Le Cloud comme nouvel OS dominant

Je vais vous raconter une histoire.

Jusqu’aux années 80, l’informatique était une discipline strictement réservée à l’entreprise. Mais petit à petit, l’ordinateur s’immisça dans nos foyers,  l’Internet allant même, aux débuts des années 2000, se tailler une place de choix dans nos vies. Nous avions encore une séparation franche entre nos environnements informatiques professionnels et personnels, nos données et logiciels étant localisés sur nos propres machines.

Mais un autre basculement allait s’opérer. Le succès du Web permit de s’émanciper de cette localisation, nos données et logiciels commençant à migrer petit à petit sur la toile. Dans le même espace-temps, ces mêmes logiciels Web dépassaient en qualité ceux qui nous étaient fournis dans notre cadre professionnel. Nous étions mieux équipés, mieux préparés, nos usages évoluant à un rythme que nos organisations professionnelles avaient souvent du mal à tenir.

C’est à ce moment qu’émergea la Génération Y. Plus qu’un groupe de personnes, ils portaient en eux l’embryon d’une mutation que notre société allait vivre. Nous allions tous désormais devoir suivre leur rythme, et aux entreprises de subir un train qui fusait tambour battant. Et pendant que nous commencions à vivre l’ubiquité de nos vies digitales et physiques, l’informatique allait s’émanciper de l’ordinateur comme seul terminal d’accès. La mobilité allait en seulement 5 ans, changer radicalement notre manière de consommer le digital. Toujours dans notre poche, toujours à portée de main.

L’informatique allait devenir une ressource accessible à la demande. Si nos données étant déjà dans le Web, la mobilité amplifia le phénomène. Le Cloud personnel était né. Seul compte désormais les services consommés, s’affranchissant de la question du  moyen d’accès et reléguant par la même occasion la sphère d’influence des systèmes d’exploitation d’antan.

Et c’est ici que notre histoire se termine, ne laissant qu’à notre imagination le loisir de griffonner ce que le futur pourrait être.

  1. Arrivée de l’informatique grand public, d’Internet et du Web 2.0
  2. Naissance de la Génération Y et évolution des usages
  3. Explosion de la mobilité, ère post-Microsoft
  4. Émergence du Cloud comme système d’exploitation dominant
  5. ?

Chaque individu emporte avec lui son propre système d’exploitation, son Cloud personnel. Il est désormais difficile de ne pas le reconnaître. Je croise des dirigeants et autres responsables qui se rassurent à croire qu’un firewall peut encore les épargner, mais le phénomène est déjà dans les murs, dans nos poches, sur le Web et donc partout.

Ne pensez pas qu’en bloquant des services comme Facebook ou DropBox, voir en proposant un service « à peu près » équivalent vous allez satisfaire la foule. Cette dernière refusera purement et simplement l’idée que vous puissiez choisir pour elle. Nous avons aujourd’hui tous le loisir du choix, suivant le moment et le contexte. Rien ne pourra infléchir cette tendance.

En informatique, un système d’exploitation (OS) est un ensemble de programmes qui dirige l’utilisation des capacités d’un ordinateur par des logiciels applicatifs

Nos bons vieux OS peinent à se faire une place, relégués qu’ils sont par les navigateurs Web comme porte d’entrée vers le système d’exploitation moderne qu’est le Cloud. Car si l’OS dirige les capacités d’un seul ordinateur, le Cloud tire parti d’une infinité de ressources.

Nous pouvons même imaginer nous affranchir de cette surcouche, ou tout du moins arrêter d’y prêter attention là il était hier impensable de passer outre. Microsoft s’essaye à contrer cette tendance en sortant l’ovni Windows 8, mariage improbable entre un OS ancestral, le Cloud et le tactile …

Selon Gfk, il se vend aujourd’hui en France plus de tablettes que de PC. Depuis le début de l’année, le best-seller des ventes d’ordinateurs sur Amazon US n’est pas un PC Windows, ou bien un Mac, mais un Google Chromebook.

À suivre …

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L’avénement du Bring Your Own Cloud

Nous sommes tous confrontés au phénomène du Bring Your Own Cloud. L’idée ? À l’image du Bring Your Own Device (BYOD), le BYOC constitue la tendance des employés à utiliser leur environnement Cloud personnel dans leur contexte professionnel.

