BYOD, entre phobie et pragmatisme

L’avènement du Bring Your Own Device pose la question, toute logique, de la sécurité des données. En cela c’est une bonne chose, mais vous remarquerez que ce qui cristallise l’attention n’est pas la donnée, mais l’appareil, l’outil numérique.

Chose assez aisée, j’observe dans la plupart des entreprises des montages sécuritaires assez impressionnants. Ils sont principalement de deux types :

  • Blocage logique total ou partiel de l’accès Internet
  • Blocage physique des ports USB et interdiction des appareils tiers (frustrant lorsque l’on est consultant …)

Mesures justifiables lorsque le domaine et/ou le métier du personnel le justifient, une chose est certaine le cas Snowden n’a pas empêché de voir des montagnes de données classées « secret défense » déferler sur la toile. Comme quoi, une carapace globale est difficilement tenable.

Néanmoins, la plupart du temps le BYOD est tout au mieux toléré, mais génère surtout une certaine crispation. On touche là à la passion qui caractèrise le phénomène, et on ressent une gêne qui de fil en aiguille ne permet que très rarement de se poser LA vraie question :

Quelles données dois-je absolument sécuriser ?

Le fond du problème est de mon point de vue, plus philosophique que technique. Et à cela j’y ajoute quelques remarques / anecdotes, histoire d’épicer un peu le débat 🙂

Interdire les appareils connectés ? vraiment ?!

Que feriez-vous si je m’amène avec une tablette ? pour en avoir fait l’expérience, n’hésitez pas à comprendre qu’interdire une tablette équivaut à interdire l’intégralité des smartphones de vos employés.

Vous vous sentez prêt à affronter une gronde générale ? le smartphone touche à l’affect. Une telle mesure est, sauf domaines qui le nécessitent, totalement intenable. Dilemme, dilemme ! bienvenue dans un monde totalement connecté.

Interdire le Web. Et l’email dans tout ça ?

Vous agitez la fuite d’informations comme une raison suffisante pour interdire / filtrer Internet et les appareils personnels ? J’ai même observé dans un grand laboratoire pharmaceutique une coupure totale avec le monde extérieur, ne permettant l’accès au Web que via des postes eux-mêmes sécurisés et dédiés (et pas accessibles en libre-service).

Mais vous êtes-vous posé réellement la question de ce que vos employés s’envoient via mail ? Des documents sensibles sortent tous les jours de votre entreprise sans que vous le sachiez. Vous avez des logs ? super ! les analysez-vous ne serait-ce qu’une fois l’an ?

Les VIP organisent volontairement les fuites : amen !

Brancher un disque dur externe ou une clé USB ne permettra que d’accélérer le processus de fuite d’informations. Leur blocage peut donc paraître logique, mais ne résout pas le problème de fond.

Anecdote intéressante, celle d’un dirigeant décédé d’une grande entreprise qui copiait toutes les données sensibles (et secrètes) de son entreprise sous des disques durs personnels cryptés. La chose était connue et toléré (c’est le chef hein !), imaginez-vous la tête de ses successeurs lorsqu’on leur annonce que non, on ne peut absolument rien récupérer ni sur ses ordinateurs, ni sur son téléphone.

Même sujet sur le SaaS et l’usage qu’en font certains responsables. J’ai observé un étrange manège dans une entreprise très soucieuse de ne pas utiliser le Cloud pour ses employés, pour des raisons que vous pouvez facilement vous imaginer. A côté de ça, tous les comités de direction s’organisaient et se géraient sur une solution Cloud grand public …. deux poids, deux mesures !

Réfléchissez donc, messieurs les dirigeants que si vous mettez en place des mesures sécuritaires techniques et légales, d’être les premiers à les respecter. Comme je le disais dans un billet précédent, le VIP est une menace qui participe activement à l’écroulement du SI.

Et le papier dans tout ça ?

Vous souhaitez interdire les appareils personnels dans le cadre du travail ? Peur de voir un employé partir avec une somme d’informations qui vous échappe ? OK.

Mais quelle est votre politique à propos du papier ? Avez-vous l’idée de ce que vos employés photocopient ? Avez-vous une politique concernant les calepins et carnets de note papier que vos employés utilisent ? J’ai vu un prestataire extrêmement méticuleux (il notait absolument tout, informations sensibles et mots de passe système inclus), qui en froid avec son client est volontairement parti avec ses données sous le bras et ne voir personne s’en offusquer.

