BYOD, un problème plus philosophique que technique

The cultural shift isn’t a technical issue but a philosophical one.

The CIOs I talk to who are struggling with BYOD, they are not struggling with BYOD; they are struggling with philosophical issuesThey’re still in old-school command-and-control mindset; lock everything down, it’s got to be on an audited and approved equipment list.

Those CIOs are going to have a tough time being relevant because they are going to have shadow IT. As CMO, if the CIO says no to a request of mine, I’m going to hire an app developer and buy the equipment on my own budget. I’ll just create my own IT organisation. »

Le cheval de Troie qu’est le Bring Your Own Device (BYOD) impacte toutes les organisations (y compris la vôtre, si vous doutez encore). Le mouvement est incontrôlable, et est souvent confondu avec COPE (Corporate Owned Personaly Enabled) qui en est l’antithèse. Si vous souhaitez néanmoins mettre en place du COPE, et fournir des terminaux à vos collaborateurs, ayez le luxe de proposer un choix infini, sous peine de voir votre politique sombrer sous le poids du  BYOD.

Quelques rappels. Un français sur trois possède un téléphone connecté à Internet, les tablettes représentent 10% du trafic mondial, la frontière digitale qui séparait nos vies privées et professionnelles est de moins en moins tangible. Et comme le révèle une récente étude, nous sommes obsédés par nos appareils. Le nombre d’objets connectés allant crescendo, nous ne devrions bientôt plus nous poser la question de l’hyper-connectivité.

Aujourd’hui les téléphones, la domotique. Demain une montre, des lunettes, des chaussures, etc. l’objet intelligent et connecté devenant, au fur et à mesure, normatif. Bien évidemment, certains se poseront toujours les mauvaises questions. Nous naviguerons sans doute de mode en mode, du Bring Your Own Glass (!) à je ne sais quoi. Au final, les valeurs d’ouverture, de transparence et l’innovation auront toujours le dessus. Et si l’aspect sécuritaire vous intéresse, sachez que les utilisateurs s’inquiètent plus de la perte de leurs propres données, que celles de votre entreprise.

Comment considérer le problème ? En acceptant le paradigme et ne plus considérer le BYOD comme un problème technique.

Une hyperconnectivité normative ?

Lorsqu’on aborde la question de l’utilisation des terminaux mobiles personnels dans un contexte professionnel (Bring Your Own Device – BYOD), deux avis s’opposent.

D’un côté ceux qui, hyperconnectés, ne voient pas d’un mauvais œil de pouvoir utiliser leurs outils professionnels avec leurs propres appareils (ils l’appellent souvent de leurs vœux). Et de l’autre, ceux qui pointent du doigt la dangereuse évaporation d’une division vie privée / vie professionnelle, voir un moyen pour leur employeur de les espionner sans parler des soucis de sécurité que cela peut soulever.

Je n’entrerai pas les détails de ce débat. Chacun, de mon point de vue, doit pouvoir agir de la manière dont il le souhaite même si, en étant tout à fait honnête, un tel cadre me parait difficilement tenable du moment que l’entreprise le propose (nous verrons plus loin pourquoi).

Une caractéristique normative

Nous vivons dans un contexte où la mobilité fait d’ores et déjà partie de notre quotidien. Et si le débat du BYOD est plus que d’actualité, on peut nuancer le « cliché » en disant que l’opposition productivité / vie privée est plutôt saine et se résoudra dans un futur propre.

L’évolution du travailleur, couplé à l’émergence d’une génération entière de salariés hyperconnectés (la fameuse Génération Y), risque fortement d’impacter les caractéristiques des profils que pourront rechercher les entreprises.

Et à croire ce que l’on constate sur le terrain, le principe est même déjà d’actualité. Les recruteurs commencent à envahir les réseaux sociaux professionnels tels LinkedIn ou Viadeo. Certains métiers ont accès à des plateformes ayant la faveur des recruteurs comme GitHub pour les développeurs ou Dribbble pour les créatifs. Certaines applications Facebook sont destinées à chasser directement les talents sur une application initialement réservée à la sphère privée.

Dans un contexte de guerre des talents, l’hyperconnectivité va-t-elle devenir une norme, une caractéristique recherchée ?

Un refus intenable

L’hyperconnectivité est le reflet de l’accès aux nouvelles technologies émergentes par le grand public. Depuis quelques années, l’entreprise est à la traine sur les nouvelles technologies et pendant que les usages privés évoluent, le monde professionnel stagne. D’où une incompatibilité que le BYOD promet indirectement de combler en alliant mobilité, ubiquité et disponibilité. Le parfait écho du travailleur nomade : pouvoir utiliser n’importe quel mobile (et plus particulièrement le sien), n’importe où du moment que cela passe par Internet et n’importe quand.

L’envie est donc motrice dans ce sujet, une question d’offre et de demande. Et face à la cela, le bouclier de la vie privée est un garde-fou qu’il est impératif de prendre en compte. Bien évidemment, dans un tel contexte un refus total est quasi intenable. Peut-on se prévenir de l’utilisation d’outils mobiles dans une entreprise ? Cela parait être mission impossible, la position se voulant liée à la notion de liberté.

La nature a, dit-on, horreur du vide.

L’émergence du travailleur nomade

Mais mon analyse m’amène tout simplement à me poser la question de l’adaptation de ceux qui refusent toute évolution. Que vont devenir ces cadres et employés voulant absolument dissocier vie privée et vie professionnelle ? L’évolution de l’outil de travail, fondation de la relation employé / employeur, amène actuellement son lot de questions liées au juridique, aux ressources humaines, à l’informatique mais rarement celui du travail en lui-même et à la perception que nous pouvons tous avoir de celui-ci.

Car passé la phase du questionnement, les entreprises évolueront-elle si facilement vers un mode de travail plus nomade ? On peut se poser la question car là où le problème étant relativement localisé lorsqu’il ne s’agissait que de quelques cadres, il risque de devenir beaucoup complexe à gérer du moment où chaque employé se verra impliqué dans une telle démarche. Qui plus est si l’hyperconnectivité devient normative.