La NSA a-t-elle tué le Cloud ?

La semaine dernière, nous prenions tous connaissance de PRISM, cet incroyable système d’espionnage impliquant les géants du Web US. Ce que révèle le document fuité par Eric Snowden, désormais réfugié à Hong Kong, est de nature à relancer le débat sur le Cloud, sa nature et ses infinies promesses.

Eric Snowden

Premièrement il s’agit de cette réalité impliquant nos données, stockées qu’elles sont par des acteurs comme Facebook, Google et consorts. Ceci n’est pas nouveau, le deal est connu, je ne m’étendrai pas sur ce que le Patriot Act permet ou ne permet pas. Je ne m’étendrai pas non plus sur le débat politique sous-jacent (et qui, je l’espère, risque de faire bien des vagues), mettant entre autre en lumière notre seule (in)capacité à « subir » le monde numérique américain.

Non, ce qui m’intéresse ici est le Cloud. Pour ce qu’il est, et ce qu’il représente. Comprenons que le Cloud public, comme on le représente souvent, à savoir celui de l’Utility Computing, vient de réellement prendre du plomb dans l’aile et alimenter des peurs déjà trop vivaces. Le mal est fait, ce que Snowden avance soit vrai ou (partiellement) faux, n’y change vraiment rien.

Indirectement, la NSA vient peut-être de tuer une partie du lien qui nous séparait des possibilités du Cloud. Au moins pour un temps, car penser une seule seconde qu’un projet européen puisse régler la question soulevée par PRISM est également faux. Nous ne serions même pas loin de croire que les américains ne puissent pas nous donner des envies de total contrôle du numérique. Ici se joue l’avenir, et la confiance que nous pourrions avoir envers le Cloud.

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Ne demeure qu’un concept, une idée, des fondations. Ne reste-t-il donc qu’ à attendre une solution qui règle LA question ? Pourrons-nous rapidement profiter du Cloud et nous affranchir des problèmes que soulève PRISM ? Peut-on même confier nos données à qui que ce soit ? Ne devons-nous pas nous tourner vers le monde du libre, qui au passage permet directement au Cloud d’exister,  pour y trouver une quelconque rédemption ? Complexe équation, à laquelle je n’ai malheureusement pas encore de réponse …

Google aux grandes manœuvres ?

Le Google I/O 2013 débute demain, mercredi 15 mai, et devrait -je l’imagine- tenir toutes ses promesses. Mais rassurons-nous, la folie créative de Google a ses limites.

Qui n’a jamais utilisé au moins une fois un produit estampillé Google ? Android, YouTube, Chrome, Maps, etc. autant de services ou produits qui ont fait le succès du géant de la recherche. Mais l’heure du foisonnement créatif annonce en toute logique une période de mise au placard. Échecs critiques ou réussites commerciales, la courte histoire d’une entreprise n’ayant pas même 20 ans force le respect et nous incite à prendre du recul.

Même quand un produit comme Google Reader s’ajoute au cimetière du dieu Google, il n’y a pas lieu de chipoter sur la place qu’une seule entreprise a pu avoir dans l’émergence et l’adoption d’un Web toujours plus intégré à nos vies. Dès lors, le ménage initié par Larry Page depuis sa (re)prise de pouvoir, démontre une radicalisation que certains regrettent, mais qui nous rappelle à la dure réalité : Google est avant tout une entreprise capitalistique.

Car si l’innovation est la force motrice de l’ancienne start-up, elle ne doit pas se faire au détriment du business et d’une vision globale. Et c’est à ce carrefour que nous nous trouvons. Google ayant, il me semble, lancé les grands œuvres d’un plan arrivant aujourd’hui à maturité.

Ergonomie, unification, adoption

Première étape, l’expérience utilisateur. Dans un esprit logique, la refonte graphique très épurée unifie désormais la quasi-totalité des produits estampillés Google. Ensuite … vient l’intégration !

Un des derniers exemples en date, les adaptations du moteur de recherche qui intègre des résultats liés à Google+ ou encore des tentatives de refonte du bandeau supérieur nous faisant diablement penser à Chrome OS. Plus complexe est l’unification des services de messagerie instantané / web-conférence / SMS sous un même produit (Babel ?) qui devrait rapidement pointer le bout de son nez, voir la disparition de Picasa au profit de la section photo de Google+.

Les exemples récents sont légion.

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Reprenons l’exemple de Google Reader. Que n’a t’ont pas lu à ce sujet. La data (et indirectement la publicité) étant au centre du business de Google, son apparition dans la sphère sociale via son réseau Google+ semble nous rappeler que ce nouvel or noir se cache au cœur des interactions humaines. Ceux qui pleurent l’abandon d’un produit aussi efficace que Google Reader (et qui avait en son temps, tué la concurrence) oublient que sa disparition au profit du réseau social avait déjà commencée en amont. Google fait donc la part belle à la curation, en lieu et place d’un RSS qu’il n’a jamais réellement aimé (et qui ne va pas mourir pour autant …).

