La fin du protocole Microsoft

J’ai fais grand cas en 2013, de l’érosion prévisible du monopole cannibale du duo Windows / Office.

  • Premièrement en opposant le dilemme protectionnisme et innovation dans lequel Microsoft  s’empêtre totalement et qui remet en cause l’hégémonie de l’utilisation des outils Office (où sont donc les versions d’Office sous iOS et Android ?). Pendant ce temps Apple et Google, Box et Dropbox proposent de quoi consommer des documents bureautique à faible coût, voir gratuitement
  • Deuxièmement en admettant qu’il existe une « convention Office« , qui ne demande qu’à se libérer du joug de Microsoft. Les mêmes acteurs cités précédemment ne sont qu’à quelques encablures de pouvoir proposer des solutions qui puisse permettre d’emprunter ce protocole convenablement (typiquement, ceci n’est qu’un problème de conversion), voir à s’en passer totalement en s’affranchissant du média « Document »
  • Troisièmement en exposant l’émergence du Cloud Personnel (et donc le Web) comme OS souverain en lieu et place de Windows. Le meilleur exemple en la matière étant Android et bien évidemment Chrome OS du même Google. « Anywhere, any time, any device »

Qu’attendre de cette situation pour 2014 ? Un revirement total paraîtrait étonnant, mais Microsoft doit s’astreindre à jouer le jeu et dominer le bal s’il ne veulent pas subir encore et encore la réalité (mais le peuvent-ils ?). Seuls les chiffres peuvent encore les perdre, car s’il est encore une manne colossale de revenus, la toute puissance du duo Windows-Office devrait continuer à s’éroder dans les années à venir.

2014 est donc un tournant, celle de la fin du protocole Microsoft. Pas la fin d’une entreprise, mais tout simplement la fin d’une évidence, d’un monopole des chiffres et d’une pensée unique. Demain, bureautique ne rimera donc plus avec Microsoft.

BYOD, un problème plus philosophique que technique

The cultural shift isn’t a technical issue but a philosophical one.

The CIOs I talk to who are struggling with BYOD, they are not struggling with BYOD; they are struggling with philosophical issuesThey’re still in old-school command-and-control mindset; lock everything down, it’s got to be on an audited and approved equipment list.

Those CIOs are going to have a tough time being relevant because they are going to have shadow IT. As CMO, if the CIO says no to a request of mine, I’m going to hire an app developer and buy the equipment on my own budget. I’ll just create my own IT organisation. »

Le cheval de Troie qu’est le Bring Your Own Device (BYOD) impacte toutes les organisations (y compris la vôtre, si vous doutez encore). Le mouvement est incontrôlable, et est souvent confondu avec COPE (Corporate Owned Personaly Enabled) qui en est l’antithèse. Si vous souhaitez néanmoins mettre en place du COPE, et fournir des terminaux à vos collaborateurs, ayez le luxe de proposer un choix infini, sous peine de voir votre politique sombrer sous le poids du  BYOD.

Quelques rappels. Un français sur trois possède un téléphone connecté à Internet, les tablettes représentent 10% du trafic mondial, la frontière digitale qui séparait nos vies privées et professionnelles est de moins en moins tangible. Et comme le révèle une récente étude, nous sommes obsédés par nos appareils. Le nombre d’objets connectés allant crescendo, nous ne devrions bientôt plus nous poser la question de l’hyper-connectivité.

Aujourd’hui les téléphones, la domotique. Demain une montre, des lunettes, des chaussures, etc. l’objet intelligent et connecté devenant, au fur et à mesure, normatif. Bien évidemment, certains se poseront toujours les mauvaises questions. Nous naviguerons sans doute de mode en mode, du Bring Your Own Glass (!) à je ne sais quoi. Au final, les valeurs d’ouverture, de transparence et l’innovation auront toujours le dessus. Et si l’aspect sécuritaire vous intéresse, sachez que les utilisateurs s’inquiètent plus de la perte de leurs propres données, que celles de votre entreprise.

Comment considérer le problème ? En acceptant le paradigme et ne plus considérer le BYOD comme un problème technique.

