SharePoint 2013 antisocial

SharePoint 2010 profitait de l’effet d’aubaine généré par MOSS 2007, confirmant définitivement le succès de Microsoft en la matière. La concurrence étant assez faible, l’éditeur peaufinait son avantage stratégique logiquement centré sur le document, lui-même généré par les produits de la firme de Redmond. Limpide !

En Beta depuis quelques mois, la version 2013 de SharePoint était à l’honneur de la SharePoint Conference 2012 de Las Vegas. Plus qu’un rituel, cette grand-messe était l’occasion de définitivement lancer la nouvelle mouture du logiciel de Microsoft.

Un cycle de vie trop convivial

En 2010, le « Social » n’était que l’embryon d’une vague désormais stratégique.  BlackBerry était encore au centre de la plupart des stratégies d’entreprise. Le Cloud ne faisait pas encore école (sauf pour ce pauvre Ray Ozzie).

3 ans plus tard, c’est désormais un océan qui sépare l’éditeur d’une réalité qui lui échappe. D’où la nécessité d’aller plus vite, plus loin. Et Microsoft l’a bien compris, en suivant un plan que je décompose en 3 étapes :

  • Rationalisation – ou comment faire la même chose en plus efficace et conforme aux standards actuels
  • Évolution – ou comment intégrer les attentes des parties prenantes de son écosystème (utilisateurs, administrateurs, développeurs, etc.)
  • Expansion – ou comment pallier aux faiblesses natives de ses produits

Un produit génétiquement 1.0

SharePoint a toujours été le parfait produit d’un modèle d’entreprise organisée en silo. Sécurité, imbrication, partage de documents, la part des échanges et de l’humain n’étant réduit qu’à quelques bribes de fonctionnalités. En cela, SharePoint 2010 apportait une vision sociale très limitée, au mieux une surcouche applicative mal pensée et moyennement fonctionnelle.

Etant adapté aux organisations et non aux hommes, il s’accommodait mal d’un monde qui lui demandait d’être ce qu’il n’est pas. Car qu’est-ce que SharePoint si ce n’est :

  • Un Framework de développement = Il suffit de voir la demande de développeurs SharePoint. On ne le perçoit pas comme un produit fini apportant une vision fonctionnelle brute. On le modèle à volonté, c’est là toute sa force
  • Des espaces/sites collaboratifs = SharePoint s’organise en poupées gigognes. On parle de sites, de sous-sites, d’héritages de fonctionnalités, d’héritage de droits. SharePoint est un produit féodal dans sa manière de fonctionner, où tout est cloisonné et contrôlable

Microsoft, malgré sa position de leader sur le marché, savait que son enfant était mal né et souffrait de maux inguérissables …

2M$ = Yammer

Et c’est là qu’entre en jeu Yammer dans la stratégie de Microsoft. Incapable d’innover, les évolutions se font maintenant à grands coups de dollars. Hier Skype, aujourd’hui Yammer, qui sera le prochain ?

Quoiqu’il en soit, le rachat et donc la fusion de 2 produits phare du domaine fait désormais office d’épouvantail. La suite de tout cela ? Dixit Jared Spataro, directeur senior de la division Office :

The first step for us in this journey is SharePoint + Yammer integration

We see the people-centric paradigm of Yammer and the more document-centric model of SharePoint as incredibly complementary – and a powerful combination

L’explication est claire, Microsoft voyant en Yammer la parfaite mariée. Reste donc à réussir l’union.

Première étape, l’intégration SharePoint + Yammer. Côté marketing d’abord, avec une baisse de prix et l’intégration commerciale au Cloud collaboratif de Microsoft. Puis fonctionnellement, avec l’intégration de Web Part et l’Open Graph de Yammer (équivalent à celui de Facebook pour ceux qui se posent la question), les nouvelles fonctions communautaires de SharePoint 2013 pouvant paraitre comme les premières étapes d’intégration de Yammer dans SharePoint Server.

