Le réseau antisocial

Il y a plusieurs années, je m’étais imaginé, sur le modèle anonyme et éphémère de 4Chan, une application totalement dédiée au monde de l’entreprise. L’idée était simple : pouvoir s’authentifier via son mail pro et l’associer à son mail perso. Puis ensuite, pouvoir diffuser anonymement des messages dans une bulle limitée à son entreprise (basée sur le domaine @mail de l’entreprise). A ceci près que tout ceci n’est resté qu’une idée que j’ai toujours gardée à l’esprit. Je m’amusais à m’imaginer diffuser le concept via certains syndicats et me débattre juridiquement suite à quelques révélations bien placées …

Parallèlement, le web éphémère est aujourd’hui à la page, principalement adopté par les jeunes générations, se référant à Snaptchat et délaissant Facebook. Ne manquait finalement que l’anonymat.

A quoi tu penses … vraiment ?

Bien évidemment, l’anonymat a ses détracteurs, mais entre l’omerta totale et révéler certaines vérités (même les plus dégueulasses), il y a une réalité qui me semble de plus en plus latente et destructrice. Allions-nous un jour, pouvoir faire de certains principes humanistes la base de toute organisation humaine ?

Depuis le début du 21e siècle, trois événements, trois tendances, trois évolutions sont apparus. Et elles sont en passe de faire évoluer, drastiquement, notre monde.

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  • L’émergence de l’intelligence collective, portée par Wikipedia et autres réseaux sociaux tels Facebook ou Twitter
  • Les lanceurs d’alertes avec, en tête de file, Snowden et Assange (WikiLeaks). En marge de cela, il y a bien évidemment les révélations sur la NSA et le programme PRISM
  • Les protestataires, ceux du printemps arabe, d’Occupy Wall Street, etc. et la place qu’ont les technologies numériques dans leur organisation et leur diffusion

Ne sentez-vous pas un lien évident entre ces trois points ? Et bien, du côté de la Silicon Valley, deux anciens employés de Google, Chrys Bader-Wechseler et David Byttowi, ont eu l’idée de développer une petite application étonnante m’y faisant penser.

Secret Is Like Facebook For What You’re Really Thinking

Secret, c’est son nom, est une application tout ce qu’il y a de plus simple :

  • Disponible seulement sur mobile, elle ne vous invite pas à créer un compte
  • Vos amis ne le sont pas, mais vous pouvez parler anonymement avec les contacts de votre téléphone sans savoir qui est qui …
  • … Où découvrir via géolocalisation les secrets qui buzzent tout près de chez vous
  • Plus une idée est populaire (via un système de « like »), plus elle se diffuse rapidement au travers des réseaux de chacun
  • Chaque secret est hashé, non-lié à son créateur ou son numéro téléphone (pas de profils on vous dit !)

secretapp

Le premier « secret » diffusé en masse sur ce réseau « antisocial », qui fait aujourd’hui vibrer la Silicon Valley (et intéresse de nombreux acheteurs potentiels …), concerne un des investisseurs de la startup, à savoir Google.

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Ne reste plus qu’à attendre une diffusion plus large de l’application et s’imaginer jouer au bal masqué auquel je m’imaginais participer. Dans des organisations où certains jouent un double jeu depuis maintenant bien trop d’années, l’effet me semble garanti.

Et si finalement, certaines qualités humaines n’étaient que la voie logique prise par les technologies de l’information. L’empathie, le don, l’entraide, et toutes ses choses formidables dont est capable l’humanité.

Je conclurais en citant moot, le créateur de 4chan, qui nous rappelle qu’en sacrifiant notre vie privée sur Internet nous perdons finalement quelque chose d’extrêmement précieux.

Le Réseau Social d’Entreprise, froide tour d’ivoire numérique

J’avais dernièrement désigné le Réseau Social d’Entreprise comme étant le dernier avatar de l’ère industrielle à l’heure de l’ère informationnelle. Cet outil, amalgame mal né de différentes briques logicielles (ayant pour liant recherche, fiches profils et flux d’activités), se veut être une transposition de la chaîne industrielle propre à Ford et Taylor : tout doit s’y retrouver, et si possible, en minimisant le changement de contexte et les parasitages.

Humanité contre productivité

En clair, le poste de travail du futur doit outrepasser l’inefficace couple mail/fichier, pour s’orienter vers le RSE. Cette pensée, essentiellement productiviste et aliénante, cache la réalité profonde du RSE. Celle qui doit à terme devenir la mémoire de l’entreprise et permettre l’intelligence collective. Monolithique, tout s’y passerait, s’y retrouverait, contenus, actions, employés. Orwellien.

Parallèlement mails et fichiers se sont imposés par leur universalité et leur simplicité. Au mieux nous ne critiquerons donc pas ces deux médias, mais les outils les utilisant : client mail et serveurs de fichiers. On souhaiterait les voir disparaître au profit du RSE ….

