Loi de Moore = Cloud Computing

Vous connaissez sans doute la fameuse Loi de Moore, conditionnant l’évolution constante du marché du silicium et des microprocesseurs. Sans remettre en cause la vérité du concept ou bien encore se poser la question de son exactitude à terme, force est de constater que les lois empiriques décrites par Moore nous offrent un éclairage plus qu’intéressant sur le Cloud Computing.

Loi de moore

 

Comprenez bien que nous sommes aujourd’hui, comme l’écrit Chris Anderson dans Free !, dans une ère d’abondance. Les ressources informatiques (fondements du Cloud Computing) que sont la bande passante, le stockage et la puissance de calcul doublent leurs limites tous les 18 mois pour un prix deux fois moins élevé.

Prenez l’exemple d’un Google. Lorsque le géant de la recherche créé un nouveau data center, celui-ci se trouve être deux fois moins cher et deux fois plus puissant qu’un de ceux qu’il avait créés 18 mois plus tôt.

Une industrie d’abondance

De quoi répondre à la demande croissante de ressources informatiques, mais surtout d’accroitre les revenus d’un marché toujours plus en expansion et d’en réduire de plus en plus le prix d’acquisition pour les clients. Et nous allons de plus en plus tendre vers l’infini et le zéro.

Regardez es tarifications d’un Amazon Web Services. Ils se sont permis de les baisser 23 fois depuis 2006, annonçant même 25% de réduction sur leur offre de stockage S3 en novembre dernier …. et la tendance devrait continuer, encore et encore. Historiquement, l’offre d’Amazon est issue du gaspillage que permet l’abondance : que faire de ses ressources informatiques inutilisées, si ce n’est les revendre à son voisin ? Et la firme de Bezos est allée encore plus loin dans le concept en recyclant les instances inutilisées sous forme d’enchères, grâce à son offre Spot Instances.

Car finalement, le Cloud Computing est une démarche qui outre ses spécificités techniques, rend accessible à n’importe qui ces ressources abondantes et quasi infinies.

Le cas de la messagerie est étonnant de vérité. Qui payerait encore pour avoir une boite mail personnelle ? Personne ! La question que l’on pourrait donc se poser est de savoir combien de temps payerons-nous encore nos boites mails professionnelles ? Reste à attendre une entreprise qui le proposera et redéfinira le marché, en trouvant un business model qui puisse, à l’image de ce que réalise Google avec son placement de publicité, permettre de proposer gratuitement des outils aujourd’hui payants. Les ventes actuelles ne s’appuient que sur la volonté des entreprises de s’assurer d’un service contractuel professionnel et appuyé par une démarche différente que celle proposée au grand public. Le verrou ne demande donc qu’à voler en éclats.

Où va-t-on, donc ? L’abondance promet un Cloud toujours plus puissant et moins cher, et devrait réaliser la vision de Nicholas Carr dans The Big Switch, qui comparait l’informatique à l’électricité. Vous risquez donc bien avant de pouvoir souffler, voir cette grande idée se réaliser et vous affranchir de l’informatique comme d’une ressource ne nécessitant plus qu’un bouton On/Off pour pouvoir alimenter vos idées.

Just as the last century’s electric utilities spurred the development of thousands of new consumer appliances and services, so the new computing utilities will shake up many markets and open myriad opportunities for innovation. Harnessing the power of the computing grid may be the great enterprise of the twenty-first century.

Qualité d’expérience utilisateur

J’ai aujourd’hui même donné un webinar, en partenariat avec ip-label, sur le vaste sujet de la Qualité d’expérience. En résulte un benchmark de performance des solutions de messagerie SaaS d’IBM, Google et Microsoft.

Ci-contre notre présentation commune ainsi que les résultats du benchmark :

Plus que les résultats, le but de notre démarche était bien évidemment de mettre en avant les besoins que peuvent susciter les services SaaS : contractualiser un service, ne serait-ce qu’après de « grands » éditeurs, n’épargnera pas les décideurs et autres DSI de devoir s’adapter à la nouvelle donne qu’est le Cloud.