Le clavier fait de la résistance

À l’usage, je me suis fortement habitué à l’utilisation de mes appareils mobiles dans ce qu’ils font de mieux, à savoir celui de la consommation de contenus : jeux, musiques, documents, informations, etc. Dans tous ces usages, la tablette a totalement éclipsé l’ordinateur de ma vie numérique personnelle.

À dire vrai la navigation sur tablette est quasi optimale au point d’éclipser l’impératif besoin d’une souris comme pointer principal. Le partage est facile et simplifié. Reste un seul écueil, la production de contenu, chasse gardée de l’ordinateur et de son appendice numéro un : le clavier.

Mobilité = Productivité ?

Ce que l’on reprochait assez justement aux OS mobiles était de ne pas nous fournir nos applications professionnelles. Typiquement, un poste de travail sans un Microsoft Office est rapidement défini comme inutile dans de nombreuses organisations.

Mais l’écueil est en voie de ne plus exister. Microsoft vient de sortir un Office 2013 qui même s’il peut décevoir est taillé pour le mobile,  Google Drive et autres sont des outils plus que matures permettant de couvrir à minima 95% des usages professionnels que de tels outils peuvent nécessiter (offrant même certaines fonctionnalités que ne peuvent se targuer nos bonnes vieilles applications de bureautique).

En ce qui concerne les applications professionnelles, même combat. Le nombre d’applications spécifiques aux tablettes est en train de s’envoler et pas une application professionnelle digne de ce nom n’irait aller à l’encontre d’un marché qui crie à l’envi, la volonté d’avoir une application mobile digne de ce nom. Les développeurs mobiles allant même jusqu’à rendre une meilleure copie sur tablette, réservant des usages plus complets (et souvent moins ergonomiques) aux versions web classiques.

L’OS mobile offrirait même certains usages que ne peut se permettre un PC / Mac. Par exemple des facilités de partage, des ponts intra-applications facilités, une connectivité 3G (ça parait idiot, mais un ordinateur a encore aujourd’hui rarement un emplacement pour une carte SIM), un centre de notifications, etc. Sur nos ordinateurs il faut parfois batailler, voir abandonner même l’idée de pouvoir profiter de telles fonctions qui de mon point de vue vont rapidement devenir capitales pour tout environnement de travail se voulant productif.

Pourquoi une telle simplicité et une telle promesse ? Principalement parce que l’OS mobile cadre les développeurs. L’OS desktop complexifie, par ses possibilités infinies, son ergonomie. En un mot comme un seul, les appareils mobiles sont de plus en plus efficaces, quel que soit le contexte. Et cela facilite leur adoption et l’éclosion d’usages nouveaux.

L’ordinateur désuet ?

Que reste-t-il donc à l’ordinateur, si celui commence à perdre en efficacité ? Une souris, des fenêtres applicatives ? Tout simplement un clavier. Et oui, bien sûr, vous pouvez toujours annexer un clavier à votre tablette.

Même si je commence à m’habituer aux claviers virtuels, force est de constater que rien ne remplace un vrai clavier physique. Tout du moins pour le moment. Et dans le domaine, les choses avancent vite. Microsoft et quelques autres constructeurs ont montré quelques bribes d’ingéniosité en matière d’hybridité mobile. Un clavier rétractable pourrait être une solution, mais l’avenir nous réserva, j’imagine, quelques belles surprises.

Ce qui se dessine néanmoins, c’est une fusion vers un OS nouvelle génération. Chrome OS ou autres bureaux Cloud peuvent poser les bases d’une uniformisation. Nos applications sont aujourd’hui presque toutes disponibles via un navigateur, facilement virtualisable ou accessible en déportée lorsque cela est nécessaire. L’OS mobile se pose en chantre de l’ergonomie et le champion de consommation de contenu.

L’ordinateur n’a donc plus rien que le seul couple clavier/souris et la rapidité qu’il promet comme domaine exclusif.

L’hybridité puis la fusion

Entre temps, Microsoft signe un nouvel opus de son système d’exploitation, en la présence de Windows 8. Cet OS est à la fois desktop et mobile, marié à un matériel qui au mieux d’être innovant se voudra étonnant. Un OS de transition hybride pour des usages et une évolution du système d’exploitation vers quelque chose de nouveau.