DSI as a Service

Qu’il est difficile de convaincre que votre solution est LE meilleur compromis du marché. Il est bien évidemment encore plus compliqué de ne pas enjoliver la réalité quand cette dernière joue contre vous. Une solution fonctionnellement moyenne, trop chère, et autres arguments contre lesquels il est complexe de s’affranchir sans tromper votre interlocuteur (chose que je suis incapable de faire … je laisserai volontiers cette initiative à mes amis commerciaux).

Dans le cas d’un éditeur de logiciels, la roadmap fait office d’épée à double tranchant et ne peut se transformer en argument marketing. Que faire si vous ne respectez pas les délais ? J’ai eu l’amère expérience de vivre cela avec IBM Docs, la suite bureautique en ligne de Big Blue. Initialement prévue pour être intégrée à leur offre collaborative SaaS début 2012, celle-ci vient à peine de pointer le bout de son nez. Plus ennuyeux, au lieu d’être gratuit, le service se retrouve facturé 30 € par utilisateur et par an. Une pilule difficile à avaler pour ces clients qui comptaient sur les promesses de l’éditeur. Encore plus frustrant est le constat lorsque l’on lorgne sur ce qui se fait à la concurrence.

Consumérisme

Comment s’assurer, pour un client SaaS, qu’un éditeur ne fera pas volte-face sur n’importe quel aspect de son logiciel ou qu’une technologie sur laquelle on investit puisse être toujours d’actualité à courte échéance ? Pour l’exemple, pensez  à Silverlight de Microsoft. Le SaaS promet certainement des avantages en terme d’innovation, mais que faire si l’on ne peut que subir cette évolution permanente. Et le cas d’IBM est intéressant, étant donné que leur solution évolue dans les grandes lignes.

Cette question renvoie directement au digital et aux transformations induites qu’il provoque. La consumérisation de l’informatique est aujourd’hui aux portes de l’entreprise. On parle souvent de services qui s’affranchissent de consulter sa DSI, allant consommer une solution tierce. Mais on ne parle que très rarement de la nature de ces dernières. La démarche se voulant vertueuse si l’on s’engage avec un éditeur qui se révélera sérieux et pérenne, mais l’inverse peut également subvenir et mettre en péril une certaine partie de l’activité de l’entreprise.

La clé de toute cette affaire est de bien comprendre que la DSI est dorénavant en compétition directe avec les éditeurs SaaS. Tout simplement.

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IT On Demand

Nous sommes à un carrefour où les médias sociaux, le Bring Your Own Device, le Do It Yourself, l’accroissement du volume de données (Big Data) et le Cloud se confrontent. Et c’est à cet endroit que la DSI doit muter en fournisseur de services et constamment s’adapter. L’informatique doit devenir une facilité et permettre d’être consommé à la demande. Il est nécessaire d’adopter ce paradigme toujours mouvant.

Mais je vous rassure, il était effectivement très agréable de planifier ses achats de licences sur plusieurs années, s’affranchir d’une informatique changeante et avoir un contrôle total sur son système d’information. Ce temps est simplement révolu. Il est désormais nécessaire de tout faire pour proposer le meilleur compromis et s’adapter en toutes circonstances. Proposer des services adaptés, voire désirés, au meilleur prix.

Ceux qui accepteront cette nouvelle donne profiteront de nombreuses opportunités de croissance et d’engagement. Les autres s’enfermeront dans un modèle qui est d’ores et déjà caduc, au risque d’impacter leur organisation dans sa globalité.

L’ère post-Microsoft

Fraichement arrivé chez Microsoft en 2005, Ray Ozzie (Monsieur Lotus Notes), avait alors adressé une note interne intitulée The Internet Services Disruption. Dans ce mémo, Ozzie décrivait la situation idoine dans laquelle Microsoft se trouvait à l’époque. Un rythme de livraison jamais encore atteint incluant de nouvelles versions de logiciels maison ou encore l’arrivé de la Xbox 360. Les indicateurs étaient tous au vert.

Mais Ozzie flairait que le monde et l’industrie allait prendre un virage capital.