Pour cela plusieurs parades, dont bien évidemment des outils métrologie que ce soit :

  • En « service régulier », permettant de pouvoir faire jouer vos droits auprès de votre fournisseur de service.
  • Ou lors de phase de migration / OnBoarding permettant de qualifier l’avant et l’après

Bien évidemment nous retiendrons la bonne tenue de Google sur le sujet, rappelons-nous qu’il s’agit ici de sa chasse gardée (IBM et Microsoft règnent avant tout sur le On-Premise). Les déboires d’Office 365 –dont le crash du 09 Septembre, non-pris en compte dans nos résultats- ainsi que la relative jeunesse de LotusLive ne peuvent m’empêcher de conclure sur les points suivants :

  • Que ce soit l’une ou l’autre des solutions, nous tenons là des suites collaboratives et de messagerie de grande qualité
  • La bataille ne se jouera pas sur les fonctionnalités. Nous sommes dans le Cloud public, l’innovation est donc de mise
  • Il est important de prendre en compte la stratégie, l’histoire et l’identité de chacun des trois éditeurs
  • Les conditions d’exécution des services ne peuvent que s’améliorer …. Tout du moins je l’espère et cela irait dans le sens des clients que nous sommes

Microsoft Online vs Google Apps : chronologie d’une année mouvementée

Impossible de passer à côté, Office 365 vient de vivre des premières semaines assez mouvementées.

« Where Microsoft Office meets the Cloud », « Any business, any size ». Comme un écho faisant référence à l’année 2010, Microsoft est « All In » sur le Cloud. La firme de Redmond a peut-être (trop ?) tardé à s’investir dans le Cloud, mais il est clair que la machine en marche.

Cible principale de Microsoft, Google n’a pas non plus tardé à allumer des feux de barrage et à sortir cartouches sur cartouches. Liste non-exhaustive d’événements se déroulant sur les douze derniers mois.