De son côté, Apple a amorcé l’évolution en commençant par une pratique qui en aurait étonné plus d’un il y a de cela encore 5 ans, à savoir intégrer des fonctions purement mobiles à son Mac OS X avec l’apparition du Notification Center et des facilités de partage vers les réseaux sociaux.

Reste au final à imaginer une sorte de Responsive Design propre à un OS unique, s’adaptant au contexte, au matériel, au besoin. Sur ce terrain, le clavier parait aujourd’hui le seul outil résistant encore au changement. Vers quoi nous tourner ? Des solutions nées des usages développés par les claviers virtuels et autres T9, l’évolution des technologies et assistants vocaux telle que Siri, voir pourquoi pas des idées optiques ? Les ingénieurs de Google se sont déjà posé cette question dans le cadre de leur projet « Glasses », ce dernier allant jusqu’à nous envoyer des informations via de simples vibrations.

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Les interfaces vont donc évoluer, rapidement. Mais quel que soit les formes qui le substitueront ou non,  le clavier physique est aujourd’hui  le seul outil réellement apte à permettre d’évoluer dans des conditions que nous voulons optimales pour travailler.

Reste à savoir pour combien de temps encore ?

Office 2013, mais où va donc Microsoft ?

La nouvelle mouture de la suite bureautique de Microsoft vient de sortir. Parmi les habituels packs (de 139 € à 539 € pièce !) se glisse une nouvelle offre « famille » qui se base sur un modèle d’utilisation hybride, PC/Mac et Cloud/Mobile, le tout en abonnement mensuel ou annuel.

Que se cache derrière cette offre ?

  • La suite Microsoft Office Professionnelle 2013, installable sur 5 postes (à partir de Mac OS X 10.5.8 ou PC Windows 7) voir utilisable en mode virtualisé si vous n’avez pas le logiciel sur votre machine (limité à Windows 7 et 8)
  • L’accès au même Office dans le Cloud et sur mobilité … enfin pour le moment seulement sur Windows Phone (le tout, hors Publisher, Acces et OneNote)
  • Un espace de stockage SkyDrive de 20 Go
  • Et 60 minutes d’appels Skype par mois
  • Le tout à 99€ par an

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Plus que son contenu, cette offre surprend par son mode de paiement via abonnement (une première !). Mais son orientation familiale nous permet de nous poser la question suivante : faut-il acheter ce package et acquérir cet Office 2013 ?

Qu’a bien pu faire l’équipe Office en presque 3 années ? Si l’on remonte dans le temps, la version 2007 avait apporté le ruban, OpenXML et l’intégration OpenDocument / PDF. La version 2010 marquait les premiers pas de la version Web d’Office. Donc qu’en est-il de cette version 2013 ?

Bien naturellement, le logiciel de bureautique de Microsoft a évolué. Nouveau design, ergonomie adaptée au tactile, évolution d’Office Web Apps, intégration au Cloud de Microsoft (SkyDrive), possibilité d’éditer des PDF. Peut-on considérer cela comme suffisamment adapté à nos attentes ?

Et bien, c’est l’offre dont je parlais ci-dessus qui nous en apporte la réponse : Mobile et Cloud. Et sur ces deux points, Office 2013 peut décevoir.

Adopter le futur  …

Posons-nous LA question du moment. Où est donc la version iPad d’Office ? Où est donc le « vrai » Office mobile ?

Certains pensent sa sortie imminente. Si cela se trouve, elle existe même déjà, bien au chaud … mais elle ne sortira peut-être jamais. Pourquoi ? Un souci d’achat in app ? Non, comme le souligne Ars Technica, ce serait tout simplement la meilleure opportunité et la pire erreur à commettre.

Making the unique … less unique

La meilleure opportunité de mettre tout le monde d’accord en tirant parti du savoir de Microsoft en matière de bureautique, et la pire erreur en ouvrant la boite de pandore d’un Office ne tournant pas sur un PC (la version Mac existe bien, mais nous sommes loin des taux d’adoptions d’Android ou iOS). Chaque Office sur iPad vendu serait un manque à gagner pour Microsoft (moins les 30% de marge d’Apple) et autant d’utilisateurs qui se détourneraient de Windows.

