Crise de l’engagement et quête de sens : du stoïcisme au robotisme

Nous sommes ce que nous partageons. Mais se pose ici la question du sens de l’action, du partage. Que faire avec celui qui ne veut pas, ne peut pas, ne souhaite pas partager ? Dans une ère où l’on cherchera à maximiser les effets de réseau, dont se nourri inextricablement l’intelligence collective, il convient de se pencher sur ces personnes qui n’entrent pas dans ce cadre, ou tout du moins, qui n’essayent pas à participer à la conversation générale.

On cherchera donc, lors de la mise en place d’un projet de transformation numérique, des « early adopters ». De bonnes âmes, aptes à porter le projet auprès de leurs collègues, et initialiser la pompe informationnelle. Ces derniers auront le privilège de pouvoir marier engagement corporate et qualités requises (c’est souvent à ce moment qu’on nous parlera, à tord, des natifs du numérique).

La déshumanisation du travail

L’idée serait de créer de vocations. Aucun caractère d’obligation, évidemment, car la sérendipité ne se fera qu’à cette seule condition : celle du bon-vouloir de chacun. Dès lors, comment créer cette émulsion ? Ici, je ne peux que vous alerter à la mise en parallèle des éléments qui suivent :

  • engagement numérique : voir règle des 1%
  • engagement employé : seuls 13% le sont
  • engagement politique : environ 750.000 adhérents aux différents partis pour 600.000 élus
  • engagement syndicaliste : 7% des actifs, soit 1,7 million

Conclusion simplissime. Personnellement, je m’amuse à y voir une sérieuse évidence.

Car le partage n’est motivé qu’à certains endroits :

  • Apporter des contenus intéressants et divertissants
  • Se définir soi-même aux autres (renforcer son image, ses passions…)
  • Grandir et nourrir son réseau (rester connecté avec les autres, découvrir des personnes qui ont les mêmes passions…)
  • S’épanouir (recevoir des commentaires à ses publications, se sentir impliqué…)
  • Permets de soutenir des causes et opinions qui nous tiennent à cœur

Mais qu’est-ce que l’engagement, si ce n’est la contrepartie à la participation ? On ne peut réduire la servitude volontaire , dont font preuve les employés envers leur entreprise, qu’à la simple équation travail = salaire. Nous sommes arrivés à un moment de notre histoire où nos organisations, en perpétuant des méthodes issues de l’ère industrielle, déshumanisent le travail à un point rarement atteint.

En cherchant à aller toujours plus loin, à toujours vouloir croître, nous nous retrouvons dans une époque de rareté temporelle. La croissance n’étant pas, tant s’en faut (voir schéma ci-contre), annexée aux gains de productivité, il a fallu en faire toujours plus. L’information devient croissante, la technologie omnisciente, mais rien n’y fait. Paradoxe ?

« Vous pouvez voir l’ère informatique partout sauf dans les statistiques de productivité »
  • Robert Solow, prix Nobel d’économie

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Résultat nous vivons aujourd’hui dans l’urgence permanente ! La cause ? notre temps disponible n’est tout simplement pas extensible. Nous sommes devenus toujours plus efficaces et productifs, mais simplement à nos dépends, contraints que nous étions à produire toujours plus. Nos vies personnelles et professionnelles fusionnent petit à petit, pour le meilleur, mais peut-être avant tout pour le pire.

Car ne nous y trompons pas, le désengagement est un système d’autoprotection. Désormais, la plupart des employés font acte d’ataraxie, référence à la doctrine stoïcienne et à la maxime suivante :

Sustine et abstine (littéralement « Supporte et abstiens-toi »)

L’action sur ce que l’on ne peut contrôler étant vaine et le désengagement devenant massif, certains palliatifs soi-disant motivants sont mis en oeuvre. Que compétitions et récompenses soient monnaie courante dans de nombreuses entreprises n’étonnera personne, avec les effets pervers que nous connaissons …

Dès lors, le partage devient utopique.

Une solution d’apparat ?

Résoudre l’équation de ce que j’appellerai les stoïques est donc primordial, d’autant que les nouvelles générations prônent un idéal de vie qui promeut un équilibre vie privée / vie professionnelle.

