Le navigateur web, une application parmi les autres

Nous vivons aujourd’hui dans un monde mobile. Et si depuis quelques années, les applications mobiles étaient souvent considérées comme annexes et complémentaires, elles prennent aujourd’hui massivement le pas sur la pratique d’une informatique classique, principalement concentré autour de l’ordinateur personnel et le navigateur, reléguant les sites web classiques et autres applications bureau au second rang.

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Aujourd’hui, tous les plus grands acteurs, Facebook, LinkedIn, Google et bien d’autres, s’embarquent dans une stratégie mobile globale et prioritaire. Mobile First est aujourd’hui le mot d’ordre des acteurs du Web.

Et si l’intensification de l’utilisation du web mobile se fait de plus en plus pressante, couplé aux ventes de périphériques mobiles, connectés et portables, nous ne serions pas loin de voir d’ici là des stratégies totalement et uniquement dédiées au mobile. Car pourquoi se poser la question d’une application web classique si 85% du temps passé est généré par la mobilité ?
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Demain nous pourrions donc voir des stratégies Mobile Only, entraînant indirectement l’hégémonie des navigateurs Web comme porte d’entrée privilégiée du Web. Ces derniers deviendront  de simples applications parmi les autres, un moyen d’accès non différencié à un Internet devenu ubiquitaire.

Office pour iPad … trop beau pour être vrai ?

Microsoft ose, en proposant gratuitement Office sur iPad (et sur Android), jouer la carte de sa propre survie. Mais l’euphorie de l’annonce ne résiste pas à l’analyse qui suit.

  1. Oui, Office est gratuit. Pas pour les raisons qui s’imposent (proposer un équivalent à la concurrence), mais surtout pour ne pas laisser Apple profiter des bénéfices qu’ils pourraient générer via l’AppStore (Office demeure un best-seller mondial).
  2. Un « vrai » Office sur iOS ? OK mais seulement pour la consultation. La création / édition à titre professionnel n’est possible qu’avec un compte Office 365 payant (alors que cela est possible gratuitement sur Android !)
  3. Pourquoi donc ? Pour ne pas tuer l’indissociable couple Windows/Office et affaiblir ses tablettes Surface (l’absence d’Office est un argument massue du marketing de Microsoft)
  4. Un Office gratuit sur iPad l’est aussi sur Android. L’OS de Google ne perçant pas sur le marché des tablettes, Microsoft n’a ici pas la pression de voir son hégémonie s’éroder. N’oublions pas non plus la sortie d’Office Online, qui associé  à OneDrive est une parade efficace à la stratégie de Google en la matière … sauf à regarder du côté de Chrome, mais c’est un autre sujet

Bref, Microsoft fait un petit pas en avant mais reste encore hésitant. Il ne tranche pas sur la question de fond, à savoir son hésitation entre conservatisme et innovation. Ils s’essayent à ne pas trop subir mais l’artifice tient plus du marketing qu’autre chose. Un consensus qui ne joue pas à leur faveur mais démontre encore la faiblesse du positionnement de la firme.