Pour le second point, le nouvel Office Web Apps souffre d’une ergonomie qui l’empêche de faire bonne figure sur tablettes. En trois ans, Office Web Apps n’apporte rien de radical, rattrape au mieux son retard sur la concurrence et n’est qu’une application vivant dans l’ombre de son grand frère, solidement installé sur votre poste de travail.

Office365-Office2013

Un poste de travail qui aujourd’hui devrait, nous dit-on, rimer avec un Windows 8 s’essayant à marier PC et Mobile. Mais à force de s’essayer à faire une pierre deux coups, l’hybride ne serait-il pas devenu l’ADN de Microsoft ? Cela me fait penser à Kodak, qui avait depuis le milieu des années 70/80 tout ce qu’il fallait pour régner sur la photo numérique et qui, le cul entre deux chaises, s’était efforcé de faire le grand écart entre un futur qu’ils maîtrisaient sans doute mieux que tout le monde et un passé auquel ils s’accrochaient farouchement.

Kodak Advantix

… ou mourir

Mais n’en somme pas là. Microsoft étant loin d’être moribond.

Malgré tout, pendant ce temps, la concurrence avance ses pions. Et cela me renvoie à la place de Windows dans notre quotidien, car au fil des années, Microsoft s’est efforcé de faire de son système d’exploitation le centre de nos vies numériques.

Et Office n’en est que le bras armé. Que penser d’un Windows dans un environnement qui évolue en dehors de sa sphère d’influence ? Aujourd’hui, seul le Cloud prévaut, peu importe le moyen d’accès. Il n’y a donc pas de fatalisme à penser que nous nous réveillerons sans doute un jour dans un monde où Windows ne sera qu’une option parmi tant d’autres.

Et les entreprises dans tout cela (la chasse gardée de l’éditeur) ? Prenez une tablette qui n’a aujourd’hui pas le loisir d’avoir un Microsoft Office. Vers quoi les utilisateurs vont-ils naturellement migrer ? Une tablette Microsoft ou une solution tierce, bien évidemment. Et c’est ici que la chaîne représentée par le couple Windows/Office commence à s’effriter dangereusement. D’où cette offre étonnante dont je parlais en introduction et qui s’essaye à contrer une concurrence de plus en plus offensive.

Faut-il y voir un signe avant-coureur ? Seul l’avenir nous le dira.

Protectionnisme contre innovation

Microsoft est aujourd’hui un géant. Son business lui rapporte plus de 70 milliards de dollars (dont un tiers pour la seule division Office), et comme disait Louis Gerstner à propos d’IBM, il est finalement difficile de faire danser un éléphant. Microsoft a sans doute déjà les armes pour gagner la bataille, mais a également pour mission de défendre son territoire et son trésor de guerre, quitte à devoir surréagir en urgence. Et c’est ici que les acquisitions que sont Yammer et Skype peuvent devenir salutaires, en s’imprégnant d’une culture différente et en allant là où les utilisateurs sont et vont.

“Is every Office document a website? It’s possible”

Les hommes de Balmer vont donc certainement patienter et sonder le marché grâce à leur triptyque Surface / Windows 8 / Office 2013. Ce triumvirat doit s’imposer pour imaginer remonter une pente qui commence à devenir dangereusement glissante. La survie de la firme, où tout du moins son « aura », en dépend (même si le spectre d’un Microsoft omniprésent a toujours la peau dure).

Entre-temps, certains acteurs continuent à s’affranchir d’une logique physique. D’autres créés ce qui pourraient être les futurs vainqueurs d’un jeu qui risque d’être passionnant. Autant d’éléments qui remettent en cause la place du PC comme nous le connaissons, pointant du doigt la question que pose le facteur de forme … et donc s’en détacher petit à petit. Car à bien y réfléchir, Windows est une surcouche plus ou moins utile qui s’intercale entre l’utilisateur et son navigateur Internet.

Demain, nous devrions donc nous affranchir de toujours penser Windows / Office. Ce duo n’est aujourd’hui à notre disposition que pour consommer nos données et est finalement condamné à redevenir ce qu’il est : un outil.

