La fin du protocole Microsoft

J’ai fais grand cas en 2013, de l’érosion prévisible du monopole cannibale du duo Windows / Office.

  • Premièrement en opposant le dilemme protectionnisme et innovation dans lequel Microsoft  s’empêtre totalement et qui remet en cause l’hégémonie de l’utilisation des outils Office (où sont donc les versions d’Office sous iOS et Android ?). Pendant ce temps Apple et Google, Box et Dropbox proposent de quoi consommer des documents bureautique à faible coût, voir gratuitement
  • Deuxièmement en admettant qu’il existe une « convention Office« , qui ne demande qu’à se libérer du joug de Microsoft. Les mêmes acteurs cités précédemment ne sont qu’à quelques encablures de pouvoir proposer des solutions qui puisse permettre d’emprunter ce protocole convenablement (typiquement, ceci n’est qu’un problème de conversion), voir à s’en passer totalement en s’affranchissant du média « Document »
  • Troisièmement en exposant l’émergence du Cloud Personnel (et donc le Web) comme OS souverain en lieu et place de Windows. Le meilleur exemple en la matière étant Android et bien évidemment Chrome OS du même Google. « Anywhere, any time, any device »

Qu’attendre de cette situation pour 2014 ? Un revirement total paraîtrait étonnant, mais Microsoft doit s’astreindre à jouer le jeu et dominer le bal s’il ne veulent pas subir encore et encore la réalité (mais le peuvent-ils ?). Seuls les chiffres peuvent encore les perdre, car s’il est encore une manne colossale de revenus, la toute puissance du duo Windows-Office devrait continuer à s’éroder dans les années à venir.

2014 est donc un tournant, celle de la fin du protocole Microsoft. Pas la fin d’une entreprise, mais tout simplement la fin d’une évidence, d’un monopole des chiffres et d’une pensée unique. Demain, bureautique ne rimera donc plus avec Microsoft.

L’ère post-Microsoft

Fraichement arrivé chez Microsoft en 2005, Ray Ozzie (Monsieur Lotus Notes), avait alors adressé une note interne intitulée The Internet Services Disruption. Dans ce mémo, Ozzie décrivait la situation idoine dans laquelle Microsoft se trouvait à l’époque. Un rythme de livraison jamais encore atteint incluant de nouvelles versions de logiciels maison ou encore l’arrivé de la Xbox 360. Les indicateurs étaient tous au vert.

Mais Ozzie flairait que le monde et l’industrie allait prendre un virage capital.

But we bring these innovations to market at a time of great turbulence and potential change in the industry. This isn’t the first time of such great change: we’ve needed to reflect upon our core strategy and direction just about every five years. Such changes are inevitable because of the progressive and dramatic evolution of computing and communications technology, because of resultant changes in how our customers use and apply that technology, and because of the continuous emergence of competitors with new approaches and perspectives.

L’évangéliste énonce les évolutions des prochaines années, division par division, d’une manière extrêmement lucide et qui avec le recul, est d’une impressionnante précision :

  • Cloud / SaaS : La validité du modèle basé sur des services, l’impérative nécessité de fournir des services Web à bas coût (il cite Salesforce …) et redéfinir Office, en l’étendant sur et pour le Web
  • Mobile : L’ubiquité des réseaux, le boom du sans-fil et l’émergence de nouveaux périphériques nécessitant une vision sans doute transverse (l’iPhone n’arrivant que 2 ans plus tard)

What new devices might emerge if we envision hardware/software/service fusion? What new kinds of devices might be enabled by the presence of a service ?

  • Développement : La nécessité d’assurer un rythme de livraison plus rapide, utilisant des méthodes de développement adaptées et légères
  • Social : Le besoin de travailler entre division, voir à l’externe avec les partenaires de la firme

The Platform team understands developers and has deep experience in communications and storage architectures. These teams must work together, benefiting from each others’ strengths, to develop a next generation internet services platform – a platform for both internal and external innovation

  • Pro/Perso : Faire interagir les produits perso et pro, uniformiser l’expérience utilisateur
  • Market : Créer un marketplace commun à la Xbox et au PC (vous avez dit AppStore ?)

Il décrivait un monde changeant, la nécessité d’évoluer et pointait l’unique opportunité que cela pouvait représenter pour Microsoft. 5 ans plus tard, Ozzie est sur le départ et nous livre, sous forme d’épitaphe, un nouveau mémo, Dawn of a New Day.