L’avenir me donnera peut-être tort, mais nous pourrions trouver ici la raison de la non-existence d’API ouvertes pour Google+, cette absence nous poussant à un usage manuel et humain. Il ne manque à Google+ qu’un seuil critique d’utilisateurs pour en faire une plateforme incontournable, aux autres Twitter, Facebook ou LinkedIn la jouissance de profiter du spam des API automatisées. L’infobésité nous guette tous et ici se trouve peut-être la solution à ce problème, aidé qu’il est par son moteur de recherche et son écosystème (une histoire d’intégration, encore et toujours). Notons également qu’en parallèle, Google continue de lorgner sur le Login, fer de lance des plateformes sociales.

Mais la volonté forte de Google est de s’assurer de données de qualité et donc une consommation toujours plus poussée de ses services. Pour cela, quoi de mieux que de rendre l’expérience plus véloce, poussant à une adoption toujours plus croissante de la toile ? Chose faite en décidant de forker WebKit pour créer Blink, mais aussi en s’attelant à DART en lieu et place de JavaScript, QUIC pour UDP et SPDY pour HTTP (voir même en initialisant son projet Fiber).

Chrome profitera rapidement de ces évolutions, renforçant l’idée d’un navigateur rapide, porte ouverte vers le monde de Google. Quelle est la 1ère chose que l’on vous demande en vous connectant à Chrome ou Android ? vous identifier grâce à votre compte Google, bien évidemment … car comme indiqué plus haut, qui ne profite pas des services de Google ?

Chrome + Android = Chrome ?

Que de services ! Applications Web/client lourd d’un côté,  extensions/applications au sein de votre navigateur de l’autre. Ah et attendez, vous pouvez également y rajouter vos applications mobiles. Le casse-tête est cornélien, ceux qui utilisent Windows 8 comprendront …

Typiquement, Google s’embarrasse d’un portefeuille applicatif conséquent, conjointement à deux places de marché que sont le Chrome Web Store et le Google Play (voir un troisième). Plus vous consommez le Web au travers des services maison, plus Google sera à même de proposer des services à valeurs ajoutées à ses « vrais » clients (ceux d’Adwords/Adsense). Car VOUS êtes le service à forte valeur ajoutée.

Mais Android n’est pas, à l’image d’iOS qui pousse à la consommation d’Apps, un système qui favorise l’utilisation du Web (et donc, génère relativement peu de revenus pour Google). Car qui utilise sur un navigateur en situation de mobilité ? Le problème est pour Google cornélien, car sorti de quelques usages, il est fort à parier que tout le monde favorise à raison les applications natives. C’est sans compter les Facebook, Amazon et autres Samsung qui ne s’embarrasseront pas d’intégrer très longtemps les services Google aux profits des leurs (de là née peut-être l’idée de Google de créer des appareils maisons à moindre coûts).

Pour solutionner cet état de fait, Google ne serait-il pas en train de nous préparer à terme une révolution de l’intégralité de ces systèmes ? Quelques indices portent à y croire.

Chrome + Android

La sortie du Pixel en est peut-être un. Étonnant, dirons certains, de voir Google se mettre à produire un « ordinateur ». Et peut-on d’ailleurs encore parier sur un ordinateur dans une ère post-PC. Une coquetterie ? Un épiphénomène ?

Certes, celui-ci est un Chromebook. Pas de configuration, de mises à jour, de failles sécuritaires, un démarrage ultra rapide … on connait le refrain et les avantages/désavantages que promet l’OS de Google. Bien évidemment certains usages ne seront toujours pas satisfaits (je lis toujours des « et mon Photoshop », « et mon machin ceci »), mais cela risque de moins en moins se vérifier (à cela Google apporte d’ailleurs des solutions via NativeClient ou les Packaged Apps).

Mais plus que tout, on peut se poser la question de cet écran tactile, l’appareil n’étant pas un hybride et Chrome OS non-adapté à des usages de ce type. Pourquoi ne pas imaginer Chrome OS marcher sur les traces d’Android et investir le marché des tablettes ? Pourquoi ne pas imaginer cette intégration aller au delà et prédire des ponts permettant indirectement d’inclure le petit bonhomme vert au sein du navigateur ? Car Google lorgnera naturellement sur les développeurs Android pour accroître son portefeuille applicatif, l’hybridité ne pouvant être perçu que comme une solution temporaire.

Tout ce dont nous avons aujourd’hui besoin pour consommer le monde qu’est le Web est un navigateur. Cela va se vérifier, que ce soit pour surfer, travailler, jouer ou d’autres sphères de notre vie. En résulterait, à terme, une plateforme (plus qu’un OS) qui serait en confrontation directe avec l’acteur qui domine encore actuellement le monde de la micro-informatique (mobiles mis à part), à savoir Microsoft.

Windows vs Google. L’ancien monde, contre le nouveau.

IT post-Microsoft

Et d’ailleurs si l’hégémonie de Microsoft commençait à drastiquement infléchir par la même occasion ? Nombreux sont ceux qui aimeraient réduire leu servitude (et indirectement leurs dépenses) envers Microsoft et son incontournable couple Windows/Office. Du pain bénit pour Google, qui au travers ses Apps gagne de plus en plus de  parts de marché.