Petit rappel, rappelons-nous que le nombre d’objets connectés est en train de croitre, et que la tendance ne devrait pas s’infléchir.

Global Connected Devices

Dans le cas de l’utilisation de logiciels / applications Web on parlera de Bring Your Own Application (BYOA) et très souvent d’outils de communication ou de collaboration du type Google Apps, Skype, Evernote, iCloud, Dropbox, Skydrive, etc. Ces applications se déploient à une telle croissance qu’elles sont en train de redéfinir le modèle dominant du monde du logiciel.

Ce conglomérat d’applications et de données, personnel et/ou professionnel, constitue le Personal Cloud de chaque individu. C’est la pratique de l’utilisation de ce Personal Cloud dans le cadre professionnel que l’on nomme Bring Your Own Cloud. Cet environnement est maintenant mobile, toujours à portée de main, et non plus localisé sur un ordinateur personnel.

En soit le BYOC est le dernier avatar de la consumérisation de l’informatique. Cette tendance est en train de s’étendre à l’ensemble de la sphère professionnelle, vous êtes même sans doute victime du BYOC sans le savoir. Et 2013 devrait voir le phénomène littéralement exploser !

Subir la réalité

Les entreprises subissent aujourd’hui le BYOD. Un nombre croissant de la population a un smartphone et/ou un appareil connecté dans sa poche.

Il y a aujourd’hui 60 millions de téléphones portables en France, et il est clair que le BYOD est un formidable accélérateur pour le BYOC (et inversement). Si vous êtes un DSI ou un dirigeant et que vous lisez ces lignes, soyons clairs : vous ne pourrez que très difficilement endiguer le phénomène.

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Vous pouvez vous amuser à interdire les smartphones, mais je vous souhaite bonne chance. Qu’invoquerez-vous, sorti d’éléments juridiques ou sécuritaires ?

L’interdiction est même un non-sens. Il est rare de crier à la fuite d’informations lorsque l’on parle du papier, pourtant le problème est le même. Il y a toujours eu autant d’hypocrisie sur le sujet, spécialement lorsqu’on se rend compte que nombre d’entreprises peuvent déployer des montagnes de sécurité informatique (firewall bloquant Internet, blocage des ports USB, etc.), mais qui ne s’alarme pas de choses plus communes (email utilisable sans restriction, bureaux physiques accessibles pour le premier quidam venu). Plus inquiétants, les VIP sont aujourd’hui les premiers à pratiquer le BYOD et à outrepasser leurs propres garde-fous … et l’ère post-PC incarnée par l’iPad risque fort de confirmer cette constatation.

Comprenez bien que lorsqu’une personne s’achète le dernier iPhone, il ne va pas aller l’amener à son service informatique et demander qu’on lui installe le dernier logiciel maison pour faire son travail. Non, il va tout simplement aller sur l’App Store de son mobile et télécharger l’application dont il a envie et qu’il souhaite installer à l’instant.

Que ce soit pour travailler ou non, n’entre même pas en ligne de compte, car nous parlons d’un sujet affectif (il suffit de voir le % de personnes qui dorment avec leur téléphone pour bien le comprendre). Il est fini le temps où les utilisateurs doivent s’adapter à ce qu’on leur donne, ils veulent utiliser ce qu’ils souhaitent pour être plus productifs. Qui plus est s’il s’agit souvent de leurs propres appareils.

Que faire, donc ? Accepter l’évolution qu’impose cette tendance de fond.

L’obligation de s’adapter

Le BYOC remet en cause les logiques que les services IT ont mis tant de temps à créer, et c’est ici que le mal de tête commence pour les DSI.

La mode du « Do It Yourself » leur avait déjà mis du plomb dans l’aile. Il est par exemple aujourd’hui très simple pour un manager d’outrepasser son responsable informatique, plutôt que d’attendre que son service maison daigne lui répondre, et directement acheter un service Web en ligne (quand ce n’est pas gratuit, prenez l’exemple de Yammer).

Il faut donc absolument prendre en compte le problème dans sa globalité, accepter le concept et fournir des solutions qui puissent s’adapter autant que possible à la situation. Vous trouverez ci-contre un début de réflexion sur le sujet.