J’ose désormais affirmer l’inverse d’une pensée courante et à laquelle j’ai participé : ces deux outils SONT efficaces, car offrant toutes les latitudes possibles, telle une pâte à modeler. Le monde se trompe en pensant que l’outil altère l’organisation, alors que c’est bien l’organisation qui altère notre usage de l’outil. Cela déplaît, dans un monde régi par processus, un monde où tout est gain effectif de productivité, où toute créativité est réduite à néant.

Mais dans Réseau Social d’Entreprise, il y a Social Des hommes et des femmes, qui créés des liens. Remémorons-nous que Facebook a, à la base, était un outil de séduction. D’ailleurs, peu importe ce que l’on peut y trouver comme fonctionnalités, rien ne prévaut plus que son propre réseau et sa propre mémoire. Voici bien l’essence du Big Data, nouvel or noir dont nous sommes les ouvriers volontaires.

Dès lors, pour que les effets tant attendus se réalisent, ceux qui ont permis l’émergence du Réseau Social, il faut que les gens s’y retrouvent, se rencontrent, socialement parlant. Et c’est ici où tout bascule, car l’humain s’oppose naturellement à toute recherche effrénée de productivité.

Le RSE, lui, ne laissera aucune place à l’humain, à l’innovation, à la sérendipité et générera plus d’inefficacités qu’il ne devrait en régler. Le lambda comprendra bien ce qu’il pourra, arrivera à y trouver là quelques astuces intéressantes, mais n’y manquera que l’essentiel : nous tousCette utilisation souhaitée, celle de l’intelligence collective, ne peut se réaliser qu’au cœur de chacun d’entre nous. Je vais sur Facebook, car j’y trouve du lien social, et cela ne s’achète pas, ne se décrète pas, ne pilote pas, ne s’accompagne pas.

Une prison pour solution

En déracinant les employés de leurs outils personnels, on les enferme dans un système clos. Une prison totalement incompatible avec l’évolution technologique de notre monde , Cloud ou objets connectés, tout montre que nous serons bientôt tous liés, tous augmentés.

En supprimant les rares espaces de libertés, on se ferme à l’intégralité des effets « magiques » attendus. L’opprobre se généralisera et le rejet sera immédiat. C’est d’ores et déjà la constatation que l’on fait de la plupart des projets de Réseaux Sociaux d’Entreprise.

L’organisation, si elle veut perdurer, doit s’ouvrir socialement, organisationnellement et techniquement. Elle doit lâcher la bride de l’intelligence collective. En somme, devenir démocratique et garantir le lien social et humain.

La tour d’ivoire qu’est le RSE n’est que froideur numérique. Elle ne promeut pas la transversalité, l’empathie, le respect, l’altruisme, la diversité, le dialogue, l’écoute et la confiance. Le RSE ne peut se concrétiser qu’en dehors des frontières de l’entreprise. Car pendant ce temps, hommes et femmes sont de plus en plus connectés, tout cela en dehors des frontières numériques de nos organisations.

Le risque, plus que l’échec, serait de voir l’entreprise historique et pyramidale mourir de sa nature profonde. D’une maladie voulue, celle d’un immobilisme choisi, d’un enfermement physique et numérique étouffant.

Pourquoi les entreprises ne maîtrisent plus rien

General Motors. Un pionnier de l’automobile, fleuron de l’ère industrielle américaine. Mais un géant aux pieds d’argiles qui vacille.

Des sénateurs américains, suite à 13 décès de la route survenus à cause d’une pièce défectueuse, accusent GM et Mary Bara, sa dirigeante, de comportements criminels et d’avoir mis en place une « culture de la dissimulation ».

Barra avait promis de rendre des comptes, de faire acte de transparence. Mais rien, personne ne tombe, l’omerta est totale. Une enquête interne doit soi-disant expliquer pourquoi rien n’a été fait, comment GM a pu vendre depuis dix ans des millions de voitures équipées d’une pièce défectueuse.

Mary Barra veut « comprendre pourquoi rien n’a été fait ». Et là, toute personne censée se dit en lisant ces mots, comment la dirigeante d’une entreprise si puissante peut se laisser aller à un tel aveu d’impuissance … et d’incompétence.

Vélocité = complexité = rigidité

Comment peut-on en arriver là ? Prenons l’exemple de cet actionnaire, qui si les interventions font nécessairement sourire, ne peut que soulever l’incompétence des dirigeants de Carrefour. Ce qu’il remet en cause, ce sont des décisions surprenantes, l’impression d’avoir à la barre des alchimistes qui naviguent à vue, sur des intuitions. Notez que l’intervention et l’attitude de ces derniers sont tout à fait symptomatiques et délicieuses.

