Le désespoir de VMWare

I look at VMware and the brand reputation we have in the enterprise, and I find it really hard to believe that we cannot collectively beat a company that sells books.
  • Carl Eschenbach, COO VMWare

Cette remarque, issue d’un évènement partenaire, en dit long sur l’état d’esprit actuel de VMWare. Pour répondre à son COO, non, ils ne pourront pas battre Amazon en demeurant tels qu’ils sont. Car si VMWare a certainement une réelle influence sur le monde des infrastructures d’entreprise, le spectre du « libraire » met indirectement en péril leur pérennité.

Tout ceci n’est qu’une histoire d’économie d’échelle, d’abondance, de prix. Que peuvent encore justifier les tarifications abusives des systèmes VMWare, au regard d’un Amazon qui vient encore d’annoncer une baisse de ses tarifs de son offre EC2 ?

Rien.

Et c’est ce que cette déclaration nous informe : une relative détresse, rapport à un concurrent qu’il ne peuvent combattre.  Ne reste plus qu’à VMWare qu’à se réinventer ou mourir, lentement.

Loi de Moore = Cloud Computing

Vous connaissez sans doute la fameuse Loi de Moore, conditionnant l’évolution constante du marché du silicium et des microprocesseurs. Sans remettre en cause la vérité du concept ou bien encore se poser la question de son exactitude à terme, force est de constater que les lois empiriques décrites par Moore nous offrent un éclairage plus qu’intéressant sur le Cloud Computing.

Loi de moore

 

Comprenez bien que nous sommes aujourd’hui, comme l’écrit Chris Anderson dans Free !, dans une ère d’abondance. Les ressources informatiques (fondements du Cloud Computing) que sont la bande passante, le stockage et la puissance de calcul doublent leurs limites tous les 18 mois pour un prix deux fois moins élevé.

Prenez l’exemple d’un Google. Lorsque le géant de la recherche créé un nouveau data center, celui-ci se trouve être deux fois moins cher et deux fois plus puissant qu’un de ceux qu’il avait créés 18 mois plus tôt.

Une industrie d’abondance

De quoi répondre à la demande croissante de ressources informatiques, mais surtout d’accroitre les revenus d’un marché toujours plus en expansion et d’en réduire de plus en plus le prix d’acquisition pour les clients. Et nous allons de plus en plus tendre vers l’infini et le zéro.

Regardez es tarifications d’un Amazon Web Services. Ils se sont permis de les baisser 23 fois depuis 2006, annonçant même 25% de réduction sur leur offre de stockage S3 en novembre dernier …. et la tendance devrait continuer, encore et encore. Historiquement, l’offre d’Amazon est issue du gaspillage que permet l’abondance : que faire de ses ressources informatiques inutilisées, si ce n’est les revendre à son voisin ? Et la firme de Bezos est allée encore plus loin dans le concept en recyclant les instances inutilisées sous forme d’enchères, grâce à son offre Spot Instances.

Car finalement, le Cloud Computing est une démarche qui outre ses spécificités techniques, rend accessible à n’importe qui ces ressources abondantes et quasi infinies.

Le cas de la messagerie est étonnant de vérité. Qui payerait encore pour avoir une boite mail personnelle ? Personne ! La question que l’on pourrait donc se poser est de savoir combien de temps payerons-nous encore nos boites mails professionnelles ? Reste à attendre une entreprise qui le proposera et redéfinira le marché, en trouvant un business model qui puisse, à l’image de ce que réalise Google avec son placement de publicité, permettre de proposer gratuitement des outils aujourd’hui payants. Les ventes actuelles ne s’appuient que sur la volonté des entreprises de s’assurer d’un service contractuel professionnel et appuyé par une démarche différente que celle proposée au grand public. Le verrou ne demande donc qu’à voler en éclats.

Où va-t-on, donc ? L’abondance promet un Cloud toujours plus puissant et moins cher, et devrait réaliser la vision de Nicholas Carr dans The Big Switch, qui comparait l’informatique à l’électricité. Vous risquez donc bien avant de pouvoir souffler, voir cette grande idée se réaliser et vous affranchir de l’informatique comme d’une ressource ne nécessitant plus qu’un bouton On/Off pour pouvoir alimenter vos idées.

Just as the last century’s electric utilities spurred the development of thousands of new consumer appliances and services, so the new computing utilities will shake up many markets and open myriad opportunities for innovation. Harnessing the power of the computing grid may be the great enterprise of the twenty-first century.