Quel futur donner aux deux produits ? On s’attend logiquement à du SSO, l’articulation et la cohabitation se faisant au fur et à mesure. Car Microsoft ne peut se permettre de tuer la poule aux œufs d’or qui lui rapporte  2 milliards de $ par an. Imaginez donc le potentiel, Microsoft affirme que SharePoint est utilisé par une entreprise française sur deux (la statistique est bien évidemment à pondérer, le terme « utilisé » pouvant prêter à sourire …).

Nous avons donc d’un côté un marché et des utilisateurs qui pousseraient naturellement vers Yammer et des organisations, des responsables qui continuent à ne jurer que par SharePoint. Le statuquo devrait donc encore primer quelque temps, laissant le choix du roi à Microsoft qui pour le moment va se servir de l’expérience acquise par Yammer et ses technologies pour les intégrer à ses produits historiques.

Quoi de neuf docteur ?

Mais finalement, de quel bois est-il fait ce SharePoint 2013 ?

Comme à l’accoutumé, SharePoint reste disponible en 2 versions, toutes partageant le même cœur de produit :

  • SharePoint Foundation 2013 : version gratuite, tout du moins si vous avez un Windows Server de disponible
  • SharePoint Server 2013 : version payante, que l’on risque de retrouver disponible sous forme de CAL (à l’identique de la version 2010)

Et concernant les nouvelles capacités et fonctionnalités de SharePoint 2013 ?

  • Peu de nouveautés côté architecture. On reprend les mêmes bases et on recommence
    • Côté fonctions avancées on notera pas mal d’efforts coté BI, ECM, eDiscovery, Identity Management
    • Toujours un peu plus de WCM. Des URL plus lisibles, navigation par tag ou la possibilité d’intégrer de la vidéo plus facilement, plus de fonctions de SEO
    • La recherche évolue. FAST est totalement intégré dans SharePoint Server, remisant l’ancien moteur de recherche SharePoint au placard
    • Web Analytics devient une partie intégrante des fonctionnalités de recherche
  • Côté personnalisation on s’essaye à rendre le travail un peu plus simple pour les web designer (pour ceux qui connaissent, il y avait de quoi s’arracher les cheveux)
    • Mise à jour de l’interface utilisateur pour l’adoption de l’UI Metro que l’on dit plus facile à utiliser (je demande encore à voir)
    • Meilleur respect des standards Web
  • Une nouvelle version de l’interface pour plateformes mobiles tirant allégrement parti d’HTML5
    • Possibilité de faire du push de notifications
  • Un nouveau modèle de déploiement des fonctionnalités : les Apps
    • Accès à un store local ainsi qu’à l’Office Apps Store de Microsoft
    • Bien évidemment, pas mal de nouveautés intégrées au tout nouveau Visual Studio 2012
  • Une mise à jour des fonctions sociales
    • Un vrai mur d’activités (rapport à la version 2010 qui faisait pleurer)
    • Apparition des Communautés, un nouveau type de modèle de site centré sur les interactions de personnes (fournissant entre autre, un système de Gamification)
    • Skydrive Pro, qui remplacera du même coup SharePoint Workspace ainsi que le « My Site »
    • Évolution du micro blog, apparition d’une fonction de partage en 1 clic, etc.

Bref, rien de très révolutionnaire. On ne peut néanmoins que saluer les efforts consentis pour rendre le produit moins complexe et plus accessible.

SharePoint = Social ?

Quid du nerf de la guerre : le Social ? Nous avons vu plus haut que le rachat de Yammer pouvait facilement s’interpréter comme un aveu d’échec rapport à la nature même de SharePoint qui n’a tout simplement pas la carrure d’un vrai réseau social d’entreprise.

Je trouve que Microsoft fait preuve de lucidité. Nous avons d’un côté un produit 1.0 massivement implanté en entreprise et dont le taux d’adoption est, il faut le rappeler, en croissance. De l’autre côté, un marché qui évolue vite, très vite et des acteurs émergents qui se taillent la part du lion.

