres …), mais ils ont indirectement raté la bataille qui se jouait en toile de fond. Celle du Web social.

Car si le Graph Social se développe à vitesse grand V, cette croissance se réalise aujourd’hui en dehors de la sphère des réseaux sociaux traditionnels. Voilà pourquoi ces géants historiques sont donc condamnés à nous vendre de jolies coquilles vides. Vides d’utilisateurs, vide d’échanges, vide de sens.

Le principal souci du réseau social d’entreprise traditionnel est d’être surtout perçu comme n’étant qu’un couteau suisse. Je pense qu’il faut arrêter de voir le RSE comme un outil n’ayant qu’une vocation professionnelle. Les entreprises doivent dompter et intégrer le Web Social. Et c’est à ce moment précis que les autoroutes du Web que peuvent être Facebook, Google ou Twitter nous apparaissent différemment.

Cliniquement mort

Le RSE traditionnel ne peut que partiellement consommer ces autoroutes. Au mieux il les intégrera partiellement. Mais quid des usages ?

Une personne partage un article sur Twitter. Si je souhaite le commenter, voir le relayer, où va-t-il falloir réaliser cette action ? Sur la plateforme d’origine, ou dans mon RSE interne ?

Je publie un article sur un blog interne. Si cela n’enfreint pas les règles de mon entreprise, ne pourrais-je pas le publier sur un blog externe ? (comme l’est par exemple ce blog).

Cela pose indirectement la question de l’engagement. Alors que tout se passe à l’extérieur de l’entreprise, les RSE traditionnels nous enferment. Car le RSE n’est qu’un alliage de deux choses, à savoir le moteur relationnel et les outils collaboratifs. Et c’est ici que le RSE historique, promis à devenir l’outil de travail unique, s’enferme sur lui-même.

LinkedIn va bientôt lancer son propre réseau social d’entreprise. Facebook fait déjà dans la messagerie personnelle, héberge certaines universités et pourrait tout à fait s’intéresser au monde de l’entreprise. Google risque d’aller très loin à l’intégration de ses Apps dans son réseau social Google+.

Et c’est ici que je boucle sur le sujet des éditeurs historiques. Le RSE comme il existe aujourd’hui va disparaître au profit d’atriums numériques, directement intégrés au coeur des principaux acteurs du Web Social.

Comment savoir si votre entreprise nage dans le bonheur ?

Se tenait hier 20 Mars, le jour du bonheur. A cette occasion le Harvard Business Review s’est fendu d’un article intitulé How Happy is You Organization, faisant bien évidemment penser au livre de Tony Hsieh (créateur de Zappos), L’entreprise du bonheur.

Cet article nous pose une question toute simple : comment nos dirigeants peuvent-ils créer des entreprises heureuses ? Le bonheur nous dit-on, créé un cercle vertueux qui mène à un fort engagement des collaborateurs. Plaisir, engagement et sens sont les trois voies qui mènent au bonheur. À nos entrepreneurs de les utiliser et se poser les questions permettant de jauger du bonheur dans leur entreprise.

  • Est-ce que mes employés apprécient leurs relations et leur environnement de travail ?
  • Mes employés rient-ils ?
  • Mes employés sont-ils un rôle adéquat – un de ceux qui sont adaptés à leurs compétences et leur offrent un challenge approprié ?
  • Utilisent-ils leur génie ?
  • Comprennent-ils les objectifs de l’entreprise ?
  • Sentent-ils qu’ils font partie de quelque chose qui compte ?

Bien évidemment, nous pouvons tous nous soumettre à cet exercice. Dans une période de morosité où les conflits sociaux et les dysfonctionnements du travail se multiplient, que ne pouvons-nous pas espérer nager dans le bonheur ?

BYOD, un problème plus philosophique que technique

The cultural shift isn’t a technical issue but a philosophical one.

The CIOs I talk to who are struggling with BYOD, they are not struggling with BYOD; they are struggling with philosophical issuesThey’re still in old-school command-and-control mindset; lock everything down, it’s got to be on an audited and approved equipment list.

Those CIOs are going to have a tough time being relevant because they are going to have shadow IT. As CMO, if the CIO says no to a request of mine, I’m going to hire an app developer and buy the equipment on my own budget. I’ll just create my own IT organisation. »

Le cheval de Troie qu’est le Bring Your Own Device (BYOD) impacte toutes les organisations (y compris la vôtre, si vous doutez encore). Le mouvement est incontrôlable, et est souvent confondu avec COPE (Corporate Owned Personaly Enabled) qui en est l’antithèse. Si vous souhaitez néanmoins mettre en place du COPE, et fournir des terminaux à vos collaborateurs, ayez le luxe de proposer un choix infini, sous peine de voir votre politique sombrer sous le poids du  BYOD.

Quelques rappels. Un français sur trois possède un téléphone connecté à Internet, les tablettes représentent 10% du trafic mondial, la frontière digitale qui séparait nos vies privées et professionnelles est de moins en moins tangible. Et comme le révèle une récente étude, nous sommes obsédés par nos appareils. Le nombre d’objets connectés allant crescendo, nous ne devrions bientôt plus nous poser la question de l’hyper-connectivité.