12/07/10 Next Generation BPOS Annonce du futur Office 365.Depuis le début 2010 et l’offre BPOS Standard (= multi-tenant), Microsoft dévoile son nouvel amour pour le Cloud.
23/08/10 Microsoft BPOS (Online Services) outage Last but not least.
Premier crash majeur (2 heures) pour BPOS dans sa version multi-tenant. Le service commencerait-il déjà à devenir instable ?
08/09/10 Meeting Your – And Our Own – Expectations Explications officielles des événements des dernières semaines : il s’agirait de problèmes survenus lors de la mise à jour d’un réseau « nouvelle génération ».La solution mise en œuvre a elle aussi eu un impact sur le service les 3 et 7 Septembre.
27/09/10 Introducing the Microsoft Online Service Health Dashboard Microsoft inaugure son système de supervision de santé des services BPOS.A noter que, ce dernier n’étant pas publique, Google s’en fera rapidement l’écho.
18/10/10 Goodbye cloud? Chief software architect Ray Ozzie to depart Microsoft Annonce du départ de Ray Ozzie, le « Chief Software Architect » et grand ordonnateur de la stratégie Cloud de Microsoft.
19/10/10 Microsoft Cloud 2.0, This Time With Office Microsoft dévoile « Office 365 »
28/10/10 Dawn of a New Day Avant de quitter Microsoft, Ray Ozzie offre à Microsoft une stratégie Cloud sur 5 ans pour Microsoft.Visionnaire en 1984, en 2005, Ozzie le sera-t-il encore aujourd’hui ?
01/12/10 GSA Becomes First Federal Agency to Move Email to the Cloud Agencywide Google bat Microsoft sur la conquête de la General Services Administration (GSA), validant par la même la certification FISMA de ses Google Apps.
09/12/10 Bringing Gmail’s reliability to Microsoft Exchange Annonce de Google Message Continuity (sic !) permettant, je cite, « d’assurer une continuité de services aux utilisateurs durant un crash de Microsoft Exchange ».
14/01/11 Google Apps contracts promise no ‘scheduled downtime’ Fut état des excellents résultats de disponibilités de Google Apps, la firme de Mountain View supprime de ses SLA les périodes de maintenances.Initialement Google Apps incluait également les périodes d’inactivités de moins de 10 minutes.
23/02/11 Google Apps Certification Program launches Lancement d’un programme de certification professionnelle pour Google Apps.
24/02/11 Teach your old docs new tricks with Google Cloud Connect for Microsoft Office Annonce de Google Cloud Connect, un add-on Office permettant de synchroniser ses documents MS Office sur le Cloud via Google Docs.A noter que cet add-on ne permet pas de lire les documents nativement créé sous Google Docs et inversement.
11/04/11 Google’s misleading security claims to the government raise serious questions David Howard, VP Microsoft, charge Google de mentir quant à l’obtention de la certification FISMA pour sa suite « Google Apps for Government »
13/04/11 The truth about Google Apps and FISMA Réponse du berger à la bergère sur le blog de Google Enterprise.
18/04/11 Office 365 is « Ready for Work » Annonce de la beta publique d’Office 365.
20/04/11 BPOS-Federal & FISMA Annonce de l’attribution de la certification FISMA pour BPOS-Federal
26/04/11 Helping small businesses start and manage Google Apps for Business Modification des conditions de l’offre gratuite de Google Apps for Business. Dorénavant il va falloir sortir son porte-monnaie au-delà de 10 utilisateurs.
Pour information, la version gratuite de Google Apps était initialement fixée à 200 utilisateurs pour arriver aujourd’hui à 10 (en seulement 2 ans).
28/04/11 Plan for your Office 365 transition La transition de BPOS vers Office 365 se fera automatiquement … mais nécessite quelques petites préparations (« few things »)
12/05/11 Update On BPOS-Standard Email Issues Un énième crash majeur pour BPOS. Achevez la bête, elle n’en peut plus
27/06/11 365 reasons to consider Google Apps En réaction de la cérémonie de lancement d’Office 365, Google nous gratifie de « 365 raisons de considérer Google Apps ».
28/06/11 Evénement de lancement d’Office 365 par Steve Balmer Lancement d’Office 365 par Steve Balmer.
28/06/11 Microsoft admits Patriot Act can access EU-based cloud data Gordon Frazer, Microsoft Director de Microsoft UK, fait le point sur le Patriot Act vis-à-vis des sociétés US.
03/07/11 Microsoft Plans to Add Dynamics CRM Online to Office 365 Office 365 se verra bientôt dotée du CRM maison, Dynamics, dans sa version Online.
04/07/11 Office 365 : les clients BPOS devront attendre pour migrer La migration vers Office 365 est pour l’instant réservée à quelques rares clients triés sur le volet. Les autres devront attendre …
05/07/11 Microsoft Gave Customer $250,000 To Choose Office 365 Over Google Apps Une université dévoile accidentellement que Microsoft leur a versé 250.000 $ pour passer de Lotus Domino (On-Premise) vers Office 365.Microsoft étant en compétition avec Google sur cette affaire.
10/07/11 Pour y voir clair : Office 365 vs Google Apps Louis Naugès, Fondateur de Revevol, charge Office 365 comme n’étant pas multi-tenant (en autres choses).
15/07/11 Microsoft Project and Visio Will Come to Office 365 Les Office Web Apps d’Office 365 accueilleront bientôt, à l’instar de la version sur site, la prise en charge de fichiers MS Project et Visio.
18/07/11 Offensive de charme de Google en France Google intensifie sa conquête du marché français (l’un de ses plus lucratif) et acquiert des bureaux de 10.000 m² en plein Paris.

Bien évidemment certains de ces événements ne sont pas directement liés, mais je me plais à croire qu’ils puissent réellement l’être.

A suivre …

Suites collaboratives SaaS et navigateurs supportés

Besoin de modernité

Le déclin d’IE 6, le grand satan du Web standardisé, est en marche.

Depuis la décision de Google, début 2010, d’arrêter de supporter le navigateur de Microsoft, la tendance s’est fortement accentuée. Pour le grand public c’est une certitude (voir statistiques StatCounter ci-dessous), mais quand est-il réellement dans le monde de l’entreprise ? On peut facilement imaginer des chiffres de 30 à 50% d’adoption (!), cela a de quoi laisser songeur …

Microsoft a officiellement arrêté de supporter Internet Explorer 6 en Juillet 2010. Néanmoins, tout n’est pas très clair sur le sujet, le cas des Service Pack pouvant faire office de rallonge du support, ce qui arrange bien les nombreux clients utilisant encore IE6.

A côté de ça, Microsoft a pris à son compte la vague initiée par Google en lançant plusieurs messages forts. Parmi ceux-ci, la décision plutôt courageuse de rendre SharePoint 2010 non-compatible avec IE6. Bien évidemment lorsque l’on aborde l’implémentation de SharePoint dans une entreprise, il n’est pas rare de voir le problème IE6 ressurgir très rapidement, pour le meilleur et comme pour le pire.