Dans le même temps, les entreprises voient la compétition s’intensifier. Pour remédier à cela, innovation et numérique sont devenus les maîtres-mots, et seules quatre alternatives stratégiques leurs sont offertes :

  1. Être agile et innovant en restant petit. L’impact de l’entreprise sur le monde reste limité et demeure sous le coup d’une concurrence tierce
  2. Croître sans mettre en place de règles et souffrir du chaos. Ce qui pourrait signifier, mourir à petit feu …
  3. Croître et piloter l’efficacité de son business model grâce à des logiques gestionnaires (management + qualité). Ici, on fait le pari que le marché sur lequel l’entreprise se positionne ne puisse évoluer ou être bousculé via l’émergence d’une rupture, d’un nouveau concurrent
  4. Croître en évitant le chaos ….

…. en recrutant un personnel hautement adapté en lieu et place de parier sur des processus / qualifications, mais en s’appuyant sur l’autodiscipline ainsi qu’un esprit « startup » (décontraction + agilité). C’est typiquement ce que la plupart des entreprises issues du numérique (les Google et consorts) adoptent comme méthode. Pour cela, elles pratiquent un recrutement :

  • élitiste : on ne recrute que des hauts diplômés (le haut du panier), permettant d’avoir de bonnes bases de sélection
  • restrictive : on filtre ceux qui n’ont pas le câblage adéquat (on les passes au tamis de la culture maison) et qui n’excellent pas dans leur domaine
  • attractif : on les paye au prix fort, on les traite bien (« fan service », cantine gratuite, possibilités de télétravail, etc.)
  • pragmatique : on recrute ceux qui savent faire, font parti de la frange « active » de la population cible (et entrent dans les pourcentages cités plus haut), qui ont un réel esprit d’entrepreneuriat (que l’on mettra au service de l’organisation) et d’artisanat (ayant un savoir-faire hors du contexte technique pur)
  • et actif : on va chercher le candidat idéal, quel que soit l’endroit où il se trouve sur le globe

Malheureusement, on constate que la plupart des entreprises appliquent exactement la formule inverse, faisant acte d’une extrême passivité. Aujourd’hui on cherche encore des compétences (des « ressources » humaines) dans des bassins d’emplois extrêmement limités, qui sont en adéquation avec une entreprise faisant le dos rond (travail en équipe, gestion du stress, adaptabilité, etc.).

Bien évidemment, vous me direz qu’il est plus facile d’attirer les meilleurs en s’appelant Google, et vous aurez raison. Reste qu’entre ces deux extrêmes, il existe un juste milieu où chaque entreprise devrait pouvoir se positionner. Si la recette miracle était de mieux recruter, elle est donc surtout favorable aux entreprises qui veulent, doivent, peuvent et ont les moyens de recruter les meilleurs.

Mais se pose néanmoins toujours la question des stoïques, ceux-là mêmes qui indirectement, n’entrent pas dans le moule des employés « modèles » tant recherchés. La réponse apportée par les géants du Web peut paraître simple : ne pas les intégrer dans leur équation de recrutement. Ce qui n’est bien évidemment pas le cas de la quasi-totalité des entreprises, qui souvent surembauchent du personnel dans le but de combler les lacunes d’une organisation minée par le désengagement.

La quasi-totalité des entreprises n’ayant pas le luxe d’être des startups et remettre les compteurs à zéro, il demeure donc un problème de taille. Seraient-elles réellement des usines à générer du désespoir, des postes inutiles à mesurent qu’elles croissent ? Notez qu’en règle générale, plus une entreprise a d’employés et moins chacun de ses employés est productif : lorsque vous ajoutez 10% d’employés, vous perdez 1% de productivité par employé.

Au bout du tunnel, ne leur restera qu’une seule alternative : pourquoi, ne pas simplement supprimer ces « inutiles » ? Nous sommes peut-être loin d’imaginer la vérité …

Here Come the Robots

Une voie assez sombre est l’avenir même du travail, où en tout cas de certains types d’emplois. C’est le sujet du livre de Brynjolfsson et McAffee, Race Against the Machine. A terme, 47% des emplois devraient être confiés à des robots.