En rachetant Yammer, de même que Skype, Microsoft fait plusieurs opérations très profitables :

  • Suppression de concurrents potentiels et rentables, donc bien accueilli du côté des places de marché
  • Renforcement de son positionnement et de l’image de marque auprès de ses clients/prospects et autres cabinets d’experts, partenaires, etc.
  • Absorption de technologies innovantes au seing de ses produits historiques (ou comme vu plus haut, surement en complément)
  • Intégration d’hommes et de cultures radicalement opposées à l’esprit d’une grande corporation

En cela, le nouveau SharePoint n’est finalement pas une surprise. Comme décrit plus haut, on rationalise l’existant, on fait évoluer ce qui doit l’être et on étend le spectre fonctionnel du produit.

Bien évidemment on aurait pu souhaiter une vision beaucoup plus radicale, mais il est impossible de faire table rase du passé si facilement. En cela, les décisions prises sont donc logiques. La continuité également.

A suivre …

Microsoft Online vs Google Apps : chronologie d’une année mouvementée

Impossible de passer à côté, Office 365 vient de vivre des premières semaines assez mouvementées.

« Where Microsoft Office meets the Cloud », « Any business, any size ». Comme un écho faisant référence à l’année 2010, Microsoft est « All In » sur le Cloud. La firme de Redmond a peut-être (trop ?) tardé à s’investir dans le Cloud, mais il est clair que la machine en marche.

Cible principale de Microsoft, Google n’a pas non plus tardé à allumer des feux de barrage et à sortir cartouches sur cartouches. Liste non-exhaustive d’événements se déroulant sur les douze derniers mois.