66% des 100 plus grandes universités américaines les utilisent, remportant l’adoption des plus jeunes, tout cela pour un prix qui s’est souvent vu être complexe à combattre pour la concurrence. L’occasion de prendre de vitesse un Microsoft fébrile, qui a tardivement pris le virage du Cloud et s’embarrasse d’un Windows 8 bâtard et boudé ?

C’est à ce moment que Google s’attaque à Office. En intégrant nativement QuickOffice directement à Chrome (et donc Chrome OS), et donc en palliant les faiblesses de son Google Drive, l’expérience serait alors totale (notons que de son côté, Microsoft s’essaye au chemin inverse, en poussant son Office vers le Cloud …. et à terme, on peut l’imaginer, sur tablettes). Imaginez les impacts qu’une telle annonce pourrait avoir à terme, dans ce duel de titans.

Pour finir, je parlerai de la place de Google+ dans le monde de l’entreprise. On a souvent vu à tord, je pense, le réseau social comme le stéréotype du parfait outil de productivité. L’avènement des AppStore et autres Activity Stream devrait compléter la vision d’un outil unique intégrant applications collaboratives et métiers.

Mais cette vision ne supporte pas l’ouverture au monde et à l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise. Et sur ce terrain, Google peut jouer un rôle de choix. Vos collaborateurs sont déjà sur Google, vos clients également, vos fournisseurs, vos partenaires. Ils ne sont plus qu’à un seul clic de pouvoir collaborer avec vous via une plateforme qui a d’ores et déjà fait ses preuves et qui, au travers des Apps et de Chrome, devrait de mois en mois se transformer en parfaite plateforme applicative et collaborative.

Au bout du bout, Google peut doubler la mise et redevenir Google. Mais en cela, il pourrait également refaire naître le spectre d’un Big Brother déjà bien trop présent. Prochaine étape, les Google Glass et l’intégration encore plus poussée du Web à nos vies ?

Don’t be Evil, disaient-ils. Début de réponse, peut-être dès demain.

Le RSE traditionnel est-il déjà mort ?

Je lisais dernièrement l’article de Frédéric Charles qui traitait du « Graal de collaboration » : une plateforme convergente. Qu’en penser réellement ?

Remplacer le mail par une plateforme collaborative ? Tout le monde fait cela depuis 10 ans. Les outils sont connus, les effets également. C’est donc un sujet qui n’est (presque) plus à débattre.

Intégrer cette plateforme à l’email et inversement ? Cela fait sens, tous vont s’y engouffrer. Pourquoi ? Pour créer des plateformes uniques, verticales et bien évidemment faire évoluer les usages (créant par la même un cercle vertueux alimentant le commerce de ces mêmes solutions).

Qui a raison, qui a tort ?

Mais dans cette foire d’empoigne, quel est l’acteur qui détient en son sein la plus grande part de vérité ? Ma réponse est simple. Les vainqueurs de cette grande bataille seront ceux qui concentreront la majeure partie du social graph mondial.

The social graph in the Internet context is a sociogram, a graph that depicts personal relations of internet users. It has been referred to as « the global mapping of everybody and how they’re related »

Imaginez-vous une carte des interactions humaines sur la toile. Sur quelles plateformes ces dernières se concentrent-elles le plus ?

La terre entière s’y trouve déjà regroupée, et si le RSE a pour vocation de centraliser, on s’essayera à y intégrer la totalité des parties prenantes de l’entreprise avant tout (vos fournisseurs, vos clients, vos employés, vos partenaires, vos prestataires, etc.). Centraliser les savoirs de l’entreprise, au travers de nombreuses fonctionnalités, mais également s’ouvrir au monde.

Donc côté grandes manoeuvres, regarder du côté de Google, Facebook ou LinkedIn me parait plus sensé que de parier sur IBM ou Microsoft. Cela me coûte de le dire, étant donné mon attachement à ces deux éditeurs historiques (je ne parle même pas des autres …), mais ils ont indirectement raté la bataille qui se jouait en toile de fond. Celle du Web social.

Car si le Graph Social se développe à vitesse grand V, cette croissance se réalise aujourd’hui en dehors de la sphère des réseaux sociaux traditionnels. Voilà pourquoi ces géants historiques sont donc condamnés à nous vendre de jolies coquilles vides. Vides d’utilisateurs, vide d’échanges, vide de sens.

Le principal souci du réseau social d’entreprise traditionnel est d’être surtout perçu comme n’étant qu’un couteau suisse. Je pense qu’il faut arrêter de voir le RSE comme un outil n’ayant qu’une vocation professionnelle. Les entreprises doivent dompter et intégrer le Web Social. Et c’est à ce moment précis que les autoroutes du Web que peuvent être Facebook, Google ou Twitter nous apparaissent différemment.

Cliniquement mort

Le RSE traditionnel ne peut que partiellement consommer ces autoroutes. Au mieux il les intégrera partiellement. Mais quid des usages ?

Une personne partage un article sur Twitter. Si je souhaite le commenter, voir le relayer, où va-t-il falloir réaliser cette action ? Sur la plateforme d’origine, ou dans mon RSE interne ?

Je publie un article sur un blog interne. Si cela n’enfreint pas les règles de mon entreprise, ne pourrais-je pas le publier sur un blog externe ? (comme l’est par exemple ce blog).

