Génération Y – Contexte, vélocité, ubiquité

Je me devais d’écrire un article sur la Génération Y, me sentant directement concerné par un sujet dans l’air du temps. Le buzz actuel prenant de l’ampleur, cela a été pour moi l’occasion de faire des recherches plus approfondies. Car il me manquait quelque chose, comme s’il y avait dans tout cela une réalité qui m’échappait totalement.

Mais avant tout, de quoi parlons-nous ?

Une brève histoire du temps

Les définitions sur la Génération Y ne manquant pas, partons donc d’un point de vue purement sémantique en tenant compte du contexte. Contexte générationnel donc … mais surtout géopolitique, sociétal, technologique, artistique, démographique.

On tendra donc à s’appuyer sur ces données pour définir les générations successives, même si les dates diffèrent suivant le point de vue adopté :

  • Baby-boomers – Fin de la seconde guerre mondiale (1945) à la détente de la guerre froide (1963)
  • Génération X – De Mai 1968 aux chocs pétroliers successifs (1979)
  • Génération Y – De la naissance d’Internet (1983) au nouveau millénaire (2000)
  • Génération Z – Du 11 Septembre (2001) à nos jours

En prenant du recul, la plupart des définitions datées citées ci-dessus sont à la fois vraies et fausses. Seul compte le contexte global, les successions n’étant pas abruptes mais se réalisant de manière fluide.

Contexte – Éducation – Perception

Mais la question du contexte n’aurait finalement aucun impact si celui-ci n’avait pas d’effet sur le développement des générations en devenir.

Je parle  bien évidemment de principes éducatifs, eux-mêmes influencés par les générations et contextes précédents. Principes éducatifs qui généreront une perception influençant les contextes futurs, créant par la même occasion un cycle vertueux.

En cela, il est plutôt simple de comprendre que les attentes et valeurs de chaque génération différente. Et c’est finalement sur ces divergences que se construisent les nombreuses théories liées à la Génération Y et son argumentaire n°1 : une constante incompatibilité avec le monde du travail.

On dit d’eux qu’ils sont moins riches mais plus diplômés, moins indépendants mais plus autonomes, moins collectifs mais plus interconnectés, moins engagés mais constamment en quête de sens.

La critique émane d’ailleurs de l’ordre établi, des responsables en place, issus des générations précédentes. Il y a là, un réel antagonisme générationnel, créant par la même occasion un gap de perception entre une jeunesse et nos responsables.

Ces derniers s’appuient sur un idéal vécu, et s’y attachent logiquement. Ils font désormais face à des jeunes adultes qui ne connaissent que l’utopie d’un monde qu’ils appellent de leurs vœux.

Je vois nos institutions luire d’un éclat semblable à celui des constellations dont les astronomes nous apprennent qu’elles sont mortes depuis longtemps déjà.

Si cela peut expliquer l’incompatibilité d’une génération mal perçue, les solutions se trouvant sans doute dans les nouveaux modèles d’organisations d’entreprise, il est tout de même légitime de se demander pourquoi le phénomène prend tant d’ampleur.

Car n’y a-t-il pas de génération incomprise de ses ainés ?

La vélocité d’un monde en pleine mutation

Prenons du recul. Comme vu précédemment, il n’est pas compliqué de différencier des générations en rapport au contexte. Nous pourrions même appliquer l’exercice à l’humanité dans sa globalité.

Car tout s’accélère.

L’écriture n’a pas 5000 ans, l’imprimerie typographie 550 ans passés, la machine à vapeur pas loin de 230 ans, l’ordinateur personnel tout juste 35 ans et l’Internet va vers ses 30 ans.

Nous vivons dans un monde véloce, et nous n’en sommes qu’aux balbutiements d’évolutions plus profondes. Nanotechnologies, biotechnologies, intelligence artificielle, sciences cognitives, etc.

Les nouvelles générations seraient donc rompues à ces évolutions permanentes ? Les Y comme premier avatar d’une révolution profonde et les Z, avec leurs caractéristiques propres, faisant figure de premiers réels natifs du numérique ?

Lorsque j’ai pris la présidence du groupe, j’ai commencé par me rendre dans nos différents bureaux dans le monde. […] J’ai observé avec une attention particulière les collaborateurs qui étaient créateurs de la plus grande plus-value pour notre entreprise : il s’agissait des employés de la génération Y. Ces salariés âgés d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années étaient les éléments clés de nos équipes. Nos clients me parlaient sans cesse d’eux parce que ces jeunes les rencontraient et leur délivraient nos produits et services. Ces collaborateurs n’étaient pas impressionnés par mon statut. Je constatais qu’ils aimaient apprendre et passaient des heures (pas toutes au travail, j’espère) sur Facebook, MySpace, YouTube ou encore sur leur blog pour partager leurs idées. Sans eux, HCLT n’aurait été composé que de juristes et de managers, porteurs de process n’offrant rien de vraiment concret aux clients. La plus-value de notre entreprise reposait entre les mains de cette jeune génération.

Ubiquité du terme

Quid donc des autres générations ? Elles ne peuvent, de mon point de vue, que suivre le train et s’adapter à cet environnement sans cesse en mouvement. Ce changement est même déjà en train de se concrétiser, les baby-boomers représentant une part significative de l’Internet.

La vélocité est donc une variable et non une constante. C’est sans doute là que se perdent nos décideurs. Les changements sont trop brutaux, trop radicaux.

Les particularités initiées par la Génération Y sont malgré tout en train de se diluer. A terme, lorsqu’ils accéderont aux responsabilités, l’ubiquité sera sans une réalité.

Nous ne serons donc tous des Y. Mais quid, de ne s’adapter qu’à cette génération si notre société converge vers unique voie ?

Sans doute en prenant un prenant un point de vue plus macroscopique. Car peut-être sommes-nous en train de vivre l’émergence d’une nouvelle espèce.