Ce changement de paradigme n’est ici plus seulement à mettre au profit d’emplois manuels. Certains domaines, comme les services, la vente, l’administration ou bien les transports risquent à des degrés divers une vague d’automatisation.

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Nous voilà donc, face à une équation terrible. La robotisation serait donc le stade ultime de la productivité, mais plus importante est la corrélation forte entre chômage et profits. Plus le premier augmente et plus le second explose.

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Notre monde fait donc la part belle au capital. Plus, la création de valeurs est aujourd’hui totalement perturbée et les perspectives apportées par la robotique risquent même d’accentuer la tendance. Au final, la part du travail dans les revenus générés continuera sans doute de baisser inexorablement.

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Mais notre salut à tous pourrait bien se trouver ici même. Nous sommes, je le pense, actuellement en plein milieu d’une transformation de notre civilisation : celle du passage de l’ère industrielle à l’ère informationnelle.

Avant même d’avoir pu imaginer et penser comment transformer nos organisations, il nous aura fallu faire avec les moyens du bord : à savoir, nous adapter avec ce que nous avions appris durant l’ère industrielle. Une conception du travail qui se retrouve déshumanisé, comme nous pourrions le faire avec un robot …

Résultat, nous nous essayons à automatiser humainement ce que nous devrions automatiser à terme, principalement par le biais de la robotique. Car si l’on en croit les projections, nous devrions faire abstraction des emplois de support, et peut-être de la bureaucratie. Indirectement, c’est toute une partie des emplois de soutiens qui vont disparaître, favorisant le grand écart entre emplois à haute et basse compétences.

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Mais de mon point de vue, la solution passe par le sens du travail ainsi qu’un nouveau contrat social entre organisations et employés. Les libertés d’un capitalisme débridé nous poussant trop à l’égocentrisme nous font oublier nos devoirs et notre nature humaine.

C’est le constat de Toyota, les champions de la productivité humaine, qui en surrobotisant leurs activités et réduisant au maximum les éléments humains, sont au final devenus moins performants. Leurs constats sont les mêmes que les géants du Web : employer des personnes pouvant travailler avec et pour les machines. Des artisans, des intrapreneurs.

La robotique annihilera peut-être les métiers de soutiens des entreprises. La robotique annihilera peut-être les classes moyennes, creusant les écarts entre riches et pauvres . Mais de trop nombreuses entreprises suivront le mouvement, et resteront empêtrées dans une crise de sens.

Brutale vélocité

Donc quid du moment présent ? Pour une entreprise où le désengagement règne, trois options existent :

  • Se transformer . Ici, il ne s’agit point de mesurettes portées par quelques rares personnes, mais d’une transformation longue et radicale de l’entreprise. Ici, ne se pose pas la question de la rentabilité de l’organisation, mais bien de sa survie
  • Faire acte de résilience. Aller chercher où l’on peut la croissance. Soit via fusion / acquisition ou divers plans de licenciements, soit en cherchant de nouvelles martingales visant à augmenter la productivité de l’organisation et ses employés (malgré les impacts humains)
  • Mourir. Suite du point précédent, quand cela se passe mal (cela peut durer très longtemps suivant la taille de l’entreprise / CA). Constat pessimiste, mais je vous invite à vous pencher sur l’actualité récente pour constater que le mouvement est déjà en ordre de marche (voir graphique qui suit)

 

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Dans tous les cas, le « coût humain » ne semble pas pouvoir être épargné. Les stoïques seront d’ailleurs les premiers touchés, faute à la déshumanisation, à la robotisation de notre société et du travail.

De plus en plus d’entreprises et d’emplois continueront indirectement de disparaître. La seule condition de sortie restera l’impératif de survie économique, car ne vous y trompez pas, l’histoire humaine regorge de ces sales moments où les intérêts de quelques-uns ont toujours prévalu sur la masse. Sauf qu’à ce jeu-là, certains joueront sûrement à se brûler les ailes, et je l’espère, feront changer les mentalités.