Cela pose indirectement la question de l’engagement. Alors que tout se passe à l’extérieur de l’entreprise, les RSE traditionnels nous enferment. Car le RSE n’est qu’un alliage de deux choses, à savoir le moteur relationnel et les outils collaboratifs. Et c’est ici que le RSE historique, promis à devenir l’outil de travail unique, s’enferme sur lui-même.

LinkedIn va bientôt lancer son propre réseau social d’entreprise. Facebook fait déjà dans la messagerie personnelle, héberge certaines universités et pourrait tout à fait s’intéresser au monde de l’entreprise. Google risque d’aller très loin à l’intégration de ses Apps dans son réseau social Google+.

Et c’est ici que je boucle sur le sujet des éditeurs historiques. Le RSE comme il existe aujourd’hui va disparaître au profit d’atriums numériques, directement intégrés au coeur des principaux acteurs du Web Social.

Messagerie d’entreprise, et pourquoi pas Google ?

J’avais déployé il y a de cela 1 an des montagnes d’arguments comparatifs entre les solutions de messagerie dominantes du marché (celles de Google, IBM et Microsoft) s’appuyant sur les attentes des utilisateurs, à savoir sécurité, fonctionnalités, confidentialité, vision, etc. Bref toutes les peurs communes rapport aux solutions Cloud, mais c’est bien la performance qui était à l’honneur. Et à l’époque de cette étude, les solutions de Google étaient déjà au-dessus du lot sur tous les points.

Depuis tout ce temps, il n’y a plus à contester l’existence du géant de Mountain View dans le domaine de la messagerie. Il est même devenu un acteur incontournable. De nombreuses entreprises, et pas les plus petites, migrent vers Google et la tendance devrait s’accentuer en 2013. Reste bien évidemment une réserve non négligeable d’entreprises qui conservent leur messagerie en interne -pour des raisons que ne pourrions tout à fait débattre- principalement sur des solutions Microsoft, IBM ou bien encore Zimbra.

Sur son propre terrain, un seul concurrent réellement compétitif fait face à Google et son GMail : Microsoft. Ce dernier s’essaye à rattraper le temps perdu et peut compter sur son image de marque, son influence dans la sphère entreprise et son parc établi. Car si l’ère post-Microsoft est d’actualité, le Cloud est un rouleau compresseur qui va dans le sens d’une évolution toute naturelle. Le prix et la performance auront raison de la plupart des infrastructures privées, et les logiciels passeront également sous le spectre de la comparaison.

Mais pour être tout à fait clair, la bataille se joue du côté des utilisateurs et du grand public. Et sur ce terrain Google gagne du terrain, aidé par une pléiade de produits tels Android ou bien encore Chrome.

One account to rule them all

Revenons à nos moutons. Pourquoi préférer une solution plutôt qu’une autre ? Google, Microsoft, IBM, … ?

Même s’ils ont un intérêt évidemment réel, il y a un et un seul aspect qui devrait aujourd’hui nous intéresser : l’interopérabilité. Comme je l’expliquais à propos du Réseau Social d’Entreprise, une application qui ne peut communiquer, ne peut donc s’intégrer avec d’autres applications et agit littéralement en aveugle. Et côté interopérabilité , Google est le roi incontesté. Une startup se créée ? vous pouvez parier qu’elle se posera la question de son intégration native avec Google.

Pourquoi ? Pensez grand public. Une grande partie des utilisateurs utilisent déjà Google pour la recherche, ont un smartphone Android, un compte  YouTube. Le seul service qui pourrait aujourd’hui tenir la comparaison est Facebook. Mais le réseau social n’est pas un acteur de la sphère professionnelle collaborative, ce qui limite drastiquement son impact sur l’écosystème des applications d’entreprise.

Google peut donc être considéré comme le choix du roi (nous pourrions parler du bien fondé et de son emprise sur le Web mais ce n’est pas le sujet de l’article). Il vous ouvre un champ des possibles qu’aucun autre acteur ne peut vous fournir, une autre option pourrait même paraître étonnante. Pourquoi donc se priver de choisir la solution offrant le plus de possibilités via son ouverture et sa place de choix dans la sphère Internet ? Le Web, le Cloud sont au centre de nos vies digitales, vous ne pouvez plus vous contenter de croire que votre PC est votre unique porte d’entrée sur le monde, de même que pour votre système d’information interne.

Cela fait de Google une quasi-évidence. Vous doutez de tout cela ? Regardez autour de vous …

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Le Cloud comme nouvel OS dominant

Je vais vous raconter une histoire.

Jusqu’aux années 80, l’informatique était une discipline strictement réservée à l’entreprise. Mais petit à petit, l’ordinateur s’immisça dans nos foyers,  l’Internet allant même, aux débuts des années 2000, se tailler une place de choix dans nos vies. Nous avions encore une séparation franche entre nos environnements informatiques professionnels et personnels, nos données et logiciels étant localisés sur nos propres machines.

Mais un autre basculement allait s’opérer. Le succès du Web permit de s’émanciper de cette localisation, nos données et logiciels commençant à migrer petit à petit sur la toile. Dans le même espace-temps, ces mêmes logiciels Web dépassaient en qualité ceux qui nous étaient fournis dans notre cadre professionnel. Nous étions mieux équipés, mieux préparés, nos usages évoluant à un rythme que nos organisations professionnelles avaient souvent du mal à tenir.