L’avénement du Bring Your Own Cloud

Nous sommes tous confrontés au phénomène du Bring Your Own Cloud. L’idée ? À l’image du Bring Your Own Device (BYOD), le BYOC constitue la tendance des employés à utiliser leur environnement Cloud personnel dans leur contexte professionnel.

Petit rappel, rappelons-nous que le nombre d’objets connectés est en train de croitre, et que la tendance ne devrait pas s’infléchir.

Global Connected Devices

Dans le cas de l’utilisation de logiciels / applications Web on parlera de Bring Your Own Application (BYOA) et très souvent d’outils de communication ou de collaboration du type Google Apps, Skype, Evernote, iCloud, Dropbox, Skydrive, etc. Ces applications se déploient à une telle croissance qu’elles sont en train de redéfinir le modèle dominant du monde du logiciel.

Ce conglomérat d’applications et de données, personnel et/ou professionnel, constitue le Personal Cloud de chaque individu. C’est la pratique de l’utilisation de ce Personal Cloud dans le cadre professionnel que l’on nomme Bring Your Own Cloud. Cet environnement est maintenant mobile, toujours à portée de main, et non plus localisé sur un ordinateur personnel.

En soit le BYOC est le dernier avatar de la consumérisation de l’informatique. Cette tendance est en train de s’étendre à l’ensemble de la sphère professionnelle, vous êtes même sans doute victime du BYOC sans le savoir. Et 2013 devrait voir le phénomène littéralement exploser !

Subir la réalité

Les entreprises subissent aujourd’hui le BYOD. Un nombre croissant de la population a un smartphone et/ou un appareil connecté dans sa poche.

Il y a aujourd’hui 60 millions de téléphones portables en France, et il est clair que le BYOD est un formidable accélérateur pour le BYOC (et inversement). Si vous êtes un DSI ou un dirigeant et que vous lisez ces lignes, soyons clairs : vous ne pourrez que très difficilement endiguer le phénomène.

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Vous pouvez vous amuser à interdire les smartphones, mais je vous souhaite bonne chance. Qu’invoquerez-vous, sorti d’éléments juridiques ou sécuritaires ?

L’interdiction est même un non-sens. Il est rare de crier à la fuite d’informations lorsque l’on parle du papier, pourtant le problème est le même. Il y a toujours eu autant d’hypocrisie sur le sujet, spécialement lorsqu’on se rend compte que nombre d’entreprises peuvent déployer des montagnes de sécurité informatique (firewall bloquant Internet, blocage des ports USB, etc.), mais qui ne s’alarme pas de choses plus communes (email utilisable sans restriction, bureaux physiques accessibles pour le premier quidam venu). Plus inquiétants, les VIP sont aujourd’hui les premiers à pratiquer le BYOD et à outrepasser leurs propres garde-fous … et l’ère post-PC incarnée par l’iPad risque fort de confirmer cette constatation.

Comprenez bien que lorsqu’une personne s’achète le dernier iPhone, il ne va pas aller l’amener à son service informatique et demander qu’on lui installe le dernier logiciel maison pour faire son travail. Non, il va tout simplement aller sur l’App Store de son mobile et télécharger l’application dont il a envie et qu’il souhaite installer à l’instant.

Que ce soit pour travailler ou non, n’entre même pas en ligne de compte, car nous parlons d’un sujet affectif (il suffit de voir le % de personnes qui dorment avec leur téléphone pour bien le comprendre). Il est fini le temps où les utilisateurs doivent s’adapter à ce qu’on leur donne, ils veulent utiliser ce qu’ils souhaitent pour être plus productifs. Qui plus est s’il s’agit souvent de leurs propres appareils.

Que faire, donc ? Accepter l’évolution qu’impose cette tendance de fond.

L’obligation de s’adapter

Le BYOC remet en cause les logiques que les services IT ont mis tant de temps à créer, et c’est ici que le mal de tête commence pour les DSI.

La mode du « Do It Yourself » leur avait déjà mis du plomb dans l’aile. Il est par exemple aujourd’hui très simple pour un manager d’outrepasser son responsable informatique, plutôt que d’attendre que son service maison daigne lui répondre, et directement acheter un service Web en ligne (quand ce n’est pas gratuit, prenez l’exemple de Yammer).