  1. Il y a une apps pour ça ! Premièrement, il va falloir fournir des « Apps », et non plus un logiciel. Cela peut nécessiter de les réécrire, les virtualiser, les adapter … bref, il faut penser services et applications. Au mieux, une apps doit également exister pour les mobiles existant, mais également ceux qui vont sortir
  2. Proposer un réseau adapté et analyser son trafic. Le Web est omniscient et les demandes de plus en plus gourmandes en bande passante se généralisent, poussant nos bons vieux réseaux à bout. Faites-les évoluer pour mieux servir vos utilisateurs. Mieux vaut fournir un WiFi un tant soit peu sécurisé et optimisé que les laisser naviguer sur leurs forfaits data. Profitez-en pour analyser votre trafic, prenez connaissance de leurs usages
  3. Favoriser la culture du self-service. Vous devez adapter votre système au Web, plus que l’inverse. Laissez-vous la possibilité de tirer parti du Web et du Cloud. Si vous bloquez un service pour une raison quelconque, il vous faudra le remplacer par un service équivalent autant que possible sous peine de rejet. Soyez réactifs aux évolutions et aux nouveaux usages, car vos utilisateurs auront souvent un temps d’avance
  4. Informer et communiquer. Plus que jamais, il va falloir échanger avec vos utilisateurs. Traitez tout le monde de la même manière, du VIP à l’employé de base, chacun doit s’astreindre à des règles identiques. Contractualisez la pratique
  5. Fournir des services de sécurité. Le Web et le Cloud ne doivent pas automatiquement rimer avec insécurité. Développer une démarche Bring Your Own nécessite plus que jamais la mise en place d’éléments de sécurité extrêmement pointus. Sécurisez ce qui doit être sécurisé, et ne tombez pas dans les dérives sécuritaires encore trop en vogue

Le Bring Your Own Cloud est un mouvement global. Les utilisateurs sont aujourd’hui de plus en autonomes, de plus en plus rompues aux nouvelles technologies et aptes à adapter leurs usages à la moindre évolution. Par rebond, les appareils mobiles et les solutions Web sont en train d’envahir les entreprises.

La consumérisation de l’informatique fait qu’aujourd’hui tout le monde le pratique, l’ubiquité du Web rendant le déni impossible par les entreprises. Il faut donc intégrer le mouvement, le comprendre, faire évoluer son système d’informations, ses règles, sa manière de traiter l’information.

L’entreprise doit s’y préparer sous peine de rester à la traine et voir ses employés développer un système d’information parallèle.

Une hyperconnectivité normative ?

Lorsqu’on aborde la question de l’utilisation des terminaux mobiles personnels dans un contexte professionnel (Bring Your Own Device – BYOD), deux avis s’opposent.

D’un côté ceux qui, hyperconnectés, ne voient pas d’un mauvais œil de pouvoir utiliser leurs outils professionnels avec leurs propres appareils (ils l’appellent souvent de leurs vœux). Et de l’autre, ceux qui pointent du doigt la dangereuse évaporation d’une division vie privée / vie professionnelle, voir un moyen pour leur employeur de les espionner sans parler des soucis de sécurité que cela peut soulever.

Je n’entrerai pas les détails de ce débat. Chacun, de mon point de vue, doit pouvoir agir de la manière dont il le souhaite même si, en étant tout à fait honnête, un tel cadre me parait difficilement tenable du moment que l’entreprise le propose (nous verrons plus loin pourquoi).

Une caractéristique normative

Nous vivons dans un contexte où la mobilité fait d’ores et déjà partie de notre quotidien. Et si le débat du BYOD est plus que d’actualité, on peut nuancer le « cliché » en disant que l’opposition productivité / vie privée est plutôt saine et se résoudra dans un futur propre.

L’évolution du travailleur, couplé à l’émergence d’une génération entière de salariés hyperconnectés (la fameuse Génération Y), risque fortement d’impacter les caractéristiques des profils que pourront rechercher les entreprises.

Et à croire ce que l’on constate sur le terrain, le principe est même déjà d’actualité. Les recruteurs commencent à envahir les réseaux sociaux professionnels tels LinkedIn ou Viadeo. Certains métiers ont accès à des plateformes ayant la faveur des recruteurs comme GitHub pour les développeurs ou Dribbble pour les créatifs. Certaines applications Facebook sont destinées à chasser directement les talents sur une application initialement réservée à la sphère privée.