« Les Institutions feront tout pour préserver le problème dont elles sont la solution »

  • Clay Shirky

« J’entends souvent les gens dire qu’ils sont trop occupés pour passer du temps sur l’amélioration. Je leur réponds qu’ils cesseront d’être occupé lorsqu’ils seront morts ou que leur entreprise aura fait faillite »

  • Shigeo Shingō

« Il n’est pas nécessaire de changer. La survie n’est pas obligatoire »

  • William E. Deming

Pour aller au delà de telles prédictions, les entreprises devront régler une fois pour toutes le problème d’un désengagement toujours plus massif et réintroduire du sens au travail. Et, pour finir sur une petite touche optimiste, je ne crois pas que nous serons tous demain forcés à rester chez nous. Le chômage généralisé n’aura sans doute pas lieu, de nouveaux métiers et marchés émergeront et il y a fort à parier que l’humanité s’adaptera à cette nouvelle ère, que l’on espérera juste un peu plus harmonieuse que les précédentes.

Le clavier fait de la résistance

À l’usage, je me suis fortement habitué à l’utilisation de mes appareils mobiles dans ce qu’ils font de mieux, à savoir celui de la consommation de contenus : jeux, musiques, documents, informations, etc. Dans tous ces usages, la tablette a totalement éclipsé l’ordinateur de ma vie numérique personnelle.

À dire vrai la navigation sur tablette est quasi optimale au point d’éclipser l’impératif besoin d’une souris comme pointer principal. Le partage est facile et simplifié. Reste un seul écueil, la production de contenu, chasse gardée de l’ordinateur et de son appendice numéro un : le clavier.

Mobilité = Productivité ?

Ce que l’on reprochait assez justement aux OS mobiles était de ne pas nous fournir nos applications professionnelles. Typiquement, un poste de travail sans un Microsoft Office est rapidement défini comme inutile dans de nombreuses organisations.

Mais l’écueil est en voie de ne plus exister. Microsoft vient de sortir un Office 2013 qui même s’il peut décevoir est taillé pour le mobile,  Google Drive et autres sont des outils plus que matures permettant de couvrir à minima 95% des usages professionnels que de tels outils peuvent nécessiter (offrant même certaines fonctionnalités que ne peuvent se targuer nos bonnes vieilles applications de bureautique).

En ce qui concerne les applications professionnelles, même combat. Le nombre d’applications spécifiques aux tablettes est en train de s’envoler et pas une application professionnelle digne de ce nom n’irait aller à l’encontre d’un marché qui crie à l’envi, la volonté d’avoir une application mobile digne de ce nom. Les développeurs mobiles allant même jusqu’à rendre une meilleure copie sur tablette, réservant des usages plus complets (et souvent moins ergonomiques) aux versions web classiques.

L’OS mobile offrirait même certains usages que ne peut se permettre un PC / Mac. Par exemple des facilités de partage, des ponts intra-applications facilités, une connectivité 3G (ça parait idiot, mais un ordinateur a encore aujourd’hui rarement un emplacement pour une carte SIM), un centre de notifications, etc. Sur nos ordinateurs il faut parfois batailler, voir abandonner même l’idée de pouvoir profiter de telles fonctions qui de mon point de vue vont rapidement devenir capitales pour tout environnement de travail se voulant productif.

Pourquoi une telle simplicité et une telle promesse ? Principalement parce que l’OS mobile cadre les développeurs. L’OS desktop complexifie, par ses possibilités infinies, son ergonomie. En un mot comme un seul, les appareils mobiles sont de plus en plus efficaces, quel que soit le contexte. Et cela facilite leur adoption et l’éclosion d’usages nouveaux.

L’ordinateur désuet ?

Que reste-t-il donc à l’ordinateur, si celui commence à perdre en efficacité ? Une souris, des fenêtres applicatives ? Tout simplement un clavier. Et oui, bien sûr, vous pouvez toujours annexer un clavier à votre tablette.