Il faut donc absolument prendre en compte le problème dans sa globalité, accepter le concept et fournir des solutions qui puissent s’adapter autant que possible à la situation. Vous trouverez ci-contre un début de réflexion sur le sujet.

  1. Il y a une apps pour ça ! Premièrement, il va falloir fournir des « Apps », et non plus un logiciel. Cela peut nécessiter de les réécrire, les virtualiser, les adapter … bref, il faut penser services et applications. Au mieux, une apps doit également exister pour les mobiles existant, mais également ceux qui vont sortir
  2. Proposer un réseau adapté et analyser son trafic. Le Web est omniscient et les demandes de plus en plus gourmandes en bande passante se généralisent, poussant nos bons vieux réseaux à bout. Faites-les évoluer pour mieux servir vos utilisateurs. Mieux vaut fournir un WiFi un tant soit peu sécurisé et optimisé que les laisser naviguer sur leurs forfaits data. Profitez-en pour analyser votre trafic, prenez connaissance de leurs usages
  3. Favoriser la culture du self-service. Vous devez adapter votre système au Web, plus que l’inverse. Laissez-vous la possibilité de tirer parti du Web et du Cloud. Si vous bloquez un service pour une raison quelconque, il vous faudra le remplacer par un service équivalent autant que possible sous peine de rejet. Soyez réactifs aux évolutions et aux nouveaux usages, car vos utilisateurs auront souvent un temps d’avance
  4. Informer et communiquer. Plus que jamais, il va falloir échanger avec vos utilisateurs. Traitez tout le monde de la même manière, du VIP à l’employé de base, chacun doit s’astreindre à des règles identiques. Contractualisez la pratique
  5. Fournir des services de sécurité. Le Web et le Cloud ne doivent pas automatiquement rimer avec insécurité. Développer une démarche Bring Your Own nécessite plus que jamais la mise en place d’éléments de sécurité extrêmement pointus. Sécurisez ce qui doit être sécurisé, et ne tombez pas dans les dérives sécuritaires encore trop en vogue

Le Bring Your Own Cloud est un mouvement global. Les utilisateurs sont aujourd’hui de plus en autonomes, de plus en plus rompues aux nouvelles technologies et aptes à adapter leurs usages à la moindre évolution. Par rebond, les appareils mobiles et les solutions Web sont en train d’envahir les entreprises.

La consumérisation de l’informatique fait qu’aujourd’hui tout le monde le pratique, l’ubiquité du Web rendant le déni impossible par les entreprises. Il faut donc intégrer le mouvement, le comprendre, faire évoluer son système d’informations, ses règles, sa manière de traiter l’information.

L’entreprise doit s’y préparer sous peine de rester à la traine et voir ses employés développer un système d’information parallèle.

Une hyperconnectivité normative ?

Lorsqu’on aborde la question de l’utilisation des terminaux mobiles personnels dans un contexte professionnel (Bring Your Own Device – BYOD), deux avis s’opposent.

D’un côté ceux qui, hyperconnectés, ne voient pas d’un mauvais œil de pouvoir utiliser leurs outils professionnels avec leurs propres appareils (ils l’appellent souvent de leurs vœux). Et de l’autre, ceux qui pointent du doigt la dangereuse évaporation d’une division vie privée / vie professionnelle, voir un moyen pour leur employeur de les espionner sans parler des soucis de sécurité que cela peut soulever.

Je n’entrerai pas les détails de ce débat. Chacun, de mon point de vue, doit pouvoir agir de la manière dont il le souhaite même si, en étant tout à fait honnête, un tel cadre me parait difficilement tenable du moment que l’entreprise le propose (nous verrons plus loin pourquoi).

Une caractéristique normative

Nous vivons dans un contexte où la mobilité fait d’ores et déjà partie de notre quotidien. Et si le débat du BYOD est plus que d’actualité, on peut nuancer le « cliché » en disant que l’opposition productivité / vie privée est plutôt saine et se résoudra dans un futur propre.