12/07/10 Next Generation BPOS Annonce du futur Office 365.Depuis le début 2010 et l’offre BPOS Standard (= multi-tenant), Microsoft dévoile son nouvel amour pour le Cloud.
23/08/10 Microsoft BPOS (Online Services) outage Last but not least.
Premier crash majeur (2 heures) pour BPOS dans sa version multi-tenant. Le service commencerait-il déjà à devenir instable ?
08/09/10 Meeting Your – And Our Own – Expectations Explications officielles des événements des dernières semaines : il s’agirait de problèmes survenus lors de la mise à jour d’un réseau « nouvelle génération ».La solution mise en œuvre a elle aussi eu un impact sur le service les 3 et 7 Septembre.
27/09/10 Introducing the Microsoft Online Service Health Dashboard Microsoft inaugure son système de supervision de santé des services BPOS.A noter que, ce dernier n’étant pas publique, Google s’en fera rapidement l’écho.
18/10/10 Goodbye cloud? Chief software architect Ray Ozzie to depart Microsoft Annonce du départ de Ray Ozzie, le « Chief Software Architect » et grand ordonnateur de la stratégie Cloud de Microsoft.
19/10/10 Microsoft Cloud 2.0, This Time With Office Microsoft dévoile « Office 365 »
28/10/10 Dawn of a New Day Avant de quitter Microsoft, Ray Ozzie offre à Microsoft une stratégie Cloud sur 5 ans pour Microsoft.Visionnaire en 1984, en 2005, Ozzie le sera-t-il encore aujourd’hui ?
01/12/10 GSA Becomes First Federal Agency to Move Email to the Cloud Agencywide Google bat Microsoft sur la conquête de la General Services Administration (GSA), validant par la même la certification FISMA de ses Google Apps.
09/12/10 Bringing Gmail’s reliability to Microsoft Exchange Annonce de Google Message Continuity (sic !) permettant, je cite, « d’assurer une continuité de services aux utilisateurs durant un crash de Microsoft Exchange ».
14/01/11 Google Apps contracts promise no ‘scheduled downtime’ Fut état des excellents résultats de disponibilités de Google Apps, la firme de Mountain View supprime de ses SLA les périodes de maintenances.Initialement Google Apps incluait également les périodes d’inactivités de moins de 10 minutes.
23/02/11 Google Apps Certification Program launches Lancement d’un programme de certification professionnelle pour Google Apps.
24/02/11 Teach your old docs new tricks with Google Cloud Connect for Microsoft Office Annonce de Google Cloud Connect, un add-on Office permettant de synchroniser ses documents MS Office sur le Cloud via Google Docs.A noter que cet add-on ne permet pas de lire les documents nativement créé sous Google Docs et inversement.
11/04/11 Google’s misleading security claims to the government raise serious questions David Howard, VP Microsoft, charge Google de mentir quant à l’obtention de la certification FISMA pour sa suite « Google Apps for Government »
13/04/11 The truth about Google Apps and FISMA Réponse du berger à la bergère sur le blog de Google Enterprise.
18/04/11 Office 365 is « Ready for Work » Annonce de la beta publique d’Office 365.
20/04/11 BPOS-Federal & FISMA Annonce de l’attribution de la certification FISMA pour BPOS-Federal
26/04/11 Helping small businesses start and manage Google Apps for Business Modification des conditions de l’offre gratuite de Google Apps for Business. Dorénavant il va falloir sortir son porte-monnaie au-delà de 10 utilisateurs.
Pour information, la version gratuite de Google Apps était initialement fixée à 200 utilisateurs pour arriver aujourd’hui à 10 (en seulement 2 ans).
28/04/11 Plan for your Office 365 transition La transition de BPOS vers Office 365 se fera automatiquement … mais nécessite quelques petites préparations (« few things »)
12/05/11 Update On BPOS-Standard Email Issues Un énième crash majeur pour BPOS. Achevez la bête, elle n’en peut plus
27/06/11 365 reasons to consider Google Apps En réaction de la cérémonie de lancement d’Office 365, Google nous gratifie de « 365 raisons de considérer Google Apps ».
28/06/11 Evénement de lancement d’Office 365 par Steve Balmer Lancement d’Office 365 par Steve Balmer.
28/06/11 Microsoft admits Patriot Act can access EU-based cloud data Gordon Frazer, Microsoft Director de Microsoft UK, fait le point sur le Patriot Act vis-à-vis des sociétés US.
03/07/11 Microsoft Plans to Add Dynamics CRM Online to Office 365 Office 365 se verra bientôt dotée du CRM maison, Dynamics, dans sa version Online.
04/07/11 Office 365 : les clients BPOS devront attendre pour migrer La migration vers Office 365 est pour l’instant réservée à quelques rares clients triés sur le volet. Les autres devront attendre …
05/07/11 Microsoft Gave Customer $250,000 To Choose Office 365 Over Google Apps Une université dévoile accidentellement que Microsoft leur a versé 250.000 $ pour passer de Lotus Domino (On-Premise) vers Office 365.Microsoft étant en compétition avec Google sur cette affaire.
10/07/11 Pour y voir clair : Office 365 vs Google Apps Louis Naugès, Fondateur de Revevol, charge Office 365 comme n’étant pas multi-tenant (en autres choses).
15/07/11 Microsoft Project and Visio Will Come to Office 365 Les Office Web Apps d’Office 365 accueilleront bientôt, à l’instar de la version sur site, la prise en charge de fichiers MS Project et Visio.
18/07/11 Offensive de charme de Google en France Google intensifie sa conquête du marché français (l’un de ses plus lucratif) et acquiert des bureaux de 10.000 m² en plein Paris.

Bien évidemment certains de ces événements ne sont pas directement liés, mais je me plais à croire qu’ils puissent réellement l’être.

A suivre …

Tour d’horizon d’Office 365

L’ouverture de la beta publique de l’offre Cloud collaborative de Microsoft fait beaucoup parler d’elle. Tout le monde en parle, juge sur pièce, les avis vont du tout au tout, les comparaisons vont bon train.

Histoire de vous forger votre propre avis, je vous livre mon petit tour d’horizon d’Office 365.

Note : Je vous passe les formulaires de demande et de confirmation de l’inscription à la beta. Ces éléments évolueront lors de la release publique, donc autant ne pas trop s’y attarder.