Même si je commence à m’habituer aux claviers virtuels, force est de constater que rien ne remplace un vrai clavier physique. Tout du moins pour le moment. Et dans le domaine, les choses avancent vite. Microsoft et quelques autres constructeurs ont montré quelques bribes d’ingéniosité en matière d’hybridité mobile. Un clavier rétractable pourrait être une solution, mais l’avenir nous réserva, j’imagine, quelques belles surprises.

Ce qui se dessine néanmoins, c’est une fusion vers un OS nouvelle génération. Chrome OS ou autres bureaux Cloud peuvent poser les bases d’une uniformisation. Nos applications sont aujourd’hui presque toutes disponibles via un navigateur, facilement virtualisable ou accessible en déportée lorsque cela est nécessaire. L’OS mobile se pose en chantre de l’ergonomie et le champion de consommation de contenu.

L’ordinateur n’a donc plus rien que le seul couple clavier/souris et la rapidité qu’il promet comme domaine exclusif.

L’hybridité puis la fusion

Entre temps, Microsoft signe un nouvel opus de son système d’exploitation, en la présence de Windows 8. Cet OS est à la fois desktop et mobile, marié à un matériel qui au mieux d’être innovant se voudra étonnant. Un OS de transition hybride pour des usages et une évolution du système d’exploitation vers quelque chose de nouveau.

De son côté, Apple a amorcé l’évolution en commençant par une pratique qui en aurait étonné plus d’un il y a de cela encore 5 ans, à savoir intégrer des fonctions purement mobiles à son Mac OS X avec l’apparition du Notification Center et des facilités de partage vers les réseaux sociaux.

Reste au final à imaginer une sorte de Responsive Design propre à un OS unique, s’adaptant au contexte, au matériel, au besoin. Sur ce terrain, le clavier parait aujourd’hui le seul outil résistant encore au changement. Vers quoi nous tourner ? Des solutions nées des usages développés par les claviers virtuels et autres T9, l’évolution des technologies et assistants vocaux telle que Siri, voir pourquoi pas des idées optiques ? Les ingénieurs de Google se sont déjà posé cette question dans le cadre de leur projet « Glasses », ce dernier allant jusqu’à nous envoyer des informations via de simples vibrations.

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Les interfaces vont donc évoluer, rapidement. Mais quel que soit les formes qui le substitueront ou non,  le clavier physique est aujourd’hui  le seul outil réellement apte à permettre d’évoluer dans des conditions que nous voulons optimales pour travailler.

Reste à savoir pour combien de temps encore ?

Inbox Pause

Dans la catégorie des parfaits outils vous permettant de vous désintoxiquer de votre boite mail, voici Inbox Pause de Baydin, éditeur du non-moins excellent Boomerang for Gmail (permettant de planifier l’envoi de ses mails).

Inbox Pause est un module pour GMail permettant de mettre, comme son nom l’indique, votre boite de réception en pause.

A l’activation de la fonctionnalité, vous allez avoir la possibilité de fixer ou non un auto-répondeur, parfait pour indiquer à vos correspondants certaines informations importantes du type un numéro à utiliser en cas d’urgence, etc.

Comment se désintoxiquer de son smartphone

Qu’il était bon le temps de la découverte de l’Internet de poche. Pour ma part, la révélation date de 2009 avec un Android G2. J’empilais les applications, testait tout ce qui se faisait, restait à l’affut des dernières nouveautés et prévoyait déjà de changer de téléphone tous les 36 du mois pour « rester dans le coup ». C’était l’utopie, tout était beau, tout était nouveau.

Passés les premiers amours …

Pour être tout à fait honnête, cet objet a eu un effet couteau-suisse que je ne peux nier. Certains appareils du type GPS, Gameboy, appareil photo, réveil, baladeur, montre, calculatrice et quelques autres ont fait les frais de l’apparition du téléphone intelligent dans ma vie. C’était, comme disait justement l’autre, une révolution. Et bien évidemment, je ne m’étonne plus de penser à chaque fois que cela m’est permis, qu’il y a sans doute déjà une application pour ça 🙂

Tels les premiers pionniers, avoir l’impression de marcher pour la première fois dans une sphère totalement inconnue a quelque chose de grisant.  Et puis, au fil du temps, les smartphones ont commencé à fleurir dans les poches. Un iPhone ici, un Android par là … La découverte faisait partie du quotidien.