But we bring these innovations to market at a time of great turbulence and potential change in the industry. This isn’t the first time of such great change: we’ve needed to reflect upon our core strategy and direction just about every five years. Such changes are inevitable because of the progressive and dramatic evolution of computing and communications technology, because of resultant changes in how our customers use and apply that technology, and because of the continuous emergence of competitors with new approaches and perspectives.

L’évangéliste énonce les évolutions des prochaines années, division par division, d’une manière extrêmement lucide et qui avec le recul, est d’une impressionnante précision :

  • Cloud / SaaS : La validité du modèle basé sur des services, l’impérative nécessité de fournir des services Web à bas coût (il cite Salesforce …) et redéfinir Office, en l’étendant sur et pour le Web
  • Mobile : L’ubiquité des réseaux, le boom du sans-fil et l’émergence de nouveaux périphériques nécessitant une vision sans doute transverse (l’iPhone n’arrivant que 2 ans plus tard)

What new devices might emerge if we envision hardware/software/service fusion? What new kinds of devices might be enabled by the presence of a service ?

  • Développement : La nécessité d’assurer un rythme de livraison plus rapide, utilisant des méthodes de développement adaptées et légères
  • Social : Le besoin de travailler entre division, voir à l’externe avec les partenaires de la firme

The Platform team understands developers and has deep experience in communications and storage architectures. These teams must work together, benefiting from each others’ strengths, to develop a next generation internet services platform – a platform for both internal and external innovation

  • Pro/Perso : Faire interagir les produits perso et pro, uniformiser l’expérience utilisateur
  • Market : Créer un marketplace commun à la Xbox et au PC (vous avez dit AppStore ?)

Il décrivait un monde changeant, la nécessité d’évoluer et pointait l’unique opportunité que cela pouvait représenter pour Microsoft. 5 ans plus tard, Ozzie est sur le départ et nous livre, sous forme d’épitaphe, un nouveau mémo, Dawn of a New Day.

Que s’est-il passé entre temps ? Le mantra « All In » de Microsoft est devenu une réalité, mais il annonce sans détour l’ère du post-PC et supplie Microsoft d’y foncer tête baissée

Le dur réveil

A l’aube d’une nouvelle année 2013 qui promet, Microsoft est en train de boucler l’un de ces cycles décrit par Ray Ozzie. Entre 2005 et 2013 Microsoft a réalisé son coming out sur le Cloud mais aura peut-être payé chèrement son entêtement à ne pas embraser l’inconnu.

L’hégémonie du PC est terminée

Apple Ere Post-PC

Le constat est simple. En intégrant le marché par une porte différente, Apple, Google et quelques autres acteurs ont conjointement créés un paradigme fragilisant Microsoft.

  • Il se vend plus d’iPad que de PC, les entreprises commençant même à reconsidérer l’évident choix du poste de travail sauce Microsoft
  • Windows 8 propose un OS hybride qui ne convainc personne, alors même que Windows Blue vient d’être annoncé (copiant par la même, un rythme de release qui n’est pas s’en rappeler celui d’Apple)
  • Les Windows Phone et la tablette Surface ne se vendent pas, faute à une qualité défaillante et des prix non-concurentiels
  • Les (fidèles) développeurs commencent à déserter Microsoft pour les plateformes mobiles (iOS / Android)
  • Étant donné l’émergence de nouveaux terminaux (tablettes / smartphones) et usages (Google Apps), la remise en cause de « l’évidence Office » commence à faire son chemin
  • L’érosion de produits entreprise saupoudré de hausses de prix allant jusqu’à 38% pour SharePoint 2013 !

Où va donc Microsoft ? Le constat ci-dessus devrait s’intensifier, creusant un fossé entre deux mondes bien réels. Steve Balmer en fera peut-être les frais. Comme un aveux de faiblesse, les rachats de Skype et Yammer sonnent peut-être comme l’annonce de la fin d’un âge d’or annoncé dès 2005.