C’est à ce moment qu’émergea la Génération Y. Plus qu’un groupe de personnes, ils portaient en eux l’embryon d’une mutation que notre société allait vivre. Nous allions tous désormais devoir suivre leur rythme, et aux entreprises de subir un train qui fusait tambour battant. Et pendant que nous commencions à vivre l’ubiquité de nos vies digitales et physiques, l’informatique allait s’émanciper de l’ordinateur comme seul terminal d’accès. La mobilité allait en seulement 5 ans, changer radicalement notre manière de consommer le digital. Toujours dans notre poche, toujours à portée de main.

L’informatique allait devenir une ressource accessible à la demande. Si nos données étant déjà dans le Web, la mobilité amplifia le phénomène. Le Cloud personnel était né. Seul compte désormais les services consommés, s’affranchissant de la question du  moyen d’accès et reléguant par la même occasion la sphère d’influence des systèmes d’exploitation d’antan.

Et c’est ici que notre histoire se termine, ne laissant qu’à notre imagination le loisir de griffonner ce que le futur pourrait être.

  1. Arrivée de l’informatique grand public, d’Internet et du Web 2.0
  2. Naissance de la Génération Y et évolution des usages
  3. Explosion de la mobilité, ère post-Microsoft
  4. Émergence du Cloud comme système d’exploitation dominant
  5. ?

Chaque individu emporte avec lui son propre système d’exploitation, son Cloud personnel. Il est désormais difficile de ne pas le reconnaître. Je croise des dirigeants et autres responsables qui se rassurent à croire qu’un firewall peut encore les épargner, mais le phénomène est déjà dans les murs, dans nos poches, sur le Web et donc partout.

Ne pensez pas qu’en bloquant des services comme Facebook ou DropBox, voir en proposant un service « à peu près » équivalent vous allez satisfaire la foule. Cette dernière refusera purement et simplement l’idée que vous puissiez choisir pour elle. Nous avons aujourd’hui tous le loisir du choix, suivant le moment et le contexte. Rien ne pourra infléchir cette tendance.

En informatique, un système d’exploitation (OS) est un ensemble de programmes qui dirige l’utilisation des capacités d’un ordinateur par des logiciels applicatifs

Nos bons vieux OS peinent à se faire une place, relégués qu’ils sont par les navigateurs Web comme porte d’entrée vers le système d’exploitation moderne qu’est le Cloud. Car si l’OS dirige les capacités d’un seul ordinateur, le Cloud tire parti d’une infinité de ressources.

Nous pouvons même imaginer nous affranchir de cette surcouche, ou tout du moins arrêter d’y prêter attention là il était hier impensable de passer outre. Microsoft s’essaye à contrer cette tendance en sortant l’ovni Windows 8, mariage improbable entre un OS ancestral, le Cloud et le tactile …

Selon Gfk, il se vend aujourd’hui en France plus de tablettes que de PC. Depuis le début de l’année, le best-seller des ventes d’ordinateurs sur Amazon US n’est pas un PC Windows, ou bien un Mac, mais un Google Chromebook.

À suivre …

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Loi de Moore = Cloud Computing

Vous connaissez sans doute la fameuse Loi de Moore, conditionnant l’évolution constante du marché du silicium et des microprocesseurs. Sans remettre en cause la vérité du concept ou bien encore se poser la question de son exactitude à terme, force est de constater que les lois empiriques décrites par Moore nous offrent un éclairage plus qu’intéressant sur le Cloud Computing.

Loi de moore

 

Comprenez bien que nous sommes aujourd’hui, comme l’écrit Chris Anderson dans Free !, dans une ère d’abondance. Les ressources informatiques (fondements du Cloud Computing) que sont la bande passante, le stockage et la puissance de calcul doublent leurs limites tous les 18 mois pour un prix deux fois moins élevé.

Prenez l’exemple d’un Google. Lorsque le géant de la recherche créé un nouveau data center, celui-ci se trouve être deux fois moins cher et deux fois plus puissant qu’un de ceux qu’il avait créés 18 mois plus tôt.

Une industrie d’abondance

De quoi répondre à la demande croissante de ressources informatiques, mais surtout d’accroitre les revenus d’un marché toujours plus en expansion et d’en réduire de plus en plus le prix d’acquisition pour les clients. Et nous allons de plus en plus tendre vers l’infini et le zéro.

Regardez es tarifications d’un Amazon Web Services. Ils se sont permis de les baisser 23 fois depuis 2006, annonçant même 25% de réduction sur leur offre de stockage S3 en novembre dernier …. et la tendance devrait continuer, encore et encore. Historiquement, l’offre d’Amazon est issue du gaspillage que permet l’abondance : que faire de ses ressources informatiques inutilisées, si ce n’est les revendre à son voisin ? Et la firme de Bezos est allée encore plus loin dans le concept en recyclant les instances inutilisées sous forme d’enchères, grâce à son offre Spot Instances.