En trois ans, Olofsson aura coûté 60 à 70 millions au géant de la distribution – appartement de fonction et voiture haut de gamme avec chauffeur compris –, alors qu’il lui aura fait perdre près de 7 milliards de valeur boursière.

Cet exemple est à mettre en rapport avec le constat effectué dans le cadre de l’affaire GM. Car notre monde va vite, et les champions de demain doivent nécessairement s’adapter et idéalement se préparer à évoluer. Nous vivons la fin d’un modèle qui, efficace à court terme, ne permet pas de latitudes et rendent inefficaces le moindre changement.

L’équation était pourtant belle et simple. Ci-contre les étapes d’un modèle vacillant et néanmoins répliqué à l’envie dans bon nombre d’entreprises  :

  1. Au-delà d’une certaine taille, les organisations par hiérarchie à plat sont inefficaces
  2. Pour assurer la fiabilité des opérations et limiter les risques, les compétences clés et les décisions sont centralisées
  3. Cela créé un goulot d’étranglement. Pour résoudre cela, et donc permettre de faciliter l’exécution des décisions, sont créées de plus en plus de couches hiérarchiques, et d’opérations de contrôle / supervision
  4. Indirectement, le partage d’information devient standardisé et inutile dans la prise décision
  5. On passe alors au management par processus. Ceux qui pensent indiquent à ceux qui font
  6. Cela déconnecte les employés de leurs entreprises, la vision étant créé au plus haut niveau de manière décorrélée du terrain, leurs avis ne comptent plus
  7. Les libertés d’action sont restreintes, la complexité de l’entreprise atteint des limites, et la capacité d’innovation devient inexistante
  8. Pour maintenir une illusion de croissance, on fait appel aux fusions / acquisitions, aux transferts d’emplois vers des prestataires et autres délégations de contrats
  9. Le recours à ce type de travailleurs créé des contrôles supplémentaires (limitant encore plus l’innovation). 
    Pour compenser la complexité des processus, on forme les employés à la conformité, et les cadres aux leadership … on bureaucratise l’organisation
  10. Les processus, initialement créés pour contenir le chaos général, font indirectement fuir les talents
  11. Au-delà d’une certaine taille, les organisations par hiérarchie pyramidale sont inefficaces  

cercle-vicieux

Bref, on répond à la complexité du monde par une complication des organisations. Étouffant par la même occasion innovation, engagement et productivité. Mais cela a de quoi séduire, le cercle étant parfait et vicieux. Sauf qu’au final …

… Les entreprises ne maîtrisent plus rien

L’exemple de GM le montre. Une telle systémique est idéale à court terme, et seulement dans une organisation de taille moyenne. Elle démontre néanmoins rapidement ses propres limites, et se veut destructrice.

C’est ici que le bât blesse, l’enchaînement créé étant tellement rodé que la plupart des entreprises ne peuvent en sortir. La faute à notre monde, véloce et chronophage. Les dirigeants et employés arrivent même à se convaincre de ne pas pouvoir faire autrement, le système étant rarement remis en cause, sauf à se dire que oui, il faudrait qu’un changement s’opère. Chacun vaque à ses occupations, a le nez dans le guidon, est conscient des malheurs de son voisin. Voilà le lourd prix de la survie.

Prenez le cas Orange / France Telecom, pour lequel la vague de suicide de 2009 aurait dû créer un électrochoc. Des actions ont été mises en place, des études réalisées et chaque partie prenante de l’entreprise était réellement consciente des problèmes / causes qui ont généré de tels drames. Résultats ? Une recrudescence des suicides début 2014, comme aux plus sombres heures de 2009. La remise en cause d’un système qui ne vient pas … 5 années en vain, mais rassurons-nous, la direction demeure « vigilante » (sic!).

Malgré des changements à la tête de l’entreprise, le système survit et la culture ainsi d’entreprise créée est telle une malade auto-immune. Elle éradique ce qui ne fait pas partie d’elle-même. Opérations, intentions, employés, … tout y passe.

Pire. Même lorsque la structure de l’organisation évolue et se digitalise, rien n’indique que cela puisse impacter l’engagement des salariés. Car c’est l’ensemble de l’entreprise qui doit, tel un seul homme, se défendre contre ses propres vices et pouvoir répondre à un basculement du marché pouvant sonner sa propre mort. Et ici, seuls les dirigeants d’entreprises peuvent déclarer ouvertement une telle défense.