Aujourd’hui les téléphones, la domotique. Demain une montre, des lunettes, des chaussures, etc. l’objet intelligent et connecté devenant, au fur et à mesure, normatif. Bien évidemment, certains se poseront toujours les mauvaises questions. Nous naviguerons sans doute de mode en mode, du Bring Your Own Glass (!) à je ne sais quoi. Au final, les valeurs d’ouverture, de transparence et l’innovation auront toujours le dessus. Et si l’aspect sécuritaire vous intéresse, sachez que les utilisateurs s’inquiètent plus de la perte de leurs propres données, que celles de votre entreprise.

Comment considérer le problème ? En acceptant le paradigme et ne plus considérer le BYOD comme un problème technique.

Le désespoir de VMWare

I look at VMware and the brand reputation we have in the enterprise, and I find it really hard to believe that we cannot collectively beat a company that sells books.
  • Carl Eschenbach, COO VMWare

Cette remarque, issue d’un évènement partenaire, en dit long sur l’état d’esprit actuel de VMWare. Pour répondre à son COO, non, ils ne pourront pas battre Amazon en demeurant tels qu’ils sont. Car si VMWare a certainement une réelle influence sur le monde des infrastructures d’entreprise, le spectre du « libraire » met indirectement en péril leur pérennité.

Tout ceci n’est qu’une histoire d’économie d’échelle, d’abondance, de prix. Que peuvent encore justifier les tarifications abusives des systèmes VMWare, au regard d’un Amazon qui vient encore d’annoncer une baisse de ses tarifs de son offre EC2 ?

Rien.

Et c’est ce que cette déclaration nous informe : une relative détresse, rapport à un concurrent qu’il ne peuvent combattre.  Ne reste plus qu’à VMWare qu’à se réinventer ou mourir, lentement.

DSI as a Service

Qu’il est difficile de convaincre que votre solution est LE meilleur compromis du marché. Il est bien évidemment encore plus compliqué de ne pas enjoliver la réalité quand cette dernière joue contre vous. Une solution fonctionnellement moyenne, trop chère, et autres arguments contre lesquels il est complexe de s’affranchir sans tromper votre interlocuteur (chose que je suis incapable de faire … je laisserai volontiers cette initiative à mes amis commerciaux).

Dans le cas d’un éditeur de logiciels, la roadmap fait office d’épée à double tranchant et ne peut se transformer en argument marketing. Que faire si vous ne respectez pas les délais ? J’ai eu l’amère expérience de vivre cela avec IBM Docs, la suite bureautique en ligne de Big Blue. Initialement prévue pour être intégrée à leur offre collaborative SaaS début 2012, celle-ci vient à peine de pointer le bout de son nez. Plus ennuyeux, au lieu d’être gratuit, le service se retrouve facturé 30 € par utilisateur et par an. Une pilule difficile à avaler pour ces clients qui comptaient sur les promesses de l’éditeur. Encore plus frustrant est le constat lorsque l’on lorgne sur ce qui se fait à la concurrence.

Consumérisme

Comment s’assurer, pour un client SaaS, qu’un éditeur ne fera pas volte-face sur n’importe quel aspect de son logiciel ou qu’une technologie sur laquelle on investit puisse être toujours d’actualité à courte échéance ? Pour l’exemple, pensez  à Silverlight de Microsoft. Le SaaS promet certainement des avantages en terme d’innovation, mais que faire si l’on ne peut que subir cette évolution permanente. Et le cas d’IBM est intéressant, étant donné que leur solution évolue dans les grandes lignes.

Cette question renvoie directement au digital et aux transformations induites qu’il provoque. La consumérisation de l’informatique est aujourd’hui aux portes de l’entreprise. On parle souvent de services qui s’affranchissent de consulter sa DSI, allant consommer une solution tierce. Mais on ne parle que très rarement de la nature de ces dernières. La démarche se voulant vertueuse si l’on s’engage avec un éditeur qui se révélera sérieux et pérenne, mais l’inverse peut également subvenir et mettre en péril une certaine partie de l’activité de l’entreprise.

La clé de toute cette affaire est de bien comprendre que la DSI est dorénavant en compétition directe avec les éditeurs SaaS. Tout simplement.

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IT On Demand

Nous sommes à un carrefour où les médias sociaux, le Bring Your Own Device, le Do It Yourself, l’accroissement du volume de données (Big Data) et le Cloud se confrontent. Et c’est à cet endroit que la DSI doit muter en fournisseur de services et constamment s’adapter. L’informatique doit devenir une facilité et permettre d’être consommé à la demande. Il est nécessaire d’adopter ce paradigme toujours mouvant.

Mais je vous rassure, il était effectivement très agréable de planifier ses achats de licences sur plusieurs années, s’affranchir d’une informatique changeante et avoir un contrôle total sur son système d’information. Ce temps est simplement révolu. Il est désormais nécessaire de tout faire pour proposer le meilleur compromis et s’adapter en toutes circonstances. Proposer des services adaptés, voire désirés, au meilleur prix.

Ceux qui accepteront cette nouvelle donne profiteront de nombreuses opportunités de croissance et d’engagement. Les autres s’enfermeront dans un modèle qui est d’ores et déjà caduc, au risque d’impacter leur organisation dans sa globalité.