Car finalement, le Cloud Computing est une démarche qui outre ses spécificités techniques, rend accessible à n’importe qui ces ressources abondantes et quasi infinies.

Le cas de la messagerie est étonnant de vérité. Qui payerait encore pour avoir une boite mail personnelle ? Personne ! La question que l’on pourrait donc se poser est de savoir combien de temps payerons-nous encore nos boites mails professionnelles ? Reste à attendre une entreprise qui le proposera et redéfinira le marché, en trouvant un business model qui puisse, à l’image de ce que réalise Google avec son placement de publicité, permettre de proposer gratuitement des outils aujourd’hui payants. Les ventes actuelles ne s’appuient que sur la volonté des entreprises de s’assurer d’un service contractuel professionnel et appuyé par une démarche différente que celle proposée au grand public. Le verrou ne demande donc qu’à voler en éclats.

Où va-t-on, donc ? L’abondance promet un Cloud toujours plus puissant et moins cher, et devrait réaliser la vision de Nicholas Carr dans The Big Switch, qui comparait l’informatique à l’électricité. Vous risquez donc bien avant de pouvoir souffler, voir cette grande idée se réaliser et vous affranchir de l’informatique comme d’une ressource ne nécessitant plus qu’un bouton On/Off pour pouvoir alimenter vos idées.

Just as the last century’s electric utilities spurred the development of thousands of new consumer appliances and services, so the new computing utilities will shake up many markets and open myriad opportunities for innovation. Harnessing the power of the computing grid may be the great enterprise of the twenty-first century.

RIP RIM

L’ex-muse de Google, Marissa Mayer, comprend que pour redresser Yahoo! il est nécessaire de faire ce que ces prédécesseurs n’avaient pas eu le cran : réfléchir. Du coup, elle joue sur les tous les fronts, multipliant les sorties et affichant de manière totalement transparente ses idées et un management oscillant entre rationalisme et maternalisme.

Et quand elle expose, lors d’un interview, qu’elle va équiper tous ses employés d’un smartphone elle le fait d’une manière qui résume tout à fait la position de RIM et ses Blackberry sur le marché du « téléphone intelligent ».

We literally are moving the company from BlackBerrys to smartphones. One of the really important things for Yahoo’s strategy moving forward is mobile

Littéralement, comme le souligne Business Insider, en 23 mots Marissa Mayer nous fait comprendre que les Blackberry ne sont tout simplement pas des smartphones.

Dure réalité …

Microsoft Online vs Google Apps : chronologie d’une année mouvementée

Impossible de passer à côté, Office 365 vient de vivre des premières semaines assez mouvementées.

« Where Microsoft Office meets the Cloud », « Any business, any size ». Comme un écho faisant référence à l’année 2010, Microsoft est « All In » sur le Cloud. La firme de Redmond a peut-être (trop ?) tardé à s’investir dans le Cloud, mais il est clair que la machine en marche.

Cible principale de Microsoft, Google n’a pas non plus tardé à allumer des feux de barrage et à sortir cartouches sur cartouches. Liste non-exhaustive d’événements se déroulant sur les douze derniers mois.