Que s’est-il passé entre temps ? Le mantra « All In » de Microsoft est devenu une réalité, mais il annonce sans détour l’ère du post-PC et supplie Microsoft d’y foncer tête baissée

Le dur réveil

A l’aube d’une nouvelle année 2013 qui promet, Microsoft est en train de boucler l’un de ces cycles décrit par Ray Ozzie. Entre 2005 et 2013 Microsoft a réalisé son coming out sur le Cloud mais aura peut-être payé chèrement son entêtement à ne pas embraser l’inconnu.

L’hégémonie du PC est terminée

Apple Ere Post-PC

Le constat est simple. En intégrant le marché par une porte différente, Apple, Google et quelques autres acteurs ont conjointement créés un paradigme fragilisant Microsoft.

  • Il se vend plus d’iPad que de PC, les entreprises commençant même à reconsidérer l’évident choix du poste de travail sauce Microsoft
  • Windows 8 propose un OS hybride qui ne convainc personne, alors même que Windows Blue vient d’être annoncé (copiant par la même, un rythme de release qui n’est pas s’en rappeler celui d’Apple)
  • Les Windows Phone et la tablette Surface ne se vendent pas, faute à une qualité défaillante et des prix non-concurentiels
  • Les (fidèles) développeurs commencent à déserter Microsoft pour les plateformes mobiles (iOS / Android)
  • Étant donné l’émergence de nouveaux terminaux (tablettes / smartphones) et usages (Google Apps), la remise en cause de « l’évidence Office » commence à faire son chemin
  • L’érosion de produits entreprise saupoudré de hausses de prix allant jusqu’à 38% pour SharePoint 2013 !

Où va donc Microsoft ? Le constat ci-dessus devrait s’intensifier, creusant un fossé entre deux mondes bien réels. Steve Balmer en fera peut-être les frais. Comme un aveux de faiblesse, les rachats de Skype et Yammer sonnent peut-être comme l’annonce de la fin d’un âge d’or annoncé dès 2005.

Le problème de Microsoft, c’est qu’ils n’ont pas de goût, absolument aucun. Je parle au sens le plus général du terme. Ces gens-là sont incapables d’avoir des idées, ils ne cherchent pas à apporter du savoir ou du bonheur à l’humanité avec leurs produits… Alors, oui, la réussite de Microsoft m’attriste. Leur succès ne me pose pas de problème en soi. Ils l’ont plus ou moins mérité, à force d’opiniâtreté. Ce qui me désespère, c’est qu’ils font des produits de troisième zone

Tour d’horizon d’Office 365

L’ouverture de la beta publique de l’offre Cloud collaborative de Microsoft fait beaucoup parler d’elle. Tout le monde en parle, juge sur pièce, les avis vont du tout au tout, les comparaisons vont bon train.

Histoire de vous forger votre propre avis, je vous livre mon petit tour d’horizon d’Office 365.

Note : Je vous passe les formulaires de demande et de confirmation de l’inscription à la beta. Ces éléments évolueront lors de la release publique, donc autant ne pas trop s’y attarder.

Au menu d’Office 365, nous retrouverons les produits suivants :

  • Outlook pour la messagerie / agenda / contacts
  • Office avec Excel, Word, PowerPoint et OneNote
  • Lync pour le présentiel / chat
  • SharePoint pour les sites d’équipes et votre site Web

1. Accueil

A la première connexion, l’ensemble des fonctionnalités d’Office 365 se mettent en marche et se configurent automatiquement. Cela nécessite quelques minutes pour le provisioning, rien de très méchant cependant. La première approche du produit passe donc par la page d’accueil du produit.

Claire, plutôt simple, les options de démarrage permettent rapidement de se lancer dans l’utilisation. On retrouve, outre les liens vers les différentes briques communautaires (je n’en parlerai pas ici, mais l’ensemble est plutôt de bonne facture), les différences ressources « téléchargeables » nécessaires à la configuration de votre poste de travail.

2. Téléchargements complémentaires

Pas de chat intégré en mode Web, d’où l’obligation de passer par un client lourd Lync 2010 (disponible pour Windows seulement). Je me passerai donc d’évaluer celui-ci, pour me concentrer sur les produits Web.

Pour compléter l’ensemble, un second téléchargement est mis à disposition, vous permettant de rendre compatible votre PC (et accessoirement votre suite Office 2007/2010) avec Office 365.

3. Outlook

Sans surprises, on se retrouve face à une copie de l’Outlook Web App déjà disponible sous Exchange. Pas de fioritures, les fonctionnalités sont simples mais répondent parfaitement au cahier des charges.

