Le RSE traditionnel est-il déjà mort ?

Je lisais dernièrement l’article de Frédéric Charles qui traitait du « Graal de collaboration » : une plateforme convergente. Qu’en penser réellement ?

Remplacer le mail par une plateforme collaborative ? Tout le monde fait cela depuis 10 ans. Les outils sont connus, les effets également. C’est donc un sujet qui n’est (presque) plus à débattre.

Intégrer cette plateforme à l’email et inversement ? Cela fait sens, tous vont s’y engouffrer. Pourquoi ? Pour créer des plateformes uniques, verticales et bien évidemment faire évoluer les usages (créant par la même un cercle vertueux alimentant le commerce de ces mêmes solutions).

Qui a raison, qui a tort ?

Mais dans cette foire d’empoigne, quel est l’acteur qui détient en son sein la plus grande part de vérité ? Ma réponse est simple. Les vainqueurs de cette grande bataille seront ceux qui concentreront la majeure partie du social graph mondial.

The social graph in the Internet context is a sociogram, a graph that depicts personal relations of internet users. It has been referred to as « the global mapping of everybody and how they’re related »

Imaginez-vous une carte des interactions humaines sur la toile. Sur quelles plateformes ces dernières se concentrent-elles le plus ?

La terre entière s’y trouve déjà regroupée, et si le RSE a pour vocation de centraliser, on s’essayera à y intégrer la totalité des parties prenantes de l’entreprise avant tout (vos fournisseurs, vos clients, vos employés, vos partenaires, vos prestataires, etc.). Centraliser les savoirs de l’entreprise, au travers de nombreuses fonctionnalités, mais également s’ouvrir au monde.

Donc côté grandes manoeuvres, regarder du côté de Google, Facebook ou LinkedIn me parait plus sensé que de parier sur IBM ou Microsoft. Cela me coûte de le dire, étant donné mon attachement à ces deux éditeurs historiques (je ne parle même pas des autres …), mais ils ont indirectement raté la bataille qui se jouait en toile de fond. Celle du Web social.

Car si le Graph Social se développe à vitesse grand V, cette croissance se réalise aujourd’hui en dehors de la sphère des réseaux sociaux traditionnels. Voilà pourquoi ces géants historiques sont donc condamnés à nous vendre de jolies coquilles vides. Vides d’utilisateurs, vide d’échanges, vide de sens.

Le principal souci du réseau social d’entreprise traditionnel est d’être surtout perçu comme n’étant qu’un couteau suisse. Je pense qu’il faut arrêter de voir le RSE comme un outil n’ayant qu’une vocation professionnelle. Les entreprises doivent dompter et intégrer le Web Social. Et c’est à ce moment précis que les autoroutes du Web que peuvent être Facebook, Google ou Twitter nous apparaissent différemment.

Cliniquement mort

Le RSE traditionnel ne peut que partiellement consommer ces autoroutes. Au mieux il les intégrera partiellement. Mais quid des usages ?

Une personne partage un article sur Twitter. Si je souhaite le commenter, voir le relayer, où va-t-il falloir réaliser cette action ? Sur la plateforme d’origine, ou dans mon RSE interne ?

Je publie un article sur un blog interne. Si cela n’enfreint pas les règles de mon entreprise, ne pourrais-je pas le publier sur un blog externe ? (comme l’est par exemple ce blog).

Cela pose indirectement la question de l’engagement. Alors que tout se passe à l’extérieur de l’entreprise, les RSE traditionnels nous enferment. Car le RSE n’est qu’un alliage de deux choses, à savoir le moteur relationnel et les outils collaboratifs. Et c’est ici que le RSE historique, promis à devenir l’outil de travail unique, s’enferme sur lui-même.

LinkedIn va bientôt lancer son propre réseau social d’entreprise. Facebook fait déjà dans la messagerie personnelle, héberge certaines universités et pourrait tout à fait s’intéresser au monde de l’entreprise. Google risque d’aller très loin à l’intégration de ses Apps dans son réseau social Google+.

Et c’est ici que je boucle sur le sujet des éditeurs historiques. Le RSE comme il existe aujourd’hui va disparaître au profit d’atriums numériques, directement intégrés au coeur des principaux acteurs du Web Social.

Messagerie d’entreprise, et pourquoi pas Google ?

J’avais déployé il y a de cela 1 an des montagnes d’arguments comparatifs entre les solutions de messagerie dominantes du marché (celles de Google, IBM et Microsoft) s’appuyant sur les attentes des utilisateurs, à savoir sécurité, fonctionnalités, confidentialité, vision, etc. Bref toutes les peurs communes rapport aux solutions Cloud, mais c’est bien la performance qui était à l’honneur. Et à l’époque de cette étude, les solutions de Google étaient déjà au-dessus du lot sur tous les points.

Depuis tout ce temps, il n’y a plus à contester l’existence du géant de Mountain View dans le domaine de la messagerie. Il est même devenu un acteur incontournable. De nombreuses entreprises, et pas les plus petites, migrent vers Google et la tendance devrait s’accentuer en 2013. Reste bien évidemment une réserve non négligeable d’entreprises qui conservent leur messagerie en interne -pour des raisons que ne pourrions tout à fait débattre- principalement sur des solutions Microsoft, IBM ou bien encore Zimbra.

Sur son propre terrain, un seul concurrent réellement compétitif fait face à Google et son GMail : Microsoft. Ce dernier s’essaye à rattraper le temps perdu et peut compter sur son image de marque, son influence dans la sphère entreprise et son parc établi. Car si l’ère post-Microsoft est d’actualité, le Cloud est un rouleau compresseur qui va dans le sens d’une évolution toute naturelle. Le prix et la performance auront raison de la plupart des infrastructures privées, et les logiciels passeront également sous le spectre de la comparaison.

