DSI as a Service

Qu’il est difficile de convaincre que votre solution est LE meilleur compromis du marché. Il est bien évidemment encore plus compliqué de ne pas enjoliver la réalité quand cette dernière joue contre vous. Une solution fonctionnellement moyenne, trop chère, et autres arguments contre lesquels il est complexe de s’affranchir sans tromper votre interlocuteur (chose que je suis incapable de faire … je laisserai volontiers cette initiative à mes amis commerciaux).

Dans le cas d’un éditeur de logiciels, la roadmap fait office d’épée à double tranchant et ne peut se transformer en argument marketing. Que faire si vous ne respectez pas les délais ? J’ai eu l’amère expérience de vivre cela avec IBM Docs, la suite bureautique en ligne de Big Blue. Initialement prévue pour être intégrée à leur offre collaborative SaaS début 2012, celle-ci vient à peine de pointer le bout de son nez. Plus ennuyeux, au lieu d’être gratuit, le service se retrouve facturé 30 € par utilisateur et par an. Une pilule difficile à avaler pour ces clients qui comptaient sur les promesses de l’éditeur. Encore plus frustrant est le constat lorsque l’on lorgne sur ce qui se fait à la concurrence.

Consumérisme

Comment s’assurer, pour un client SaaS, qu’un éditeur ne fera pas volte-face sur n’importe quel aspect de son logiciel ou qu’une technologie sur laquelle on investit puisse être toujours d’actualité à courte échéance ? Pour l’exemple, pensez  à Silverlight de Microsoft. Le SaaS promet certainement des avantages en terme d’innovation, mais que faire si l’on ne peut que subir cette évolution permanente. Et le cas d’IBM est intéressant, étant donné que leur solution évolue dans les grandes lignes.

Cette question renvoie directement au digital et aux transformations induites qu’il provoque. La consumérisation de l’informatique est aujourd’hui aux portes de l’entreprise. On parle souvent de services qui s’affranchissent de consulter sa DSI, allant consommer une solution tierce. Mais on ne parle que très rarement de la nature de ces dernières. La démarche se voulant vertueuse si l’on s’engage avec un éditeur qui se révélera sérieux et pérenne, mais l’inverse peut également subvenir et mettre en péril une certaine partie de l’activité de l’entreprise.

La clé de toute cette affaire est de bien comprendre que la DSI est dorénavant en compétition directe avec les éditeurs SaaS. Tout simplement.

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IT On Demand

Nous sommes à un carrefour où les médias sociaux, le Bring Your Own Device, le Do It Yourself, l’accroissement du volume de données (Big Data) et le Cloud se confrontent. Et c’est à cet endroit que la DSI doit muter en fournisseur de services et constamment s’adapter. L’informatique doit devenir une facilité et permettre d’être consommé à la demande. Il est nécessaire d’adopter ce paradigme toujours mouvant.

Mais je vous rassure, il était effectivement très agréable de planifier ses achats de licences sur plusieurs années, s’affranchir d’une informatique changeante et avoir un contrôle total sur son système d’information. Ce temps est simplement révolu. Il est désormais nécessaire de tout faire pour proposer le meilleur compromis et s’adapter en toutes circonstances. Proposer des services adaptés, voire désirés, au meilleur prix.

Ceux qui accepteront cette nouvelle donne profiteront de nombreuses opportunités de croissance et d’engagement. Les autres s’enfermeront dans un modèle qui est d’ores et déjà caduc, au risque d’impacter leur organisation dans sa globalité.