Le problème de Microsoft, c’est qu’ils n’ont pas de goût, absolument aucun. Je parle au sens le plus général du terme. Ces gens-là sont incapables d’avoir des idées, ils ne cherchent pas à apporter du savoir ou du bonheur à l’humanité avec leurs produits… Alors, oui, la réussite de Microsoft m’attriste. Leur succès ne me pose pas de problème en soi. Ils l’ont plus ou moins mérité, à force d’opiniâtreté. Ce qui me désespère, c’est qu’ils font des produits de troisième zone

Définir le Cloud

Le Cloud fait désormais partie du paysage de l’IT. Fini donc, le temps de l’évangélisme ? Car si l’on en croit Gartner, le Cloud est entrée dans sa phase de désillusion.

Les analystes donnent donc 5 ans au Cloud pour s’assurer une vraie maturité sur le marché, s’affranchir des parasitages inhérents au buzz généré par le sujet. Le rendez-vous est donc pris …

Et la France dans tout ça ?

Entre temps, dans notre bonne vieille France, où en sommes-nous ? Le dernier rapport TNS-Sofres sur « les TPE-PME et le Cloud Computing » dresse le constat suivant :

  • 5 % des TPE-PME utilisent aujourd’hui le Cloud (15 % des PME de 50 à 99 salariés)
  • 65 % des entreprises qui connaissent le cloud et la quasi-totalité des entreprises qui l’utilisent pensent que cette pratique est amenée à se généraliser, alors que 29 % d’entre elles seulement considèrent que c’est une mode passagère
  • 74 % seraient prêtes à faire un choix français, plutôt qu’européen ou américain pour leur solution de cloud computing, pour un prix et un niveau de service égaux
  • 71 % de ces entreprises connaissent mal les obligations légales qui imposent de garder leurs données sensibles sur le sol français ou européen et 55 % des TPE ne connaissent pas le Patriot Act
  • Avec la multiplication des failles de sécurité des données dans le milieu informatique, les TPE-PME sont 76 % à considérer ce critère comme un frein à l’utilisation du cloud

Qu’est-ce que le Cloud ?

Si la question peut faire sourire, il n’est pas fréquent de voir un peu tout et n’importe quoi en la matière (rapport à la désillusion dont parle Gartner).

La source qui fait référence en la matière reste la définition donnée par le NIST (National Institute of Standards and Technology).

Pour vulgariser le sujet, j’avais concocté une présentation l’année dernière, qui est toujours d’actualité et se veut claire et rapide à parcourir.


En voici un rapide résumé :

  • Pourquoi utiliser le Cloud ? Principalement pour baisser ses coûts d’infrastructure IT, optimiser ces dernières et gérer l’afflux de données
  • Le Cloud est une révolution des infrastructures informatiques. Il est pérenne, déjà présent massivement mais est aujourd’hui utilisé à toutes les sauces (Cloud Washing)
  •  Le Cloud est une vraie industrie réservée à quelques rares acteurs. Les autres s’efforceront de continuer à faire du « bricolage »
  • Le Cloud est définit par 5 caractéristiques essentielles (un service ne répondant pas à l’un d’entre eux n’est pas un service Cloud) :
    • As-a-Service : distribué sous la forme d’un service à la demande (voir en self-service)
    • Élastique : les ressources d’un service Cloud sont élastiques et permettent une évolutivité de la demande quasi instantanée
    • Mutualisé : 1 seul service pour X clients. Les ressources sont partagées entre les clients
    • Mesuré : le service est facturé à l’utilisation (mode OPEX)
    • Accessible n’importe où, n’importe quand, depuis n’importe quel point d’accès. L’ubiquité d’Internet permet cela
  • Le Cloud a 3 modes de consommation
    • SaaS (Software-as-a-Service), consommer un logiciel
    • PaaS (Software-as-a-Service), consommer une plateforme d’exécution d’applications
    • IaaS (Software-as-a-Service), consommer des infrastructures (machines virtuelles, disques durs virtuels, etc.)
  • Le Cloud c’est également 3 modèles de déploiement
    • Cloud Public. Celui que l’on considère, souvent à juste titre, comme le seul et réel « Cloud » car répondant aux 5 caractéristiques citées plus haut
    • Cloud Privé. Vos infrastructures en main propre chez vous ou chez un prestataire tiers (infogérants, hébergeurs)
    • Cloud Communautaire. Cloud utilisé par plusieurs organisations ayant des besoins communs (Amadeus est un exemple bien connu de Cloud Communautaire)

Où en sommes-nous ?