Mon expérience m’a dès lors amené à confronter deux types de réactions / responsables :

  • Ceux qui ne veulent pas accepter et affronter le risque, et n’ont souvent que leur rentabilité et objectifs à court terme à l’esprit. Ceux-là réfutent les thèses avancées, même s’ils avouent les comprendre et se bornent à se croire l’abri de tout. Ils peuvent également faire acte d’immobilisme de manière volontaire, ne souhaitant pas se mettre en danger personnellement (que ce soit hiérarchiquement ou financièrement)
  • Ceux qui pondèrent le risque ou font acte d’une compréhension brutale. Je plaide pour ma part pour une approche qui a pour vocation de provoquer ce choc. Ces personnes, même si elles ne sont pas nécessairement opérationnelles pour rapidement évoluer et traiter le problème, auront souvent à l’esprit les causes et les risques qu’ils prennent à ne pas évoluer. Néanmoins, rare sont ceux qui osent !

Du Contrat Social 2.0

L’heure est soi-disant aux entreprises bossless, à l’homéostasie, à la wirearchy, à l’holacratie, au Lean Startup. Toutes ses tentatives sont en phase avec un concept de résilience d’un monde complexe, où tout va très (trop ?) vite, répondant à un besoin d’innovation et d’adaptation permanente. De plus, elles sont une promesse d’une remise à niveau des hiérarchies, un système égalitaire, promulguant le bien-être de chacun et la survie de l’entreprise comme objectifs.

Elles soulèvent surtout l’idée d’un modèle dépassé et vacillant, hérité de l’ère industrielle. Mais ne sommes-nous pas en train de faire acte de révolution ?

Car l’homme est homme, et nos vices perdurent au-delà des âges. N’avons-nous pas, dans l’histoire humaine, déjà expérimenté des logiques identiques et déployé des ingéniosités semblables à celles dont on nous vante actuellement les mérites ? Une révolution, un cycle, la notion même du changement, mais surtout l’acte d’un retour en arrière, d’une boucle bouclée.

Révolutions ?

1789.

Une nouvelle couche sociale s’est créée et développée au 18ème siècle. Celle de la richesse mobilière (banquiers, industriels, commerçants), qui en avait assez de voir la richesse matérielle (les aristocrates et le clergé) avoir entre les mains les commandes du pays. Mais ceci sous-entendait que le peuple devaient demeurer dans leur condition servile (car source de leur fortune).

« Un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne »

  • Voltaire

Intervient également le concept du contractualisme qui, théorisé de trois façons, posa les fondements de nos futures démocraties.

  • Hobbes définit l’état de nature de l’homme comme « une guerre de tous contre tous » où « l’homme est un loup pour l’homme ». Le contrat social (et donc l’État) intervient donc pour assurer la sécurité en aliénant les libertés individuelles de chacun (sauf cas exceptionnel, lorsque l’état met en péril la vie de ses sujets)
  • Pour Locke, le contrat social permet d’assurer la liberté individuelle et la propriété privée. L’état garantit les droits et apporte une sanction légale. Locke prévoit l’abandon de tous aux instances suivantes : l’exécutif, le législatif et le fédératif (affaires extérieures)
  • Chez Rousseau, la société corrompt l’état de nature de l’homme, jusqu’à ce que chacun agisse égoïstement en vue de son intérêt privé. Le contrat social a pour but de rendre le peuple souverain et de l’engager à abandonner son intérêt personnel à l’intérêt général, et investi le peuple de sa propre souveraineté, par le principe de la volonté générale (voir plus bas). La souveraineté populaire peut être déléguée, en s’accordant provisoirement avec la volonté d’un homme, mais ne saurait se soumettre dans la durée à la volonté d’un seul homme

En résumant, Hobbes et Rousseau s’opposent, là où Locke prône un consensus.

Du contrat social

Mais là ou nous aurions pu imaginer voir en Rousseau, l’auteur d’une solution amenant à créer de vraies démocraties, les révolutions prolétaires basées sur ses idées furent des échecs ou menèrent à des états totalitaires. Pour faire simple, il paraît impossible de tendre vers une réelle égalité entre citoyens et placer l’intérêt général au-dessus de tout. Au final les intérêts des uns prendront toujours le dessus sur ceux des autres, et seules des mesures d’apparences (Locke) ou rigides (Hobbes) semblent être aptes à s’appliquer aux organisations humaines.

Même le sulfureux Robespierre, toujours décrit comme un sanguinaire, mais qui idéologiquement défendait réellement le peuple au-delà de ses propres intérêts, n’a pas su résoudre la terrible équation portée par nos révolutions (avec les conséquences que nous connaissons). 1789 n’était finalement qu’une guerre de possédants, au-delà de toute apparence …

« La plus grande partie de nos concitoyens est réduite par l’indigence à ce suprême degré d’abaissement où l’homme, uniquement occupé de survivre, est incapable de réfléchir aux causes de sa misère et aux droits que la nature lui a donnés »

  • Maximilien de Robespierre

1871.

L’instauration de la 3ème république et l’écrasement de la Commune de Paris instaurèrent une république telle que nous la connaissons aujourd’hui : celle garantissant une paix interne au pays et se détachant des conflits révolutionnaires. À cette date, la monarchie cessa d’exister définitivement en France, laissant les bourgeois aux commandes, libres de continuer leurs petites affaires.