Au menu d’Office 365, nous retrouverons les produits suivants :

  • Outlook pour la messagerie / agenda / contacts
  • Office avec Excel, Word, PowerPoint et OneNote
  • Lync pour le présentiel / chat
  • SharePoint pour les sites d’équipes et votre site Web

1. Accueil

A la première connexion, l’ensemble des fonctionnalités d’Office 365 se mettent en marche et se configurent automatiquement. Cela nécessite quelques minutes pour le provisioning, rien de très méchant cependant. La première approche du produit passe donc par la page d’accueil du produit.

Claire, plutôt simple, les options de démarrage permettent rapidement de se lancer dans l’utilisation. On retrouve, outre les liens vers les différentes briques communautaires (je n’en parlerai pas ici, mais l’ensemble est plutôt de bonne facture), les différences ressources « téléchargeables » nécessaires à la configuration de votre poste de travail.

2. Téléchargements complémentaires

Pas de chat intégré en mode Web, d’où l’obligation de passer par un client lourd Lync 2010 (disponible pour Windows seulement). Je me passerai donc d’évaluer celui-ci, pour me concentrer sur les produits Web.

Pour compléter l’ensemble, un second téléchargement est mis à disposition, vous permettant de rendre compatible votre PC (et accessoirement votre suite Office 2007/2010) avec Office 365.

3. Outlook

Sans surprises, on se retrouve face à une copie de l’Outlook Web App déjà disponible sous Exchange. Pas de fioritures, les fonctionnalités sont simples mais répondent parfaitement au cahier des charges.

Outlook Web App

4. Office et SharePoint

A la création de documents, aucun doute n’est permis, la brique centrale d’Office 365 est SharePoint (vous retrouverez rapidement vos marques via l’utilisation de la charte graphique par défaut de SharePoint 2010). La déclinaison des Office Web Apps de SharePoint 2010 n’offre donc également aucune réelle surprise (encore une fois, les options proposées sont issues de l’héritage des produits Microsoft).

PowerPoint Web App

Word Web App

OneNote Web App

Excel Web App

Côté SharePoint, nous retrouvons la richesse du produit. La liste des modèles est vaste (Blog, Wiki, Sites d’équipes, Recherche, Projets, etc., etc.), l’interface d’administration est complète, le produit est bien évidemment exploitable au travers de SharePoint Designer 2010. Visual Studio 2010 est également la partie (un guide du développeur a déjà été publié à cet égard).

Un site SharePoint (intitulé « Site Web ») pré-paramétré et disposant d’options de personnalisations, vous permettra de créer et publier rapidement un site exposé sur l’Internet. Je trouve l’idée plutôt bonne.

6. Conclusion (Work In Progress)

Souvent, présenter un produit multi-facettes reviens rapidement à parler de « briques». Dans le cas d’Office 365 il est clair que le terme risque de faire école, même si bien évidemment la jeunesse de l’offre excuse un peu cela …

Au final, Microsoft s’appuie logiquement sur son existant et s’essaye au SaaS en jouant la carte de la sécurité. L’offre parait, de mon point de vue, extrêmement adaptée aux entreprises déjà équipées d’environnements Microsoft et ayant la volonté de s’avancer prudemment vers le Cloud. Côté fonctionnel, le manque de transversalité entre les différents produits est handicapant (à l’instar des produits On Premises de la firme de Redmond). Rien de tout cela n’empêchera de faire d’Office 365 un outil de productivité de qualité.

Où se trouve donc sa réelle valeur ajoutée ? Eh bien, vous en tirerez les enseignements que vous voudrez, mais Microsoft continue dans la voix de l’intégration au poste de travail (déjà présente via SharePoint). A savoir, des outils Web fortement liés aux outils Office en mode « client lourd ». Pour Microsoft, le poste de travail n’est pas représenté par le navigateur mais par sa suite d’outils de productivité. Et vu la cargaison de licences vendues, l’inverse aurait été étonnant … Une philosophie qui permet à Office 365 de se démarquer de la concurrence, à défaut de s’acheter une véritable identité.