Mais pour être tout à fait clair, la bataille se joue du côté des utilisateurs et du grand public. Et sur ce terrain Google gagne du terrain, aidé par une pléiade de produits tels Android ou bien encore Chrome.

One account to rule them all

Revenons à nos moutons. Pourquoi préférer une solution plutôt qu’une autre ? Google, Microsoft, IBM, … ?

Même s’ils ont un intérêt évidemment réel, il y a un et un seul aspect qui devrait aujourd’hui nous intéresser : l’interopérabilité. Comme je l’expliquais à propos du Réseau Social d’Entreprise, une application qui ne peut communiquer, ne peut donc s’intégrer avec d’autres applications et agit littéralement en aveugle. Et côté interopérabilité , Google est le roi incontesté. Une startup se créée ? vous pouvez parier qu’elle se posera la question de son intégration native avec Google.

Pourquoi ? Pensez grand public. Une grande partie des utilisateurs utilisent déjà Google pour la recherche, ont un smartphone Android, un compte  YouTube. Le seul service qui pourrait aujourd’hui tenir la comparaison est Facebook. Mais le réseau social n’est pas un acteur de la sphère professionnelle collaborative, ce qui limite drastiquement son impact sur l’écosystème des applications d’entreprise.

Google peut donc être considéré comme le choix du roi (nous pourrions parler du bien fondé et de son emprise sur le Web mais ce n’est pas le sujet de l’article). Il vous ouvre un champ des possibles qu’aucun autre acteur ne peut vous fournir, une autre option pourrait même paraître étonnante. Pourquoi donc se priver de choisir la solution offrant le plus de possibilités via son ouverture et sa place de choix dans la sphère Internet ? Le Web, le Cloud sont au centre de nos vies digitales, vous ne pouvez plus vous contenter de croire que votre PC est votre unique porte d’entrée sur le monde, de même que pour votre système d’information interne.

Cela fait de Google une quasi-évidence. Vous doutez de tout cela ? Regardez autour de vous …

asana

azendoo

do-salesforce

doodle

podio

producteev

sliderocket

todolist

trello

viadeo

Le voyage menant à l’entreprise connectée

Dans Get Bold, Sandy Carter nous expose la démarche mise en oeuvre par IBM pour devenir un Social Business. L’évangéliste d’IBM décrit le framework utilisé par son entreprise pour atteindre l’idéal d’une entreprise engagée, transparente et agile.

A Social Business is one that understands how to embrace social technology, use it, get value from it, and manage the risk around it.

A Social Business embeds social tools in all its processes, and for both employees and clients – the entire ecosystem.

In my experience, a leadership company explores the social techniques that really to its business with a systematic approach, by creating a bold, unique Social Business AGENDA.

social-business-agenda

Ci-contre plus de détails sur le contenu de ce Social Business AGENDA (version française).

  • Aligner objectifs et culture d’entreprise : selon Carter, il est nécessaire d’avoir une vision solide et s’intéresser à sa culture maison avant de s’engager dans l’AGENDA, sous peine d’échouer. Il est nécessaire d’avoir une culture qui favorise l’engagement et l’expérimentation (typiquement, s’affranchir des logiques types Command & Control). Ce n’est, selon elle, qu’une fois cette longue et difficile étape franchie que l’entreprise pourra s’ouvrir à l’extérieur et gagner en réputation.
  • Gagner la confiance de son réseau : l’AGENDA permet de développer son écosystème au travers la confiance qu’il pourra nous témoigner. La confiance se construit autour de l’expertise, le contenu, la transparence, l’ouverture, la réactivité, la consistance. Un manque de confiance au sein de votre entreprise est une barrière au changement d’où cette étape stratégique.
  • Engager par l’expérience : à partir des objectifs de l’entreprise et en se focalisant sur l’interaction, l’intégration et l’identification il est possible de créer une stratégie fondée sur la volonté d’accroître l’engagement de son écosystème (incluant aussi bien les employés que les clients). Cette stratégie est mouvante, aussi bien que votre culture, et doit évoluer au fil des expérimentations mises en place au fur et à mesure de votre voyage au coeur de l’AGENDA.
  • Nourrir les processus métier : donner l’autonomie nécessaire à vos processus grâce à l’utilisation de votre réseau. Il faut nourrir ces derniers de manière à permettre aux différents parties prenantes de votre entreprise de collaborer efficacement (dans certains cas, de nouveaux processus seront créés). Il est nécessaire de prendre en compte l’ensemble des processus de l’entreprise, et pas seulement le marketing, pour permettre de faire évoluer sa culture d’entreprise et y intégrer une dimension sociale (dans le sens 2.0 et médiaux sociaux, bien évidemment)
  • Définir la réputation et gérer les risques : l’AGENDA peut vouloir dire planifier le meilleur et la pire. La gestion de la réputation de l’entreprise est un concept nouveau qui prend en compte les actions des personnes sur Internet. Le but est de transformer celles qui sont négatives en articles, blogs, histoires qui elles, en plus d’être positives, apporteront de la valeur à l’entreprise (et auront un impact sur son succès). La gestion du risque veut dire se préparer au pire, être prêt à agir.
  • Analyser vos données : être conscient des métriques permettant de comprendre ses clients, leurs attentes en terme de produits et d’offres, pouvoir évaluer sa réputation et prendre la bonne décision au bon moment : voilà ce qu’analyser vos données doit vous permettre.