Mais les conditions du peuple n’en demeurèrent pas renforcées, l’industrie apportant même son lot de conflits armés, et pas des moins meurtriers. À ce moment de notre histoire, le capitalisme allait finalement remplacer la monarchie, et l’argent prit le pas sur Dieu.

« Sous le régime capitaliste, l’individu est enfoncé dans la matière jusqu’au cœur, sous l’écrasement économique et sous l’obsession militaire. Je veux essayer de créer une cité d’espérance où l’homme s’aperçoit que les étoiles existent »

  • Jean Jaurès

Quelques loups et d’innombrables brebis

Trop idéologique Rousseau ? Dans son Contrat Social, il distingue principalement deux choses :

  • La volonté générale : l’accord instinctif et spontané de toutes les volontés des hommes vers le bien (tout le monde souhaite la paix sur terre non ?)
  • La volonté de tous : l’accumulation des volontés de chacun (qui elles, ne mène pas nécessairement toutes vers la volonté générale)

Ici se trouve la faiblesse de son contrat social. Il nécessite un législateur qui aura assez d’autorité, de prestige, d’affection… pour arriver à faire coïncider la volonté de tous avec la volonté générale et garantir l’égalité des citoyens. Impossible sans tomber dans certains excès ?

Même Rousseau doutait que cela puisse un jour exister.

Voilà ce que sera votre Despote, ambitieux, prodigue, avare, amoureux, vindicatif, jaloux, faible : car cʼest ainsi qu‘ils sont tous, & que nous faisons tous.

Messieurs, permettez-moi de vous le dire ; vous donnez trop de force à vos calculs, & pas assez aux penchants du cœur humain, & au jeu des passions. Votre système est très-bon pour les gens de l’Utopie, il ne vaut rien pour les enfants d’Adam.

Voici, dans mes vieilles idées, le grand problème en Politique, que je compare à celui de la quadrature du cercle en Géométrie, & à celui des longitudes en Astronomie. Trouver une forme de Gouvernement qui mette la loi au-dessus de l‘homme.

Si cette forme est trouvable, cherchons-la & tâchons de l’établir. Vous prétendez, Messieurs, trouver cette loi dominante dans l’évidence des autres. Vous prouvez trop : car cette évidence a dû être dans tous les Gouvernements sera jamais dans aucun. Si malheureusement cette forme n’est pas trouvable, & j’avoue ingénument que je crois qu’elle ne l’est pas, mon avis est qu’il faut passer à l‘autre extrémité & mettre tout-dʼun coup l‘homme autant au-dessus de la loi qu‘il peut l‘être, par conséquent établir le despotisme arbitraire & le plus arbitraire qu‘il est possible : je voudrais que le Despote pût être Dieu.

En un mot, je ne vois point de milieu supportable entre la plus austère Démocratie & le Hobbisme le plus parfait : car le conflit des hommes & des loix qui met dans l‘Etat une guerre intestine continuelle, est le pire de tous les états politiques.

Mais les Caligula, les Nérons, les Tiberes!…. mon Dieu…. je me roule par terre, & je gémis d’être homme

Il résume d’ailleurs les difficultés inhérentes aux trois grands systèmes politiques, chacun trouvant ses racines dans les théories des contrats décrits plus hauts :

  • Autoritarisme (prééminence et hypertrophie de l’autorité érigée en valeur suprême) : Hobbes et sa logique sécuritaire font diablement penser à ce que nous vivons dans nombre de nos entreprises, à savoir une rigidité des logiques de management par processus
  • Monarchie (souveraineté du peuple) : on retrouve chez Locke une idée de séparation du pouvoir qui fait référence aux différentes démocraties actuelles. Malheureusement Platon ou Marx pointent du doigt l’inexpérience des masses à gouverner et font des nos démocraties des systèmes encadrant les foules et des oligarchies libérales (le pouvoir étant détenu par la classe politique et l’élite économique)
  • Totalitarisme (régime à parti unique, n’admettant aucune opposition organisée et confisquant la totalité des activités de la société) : Rousseau, en imaginant la principe du législateur, a sans le vouloir créé un système qui, sous couvert de donner le pouvoir aux masses, donna un alibi parfait permettant de créer l’illusion d’un système aux mains d’un parti / meneur unique

Du contrat social 2.0

2014.

L’entreprise a aujourd’hui remplacé les états moribonds dans la sphère sociale. L’ultra-financiarisation pousse nos entreprises à être constamment en compétition, à adopter des attitudes et des méthodes guerrières. Résultat, notre planète souffre et les employés s’en trouvent être durement impactés : désengagements, stress, burnout, suicides, …

N’arrivons-nous pas à un moment de notre histoire où nos vieilles monarchies se régénèrent ? Les états n’auront bientôt plus de libertés d’action face aux nouvelles entreprises issues de la nouvelle donne numérique, ces dernières se muant en véritables empires s’affranchissant des frontières et règles de l’Ancien Monde. Les anciens champions devront alors se réinventer sous peine de disparaître.