Bien évidemment, il serait malhonnête de ne pas finir cet article sur les principales alertes qui aujourd’hui pondèrent les promesses du Cloud. A savoir :

  • Opacité des offres et des prix
  • Fiabilité et sécurité
  • Aspects juridiques

La multiplication des acteurs, la nature même des services proposés et des offres de plus en plus complexes à appréhender font qu’il est simple de s’y perdre. Notons par exemple que certains acteurs gardent la localisation de leurs données secrètes,  d’autres ne précisent pas faire appel à de la sous-traitance, etc.

Les alertes se multiplient donc et peuvent justifier la méfiance actuelle. Les opportunités font face aux questionnements liés au Patriot Act, au Safe Harbor, à l’absence de réels standards, à la peur de confier ses données à un tiers, à la pression exercée par les utilisateurs et ses effets pervers (cf. le BYOD chez IBM).

Bref, toutes ces questions doivent amener des réponses et le temps devrait nous permettre de rapidement y voir plus clair. Quoiqu’il en soit, la cacophonie actuelle peut à elle seule justifier la phase de désillusion annoncée.

JIVE : Premiers pas

A en croire les analystes JIVE est ce qui se fait de mieux dans la catégorie des Social Software. La société déclare même avoir inventé le Social Business, feignant indirectement la concurrence assez féroce qui règne sur ce marché.

A l’occasion de la sortie de la dernière mouture de l’application (JIVE Engage ou SBS 6, disponible en version d’essai via sa plateforme SaaS), je me suis lancé dans une évaluation rapide de la plateforme.

Première impression, de nombreux wizards et autres aides en ligne fortement intégrées permettent de guider de manière ludique le nouvel arrivant. Simple et efficace, la plateforme invite l’utilisateur à tester l’ensemble des fonctions en suivant un cours méthodiquement orchestré (un indicateur de découverte nous pousse à jouer le jeu).

JIVE propose des fonctionnalités assez standards : création de communautés, ECM, etc. mais aussi plus poussées (analytics, activity streams, app store, etc.).

Dernier point et non des moindres, JIVE propose un ensemble d’outils permettant de s’interconnecter à la plateforme :

  • Module Office/Outlook
  • Module navigateurs (JIVE Anywhere)

La solution Cloud de JIVE est disponible pour 12/18€ par mois et par utilisateur : http://www.jiveon.com

Qualité d’expérience utilisateur

J’ai aujourd’hui même donné un webinar, en partenariat avec ip-label, sur le vaste sujet de la Qualité d’expérience. En résulte un benchmark de performance des solutions de messagerie SaaS d’IBM, Google et Microsoft.

Ci-contre notre présentation commune ainsi que les résultats du benchmark :

Plus que les résultats, le but de notre démarche était bien évidemment de mettre en avant les besoins que peuvent susciter les services SaaS : contractualiser un service, ne serait-ce qu’après de « grands » éditeurs, n’épargnera pas les décideurs et autres DSI de devoir s’adapter à la nouvelle donne qu’est le Cloud.

Pour cela plusieurs parades, dont bien évidemment des outils métrologie que ce soit :

  • En « service régulier », permettant de pouvoir faire jouer vos droits auprès de votre fournisseur de service.
  • Ou lors de phase de migration / OnBoarding permettant de qualifier l’avant et l’après

Bien évidemment nous retiendrons la bonne tenue de Google sur le sujet, rappelons-nous qu’il s’agit ici de sa chasse gardée (IBM et Microsoft règnent avant tout sur le On-Premise). Les déboires d’Office 365 –dont le crash du 09 Septembre, non-pris en compte dans nos résultats- ainsi que la relative jeunesse de LotusLive ne peuvent m’empêcher de conclure sur les points suivants :

  • Que ce soit l’une ou l’autre des solutions, nous tenons là des suites collaboratives et de messagerie de grande qualité
  • La bataille ne se jouera pas sur les fonctionnalités. Nous sommes dans le Cloud public, l’innovation est donc de mise
  • Il est important de prendre en compte la stratégie, l’histoire et l’identité de chacun des trois éditeurs
  • Les conditions d’exécution des services ne peuvent que s’améliorer …. Tout du moins je l’espère et cela irait dans le sens des clients que nous sommes

Microsoft Online vs Google Apps : chronologie d’une année mouvementée

Impossible de passer à côté, Office 365 vient de vivre des premières semaines assez mouvementées.