L’évolution du travailleur, couplé à l’émergence d’une génération entière de salariés hyperconnectés (la fameuse Génération Y), risque fortement d’impacter les caractéristiques des profils que pourront rechercher les entreprises.

Et à croire ce que l’on constate sur le terrain, le principe est même déjà d’actualité. Les recruteurs commencent à envahir les réseaux sociaux professionnels tels LinkedIn ou Viadeo. Certains métiers ont accès à des plateformes ayant la faveur des recruteurs comme GitHub pour les développeurs ou Dribbble pour les créatifs. Certaines applications Facebook sont destinées à chasser directement les talents sur une application initialement réservée à la sphère privée.

Dans un contexte de guerre des talents, l’hyperconnectivité va-t-elle devenir une norme, une caractéristique recherchée ?

Un refus intenable

L’hyperconnectivité est le reflet de l’accès aux nouvelles technologies émergentes par le grand public. Depuis quelques années, l’entreprise est à la traine sur les nouvelles technologies et pendant que les usages privés évoluent, le monde professionnel stagne. D’où une incompatibilité que le BYOD promet indirectement de combler en alliant mobilité, ubiquité et disponibilité. Le parfait écho du travailleur nomade : pouvoir utiliser n’importe quel mobile (et plus particulièrement le sien), n’importe où du moment que cela passe par Internet et n’importe quand.

L’envie est donc motrice dans ce sujet, une question d’offre et de demande. Et face à la cela, le bouclier de la vie privée est un garde-fou qu’il est impératif de prendre en compte. Bien évidemment, dans un tel contexte un refus total est quasi intenable. Peut-on se prévenir de l’utilisation d’outils mobiles dans une entreprise ? Cela parait être mission impossible, la position se voulant liée à la notion de liberté.

La nature a, dit-on, horreur du vide.

L’émergence du travailleur nomade

Mais mon analyse m’amène tout simplement à me poser la question de l’adaptation de ceux qui refusent toute évolution. Que vont devenir ces cadres et employés voulant absolument dissocier vie privée et vie professionnelle ? L’évolution de l’outil de travail, fondation de la relation employé / employeur, amène actuellement son lot de questions liées au juridique, aux ressources humaines, à l’informatique mais rarement celui du travail en lui-même et à la perception que nous pouvons tous avoir de celui-ci.

Car passé la phase du questionnement, les entreprises évolueront-elle si facilement vers un mode de travail plus nomade ? On peut se poser la question car là où le problème étant relativement localisé lorsqu’il ne s’agissait que de quelques cadres, il risque de devenir beaucoup complexe à gérer du moment où chaque employé se verra impliqué dans une telle démarche. Qui plus est si l’hyperconnectivité devient normative.

L’ère post-Microsoft

Fraichement arrivé chez Microsoft en 2005, Ray Ozzie (Monsieur Lotus Notes), avait alors adressé une note interne intitulée The Internet Services Disruption. Dans ce mémo, Ozzie décrivait la situation idoine dans laquelle Microsoft se trouvait à l’époque. Un rythme de livraison jamais encore atteint incluant de nouvelles versions de logiciels maison ou encore l’arrivé de la Xbox 360. Les indicateurs étaient tous au vert.

Mais Ozzie flairait que le monde et l’industrie allait prendre un virage capital.

But we bring these innovations to market at a time of great turbulence and potential change in the industry. This isn’t the first time of such great change: we’ve needed to reflect upon our core strategy and direction just about every five years. Such changes are inevitable because of the progressive and dramatic evolution of computing and communications technology, because of resultant changes in how our customers use and apply that technology, and because of the continuous emergence of competitors with new approaches and perspectives.

L’évangéliste énonce les évolutions des prochaines années, division par division, d’une manière extrêmement lucide et qui avec le recul, est d’une impressionnante précision :

  • Cloud / SaaS : La validité du modèle basé sur des services, l’impérative nécessité de fournir des services Web à bas coût (il cite Salesforce …) et redéfinir Office, en l’étendant sur et pour le Web
  • Mobile : L’ubiquité des réseaux, le boom du sans-fil et l’émergence de nouveaux périphériques nécessitant une vision sans doute transverse (l’iPhone n’arrivant que 2 ans plus tard)

What new devices might emerge if we envision hardware/software/service fusion? What new kinds of devices might be enabled by the presence of a service ?