Parallèlement à cela, les marchés sont devenus des conversations. La complexité et la vélocité de notre monde nécessite un nouveau contrat social qui puisse, comme Rousseau l’imaginât, faire coïncider la volonté générale et les volontés de tous.

Nous ne pouvons aujourd’hui plus théoriser des systèmes qui d’apparence, sont à destination de tous, mais qui au bout du compte ne sont qu’alibi de productivité (prenez l’exemple malheureux du Lean Management). Et s’il y a bien un relent détestable aux programmes « Entreprise 2.0 » ou « Social Business », c’est bien celui de promettre monts et merveilles, alors que nous parlons de survie.

La servitude volontaire ne parait dès lors être la condition suffisante à l’établissement d’une organisation résiliente. La quête de sens dans laquelle les révolutions numériques nous plonge, sont sans équivalent et nous rappelle aux idées de Rousseau, en phase qu’elles paraissent être avec notre ère numérique. Ne pas y adhérer nous mènera de plus en plus vers une désolation que je ne peux pas m’imaginer irréversible.

Entreprises vs collectivités : contextes différents, mêmes combats ?

Rapide jeu de comparaison entre collectivités territoriales et entreprises. Car même si celles-ci n’ont finalement pas grand-chose en commun, elles demeurent des organisations humaines, fonctionnant de manière analogue, mettant en oeuvre les mêmes recettes, souffrant des mêmes maux.

Attention, ce billet n’est qu’un regard inexact sur le sujet, et n’a aucune vocation polémique.

Entreprises Collectivités
Stratégie des dirigeants Programme des élus
Contraintes de marché Contraintes réglementaires
Evolution des marchés Rythmes électoraux
Image de marque Attractivité de la collectivité
Chiffre d’affaires Impôts et subventions
C.A. en baisse Attractivité / impôts en baisse
Entretiens de recrutement Concours
Contrats Fonctionnariat
Temps de travail plus élevé Salaires plus élevés
Cotisations sociales et régimes de retraite moins favorables Arrêts maladie et absentéisme plus élevés
Mobilité plus simple Licenciements rares

Office pour iPad … trop beau pour être vrai ?

Microsoft ose, en proposant gratuitement Office sur iPad (et sur Android), jouer la carte de sa propre survie. Mais l’euphorie de l’annonce ne résiste pas à l’analyse qui suit.

  1. Oui, Office est gratuit. Pas pour les raisons qui s’imposent (proposer un équivalent à la concurrence), mais surtout pour ne pas laisser Apple profiter des bénéfices qu’ils pourraient générer via l’AppStore (Office demeure un best-seller mondial).
  2. Un « vrai » Office sur iOS ? OK mais seulement pour la consultation. La création / édition à titre professionnel n’est possible qu’avec un compte Office 365 payant (alors que cela est possible gratuitement sur Android !)
  3. Pourquoi donc ? Pour ne pas tuer l’indissociable couple Windows/Office et affaiblir ses tablettes Surface (l’absence d’Office est un argument massue du marketing de Microsoft)
  4. Un Office gratuit sur iPad l’est aussi sur Android. L’OS de Google ne perçant pas sur le marché des tablettes, Microsoft n’a ici pas la pression de voir son hégémonie s’éroder. N’oublions pas non plus la sortie d’Office Online, qui associé  à OneDrive est une parade efficace à la stratégie de Google en la matière … sauf à regarder du côté de Chrome, mais c’est un autre sujet

Bref, Microsoft fait un petit pas en avant mais reste encore hésitant. Il ne tranche pas sur la question de fond, à savoir son hésitation entre conservatisme et innovation. Ils s’essayent à ne pas trop subir mais l’artifice tient plus du marketing qu’autre chose. Un consensus qui ne joue pas à leur faveur mais démontre encore la faiblesse du positionnement de la firme.

BYOD, entre phobie et pragmatisme

L’avènement du Bring Your Own Device pose la question, toute logique, de la sécurité des données. En cela c’est une bonne chose, mais vous remarquerez que ce qui cristallise l’attention n’est pas la donnée, mais l’appareil, l’outil numérique.

Chose assez aisée, j’observe dans la plupart des entreprises des montages sécuritaires assez impressionnants. Ils sont principalement de deux types :

  • Blocage logique total ou partiel de l’accès Internet
  • Blocage physique des ports USB et interdiction des appareils tiers (frustrant lorsque l’on est consultant …)

Mesures justifiables lorsque le domaine et/ou le métier du personnel le justifient, une chose est certaine le cas Snowden n’a pas empêché de voir des montagnes de données classées « secret défense » déferler sur la toile. Comme quoi, une carapace globale est difficilement tenable.

