Après l’uberisation de l’économie. Place aux collaborateurs

Le digital est comme un torrent sans fin. Loin d’être un joli long fleuve tranquille, il s’immisce même là ou ne l’attend pas. Résultat, certaines entreprises sont en train d’écoper de tout bord. Sauf qu’à ne pas résorber les fuites, l’effort est sans fin, et l’issue irrémédiable.

L’uberisation est une leçon faite à notre monde. Une réponse brutale à l’inaction, aux ententes nuisibles, à la prise en compte des vrais enjeux. Elle répond à la quadrature du cercle, et comme l’eau, a horreur du vide.

Pour ceux qui prennent ce phénomène comme un fléau, je voudrais leur dire que l’on ne se fait pas « uberiser » par magie. L’uberisation règle les errances d’un marché et ses acteurs.

Sursaut d’orgueil, la transformation digitale sera sans doute le buzz word de l’année. Il va donc falloir écoper peu importe la taille du bateau ou l’ampleur de l’avarie.

L’on va donc « digitaliser » à outrance. Cela va permettre, je l’appelle de mes vœux, de mettre en lumière les réelles difficultés auxquelles font face les organisations et leurs collaborateurs. Car ce sont eux qui en supporteront la charge. Et faut-il encore rappeler  qu’il demeure trop d’employés désengagés au travail. L’histoire d’amour est passée, le divorce consommé, le constat est brûlant :

    • Iniquités de tous bords
    • Carences managériales
    • Pression induite du digital
    • Vélocité permanente
    • Etc.

Par peur de se faire uberiser, de très nombreuses organisations s’engageront dans une transformation que peu maîtriseront. Une grande majorité effectuera ce voyage sans réelle posture d’incarnation, de vérité, de transparence et de confiance.

Résultat prévu : une transformation loupée, permettant aux ubers de demain de combler les attentes d’un marché que les historiques ne maîtrisent déjà plus.

Comment inverser la tendance ? Se lancer, ne plus avoir peur et aller vite. L’enjeu ? se transformer ou mourir.

Doit-on innover ? bien évidemment. Mais pas seulement dans les services proposés. Mettez toutes vos forces dans vos moyens d’actions, votre organisation, vos principes managériaux. Fini la rigidité organisationnelle, fini le temps de la réflexion, fini le command & control, place à l’action, au courage, au bricolage, à la prise de plaisir au travail.

Manifeste de l’espace de travail numérique

  1. Le travail n’est plus un lieu. Laissez-moi choisir où je souhaite être productif, mais respectez également ma vie privée
  2. Managez le résultat, non pas le processus. Ayez confiance, je peux travailler de manière productive même si vous ne pouvez pas me voir. Mais tenez-moi responsable de mes propres résultats
  3. L’espace travail numérique doit être plaisant à utiliser. S’il n’est pas aussi bon que mon espace numérique personnel, laissez-moi utiliser mes propres appareils
  4. En ligne, laissez-moi être moi-même. Ma fiche profil représente qui je suis sur mon lieu de travail numérique. Beaucoup de mes relations de travail peuvent être des gens que je n’ai pas l’occasion de rencontrer physiquement
  5. Apprendre est bon pour moi et pour l’entreprise. Donnez-moi l’opportunité d’acquérir des connaissances en interne comme en externe, et la possibilité de bien les utiliser
  6. Nous ne sommes pas tous des early adopters. Apporter tout le soutien et l’aide nécessaire à ceux qui en ont besoin, mais aussi la liberté d’apprendre de manière ludique pour ceux qui le souhaitent
  7. Le travail ne s’arrête pas au firewall de l’entreprise. L’espace de travail numérique doit englober clients, fournisseurs, partenaires et autres contacts
  8. Tout doit être adapté pour réaliser le travail qui compte vraiment. Supprimez les détails inconvenants comme le fait d’avoir plusieurs login/mot de passe. Vous savez qui je suis – une fois connecté, je devrais juste aller là où je dois aller
  9. Les relations de travail consistent à se comprendre les uns les autres. Permettez-moi d’exprimer mon point de vue et j’écouterai le vôtre
  10. La collaboration ne fonctionne que si nous le faisons de la même manière. Le meilleur outil est celui que nous utilisons tous, l’inverse créant une fracture numérique nous empêchant de nous connecter
  11. Si je ne l’aime pas, je peux toujours partir