Dans un contexte de guerre des talents, l’hyperconnectivité va-t-elle devenir une norme, une caractéristique recherchée ?

Un refus intenable

L’hyperconnectivité est le reflet de l’accès aux nouvelles technologies émergentes par le grand public. Depuis quelques années, l’entreprise est à la traine sur les nouvelles technologies et pendant que les usages privés évoluent, le monde professionnel stagne. D’où une incompatibilité que le BYOD promet indirectement de combler en alliant mobilité, ubiquité et disponibilité. Le parfait écho du travailleur nomade : pouvoir utiliser n’importe quel mobile (et plus particulièrement le sien), n’importe où du moment que cela passe par Internet et n’importe quand.

L’envie est donc motrice dans ce sujet, une question d’offre et de demande. Et face à la cela, le bouclier de la vie privée est un garde-fou qu’il est impératif de prendre en compte. Bien évidemment, dans un tel contexte un refus total est quasi intenable. Peut-on se prévenir de l’utilisation d’outils mobiles dans une entreprise ? Cela parait être mission impossible, la position se voulant liée à la notion de liberté.

La nature a, dit-on, horreur du vide.

L’émergence du travailleur nomade

Mais mon analyse m’amène tout simplement à me poser la question de l’adaptation de ceux qui refusent toute évolution. Que vont devenir ces cadres et employés voulant absolument dissocier vie privée et vie professionnelle ? L’évolution de l’outil de travail, fondation de la relation employé / employeur, amène actuellement son lot de questions liées au juridique, aux ressources humaines, à l’informatique mais rarement celui du travail en lui-même et à la perception que nous pouvons tous avoir de celui-ci.

Car passé la phase du questionnement, les entreprises évolueront-elle si facilement vers un mode de travail plus nomade ? On peut se poser la question car là où le problème étant relativement localisé lorsqu’il ne s’agissait que de quelques cadres, il risque de devenir beaucoup complexe à gérer du moment où chaque employé se verra impliqué dans une telle démarche. Qui plus est si l’hyperconnectivité devient normative.

Génération Y – Contexte, vélocité, ubiquité

Je me devais d’écrire un article sur la Génération Y, me sentant directement concerné par un sujet dans l’air du temps. Le buzz actuel prenant de l’ampleur, cela a été pour moi l’occasion de faire des recherches plus approfondies. Car il me manquait quelque chose, comme s’il y avait dans tout cela une réalité qui m’échappait totalement.

Mais avant tout, de quoi parlons-nous ?

Une brève histoire du temps

Les définitions sur la Génération Y ne manquant pas, partons donc d’un point de vue purement sémantique en tenant compte du contexte. Contexte générationnel donc … mais surtout géopolitique, sociétal, technologique, artistique, démographique.

On tendra donc à s’appuyer sur ces données pour définir les générations successives, même si les dates diffèrent suivant le point de vue adopté :

  • Baby-boomers – Fin de la seconde guerre mondiale (1945) à la détente de la guerre froide (1963)
  • Génération X – De Mai 1968 aux chocs pétroliers successifs (1979)
  • Génération Y – De la naissance d’Internet (1983) au nouveau millénaire (2000)
  • Génération Z – Du 11 Septembre (2001) à nos jours

En prenant du recul, la plupart des définitions datées citées ci-dessus sont à la fois vraies et fausses. Seul compte le contexte global, les successions n’étant pas abruptes mais se réalisant de manière fluide.

Contexte – Éducation – Perception

Mais la question du contexte n’aurait finalement aucun impact si celui-ci n’avait pas d’effet sur le développement des générations en devenir.

Je parle  bien évidemment de principes éducatifs, eux-mêmes influencés par les générations et contextes précédents. Principes éducatifs qui généreront une perception influençant les contextes futurs, créant par la même occasion un cycle vertueux.

En cela, il est plutôt simple de comprendre que les attentes et valeurs de chaque génération différente. Et c’est finalement sur ces divergences que se construisent les nombreuses théories liées à la Génération Y et son argumentaire n°1 : une constante incompatibilité avec le monde du travail.

On dit d’eux qu’ils sont moins riches mais plus diplômés, moins indépendants mais plus autonomes, moins collectifs mais plus interconnectés, moins engagés mais constamment en quête de sens.