Néanmoins, la plupart du temps le BYOD est tout au mieux toléré, mais génère surtout une certaine crispation. On touche là à la passion qui caractèrise le phénomène, et on ressent une gêne qui de fil en aiguille ne permet que très rarement de se poser LA vraie question :

Quelles données dois-je absolument sécuriser ?

Le fond du problème est de mon point de vue, plus philosophique que technique. Et à cela j’y ajoute quelques remarques / anecdotes, histoire d’épicer un peu le débat 🙂

Interdire les appareils connectés ? vraiment ?!

Que feriez-vous si je m’amène avec une tablette ? pour en avoir fait l’expérience, n’hésitez pas à comprendre qu’interdire une tablette équivaut à interdire l’intégralité des smartphones de vos employés.

Vous vous sentez prêt à affronter une gronde générale ? le smartphone touche à l’affect. Une telle mesure est, sauf domaines qui le nécessitent, totalement intenable. Dilemme, dilemme ! bienvenue dans un monde totalement connecté.

Interdire le Web. Et l’email dans tout ça ?

Vous agitez la fuite d’informations comme une raison suffisante pour interdire / filtrer Internet et les appareils personnels ? J’ai même observé dans un grand laboratoire pharmaceutique une coupure totale avec le monde extérieur, ne permettant l’accès au Web que via des postes eux-mêmes sécurisés et dédiés (et pas accessibles en libre-service).

Mais vous êtes-vous posé réellement la question de ce que vos employés s’envoient via mail ? Des documents sensibles sortent tous les jours de votre entreprise sans que vous le sachiez. Vous avez des logs ? super ! les analysez-vous ne serait-ce qu’une fois l’an ?

Les VIP organisent volontairement les fuites : amen !

Brancher un disque dur externe ou une clé USB ne permettra que d’accélérer le processus de fuite d’informations. Leur blocage peut donc paraître logique, mais ne résout pas le problème de fond.

Anecdote intéressante, celle d’un dirigeant décédé d’une grande entreprise qui copiait toutes les données sensibles (et secrètes) de son entreprise sous des disques durs personnels cryptés. La chose était connue et toléré (c’est le chef hein !), imaginez-vous la tête de ses successeurs lorsqu’on leur annonce que non, on ne peut absolument rien récupérer ni sur ses ordinateurs, ni sur son téléphone.

Même sujet sur le SaaS et l’usage qu’en font certains responsables. J’ai observé un étrange manège dans une entreprise très soucieuse de ne pas utiliser le Cloud pour ses employés, pour des raisons que vous pouvez facilement vous imaginer. A côté de ça, tous les comités de direction s’organisaient et se géraient sur une solution Cloud grand public …. deux poids, deux mesures !

Réfléchissez donc, messieurs les dirigeants que si vous mettez en place des mesures sécuritaires techniques et légales, d’être les premiers à les respecter. Comme je le disais dans un billet précédent, le VIP est une menace qui participe activement à l’écroulement du SI.

Et le papier dans tout ça ?

Vous souhaitez interdire les appareils personnels dans le cadre du travail ? Peur de voir un employé partir avec une somme d’informations qui vous échappe ? OK.

Mais quelle est votre politique à propos du papier ? Avez-vous l’idée de ce que vos employés photocopient ? Avez-vous une politique concernant les calepins et carnets de note papier que vos employés utilisent ? J’ai vu un prestataire extrêmement méticuleux (il notait absolument tout, informations sensibles et mots de passe système inclus), qui en froid avec son client est volontairement parti avec ses données sous le bras et ne voir personne s’en offusquer.

La fin du protocole Microsoft

J’ai fais grand cas en 2013, de l’érosion prévisible du monopole cannibale du duo Windows / Office.

  • Premièrement en opposant le dilemme protectionnisme et innovation dans lequel Microsoft  s’empêtre totalement et qui remet en cause l’hégémonie de l’utilisation des outils Office (où sont donc les versions d’Office sous iOS et Android ?). Pendant ce temps Apple et Google, Box et Dropbox proposent de quoi consommer des documents bureautique à faible coût, voir gratuitement
  • Deuxièmement en admettant qu’il existe une « convention Office« , qui ne demande qu’à se libérer du joug de Microsoft. Les mêmes acteurs cités précédemment ne sont qu’à quelques encablures de pouvoir proposer des solutions qui puisse permettre d’emprunter ce protocole convenablement (typiquement, ceci n’est qu’un problème de conversion), voir à s’en passer totalement en s’affranchissant du média « Document »
  • Troisièmement en exposant l’émergence du Cloud Personnel (et donc le Web) comme OS souverain en lieu et place de Windows. Le meilleur exemple en la matière étant Android et bien évidemment Chrome OS du même Google. « Anywhere, any time, any device »

Qu’attendre de cette situation pour 2014 ? Un revirement total paraîtrait étonnant, mais Microsoft doit s’astreindre à jouer le jeu et dominer le bal s’il ne veulent pas subir encore et encore la réalité (mais le peuvent-ils ?). Seuls les chiffres peuvent encore les perdre, car s’il est encore une manne colossale de revenus, la toute puissance du duo Windows-Office devrait continuer à s’éroder dans les années à venir.