  • Développement : La nécessité d’assurer un rythme de livraison plus rapide, utilisant des méthodes de développement adaptées et légères
  • Social : Le besoin de travailler entre division, voir à l’externe avec les partenaires de la firme

The Platform team understands developers and has deep experience in communications and storage architectures. These teams must work together, benefiting from each others’ strengths, to develop a next generation internet services platform – a platform for both internal and external innovation

  • Pro/Perso : Faire interagir les produits perso et pro, uniformiser l’expérience utilisateur
  • Market : Créer un marketplace commun à la Xbox et au PC (vous avez dit AppStore ?)

Il décrivait un monde changeant, la nécessité d’évoluer et pointait l’unique opportunité que cela pouvait représenter pour Microsoft. 5 ans plus tard, Ozzie est sur le départ et nous livre, sous forme d’épitaphe, un nouveau mémo, Dawn of a New Day.

Que s’est-il passé entre temps ? Le mantra « All In » de Microsoft est devenu une réalité, mais il annonce sans détour l’ère du post-PC et supplie Microsoft d’y foncer tête baissée

Le dur réveil

A l’aube d’une nouvelle année 2013 qui promet, Microsoft est en train de boucler l’un de ces cycles décrit par Ray Ozzie. Entre 2005 et 2013 Microsoft a réalisé son coming out sur le Cloud mais aura peut-être payé chèrement son entêtement à ne pas embraser l’inconnu.

L’hégémonie du PC est terminée

Apple Ere Post-PC

Le constat est simple. En intégrant le marché par une porte différente, Apple, Google et quelques autres acteurs ont conjointement créés un paradigme fragilisant Microsoft.

  • Il se vend plus d’iPad que de PC, les entreprises commençant même à reconsidérer l’évident choix du poste de travail sauce Microsoft
  • Windows 8 propose un OS hybride qui ne convainc personne, alors même que Windows Blue vient d’être annoncé (copiant par la même, un rythme de release qui n’est pas s’en rappeler celui d’Apple)
  • Les Windows Phone et la tablette Surface ne se vendent pas, faute à une qualité défaillante et des prix non-concurentiels
  • Les (fidèles) développeurs commencent à déserter Microsoft pour les plateformes mobiles (iOS / Android)
  • Étant donné l’émergence de nouveaux terminaux (tablettes / smartphones) et usages (Google Apps), la remise en cause de « l’évidence Office » commence à faire son chemin
  • L’érosion de produits entreprise saupoudré de hausses de prix allant jusqu’à 38% pour SharePoint 2013 !

Où va donc Microsoft ? Le constat ci-dessus devrait s’intensifier, creusant un fossé entre deux mondes bien réels. Steve Balmer en fera peut-être les frais. Comme un aveux de faiblesse, les rachats de Skype et Yammer sonnent peut-être comme l’annonce de la fin d’un âge d’or annoncé dès 2005.

Le problème de Microsoft, c’est qu’ils n’ont pas de goût, absolument aucun. Je parle au sens le plus général du terme. Ces gens-là sont incapables d’avoir des idées, ils ne cherchent pas à apporter du savoir ou du bonheur à l’humanité avec leurs produits… Alors, oui, la réussite de Microsoft m’attriste. Leur succès ne me pose pas de problème en soi. Ils l’ont plus ou moins mérité, à force d’opiniâtreté. Ce qui me désespère, c’est qu’ils font des produits de troisième zone

Touch Generation

Si les rejetons de la Génération Y souffrent de troubles de la concentration, de perte de mémoire, d’illettrisme … que peut-on imaginer pour nos futures générations ?

La tablette limite la relation au monde à ce que l’enfant en voit

Il touche l’écran au lieu de saisir l’objet, il ne le flaire pas, ne le mâchouille pas. Il n’a pas d’appréhension des trois dimensions de l’espace.

Les écrans nous introduisent à un présent éternel

L’enfant frotte la tablette, une image surgit. Il frotte, une autre arrive. En revanche, quand il tourne les pages d’un livre cartonné, il y a un avant, un pendant et un après