Suites collaboratives SaaS et navigateurs supportés

Besoin de modernité

Le déclin d’IE 6, le grand satan du Web standardisé, est en marche.

Depuis la décision de Google, début 2010, d’arrêter de supporter le navigateur de Microsoft, la tendance s’est fortement accentuée. Pour le grand public c’est une certitude (voir statistiques StatCounter ci-dessous), mais quand est-il réellement dans le monde de l’entreprise ? On peut facilement imaginer des chiffres de 30 à 50% d’adoption (!), cela a de quoi laisser songeur …

Microsoft a officiellement arrêté de supporter Internet Explorer 6 en Juillet 2010. Néanmoins, tout n’est pas très clair sur le sujet, le cas des Service Pack pouvant faire office de rallonge du support, ce qui arrange bien les nombreux clients utilisant encore IE6.

A côté de ça, Microsoft a pris à son compte la vague initiée par Google en lançant plusieurs messages forts. Parmi ceux-ci, la décision plutôt courageuse de rendre SharePoint 2010 non-compatible avec IE6. Bien évidemment lorsque l’on aborde l’implémentation de SharePoint dans une entreprise, il n’est pas rare de voir le problème IE6 ressurgir très rapidement, pour le meilleur et comme pour le pire.

Ci-contre quelques ressources sur le sujet :

IE6

 

L’épée de Damoclès

Microsoft n’en est pas resté là, et continue sur sa lancé avec le IE6 Coutdown. La ligne est claire, IE6 est mort, il va falloir s’y faire …

Pour une entreprise, quelle que soit sa taille, migrer une application aussi centrale que peut l’être un navigateur Internet n’est malgré tout pas un sujet anodin. Nombre d’applications métier « custom » et de versions ancestrales de solutions tierces sont des freins réels à la migration. On pourrait également s’amuser du parallèle avec Windows XP, encore majoritaire en entreprise (l’un étant packagé dans l’autre).

Qu’en est-il réellement ? Et bien, force est de constater que l’implication de plus en plus importante des éditeurs dans des solutions Web n’y est pas étrangère. Pour eux aussi, se trainer un existant d’une quinzaine d’années a un coût, et le boom des solutions SaaS, des réseaux sociaux, du mobile et autres HTML 5 oblige à prendre des solutions radicales.

Cet état de fait a pour but de pousser les entreprises à considérer le changement. A terme, on risque de donc voir se banaliser des solutions de virtualisation applicative permettant de contourner le problème (App-V / Sofgrid chez Microsoft, l’incontournable Citrix, etc.). A moins que le business ne se tourne vers une autre solution tel qu’UniBrows.

Navigateur et Social Business

Dans la guerre opposant Google Apps, Office 365 ou LotusLive (mon focus s’arrêtera sur ces trois-là) chacun essaye de tirer la couverture sur soi. Et autant être clair tout de suite, aucune des trois solutions ne sort clairement du lot, chacun trainant ses avantages et inconvénients, à l’instar de n’importe quel produit (sic).

Quelle place peut néanmoins avoir le navigateur dans une telle bataille ? Déjà, concentrons-nous sur les navigateurs supportés officiellement par les trois solutions :

En résulte le schéma qui suit. Quelques précisions sur ce dernier :

  • J’ai volontairement exclu BPOS de la liste, même si Office 365 est encore en version Beta
  • La compatibilité des fonctionnalités est souvent diverses. Par exemple Gmail supporte IE 5.5 là où Calendar et surtout Docs sont plus limités. Je n’ai pas pris en compte les limitations nécessaires pour les administrateurs (ce qui m’importe reste l’utilisateur final)
  • Je me base sur Windows côté OS, et Mac pour Safari uniquement. Les fonctionnalités diffèrent également suivant le niveau de l’OS (Service Pack), je n’en ai pas tenu rigueur (le schéma aurait été illisible)
  • Je n’ai pas pris en compte Opera, IE 9 et Firefox 4
  • Je n’ai pas pris en compte les versions de Java, ni les paramètres de sécurité nécessaires