La critique émane d’ailleurs de l’ordre établi, des responsables en place, issus des générations précédentes. Il y a là, un réel antagonisme générationnel, créant par la même occasion un gap de perception entre une jeunesse et nos responsables.

Ces derniers s’appuient sur un idéal vécu, et s’y attachent logiquement. Ils font désormais face à des jeunes adultes qui ne connaissent que l’utopie d’un monde qu’ils appellent de leurs vœux.

Je vois nos institutions luire d’un éclat semblable à celui des constellations dont les astronomes nous apprennent qu’elles sont mortes depuis longtemps déjà.

Si cela peut expliquer l’incompatibilité d’une génération mal perçue, les solutions se trouvant sans doute dans les nouveaux modèles d’organisations d’entreprise, il est tout de même légitime de se demander pourquoi le phénomène prend tant d’ampleur.

Car n’y a-t-il pas de génération incomprise de ses ainés ?

La vélocité d’un monde en pleine mutation

Prenons du recul. Comme vu précédemment, il n’est pas compliqué de différencier des générations en rapport au contexte. Nous pourrions même appliquer l’exercice à l’humanité dans sa globalité.

Car tout s’accélère.

L’écriture n’a pas 5000 ans, l’imprimerie typographie 550 ans passés, la machine à vapeur pas loin de 230 ans, l’ordinateur personnel tout juste 35 ans et l’Internet va vers ses 30 ans.

Nous vivons dans un monde véloce, et nous n’en sommes qu’aux balbutiements d’évolutions plus profondes. Nanotechnologies, biotechnologies, intelligence artificielle, sciences cognitives, etc.

Les nouvelles générations seraient donc rompues à ces évolutions permanentes ? Les Y comme premier avatar d’une révolution profonde et les Z, avec leurs caractéristiques propres, faisant figure de premiers réels natifs du numérique ?

Lorsque j’ai pris la présidence du groupe, j’ai commencé par me rendre dans nos différents bureaux dans le monde. […] J’ai observé avec une attention particulière les collaborateurs qui étaient créateurs de la plus grande plus-value pour notre entreprise : il s’agissait des employés de la génération Y. Ces salariés âgés d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années étaient les éléments clés de nos équipes. Nos clients me parlaient sans cesse d’eux parce que ces jeunes les rencontraient et leur délivraient nos produits et services. Ces collaborateurs n’étaient pas impressionnés par mon statut. Je constatais qu’ils aimaient apprendre et passaient des heures (pas toutes au travail, j’espère) sur Facebook, MySpace, YouTube ou encore sur leur blog pour partager leurs idées. Sans eux, HCLT n’aurait été composé que de juristes et de managers, porteurs de process n’offrant rien de vraiment concret aux clients. La plus-value de notre entreprise reposait entre les mains de cette jeune génération.

Ubiquité du terme

Quid donc des autres générations ? Elles ne peuvent, de mon point de vue, que suivre le train et s’adapter à cet environnement sans cesse en mouvement. Ce changement est même déjà en train de se concrétiser, les baby-boomers représentant une part significative de l’Internet.

La vélocité est donc une variable et non une constante. C’est sans doute là que se perdent nos décideurs. Les changements sont trop brutaux, trop radicaux.

Les particularités initiées par la Génération Y sont malgré tout en train de se diluer. A terme, lorsqu’ils accéderont aux responsabilités, l’ubiquité sera sans une réalité.

Nous ne serons donc tous des Y. Mais quid, de ne s’adapter qu’à cette génération si notre société converge vers unique voie ?

Sans doute en prenant un prenant un point de vue plus macroscopique. Car peut-être sommes-nous en train de vivre l’émergence d’une nouvelle espèce.

Touch Generation

Si les rejetons de la Génération Y souffrent de troubles de la concentration, de perte de mémoire, d’illettrisme … que peut-on imaginer pour nos futures générations ?

La tablette limite la relation au monde à ce que l’enfant en voit

Il touche l’écran au lieu de saisir l’objet, il ne le flaire pas, ne le mâchouille pas. Il n’a pas d’appréhension des trois dimensions de l’espace.

Les écrans nous introduisent à un présent éternel

L’enfant frotte la tablette, une image surgit. Il frotte, une autre arrive. En revanche, quand il tourne les pages d’un livre cartonné, il y a un avant, un pendant et un après