Patron incognito, le grand écart

On pourrait longtemps disserter sur les raisons de l’exercice et les supposées volontés de ces patrons affichant une certaine humilité. Malgré tout, les résultats sont d’autant plus étonnant qu’ils nous éclairent sur une réalité qui malheureusement se généralise de plus en plus et échappent à nombre de nos élites.

Drôle de mascarade que ce « Patron incognito »

D’un côté le jeu de dupe de salariés que l’on trompe indirectement, prétextant une émission aux vocations sociales bien différentes que l’opéra qui se trame en coulisse. Réalité qui affiche de manière plus ou moins transparente l’entreprise avec un grand « E », que l’on a si peu souvent l’occasion de découvrir et de voir dans son plus pur appareil.

Et puis il y a le patron. Celui qui va se prendre la claque d’une vérité dure mais belle et bien réelle. On parlera de « gens formidables », d’actions prises en réaction à un quotidien cruel. Mais c’est sans compter le patron espion qui grime la réalité, joue à caricaturer l’homme de la rue (le crade, le vrai), loin du conformisme affiché du costume / cravate et de la bienséance.

Chassez le naturel, le patron redeviendra rapidement l’homme gestionnaire, celui qui ne croit qu’en la vérité du chiffre. Même lors de l’épreuve de la divulgation, il n’ira pas plus loin que ses intérêts propres, offrant les bons points et autres belles paroles, l’exercice de communication l’exigeant presque à ne pas trop jouer au bon samaritain.

Le grand écart

A l’image d’une télé réalité lambda, les formules sont donc connues et servies sur un plateau de manière totalement déconnectée. Car oui, on découvre dans ces émissions une réalité faite de bonnes volontés. Des gens qui se décarcassent pour faire au mieux un travail totalement déshumanisé. Ce qui finalement saute aux yeux, c’est le décalage entre un dirigeant gestionnaire, leader charismatique et aventurier de son état, et des employés suiveurs qui souffrent d’un management qui va trop loin. Mais s’il est simple d’ouvrir les yeux quelques secondes, il est beaucoup plus tentant de les refermer aussitôt.

Je serais même tenté de jouir des petites réactions d’hommes qui découvrent que leur monde est différent de celui qu’ils s’imaginaient. On se consolera de les penser, malheureusement, sincères. Amis humains, bienvenue dans le monde réel !