AppStore vs le Web

Les ventes de PC continuent de chuter inexorablement. La faute à la mobilité, à Android … le nouveau « Windows ». Parallèlement, l’adoption du Web se fait de plus en plus forte. A terme, ce n’est donc pas une tablette qui remplacera nos bons vieux PC mais votre navigateur.

Car HTML5 permet de contrôler les ressources clientes, de jouer dans des conditions proches d’une console de jeux moderne, remplaçant également à terme Flash et autres joyeuseries.

Mais les OS Cloud, tels Chrome OS ou Firefox OS, peuvent-ils tirer réellement s’imposer sur cet échiquier tellement instable ? Car aujourd’hui, le constat est à l’hybridité plus qu’à l’annonce d’un revirement vers une expérience totalement différente. Et à en croire les maigres résultats de Windows Phone on ne peut pas dire que le Web l’emporte sur les stores applicatifs.

Certains ont même fait leur choix. Mais plus que des considérations techniques, il y a derrière cet état de fait d’autres enjeux plus réalistes. Avez déjà essayé de surfer sur le Web avec un iPad ? L’ergonomie et l’expérience générale sont catastrophiques. Pire, Apple bloque toutes les tentatives des concurrents pour apporter un peu de sang neuf à la pratique du Web sur ses appareils.

On ne pourrait pas les blâmer, forcer l’utilisation du couple Safari/WebKit leur permet de contrôler l’expérience du Web sur leur système d’exploitation. Au travers les applications natives développées sous leurs propres standards, leur propre environnement, ils favorisent une expérience unifiée. Car Apple tire une grande partie de ses revenus de ses ventes d’applications de son AppStore … et non du Web !

Cela peut-il perdurer éternellement ? Si cette stratégie pouvait paraître vertueuse lorsque Steve Jobs s’évertuait à jouer son rôle d’innovateur, elle pourrait vite s’avérer très dangereuse, ayant un impact beaucoup plus négatif que prévu sur la pérennité même d’un écosystème et son business model.

Promouvoir le Web, à raison, avant que cela ne soit plus possible ou persévérer dans une stratégie qui, à terme, se veut déjà perdante ? Les choses peuvent aller très vite, et nous pourrions rapidement être spectateur d’un tel revirement. Car je suis convaincu que nous ne sommes que dans une période de transition vers un Web de plus en plus souverain.