12/07/10 Next Generation BPOS Annonce du futur Office 365.Depuis le début 2010 et l’offre BPOS Standard (= multi-tenant), Microsoft dévoile son nouvel amour pour le Cloud.
23/08/10 Microsoft BPOS (Online Services) outage Last but not least.
Premier crash majeur (2 heures) pour BPOS dans sa version multi-tenant. Le service commencerait-il déjà à devenir instable ?
08/09/10 Meeting Your – And Our Own – Expectations Explications officielles des événements des dernières semaines : il s’agirait de problèmes survenus lors de la mise à jour d’un réseau « nouvelle génération ».La solution mise en œuvre a elle aussi eu un impact sur le service les 3 et 7 Septembre.
27/09/10 Introducing the Microsoft Online Service Health Dashboard Microsoft inaugure son système de supervision de santé des services BPOS.A noter que, ce dernier n’étant pas publique, Google s’en fera rapidement l’écho.
18/10/10 Goodbye cloud? Chief software architect Ray Ozzie to depart Microsoft Annonce du départ de Ray Ozzie, le « Chief Software Architect » et grand ordonnateur de la stratégie Cloud de Microsoft.
19/10/10 Microsoft Cloud 2.0, This Time With Office Microsoft dévoile « Office 365 »
28/10/10 Dawn of a New Day Avant de quitter Microsoft, Ray Ozzie offre à Microsoft une stratégie Cloud sur 5 ans pour Microsoft.Visionnaire en 1984, en 2005, Ozzie le sera-t-il encore aujourd’hui ?
01/12/10 GSA Becomes First Federal Agency to Move Email to the Cloud Agencywide Google bat Microsoft sur la conquête de la General Services Administration (GSA), validant par la même la certification FISMA de ses Google Apps.
09/12/10 Bringing Gmail’s reliability to Microsoft Exchange Annonce de Google Message Continuity (sic !) permettant, je cite, « d’assurer une continuité de services aux utilisateurs durant un crash de Microsoft Exchange ».
14/01/11 Google Apps contracts promise no ‘scheduled downtime’ Fut état des excellents résultats de disponibilités de Google Apps, la firme de Mountain View supprime de ses SLA les périodes de maintenances.Initialement Google Apps incluait également les périodes d’inactivités de moins de 10 minutes.
23/02/11 Google Apps Certification Program launches Lancement d’un programme de certification professionnelle pour Google Apps.
24/02/11 Teach your old docs new tricks with Google Cloud Connect for Microsoft Office Annonce de Google Cloud Connect, un add-on Office permettant de synchroniser ses documents MS Office sur le Cloud via Google Docs.A noter que cet add-on ne permet pas de lire les documents nativement créé sous Google Docs et inversement.
11/04/11 Google’s misleading security claims to the government raise serious questions David Howard, VP Microsoft, charge Google de mentir quant à l’obtention de la certification FISMA pour sa suite « Google Apps for Government »
13/04/11 The truth about Google Apps and FISMA Réponse du berger à la bergère sur le blog de Google Enterprise.
18/04/11 Office 365 is « Ready for Work » Annonce de la beta publique d’Office 365.
20/04/11 BPOS-Federal & FISMA Annonce de l’attribution de la certification FISMA pour BPOS-Federal
26/04/11 Helping small businesses start and manage Google Apps for Business Modification des conditions de l’offre gratuite de Google Apps for Business. Dorénavant il va falloir sortir son porte-monnaie au-delà de 10 utilisateurs.
Pour information, la version gratuite de Google Apps était initialement fixée à 200 utilisateurs pour arriver aujourd’hui à 10 (en seulement 2 ans).
28/04/11 Plan for your Office 365 transition La transition de BPOS vers Office 365 se fera automatiquement … mais nécessite quelques petites préparations (« few things »)
12/05/11 Update On BPOS-Standard Email Issues Un énième crash majeur pour BPOS. Achevez la bête, elle n’en peut plus
27/06/11 365 reasons to consider Google Apps En réaction de la cérémonie de lancement d’Office 365, Google nous gratifie de « 365 raisons de considérer Google Apps ».
28/06/11 Evénement de lancement d’Office 365 par Steve Balmer Lancement d’Office 365 par Steve Balmer.
28/06/11 Microsoft admits Patriot Act can access EU-based cloud data Gordon Frazer, Microsoft Director de Microsoft UK, fait le point sur le Patriot Act vis-à-vis des sociétés US.
03/07/11 Microsoft Plans to Add Dynamics CRM Online to Office 365 Office 365 se verra bientôt dotée du CRM maison, Dynamics, dans sa version Online.
04/07/11 Office 365 : les clients BPOS devront attendre pour migrer La migration vers Office 365 est pour l’instant réservée à quelques rares clients triés sur le volet. Les autres devront attendre …
05/07/11 Microsoft Gave Customer $250,000 To Choose Office 365 Over Google Apps Une université dévoile accidentellement que Microsoft leur a versé 250.000 $ pour passer de Lotus Domino (On-Premise) vers Office 365.Microsoft étant en compétition avec Google sur cette affaire.
10/07/11 Pour y voir clair : Office 365 vs Google Apps Louis Naugès, Fondateur de Revevol, charge Office 365 comme n’étant pas multi-tenant (en autres choses).
15/07/11 Microsoft Project and Visio Will Come to Office 365 Les Office Web Apps d’Office 365 accueilleront bientôt, à l’instar de la version sur site, la prise en charge de fichiers MS Project et Visio.
18/07/11 Offensive de charme de Google en France Google intensifie sa conquête du marché français (l’un de ses plus lucratif) et acquiert des bureaux de 10.000 m² en plein Paris.

Bien évidemment certains de ces événements ne sont pas directement liés, mais je me plais à croire qu’ils puissent réellement l’être.

A suivre …

Google et la sécurité/protection de ces datas centers

Une vidéo intéressante, extraire d’un post du blog Google Enterprise, intitulé : Security First: Security and data protection in Google data centers

La sécurité, question redondante lorsque l’on aborde la question du SaaS ou du Cloud Computing de façon générale, est plus une affaire de réalisme qu’autre chose.

Il suffit de voir les efforts déployés (sans compter les différentes normes auxquels les data centers sont soumis) pour comprendre que seules des sociétés comme Google peuvent réellement s’offrir ce type d’infrastructures. Combiné aux différents apports du Cloud et en faisant appel à la clairvoyance de chacun, les idées négatives sont souvent vite balayées …

Néanmoins, les réticences et les aprioris on encore la dent dure, et la diffusion de ce type de matériaux, la communication allant avec, sont des preuves que certaines batailles sont encore à gagner, même si elles sont déjà idéologiquement parlant.

Tout ne serait donc qu’une question de temps …

Suites collaboratives SaaS et navigateurs supportés

Besoin de modernité

Le déclin d’IE 6, le grand satan du Web standardisé, est en marche.

Depuis la décision de Google, début 2010, d’arrêter de supporter le navigateur de Microsoft, la tendance s’est fortement accentuée. Pour le grand public c’est une certitude (voir statistiques StatCounter ci-dessous), mais quand est-il réellement dans le monde de l’entreprise ? On peut facilement imaginer des chiffres de 30 à 50% d’adoption (!), cela a de quoi laisser songeur …

Microsoft a officiellement arrêté de supporter Internet Explorer 6 en Juillet 2010. Néanmoins, tout n’est pas très clair sur le sujet, le cas des Service Pack pouvant faire office de rallonge du support, ce qui arrange bien les nombreux clients utilisant encore IE6.

