Messagerie d’entreprise, et pourquoi pas Google ?

J’avais déployé il y a de cela 1 an des montagnes d’arguments comparatifs entre les solutions de messagerie dominantes du marché (celles de Google, IBM et Microsoft) s’appuyant sur les attentes des utilisateurs, à savoir sécurité, fonctionnalités, confidentialité, vision, etc. Bref toutes les peurs communes rapport aux solutions Cloud, mais c’est bien la performance qui était à l’honneur. Et à l’époque de cette étude, les solutions de Google étaient déjà au-dessus du lot sur tous les points.

Depuis tout ce temps, il n’y a plus à contester l’existence du géant de Mountain View dans le domaine de la messagerie. Il est même devenu un acteur incontournable. De nombreuses entreprises, et pas les plus petites, migrent vers Google et la tendance devrait s’accentuer en 2013. Reste bien évidemment une réserve non négligeable d’entreprises qui conservent leur messagerie en interne -pour des raisons que ne pourrions tout à fait débattre- principalement sur des solutions Microsoft, IBM ou bien encore Zimbra.

Sur son propre terrain, un seul concurrent réellement compétitif fait face à Google et son GMail : Microsoft. Ce dernier s’essaye à rattraper le temps perdu et peut compter sur son image de marque, son influence dans la sphère entreprise et son parc établi. Car si l’ère post-Microsoft est d’actualité, le Cloud est un rouleau compresseur qui va dans le sens d’une évolution toute naturelle. Le prix et la performance auront raison de la plupart des infrastructures privées, et les logiciels passeront également sous le spectre de la comparaison.

Mais pour être tout à fait clair, la bataille se joue du côté des utilisateurs et du grand public. Et sur ce terrain Google gagne du terrain, aidé par une pléiade de produits tels Android ou bien encore Chrome.

One account to rule them all

Revenons à nos moutons. Pourquoi préférer une solution plutôt qu’une autre ? Google, Microsoft, IBM, … ?

Même s’ils ont un intérêt évidemment réel, il y a un et un seul aspect qui devrait aujourd’hui nous intéresser : l’interopérabilité. Comme je l’expliquais à propos du Réseau Social d’Entreprise, une application qui ne peut communiquer, ne peut donc s’intégrer avec d’autres applications et agit littéralement en aveugle. Et côté interopérabilité , Google est le roi incontesté. Une startup se créée ? vous pouvez parier qu’elle se posera la question de son intégration native avec Google.

Pourquoi ? Pensez grand public. Une grande partie des utilisateurs utilisent déjà Google pour la recherche, ont un smartphone Android, un compte  YouTube. Le seul service qui pourrait aujourd’hui tenir la comparaison est Facebook. Mais le réseau social n’est pas un acteur de la sphère professionnelle collaborative, ce qui limite drastiquement son impact sur l’écosystème des applications d’entreprise.

Google peut donc être considéré comme le choix du roi (nous pourrions parler du bien fondé et de son emprise sur le Web mais ce n’est pas le sujet de l’article). Il vous ouvre un champ des possibles qu’aucun autre acteur ne peut vous fournir, une autre option pourrait même paraître étonnante. Pourquoi donc se priver de choisir la solution offrant le plus de possibilités via son ouverture et sa place de choix dans la sphère Internet ? Le Web, le Cloud sont au centre de nos vies digitales, vous ne pouvez plus vous contenter de croire que votre PC est votre unique porte d’entrée sur le monde, de même que pour votre système d’information interne.

Cela fait de Google une quasi-évidence. Vous doutez de tout cela ? Regardez autour de vous …

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Le Cloud comme nouvel OS dominant

Je vais vous raconter une histoire.

Jusqu’aux années 80, l’informatique était une discipline strictement réservée à l’entreprise. Mais petit à petit, l’ordinateur s’immisça dans nos foyers,  l’Internet allant même, aux débuts des années 2000, se tailler une place de choix dans nos vies. Nous avions encore une séparation franche entre nos environnements informatiques professionnels et personnels, nos données et logiciels étant localisés sur nos propres machines.

Mais un autre basculement allait s’opérer. Le succès du Web permit de s’émanciper de cette localisation, nos données et logiciels commençant à migrer petit à petit sur la toile. Dans le même espace-temps, ces mêmes logiciels Web dépassaient en qualité ceux qui nous étaient fournis dans notre cadre professionnel. Nous étions mieux équipés, mieux préparés, nos usages évoluant à un rythme que nos organisations professionnelles avaient souvent du mal à tenir.

C’est à ce moment qu’émergea la Génération Y. Plus qu’un groupe de personnes, ils portaient en eux l’embryon d’une mutation que notre société allait vivre. Nous allions tous désormais devoir suivre leur rythme, et aux entreprises de subir un train qui fusait tambour battant. Et pendant que nous commencions à vivre l’ubiquité de nos vies digitales et physiques, l’informatique allait s’émanciper de l’ordinateur comme seul terminal d’accès. La mobilité allait en seulement 5 ans, changer radicalement notre manière de consommer le digital. Toujours dans notre poche, toujours à portée de main.

L’informatique allait devenir une ressource accessible à la demande. Si nos données étant déjà dans le Web, la mobilité amplifia le phénomène. Le Cloud personnel était né. Seul compte désormais les services consommés, s’affranchissant de la question du  moyen d’accès et reléguant par la même occasion la sphère d’influence des systèmes d’exploitation d’antan.

Et c’est ici que notre histoire se termine, ne laissant qu’à notre imagination le loisir de griffonner ce que le futur pourrait être.

  1. Arrivée de l’informatique grand public, d’Internet et du Web 2.0
  2. Naissance de la Génération Y et évolution des usages
  3. Explosion de la mobilité, ère post-Microsoft
  4. Émergence du Cloud comme système d’exploitation dominant
  5. ?

Chaque individu emporte avec lui son propre système d’exploitation, son Cloud personnel. Il est désormais difficile de ne pas le reconnaître. Je croise des dirigeants et autres responsables qui se rassurent à croire qu’un firewall peut encore les épargner, mais le phénomène est déjà dans les murs, dans nos poches, sur le Web et donc partout.

Ne pensez pas qu’en bloquant des services comme Facebook ou DropBox, voir en proposant un service « à peu près » équivalent vous allez satisfaire la foule. Cette dernière refusera purement et simplement l’idée que vous puissiez choisir pour elle. Nous avons aujourd’hui tous le loisir du choix, suivant le moment et le contexte. Rien ne pourra infléchir cette tendance.

En informatique, un système d’exploitation (OS) est un ensemble de programmes qui dirige l’utilisation des capacités d’un ordinateur par des logiciels applicatifs

Nos bons vieux OS peinent à se faire une place, relégués qu’ils sont par les navigateurs Web comme porte d’entrée vers le système d’exploitation moderne qu’est le Cloud. Car si l’OS dirige les capacités d’un seul ordinateur, le Cloud tire parti d’une infinité de ressources.

Nous pouvons même imaginer nous affranchir de cette surcouche, ou tout du moins arrêter d’y prêter attention là il était hier impensable de passer outre. Microsoft s’essaye à contrer cette tendance en sortant l’ovni Windows 8, mariage improbable entre un OS ancestral, le Cloud et le tactile …

Selon Gfk, il se vend aujourd’hui en France plus de tablettes que de PC. Depuis le début de l’année, le best-seller des ventes d’ordinateurs sur Amazon US n’est pas un PC Windows, ou bien un Mac, mais un Google Chromebook.

À suivre …

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