Vers un démantèlement des réseaux sociaux ?

Si une stratégie Mobile First équivaut à placer les applications mobiles en avant des applications Web classiques, Facebook nous apporte aujourd’hui un éclairage sur ce qui risque d’être un mouvement général.

Car se pose l’existence même des plateformes, concentrant applications et services au travers d’un accès unique, d’une expérience globale. Le réseau social étalon est aujourd’hui en phase de diversification, comme nous avions pu le constater à la suite des rachats de WhatsApp et d’Instagram, mais est aussi en train de démanteler son application Web et donc toute sa logique concentrique.

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En dissociant Messenger de Facebook pour la rendre autonome, mais aussi en supprimant certaines applications, où comme vient de le faire Google en créant des applications Documents et Feuilles de Calculs extraites de Google Drive, prime est aujourd’hui à ceux qui assureront une présence de tous les moments.

1 besoin = 1 application

En quoi cela est-il stratégique ? Et bien tout simplement, nous constatons un mouvement d’utilisateurs du réseau social ainsi qu’un vieillissement de sa base active au profit d’applications mobile : WhatsApp, Snapchat, etc.

Comment l’analyser ? Pour faire simple, à force de vouloir toujours en faire plus, Facebook a noyé sa force dans un produit protéiforme. Ajoutez à cela, l’apparition de publicités de plus en plus intégrées et voyez le résultat.

Nos envies ne sont satisfaites que par des applications qui nous sembleront à même de répondre à nos besoins. Comme nous l’entendons, au moment où nous le souhaitons, car nous ne sommes pour la plupart que des consommateurs passifs d’un Internet ancré dans notre quotidien. Sauf qu’à concentrer de nombreuses applications au sein d’une seule et même plateforme, et donc d’une même application, risque est pris de voir les utilisateurs ne pas tirer parti de l’ensemble de ses services. Voir ne pas en utiliser du tout.

Facebook se démarque également par son omnipotence. Tout le monde s’y trouve (parents, commerçants, professeurs, marques, célébrités, entreprises, etc.), galvaudant la notion d’amis ainsi que son concept initial. En cela, le réseau social prône l’égocentrisme, la mise en scène, l’indélébile plus que le réel lien social, la spontanéité et l’instantanéité.

Et puis, ne perdons pas de vue que ce changement est néfaste aux affaires. Facebook tirant ses revenus de la publicité, il doit absolument diversifier ses revenus et les basculer sur les périphériques mobiles, chose qu’il est aujourd’hui en passe de réussir.

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De ces constats, en résulte une mosaïque d’applications, et marque peut-être à terme la fin des plateformes concentrationnaires. Tout du moins, dans leur forme actuelle.

Indirectement, ceci risque d’impacter encore plus les applications Web classiques au profit du mobile, et remettre en cause l’hégémonie des navigateurs Web.

Car la mobilité a cela de magique qu’elle nous rapproche du Web et ses choix quasi infinis. Toujours à portée de main, les appareils mobiles sont ceux qui, en lieu et place des plateformes, se trouvent désormais au centre de nos vies.

La NSA a-t-elle tué le Cloud ?

La semaine dernière, nous prenions tous connaissance de PRISM, cet incroyable système d’espionnage impliquant les géants du Web US. Ce que révèle le document fuité par Eric Snowden, désormais réfugié à Hong Kong, est de nature à relancer le débat sur le Cloud, sa nature et ses infinies promesses.

Eric Snowden

Premièrement il s’agit de cette réalité impliquant nos données, stockées qu’elles sont par des acteurs comme Facebook, Google et consorts. Ceci n’est pas nouveau, le deal est connu, je ne m’étendrai pas sur ce que le Patriot Act permet ou ne permet pas. Je ne m’étendrai pas non plus sur le débat politique sous-jacent (et qui, je l’espère, risque de faire bien des vagues), mettant entre autre en lumière notre seule (in)capacité à « subir » le monde numérique américain.

Non, ce qui m’intéresse ici est le Cloud. Pour ce qu’il est, et ce qu’il représente. Comprenons que le Cloud public, comme on le représente souvent, à savoir celui de l’Utility Computing, vient de réellement prendre du plomb dans l’aile et alimenter des peurs déjà trop vivaces. Le mal est fait, ce que Snowden avance soit vrai ou (partiellement) faux, n’y change vraiment rien.

Indirectement, la NSA vient peut-être de tuer une partie du lien qui nous séparait des possibilités du Cloud. Au moins pour un temps, car penser une seule seconde qu’un projet européen puisse régler la question soulevée par PRISM est également faux. Nous ne serions même pas loin de croire que les américains ne puissent pas nous donner des envies de total contrôle du numérique. Ici se joue l’avenir, et la confiance que nous pourrions avoir envers le Cloud.

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Ne demeure qu’un concept, une idée, des fondations. Ne reste-t-il donc qu’ à attendre une solution qui règle LA question ? Pourrons-nous rapidement profiter du Cloud et nous affranchir des problèmes que soulève PRISM ? Peut-on même confier nos données à qui que ce soit ? Ne devons-nous pas nous tourner vers le monde du libre, qui au passage permet directement au Cloud d’exister,  pour y trouver une quelconque rédemption ? Complexe équation, à laquelle je n’ai malheureusement pas encore de réponse …

Montre-moi tes applications, je te dirais qui tu es

On se pose souvent la question de l’utilité de tel ou tel service. Dans un récent papier du DailyMail ne pas avoir de compte Facebook est louche et peut faire de vous un psychopathe en puissance. Le revirement est violent, surtout qu’il y a 2 / 3 ans à minima, poser la question « t’as un compte FB toi ? » vous faisais passer invariablement pour un sociopathe prêt à étaler sa vie privé pour un peu d’affection virtuelle.

On en finirait donc par se dire si ne pas avoir son compte Pinterest, Instagram ou je-ne-sais-quel-sevice-hype, hormis pour faire le beau en société, ne soit pas un quelconque indicateur de votre sociabilité.

A quand le compte Facebook nécessité d’embauche, à l’instar des tests graphologiques ou je ne sais quelle absurdité ? Ne vous inquiétez pas certaines entreprises américaines ne se privent déjà pas de demander leurs logins/mot de passe Facebook à leurs employés …

Louche vous dites ? Hum !