Une drogue dure

Dans notre monde hyper-connecté, tout est à portée de main. Le smartphone fait dorénavant office, comme j’aime à le répéter, d’extension de cerveau. Nous vivons littéralement avec cette « chose » : on sort avec, on dort avec (où tout du moins à portée de main), on joue avec, on fait nos courses avec, … on ne le lâche pas d’une semelle.

Tant et si bien, que le smartphone est devenu en quelques petites années, le bras de l’Internet connecté, du Web 2.0. Facile à dégainer, facile à utiliser, bref … il faisait corps avec nous même. D’ailleurs il n’est pas rare, lorsque que je m’étonne à discuter smartphone, d’entendre dire « je ne l’utilise quasiment plus pour téléphoner ». Et oui, le smart a éclipsé le phone.

Les usages que l’on y développe sont à peu de choses près identiques à ceux que l’on peut pratiquer sur un ordinateur … mais en plus insidieux. Pourquoi cela ? Parce que celui-ci se trouve au creux de votre poche. Un commentaire Facebook ? Une alerte, un petit jingle, une vibration et on se sent obligé de dégainer. Idem pour les mails, les SMS, les mises à jour d’applications, etc. De plus, malgré sa petite taille, l’appareil regorge d’applications qui vous tendent les bras. Tout y est pour vous faire plonger, j’en connais même qui ne pourraient aller aux WC sans leur greffon numérique …

Multipliez donc les usages, vous multiplierez les interactions et les interruptions. Toute votre vie y passe.

Detox Inbox

J’avais précédemment écrit un article sur le mail, et fait le tour des actions à réaliser pour lâcher prise. Le smartphone peut facilement faire l’objet du même traitement.

Règle n°1 – Séparez le privé du pro

Un français moyen passe en moyenne 15 minutes au téléphone par jour. Ce que ce chiffre ne dit pas, ce sont les statistiques d’utilisation des professionnels. Ces derniers sont  souvent esclave de leur téléphone et y passe leur vie, la mobilité ne faisant qu’amplifier le phénomène.

L’ensemble des règles que je vais décrire s’appliquent donc, à votre smartphone personnel ou professionnel. D’ailleurs, pour bien commencer, ne succombez pas à la mode du « Bring Your Own Device ». Il est sans doute tout à fait grisant de pouvoir se la jouer dernier cri avec son iPhone 5 plutôt qu’un vieux Nokia ou BlackBerry fourni par votre société, mais la 1ère chose dont on a pas envie, c’est de recevoir un mail ou un appel pro en plein week-end détente. J’ai pratiqué et je peux vous dire que ce n’est pas une solution propice à la paix des ménages.

Donc, répétez après moi : la terre ne s’arrêtera pas de tourner si je me « déconnecte » (au sens propre comme figuré) dès que je sors de ma sphère boulot. Ce n’est pas du zéle, mais une question d’équilibre. Quoiqu’il arrive, le téléphone existe, et vous pouvez toujours laisser des instructions et votre numéro personnel à quelques collègues au cas où. Nous verrons comment, avec les règles qui suivent, compléter la démarche.

Règle n°2 – Laissez le vivre

Oui, oui … franchement, laissez-votre téléphone tranquille. Libérez-vous de lui, et lui de vous. Vous avez un smartphone pro ? Éteignez-le dès que vous sortez du boulot, laissez-le au bureau et ne le rallumez que lorsque vous reprendrez le lendemain ou sorti du week-end.

Bon OK, je vous autorise à l’allumer et le consulter un peu avant mais n’abusez pas. La règle de l’urgence décrite plus haut est réelle. Si une vraie urgence arrive, ne vous inquiétez pas, on trouvera toujours le moyen de vous contacter !

Et concernant votre smartphone perso, ne soyez pas tout le temps dessus. J’en vois qui ne peuvent s’empêcher de le trainer jusqu’à leur table de restaurant. Tout le temps dessus, toujours alerte. Laissez-le donc dans votre sac, votre manteau ou chez vous si vous n’en avez pas besoin.