2014 est donc un tournant, celle de la fin du protocole Microsoft. Pas la fin d’une entreprise, mais tout simplement la fin d’une évidence, d’un monopole des chiffres et d’une pensée unique. Demain, bureautique ne rimera donc plus avec Microsoft.

L’inaction mène à l’échec

La peur d’agir est un mal récurent touchants hommes et organisations. Néanmoins, dans un monde si mouvant qu’est le nôtre, vouloir à tout prix trop réfléchir par peur de [INSÉRER ICI L’EXCUSE INVOQUÉE] ne peut mener qu’à une seule chose : l’échec.

Ras-le-bol donc de ses trop longs moments d’attentisme, passés à savoir comment sera perçu tel changement ou telle évolution. Faites-le !!!! recueillez les retours, adaptez dans l’instant, faites évoluer votre vision suivant ces informations et recommencez le cycle. Indéfiniment s’il le faut, mais je vous implore d’agir.

Je n’ai que trop vu des projets où l’on me posait une question, à laquelle j’avançais une réponse et étant sûr de mon fait le jour J. Bien évidemment mon avis avait totalement évolué entre ce jour et celui où il fallait passer à l’action. Cela est-il bénéfique ? Pas nécessairement, car comme tout le monde je n’ai pas la science infuse (vous pouvez même vous éviter de très grandes déconvenues).

Il est improductif de laisser passer le temps, trop miser sur la réflexion, voir attendre l’aval des X niveaux hiérarchiques (cela est spécialement le cas lorsque l’on parle de communication et/ou d’image). Car si avoir une vue d’ensemble est intéressant et essentiel, à trop vouloir tout contrôler vous perdrez donc l’avantage majeur qui prédomine aujourd’hui : la vitesse d’exécution, vecteur essentiel à toute source d’innovation.

Think big, act small, fail fast, learn rapidly

— Lean Software Development, Mary et Tom Poppendieck

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Le développeur, manutentionnaire du futur ?

On nous dit, et je le pense à raison, que nous allons de plus en plus manquer de développeurs. Plusieurs choses expliquent cela :

  1. La mouvance numérique qui, irrémédiablement, augmente mécaniquement la demande
  2. L’éducation qui peine à suivre (rapport à la demande trop importante), et va donc étalonner l’offre
  3. L’évolution de la fonction IT qui génère au bout du compte de plus en plus de services (principalement Cloud). Naîtra donc un besoin en développement et intégration de ces mêmes services
  4. La constance du besoin de développement d’applications métiers (multiplié par le point n°1)

Ceci étant dit, on cherchera rapidement à faire baisser la pression (et donc les coûts) de ce besoin. Et à répondre aux 4 points cités plus haut avec des réponses plus ou moins adaptées :

  1. Faire de plus en plus appel à des développeurs offshore ou nearshore, voir à des indépendants (locaux ou non)
  2. Former des non-informaticiens au développement (sans parler des écoles qui n’octroient pas de titre d’ingénieur, mais pondent du développeur à la chaîne), apprendre à coder devenant aussi essentiel que lire, écrire ou calculer
  3. Constater une dépréciation de plus en plus forte du métier de développeur. On devrait voir exploser deux tendances déjà existantes : celle d’une informatique de gestion de moins en moins technique ; et celle du paradigme de programmation fonctionnelle (dans lequel tous les geeks, les insatiables développeurs, devraient s’orienter)
  4. Renforcer la vampirisation du marché par les SSII. Seuls les indépendants devraient arriver, sous l’égide de ces mêmes SSII, à s’en tirer convenablement (l’avenir pour le « vrai » développeur, pourrait se trouver ici)

Certaines des réponses ci-dessus sont plus des constats que des réponses. Constat d’un ordre déjà établi, mais qui devrait s’intensifier.

On cela peut-il nous mener ? J’imagine que le développeur deviendra le manutentionnaire du 21e siècle. Une compétence de moins en moins rare, car de plus en plus demandée.

Un métier qui souffrira de l’évolution des technologies et qui se voudra de plus en plus n’être qu’un métier de petites mains, une nouvelle forme de travail à la chaîne, transformant des expertises en réflexes autoprogrammés  (une réalité du monde des intégrateurs).