Deux remarques s’imposent rapidement :

  • Google et Microsoft suivent leur ligne directrice: IE 6 est persona non grata, l’inverse aurait été étonnant
  • LotusLive est le seul produit supportant IE 6, mais se permet le luxe de ne pas supporter Chrome

Pour conclure, je dirais que Google me paraissait obligé d’écarter rapidement IE 6 (son ADN l’impose). Microsoft ne l’était pas, mais à préféré renié son propre monstre. C’est courageux, facile mais pas sans impacts. IBM joue la carte de la sécurité (le non-support de Chrome ne me parait pas problématique en l’état). Mais si la vision d’un navigateur unique -qu’il faille le migrer ou non- peut paraître viable à l’interne, elle me parait tomber en morceaux lorsque l’on aborde la carte de l’ouverture (la collaboration ne se limite pas à la seule messagerie).

Dans un écosystème où l’entreprise se doit de collaborer efficacement, s’affranchir d’un pourcentage non-négligeable d’acteurs peut s’avérer problématique. Imaginez-vous demander à votre client de migrer son navigateur pour utiliser un service (qui en plus de cela, risque de s’avérer payant). Imposer les vision d’éditeurs à un tiers est quelque chose d’extrêmement préjudiciable, voir même complètement inenvisageable (politiques de groupe).

La guerre des navigateurs promet d’être un argument de poids, un prérequis fort et risque de voir l’affrontement tradition/modernité se dessiner. Il semble intéressant de voir comment les roadmaps des différentes acteurs SaaS (et pas seulement ceux cités ci-dessus) s’adapterons à cet état de fait, et comment l’évolution et la mort annoncée d’IE 6 suivra son court.

Encore un sujet qui n’en fini plus de sentir le soufre.

Application de service Profil utilisateur : Erreurs 5555, 6801, 6803

J’ai constaté dernièrement toute une batterie d’erreurs dont le détail faisait directement référence à l’application de service « Profil utilisateur » (je vous fais grâce des alertes / avertissements liés) :

  • Erreur 5555 – SharePoint Portal Server : Échec lors de la tentative de synchronisation de l’application Web {Guid}, base de données de contenu {Guid}. Message de l’exception : Mcrosoft.Office.Server.UserProfiles.UserProfileApplicationNotAvailableException: Aucune application de profil utilisateur n’est disponible pour traiter la demande. Contactez l’administrateur de la batterie de serveurs
  • Erreur 6801 – FIMSynchronizationService : The extensible extension returned an unsupported error (…)
  • Erreur 6803 – FIMSynchronizationService : The management agent « MOSS-{Guid} » failed on run profile « MOSS_DELTAIMPORT_{Guid} » because the server encountered errors.

Ces erreurs sont apparement des remontées classiques d’une malfonction de l’application de service en question. Celles-ci furent générés par une manipulation assez singulière : la reconfiguration de l’URL d’accès de la Centrale d’administration.

Trois cas de figure sont possibles :

NB : Dans mon cas -histoire de compléxifier la chose- il s’agissait des 3 cas de figure combinés, à savoir passer de http://serveur:8080 à https://serveur.domain.com:9999

Il faut savoir que pour synchroniser les profils utilisateurs à partir d’un annuaire, SharePoint utilise une usine à gaz joliment nommée ForeFront Identity Manager (FIM).

Ce dernier communique avec l’application de service en consommant un WebService SharePoint (ProfileImportExportService.asmx) configuré à l’installation du produit. En l’occurence, si vous aviez une URL d’accès à votre Centrale d’administration à l’installation et que celle-ci change entre-temps, la configuration de votre ForeFront Identity Manager se trouve être fausse.