A côté de ça, Microsoft a pris à son compte la vague initiée par Google en lançant plusieurs messages forts. Parmi ceux-ci, la décision plutôt courageuse de rendre SharePoint 2010 non-compatible avec IE6. Bien évidemment lorsque l’on aborde l’implémentation de SharePoint dans une entreprise, il n’est pas rare de voir le problème IE6 ressurgir très rapidement, pour le meilleur et comme pour le pire.

Ci-contre quelques ressources sur le sujet :

IE6

 

L’épée de Damoclès

Microsoft n’en est pas resté là, et continue sur sa lancé avec le IE6 Coutdown. La ligne est claire, IE6 est mort, il va falloir s’y faire …

Pour une entreprise, quelle que soit sa taille, migrer une application aussi centrale que peut l’être un navigateur Internet n’est malgré tout pas un sujet anodin. Nombre d’applications métier « custom » et de versions ancestrales de solutions tierces sont des freins réels à la migration. On pourrait également s’amuser du parallèle avec Windows XP, encore majoritaire en entreprise (l’un étant packagé dans l’autre).

Qu’en est-il réellement ? Et bien, force est de constater que l’implication de plus en plus importante des éditeurs dans des solutions Web n’y est pas étrangère. Pour eux aussi, se trainer un existant d’une quinzaine d’années a un coût, et le boom des solutions SaaS, des réseaux sociaux, du mobile et autres HTML 5 oblige à prendre des solutions radicales.

Cet état de fait a pour but de pousser les entreprises à considérer le changement. A terme, on risque de donc voir se banaliser des solutions de virtualisation applicative permettant de contourner le problème (App-V / Sofgrid chez Microsoft, l’incontournable Citrix, etc.). A moins que le business ne se tourne vers une autre solution tel qu’UniBrows.

Navigateur et Social Business

Dans la guerre opposant Google Apps, Office 365 ou LotusLive (mon focus s’arrêtera sur ces trois-là) chacun essaye de tirer la couverture sur soi. Et autant être clair tout de suite, aucune des trois solutions ne sort clairement du lot, chacun trainant ses avantages et inconvénients, à l’instar de n’importe quel produit (sic).

Quelle place peut néanmoins avoir le navigateur dans une telle bataille ? Déjà, concentrons-nous sur les navigateurs supportés officiellement par les trois solutions :

En résulte le schéma qui suit. Quelques précisions sur ce dernier :

  • J’ai volontairement exclu BPOS de la liste, même si Office 365 est encore en version Beta
  • La compatibilité des fonctionnalités est souvent diverses. Par exemple Gmail supporte IE 5.5 là où Calendar et surtout Docs sont plus limités. Je n’ai pas pris en compte les limitations nécessaires pour les administrateurs (ce qui m’importe reste l’utilisateur final)
  • Je me base sur Windows côté OS, et Mac pour Safari uniquement. Les fonctionnalités diffèrent également suivant le niveau de l’OS (Service Pack), je n’en ai pas tenu rigueur (le schéma aurait été illisible)
  • Je n’ai pas pris en compte Opera, IE 9 et Firefox 4
  • Je n’ai pas pris en compte les versions de Java, ni les paramètres de sécurité nécessaires

Deux remarques s’imposent rapidement :

  • Google et Microsoft suivent leur ligne directrice: IE 6 est persona non grata, l’inverse aurait été étonnant
  • LotusLive est le seul produit supportant IE 6, mais se permet le luxe de ne pas supporter Chrome

Pour conclure, je dirais que Google me paraissait obligé d’écarter rapidement IE 6 (son ADN l’impose). Microsoft ne l’était pas, mais à préféré renié son propre monstre. C’est courageux, facile mais pas sans impacts. IBM joue la carte de la sécurité (le non-support de Chrome ne me parait pas problématique en l’état). Mais si la vision d’un navigateur unique -qu’il faille le migrer ou non- peut paraître viable à l’interne, elle me parait tomber en morceaux lorsque l’on aborde la carte de l’ouverture (la collaboration ne se limite pas à la seule messagerie).

Dans un écosystème où l’entreprise se doit de collaborer efficacement, s’affranchir d’un pourcentage non-négligeable d’acteurs peut s’avérer problématique. Imaginez-vous demander à votre client de migrer son navigateur pour utiliser un service (qui en plus de cela, risque de s’avérer payant). Imposer les vision d’éditeurs à un tiers est quelque chose d’extrêmement préjudiciable, voir même complètement inenvisageable (politiques de groupe).

La guerre des navigateurs promet d’être un argument de poids, un prérequis fort et risque de voir l’affrontement tradition/modernité se dessiner. Il semble intéressant de voir comment les roadmaps des différentes acteurs SaaS (et pas seulement ceux cités ci-dessus) s’adapterons à cet état de fait, et comment l’évolution et la mort annoncée d’IE 6 suivra son court.

Encore un sujet qui n’en fini plus de sentir le soufre.