Outlook Web App

4. Office et SharePoint

A la création de documents, aucun doute n’est permis, la brique centrale d’Office 365 est SharePoint (vous retrouverez rapidement vos marques via l’utilisation de la charte graphique par défaut de SharePoint 2010). La déclinaison des Office Web Apps de SharePoint 2010 n’offre donc également aucune réelle surprise (encore une fois, les options proposées sont issues de l’héritage des produits Microsoft).

PowerPoint Web App

Word Web App

OneNote Web App

Excel Web App

Côté SharePoint, nous retrouvons la richesse du produit. La liste des modèles est vaste (Blog, Wiki, Sites d’équipes, Recherche, Projets, etc., etc.), l’interface d’administration est complète, le produit est bien évidemment exploitable au travers de SharePoint Designer 2010. Visual Studio 2010 est également la partie (un guide du développeur a déjà été publié à cet égard).

Un site SharePoint (intitulé « Site Web ») pré-paramétré et disposant d’options de personnalisations, vous permettra de créer et publier rapidement un site exposé sur l’Internet. Je trouve l’idée plutôt bonne.

6. Conclusion (Work In Progress)

Souvent, présenter un produit multi-facettes reviens rapidement à parler de « briques». Dans le cas d’Office 365 il est clair que le terme risque de faire école, même si bien évidemment la jeunesse de l’offre excuse un peu cela …

Au final, Microsoft s’appuie logiquement sur son existant et s’essaye au SaaS en jouant la carte de la sécurité. L’offre parait, de mon point de vue, extrêmement adaptée aux entreprises déjà équipées d’environnements Microsoft et ayant la volonté de s’avancer prudemment vers le Cloud. Côté fonctionnel, le manque de transversalité entre les différents produits est handicapant (à l’instar des produits On Premises de la firme de Redmond). Rien de tout cela n’empêchera de faire d’Office 365 un outil de productivité de qualité.

Où se trouve donc sa réelle valeur ajoutée ? Eh bien, vous en tirerez les enseignements que vous voudrez, mais Microsoft continue dans la voix de l’intégration au poste de travail (déjà présente via SharePoint). A savoir, des outils Web fortement liés aux outils Office en mode « client lourd ». Pour Microsoft, le poste de travail n’est pas représenté par le navigateur mais par sa suite d’outils de productivité. Et vu la cargaison de licences vendues, l’inverse aurait été étonnant … Une philosophie qui permet à Office 365 de se démarquer de la concurrence, à défaut de s’acheter une véritable identité.

VSTO/Outlook et le Global Address List

Et un article barbare ! un ! Donc, comment récupérer les contacts de notre GAL (Global Address List) à partir d’un développement Outlook ?

Apparement ils ont oublié de faire le boulot (là j’parle de nos amis de chez Microsoft). On se limite seulement aux contacts favoris relatif au client Outlook. Pour accéder aux contacts enregistrés sur le serveur Exchange, il faut utiliser des API bien spécifiques. C’est la tâche à laquelle s’est attelé un MVP en écrivant une classe assez complète.

C’est ici que ça se passe: http://www.dimastr.com/redemption
Un petit exemple de code en C# (le VB.NET est largement commenté sur le site de Redemption) :
//On déclare notre application Outlook
Application outlook = Globals.ThisAddIn.Application;
//Puis un NameSpace de type MAPI
NameSpace ns = outlook.GetNamespace(« MAPI »);
//Ensuite une session Redemption
RDOSessionClass rdoSession = new RDOSessionClass();
//L’objet MAPI de notre session mappé avec celui de notre namespace
rdoSession.MAPIOBJECT = ns.MAPIOBJECT;
//Un objet Adress Book
RDOAddressBook rdoAdd = rdoSession.AddressBook;
//On parcoure les entrées du GAL
foreach (RDOAddressEntry rdoEnt in rdoAdd.GAL.AddressEntries)
{
//On récupère le nom de l’entrée
string sName = rdoEnt.Name.ToString();
//Puis le fax
const int PR_PRIMARY_FAX_NUMBER = 0x3A23001E;
string sFaxNumber = (string)rdoEnt.get_Fields(PR_PRIMARY_FAX_NUMBER);
}
Quelques remarques :
  • Petite subtilité concernant le fax. Seules certaines propriétés de l’entrée sont disponibles. Pour les autres -comme dans notre exemple, le fax- ils faut utiliser la fonction get_fields() en lui indiquant la constante héxadecimale correspondante, puis caster la valeur récupérée comme il faut.
  • Les données en question se trouvent ici : http://www.cdolive.com/cdo10.htm.
  • Utilisez le prefixe &H pour le VB.NET, et 0x pour le C#.
  • Pour savoir à quel champ correspond quelle donnée, utilisez l’utilitaire OutlookSpy : http://www.dimastr.com/outspy