Définir le Cloud

Le Cloud fait désormais partie du paysage de l’IT. Fini donc, le temps de l’évangélisme ? Car si l’on en croit Gartner, le Cloud est entrée dans sa phase de désillusion.

Les analystes donnent donc 5 ans au Cloud pour s’assurer une vraie maturité sur le marché, s’affranchir des parasitages inhérents au buzz généré par le sujet. Le rendez-vous est donc pris …

Et la France dans tout ça ?

Entre temps, dans notre bonne vieille France, où en sommes-nous ? Le dernier rapport TNS-Sofres sur « les TPE-PME et le Cloud Computing » dresse le constat suivant :

  • 5 % des TPE-PME utilisent aujourd’hui le Cloud (15 % des PME de 50 à 99 salariés)
  • 65 % des entreprises qui connaissent le cloud et la quasi-totalité des entreprises qui l’utilisent pensent que cette pratique est amenée à se généraliser, alors que 29 % d’entre elles seulement considèrent que c’est une mode passagère
  • 74 % seraient prêtes à faire un choix français, plutôt qu’européen ou américain pour leur solution de cloud computing, pour un prix et un niveau de service égaux
  • 71 % de ces entreprises connaissent mal les obligations légales qui imposent de garder leurs données sensibles sur le sol français ou européen et 55 % des TPE ne connaissent pas le Patriot Act
  • Avec la multiplication des failles de sécurité des données dans le milieu informatique, les TPE-PME sont 76 % à considérer ce critère comme un frein à l’utilisation du cloud

Qu’est-ce que le Cloud ?

Si la question peut faire sourire, il n’est pas fréquent de voir un peu tout et n’importe quoi en la matière (rapport à la désillusion dont parle Gartner).

La source qui fait référence en la matière reste la définition donnée par le NIST (National Institute of Standards and Technology).

Pour vulgariser le sujet, j’avais concocté une présentation l’année dernière, qui est toujours d’actualité et se veut claire et rapide à parcourir.


En voici un rapide résumé :

  • Pourquoi utiliser le Cloud ? Principalement pour baisser ses coûts d’infrastructure IT, optimiser ces dernières et gérer l’afflux de données
  • Le Cloud est une révolution des infrastructures informatiques. Il est pérenne, déjà présent massivement mais est aujourd’hui utilisé à toutes les sauces (Cloud Washing)
  •  Le Cloud est une vraie industrie réservée à quelques rares acteurs. Les autres s’efforceront de continuer à faire du « bricolage »
  • Le Cloud est définit par 5 caractéristiques essentielles (un service ne répondant pas à l’un d’entre eux n’est pas un service Cloud) :
    • As-a-Service : distribué sous la forme d’un service à la demande (voir en self-service)
    • Élastique : les ressources d’un service Cloud sont élastiques et permettent une évolutivité de la demande quasi instantanée
    • Mutualisé : 1 seul service pour X clients. Les ressources sont partagées entre les clients
    • Mesuré : le service est facturé à l’utilisation (mode OPEX)
    • Accessible n’importe où, n’importe quand, depuis n’importe quel point d’accès. L’ubiquité d’Internet permet cela
  • Le Cloud a 3 modes de consommation
    • SaaS (Software-as-a-Service), consommer un logiciel
    • PaaS (Software-as-a-Service), consommer une plateforme d’exécution d’applications
    • IaaS (Software-as-a-Service), consommer des infrastructures (machines virtuelles, disques durs virtuels, etc.)
  • Le Cloud c’est également 3 modèles de déploiement
    • Cloud Public. Celui que l’on considère, souvent à juste titre, comme le seul et réel « Cloud » car répondant aux 5 caractéristiques citées plus haut
    • Cloud Privé. Vos infrastructures en main propre chez vous ou chez un prestataire tiers (infogérants, hébergeurs)
    • Cloud Communautaire. Cloud utilisé par plusieurs organisations ayant des besoins communs (Amadeus est un exemple bien connu de Cloud Communautaire)

Où en sommes-nous ?

Bien évidemment, il serait malhonnête de ne pas finir cet article sur les principales alertes qui aujourd’hui pondèrent les promesses du Cloud. A savoir :

  • Opacité des offres et des prix
  • Fiabilité et sécurité
  • Aspects juridiques

La multiplication des acteurs, la nature même des services proposés et des offres de plus en plus complexes à appréhender font qu’il est simple de s’y perdre. Notons par exemple que certains acteurs gardent la localisation de leurs données secrètes,  d’autres ne précisent pas faire appel à de la sous-traitance, etc.

Les alertes se multiplient donc et peuvent justifier la méfiance actuelle. Les opportunités font face aux questionnements liés au Patriot Act, au Safe Harbor, à l’absence de réels standards, à la peur de confier ses données à un tiers, à la pression exercée par les utilisateurs et ses effets pervers (cf. le BYOD chez IBM).

Bref, toutes ces questions doivent amener des réponses et le temps devrait nous permettre de rapidement y voir plus clair. Quoiqu’il en soit, la cacophonie actuelle peut à elle seule justifier la phase de désillusion annoncée.