Coupez le cordon ombilical, ne devenez pas son esclave.

Règle n°3 – Évitez les distractions

Le smartphone a intégré la dimension « Internet » au phénomène du téléphone. L’usage des applications mobiles a depuis peu dépassé celui de l’usage d’Internet sur ordinateur, et cette tendance ne risque pas de s’inverser.

Mais dites-vous bien que votre smartphone n’est pas votre bureau. Vous n’y produirez du contenu qu’épisodiquement. Donc pas besoin d’installer obligatoirement toute la panoplie d’applications que vous pourriez retrouver sur votre PC. Supprimez les jeux auxquels vous ne jouez ou jouerez plus, idem pour les applications d’informations et d’obscurs réseaux sociaux.

Gardez à l’esprit que plus vous en aurez et plus aurez la tentation de perdre votre temps en lançant une application X ou Y histoire, comme le dit si bien l’expression, de « tuer le temps ».

Règle n°4 – Ne gardez que l’essentiel

Avant de me décider à nettoyer mon smartphone, je devais avoir une bonne centaine d’applications. L’appareil en question (un Android), ramait à tout bout de champs, son autonomie réduite à quelques heures en usages intensif. Le serpent se mordait littéralement la queue, ne voyant à mon problème qu’un souci lié à la vétusté toute relative de mon appareil. Monde de merde … m’acheter le dernier bijou technologique à 500€ devrait bien changer la donne …

Et bien non, rassurez-vous. Même si je suis conscient de l’obsolescence programmée de mon téléphone, la seule et unique solution reste de faire le ménage.

Posez-vous les bonnes questions :

  • Ça me sert ?
    • Oui ? OK on garde
    • Non ? Poubelle
  • Sinon ça t’arrive réellement de l’utiliser cette application ?
    • Oui ? Je la classe quelque part, je sais qu’elle est là, au cas où …
    • Non ? Bon, tu peux la virer

Au final, je me retrouve aujourd’hui avec une petite armée d’applications qui ont toutes faites leurs preuves (ajoutez à ces dernières les applications natives Android : GMail, Calendar, Maps, Navigation, etc.) :

N’oubliez pas de remiser l’accès au Google Play/App Store, très très très loin (cachez le, supprimez-le, oubliez-le). Mieux vaut éviter de perdre son temps à fouiner dans les centaines de milliers d’applications existantes.

D’ailleurs ne vous dites même pas que vous pourriez louper une application. Si un indispensable pointe le bout de son nez sur la planète, ne vous inquiétez pas, quelqu’un vous en parlera surement, on vous partagera l’information à un moment où à un autre.

Bien évidemment, tout cela reste fonction de vos usages et de vos (mauvaises) habitudes …

Règle n°5 – Supprimez les notifications

Supprimez toutes les notifications ou mises à jour de votre téléphone. Je dis bien TOUTES !!! Taillez dans le gras, osez aller dans votre application Facebook et mettez en veilleuse toutes les notifications (non, en fait, virez Facebook tout court, ce sera plus simple :)). Répétez ensuite l’action pour chaque application.

Préférerez les mises à jour automatiques et silencieuses dès que vous vous connectez à un réseau Wifi. La barre de notification est un aimant sur lequel vos yeux se sentent inexorablement attirés. Pour éviter de succomber il vous faut donc être radical et vous éviter autant que possible de tomber dans le panneau.

Vous devez, au bout du compte, ne recevoir que l’essentiel. Typiquement tout ce qui est rattaché à la fonction téléphone à savoir les appels/SMS.

Oui, j’oubliais. Plus terrible que la barre de notification, les jingles et autres vibrations sont ce qui se fait de plus intrusif. Comme pour les notifications, réservez cela aux fonctions de téléphonie et supprimez tout le reste.