Ci-contre quelques ressources sur le sujet :

IE6

 

L’épée de Damoclès

Microsoft n’en est pas resté là, et continue sur sa lancé avec le IE6 Coutdown. La ligne est claire, IE6 est mort, il va falloir s’y faire …

Pour une entreprise, quelle que soit sa taille, migrer une application aussi centrale que peut l’être un navigateur Internet n’est malgré tout pas un sujet anodin. Nombre d’applications métier « custom » et de versions ancestrales de solutions tierces sont des freins réels à la migration. On pourrait également s’amuser du parallèle avec Windows XP, encore majoritaire en entreprise (l’un étant packagé dans l’autre).

Qu’en est-il réellement ? Et bien, force est de constater que l’implication de plus en plus importante des éditeurs dans des solutions Web n’y est pas étrangère. Pour eux aussi, se trainer un existant d’une quinzaine d’années a un coût, et le boom des solutions SaaS, des réseaux sociaux, du mobile et autres HTML 5 oblige à prendre des solutions radicales.

Cet état de fait a pour but de pousser les entreprises à considérer le changement. A terme, on risque de donc voir se banaliser des solutions de virtualisation applicative permettant de contourner le problème (App-V / Sofgrid chez Microsoft, l’incontournable Citrix, etc.). A moins que le business ne se tourne vers une autre solution tel qu’UniBrows.

Navigateur et Social Business

Dans la guerre opposant Google Apps, Office 365 ou LotusLive (mon focus s’arrêtera sur ces trois-là) chacun essaye de tirer la couverture sur soi. Et autant être clair tout de suite, aucune des trois solutions ne sort clairement du lot, chacun trainant ses avantages et inconvénients, à l’instar de n’importe quel produit (sic).

Quelle place peut néanmoins avoir le navigateur dans une telle bataille ? Déjà, concentrons-nous sur les navigateurs supportés officiellement par les trois solutions :

En résulte le schéma qui suit. Quelques précisions sur ce dernier :

  • J’ai volontairement exclu BPOS de la liste, même si Office 365 est encore en version Beta
  • La compatibilité des fonctionnalités est souvent diverses. Par exemple Gmail supporte IE 5.5 là où Calendar et surtout Docs sont plus limités. Je n’ai pas pris en compte les limitations nécessaires pour les administrateurs (ce qui m’importe reste l’utilisateur final)
  • Je me base sur Windows côté OS, et Mac pour Safari uniquement. Les fonctionnalités diffèrent également suivant le niveau de l’OS (Service Pack), je n’en ai pas tenu rigueur (le schéma aurait été illisible)
  • Je n’ai pas pris en compte Opera, IE 9 et Firefox 4
  • Je n’ai pas pris en compte les versions de Java, ni les paramètres de sécurité nécessaires

Deux remarques s’imposent rapidement :

  • Google et Microsoft suivent leur ligne directrice: IE 6 est persona non grata, l’inverse aurait été étonnant
  • LotusLive est le seul produit supportant IE 6, mais se permet le luxe de ne pas supporter Chrome

Pour conclure, je dirais que Google me paraissait obligé d’écarter rapidement IE 6 (son ADN l’impose). Microsoft ne l’était pas, mais à préféré renié son propre monstre. C’est courageux, facile mais pas sans impacts. IBM joue la carte de la sécurité (le non-support de Chrome ne me parait pas problématique en l’état). Mais si la vision d’un navigateur unique -qu’il faille le migrer ou non- peut paraître viable à l’interne, elle me parait tomber en morceaux lorsque l’on aborde la carte de l’ouverture (la collaboration ne se limite pas à la seule messagerie).

Dans un écosystème où l’entreprise se doit de collaborer efficacement, s’affranchir d’un pourcentage non-négligeable d’acteurs peut s’avérer problématique. Imaginez-vous demander à votre client de migrer son navigateur pour utiliser un service (qui en plus de cela, risque de s’avérer payant). Imposer les vision d’éditeurs à un tiers est quelque chose d’extrêmement préjudiciable, voir même complètement inenvisageable (politiques de groupe).

La guerre des navigateurs promet d’être un argument de poids, un prérequis fort et risque de voir l’affrontement tradition/modernité se dessiner. Il semble intéressant de voir comment les roadmaps des différentes acteurs SaaS (et pas seulement ceux cités ci-dessus) s’adapterons à cet état de fait, et comment l’évolution et la mort annoncée d’IE 6 suivra son court.

Encore un sujet qui n’en fini plus de sentir le soufre.