Pour palier à cette anomalie, voici les opérations à mener :

  1. Connectez-vous au serveur exécutant l’application de service de Profil utilisateur. Utilisez le compte de service lié à l’application de service (ou le cas échéant, le compte de la ferme SharePoint).
  2. Vous connecter à FIM via miisclient.exe, qui se trouve à cet emplacement (faire varier la lettre de lecteur suivant votre installation) : C:\Program Files\Microsoft Office Servers\14.0\Synchronization Service\UIShell
  3. Si miisclient.exe vous retourne une erreur à l’ouverture vérifiez les points suivants :
    • Le service de synchronisation est-il lancé ?
    • Le compte de service (le compte de la ferme) est-il bien renseigné dans les groupes d’utilisateurs locaux liés à FIM : FIMSyncBrowse, FIMSyncJoiners, FIMSyncOperators et FIMSyncPasswordSet.
  4. Une fois miisclient.exe ouvert (onglet « Operations »), vous devriez constater les multiples erreurs de synchronisation (stopped-extension-dll-exception).
  5. Cliquez sur l’onglet Management Agents puis ouvrez les propriétés de l’Extensible Connectivity (ce dernier doit logiquement être nommé de la façon suivante : MOSS-{guid}).
  6. Sous le menu Configure Connection Information vous pouvez lire en bas de la fenêtre les informations utilisées par FIM pour la sychronisation :
    • Connect to : direct://serveur:8080 à remplacer par la bonne information. Laissez le protocole « direct:// » sauf si utilisation du SSL où vous utiliserez « https:// ». Dans tous les cas indiquez l’URL + n° de port utilisés pour accéder à votre Centrale d’administration. Exemple : https://serveur.domain.com:9999
    • Compte + utilisateur de l’application de service Profil utilisateur.
  7. Relancez un import complet et constatez le succès de l’import (success). Pensez aussi, dans le cas où vous planifiez des imports incrémentiels, à superviser le bon déroulement de ces derniers.

Exam 70-631: Microsoft Windows SharePoint Services 3.0, Configuring

Suite à mon passage avec succès la certification SharePoint la plus basique qui soit, un petit conseil : évitez -comme moi- de suivre le cursus en français si vous révisez à l’aide de tests blancs en anglais. Ça parait évident mais cela m’a fait commettre ma seule erreur. Notez néanmoins que j’installe le plus souvent des systèmes traduits en français … mais le but d’une certification reste de valider vos connaissances et de l’obtenir (accessoirement hein ^^).

Au passage, Joel Oleson vient de publier un billet intéressant sur les futures certifications SharePoint 2010.

Feedback installation SharePoint 2010

Passés les premières évaluations du produit, il ne m’a pas fallu longtemps pour implémenter une plateforme SP2010 (Beta) dans un environnement autre que celui de mon labo interne. Autrement dit, voici déjà venu l’implémentation d’un pilote chez un client.

Au niveau de l’installation à proprement parler, sorti du cap des pré-requis matériels et logiciels (à base de Service Pack + Hotfix), les réflexes sont les même que ceux acquis sur MOSS 2007.

Néanmoins, nouvelle version + Beta oblige j’ai du faire face à mon lot de bugs et autres obstacles avant de pouvoir passer en mode bac-à-sable côté fonctionnel de l’application. Et plus particulièrement un problème d’authentification à la création des bases de configuration / administration. A force de recherches j’ai réussi à localiser la source du problème : http://ethan-deng.com/SharePoint2010InstallationIssues.aspx

A noter néanmoins que côté résolution de l’erreur, il nous a fallu nous connecter avec le compte d’administration SharePoint spécialement créé pour l’occasion (lequel avait les pleins pouvoirs sur l’AD) pour finaliser le déroulement de l’assistant de configuration.

Autre problème lors du changement des Alternate Access Mapping (permattant d’accéder via une URL différente que le nom propre du serveur). Ça se passe ici : http://social.technet.microsoft.com/Forums/en/sharepoint2010setup/thread/a9e6b9c2-6494-431e-a389-5d4ec79bd02e

Le reste n’est que paramétrage tout ce qu’il y a de plus classique.