La société malade de gestion

Le sociologue Vincent de Gaulejac conclu son ouvrage « La société malade de gestion » de la  manière suivante.

Les paradigmes de la gestion ont été conçus pour gérer les choses. Ils ne peuvent être appliqués aux hommes sans bafouer le principe moral qui impose de traiter la personne humaine comme une fin en soi. On évoque l’importance du facteur dans l’entreprise sans s’apercevoir que le fait même de le considérer comme un « facteur » contribue à l’instrumentaliser. Repenser la gestion, c’est imaginer d’autres formes de gouvernance capables de construire des médiations entre les intérêts des actionnaires, des clients et du personnel, tout en prenant en compte le respect de l’environnement , les solidarités sociales et les aspirations les plus profondes de « l’être de l’homme ».

L’homme ne peut se laisser assimiler à une ressource de l’entreprise. Quelque chose en lui résiste inéluctablement. La pensée utilitariste participe à produire une crise symbolique. Une crise des significations et des finalités qui brouillent le sens de l’action. La « malade gestionnaire » trouve ici sa source. Elle oriente la production de richesse vers un projet d’accumulation sans limites qui détruit des pans entiers de la société. Elle confronte l’homme à un système paradoxal dans lequel richesse et bien-être s’opposent au lieu de se compléter.

Je vous invite également à regarder la conférence  ci-dessous toujours du même auteur.