Au passage, gardez-vous de permettre à votre téléphone d’émettre le moindre son sauf si cela est nécessaire. Ceux qui utilisent les transports en commun comprendront …

Règle n°6 – Optimisez l’espace

Vous l’aurez compris, il faut éviter au mieux d’être tenté. Cachez-donc cette tablette de chocolat qui traine sur la table, limitez-vous à n’afficher de manière visible que les applications nécessaires (Android le permet, sinon utilisez des dossiers).

Utilisez des raccourcis (comme l’exemple ci-dessous ou j’utilise un raccourci vers l’envoi d’un SMS à un contact précis), n’utilisez des widgets que si cela vous apporte quelque chose.


Si vous souhaitez néanmoins vous mettre au courant de ce qui passe dans le monde essayez Flipboard. Cette application m’a permis de supprimer une vingtaine d’autres applications d’informations (bye bye Twitter, Facebook, Seesmic, LinkedIn, 20Minutes, L’équipe, Le Monde, 01Net, etc.). Flipboard sélectionne pour vous les informations et vous permet également de publier (attention tout de même, ce n’est pas un outil de veille pur et dur).

Règle n°7 – Créez-vous une liste blanche

Une fois les premières règles mis en pratique, vous devriez déjà avoir un téléphone un peu plus véloce ainsi qu’une autonomie un peu plus raisonnable. Votre téléphone ne passe plus pour un arbre de noël, votre temps vous appartiens un petit peu plus.

Maintenant, il est l’heure de rendre à votre smartphone sa fonction initiale : le téléphone. Et malheureusement de ce côté-là ce n’est pas non plus la panacée.

Pour commencer, installez une application du type de Call Blocker (nativement Android a déjà de quoi faire, mais l’interface et les fonctions laissent à désirer). Cette dernière peut par exemple n’autoriser que les appels entrants des numéros que vous avez dans votre carnet d’adresse. Les autres seront immédiatement renvoyés vers votre boite vocale. Cela inclus les fameux numéros masqués, mes préférés 🙂

Vous pouvez également placer certains de vos contacts (ceux qui abusent) sur une liste noire ou -comme c’est mon cas- gérer une liste blanche. Pensez-vous réellement vouloir recevoir des appels de la totalité de votre liste de contact ? Chez moi, sorti d’une trentaine de personnes, le reste devra passer par mon répondeur.

D’ailleurs pour qu’ils puissent vous laisser un message, faites qu’il soit clair et précis. Indiquez que vous allez les rappeler si nécessaire, demander leur de laisser l’objet de leur appel, leurs coordonnées, etc.

Règle n°8 – Ne paniquez pas ! Profitez !

La seule idée de ne pas avoir votre portable en poche vous dérange ? Vous avez en plus l’impression de devoir rester constamment connecté, sous peine de manquer le délire du siècle ? Vous êtes sans doute frappé de nomophobie (no mobile phobia) et/ou du syndrome FOMO.

Le smartphone devient une sorte d’objet transitionnel, qui nous donne le sentiment de ne plus être complet quand on en est privé, et qui génère une perte dans le lien à soi-même et aux autres

Ne succombez pas à l’angoisse. Consultez votre messagerie téléphonique et vos réseaux sociaux qu’1 seule fois par jour. 1 seule fois par jour, grand maximum ! Ça ne sert à rien d’en faire plus. Vous allez quoi qu’il arrive louper quelque chose, même en ayant constamment les yeux rivés sur votre téléphone. De plus, grouper ce type d’actions permet mécaniquement de gagner du temps.

Ne succombez pas à l’urgence, laissez les gens se déshabituer de votre promptitude à répondre dans la seconde.

Ne laissez pas votre téléphone vous contrôler

Comprenez bien qu’à trop se poser la question du choix, vous vous coupez au fur et à mesure la possibilité d’en faire. A trop croire que vous vous devez d’être connecté, vous vous couperez définitivement de votre réelle existence.

Cet article pourrait traiter de nos rapports à l’Internet en général, mais cela fera sans doute l’occasion d’un autre sujet. En attendant, brisez les chaines qui vous enferment. En suivant ou en adaptant les règles ci-dessus vous devriez pouvoir lâcher un peu prise.

Et bien évidemment, gardez le cap. Ne fléchissez pas.