« Where Microsoft Office meets the Cloud », « Any business, any size ». Comme un écho faisant référence à l’année 2010, Microsoft est « All In » sur le Cloud. La firme de Redmond a peut-être (trop ?) tardé à s’investir dans le Cloud, mais il est clair que la machine en marche.

Cible principale de Microsoft, Google n’a pas non plus tardé à allumer des feux de barrage et à sortir cartouches sur cartouches. Liste non-exhaustive d’événements se déroulant sur les douze derniers mois.

12/07/10 Next Generation BPOS Annonce du futur Office 365.Depuis le début 2010 et l’offre BPOS Standard (= multi-tenant), Microsoft dévoile son nouvel amour pour le Cloud.
23/08/10 Microsoft BPOS (Online Services) outage Last but not least.
Premier crash majeur (2 heures) pour BPOS dans sa version multi-tenant. Le service commencerait-il déjà à devenir instable ?
08/09/10 Meeting Your – And Our Own – Expectations Explications officielles des événements des dernières semaines : il s’agirait de problèmes survenus lors de la mise à jour d’un réseau « nouvelle génération ».La solution mise en œuvre a elle aussi eu un impact sur le service les 3 et 7 Septembre.
27/09/10 Introducing the Microsoft Online Service Health Dashboard Microsoft inaugure son système de supervision de santé des services BPOS.A noter que, ce dernier n’étant pas publique, Google s’en fera rapidement l’écho.
18/10/10 Goodbye cloud? Chief software architect Ray Ozzie to depart Microsoft Annonce du départ de Ray Ozzie, le « Chief Software Architect » et grand ordonnateur de la stratégie Cloud de Microsoft.
19/10/10 Microsoft Cloud 2.0, This Time With Office Microsoft dévoile « Office 365 »
28/10/10 Dawn of a New Day Avant de quitter Microsoft, Ray Ozzie offre à Microsoft une stratégie Cloud sur 5 ans pour Microsoft.Visionnaire en 1984, en 2005, Ozzie le sera-t-il encore aujourd’hui ?
01/12/10 GSA Becomes First Federal Agency to Move Email to the Cloud Agencywide Google bat Microsoft sur la conquête de la General Services Administration (GSA), validant par la même la certification FISMA de ses Google Apps.
09/12/10 Bringing Gmail’s reliability to Microsoft Exchange Annonce de Google Message Continuity (sic !) permettant, je cite, « d’assurer une continuité de services aux utilisateurs durant un crash de Microsoft Exchange ».
14/01/11 Google Apps contracts promise no ‘scheduled downtime’ Fut état des excellents résultats de disponibilités de Google Apps, la firme de Mountain View supprime de ses SLA les périodes de maintenances.Initialement Google Apps incluait également les périodes d’inactivités de moins de 10 minutes.
23/02/11 Google Apps Certification Program launches Lancement d’un programme de certification professionnelle pour Google Apps.
24/02/11 Teach your old docs new tricks with Google Cloud Connect for Microsoft Office Annonce de Google Cloud Connect, un add-on Office permettant de synchroniser ses documents MS Office sur le Cloud via Google Docs.A noter que cet add-on ne permet pas de lire les documents nativement créé sous Google Docs et inversement.
11/04/11 Google’s misleading security claims to the government raise serious questions David Howard, VP Microsoft, charge Google de mentir quant à l’obtention de la certification FISMA pour sa suite « Google Apps for Government »
13/04/11 The truth about Google Apps and FISMA Réponse du berger à la bergère sur le blog de Google Enterprise.
18/04/11 Office 365 is « Ready for Work » Annonce de la beta publique d’Office 365.
20/04/11 BPOS-Federal & FISMA Annonce de l’attribution de la certification FISMA pour BPOS-Federal
26/04/11 Helping small businesses start and manage Google Apps for Business Modification des conditions de l’offre gratuite de Google Apps for Business. Dorénavant il va falloir sortir son porte-monnaie au-delà de 10 utilisateurs.
Pour information, la version gratuite de Google Apps était initialement fixée à 200 utilisateurs pour arriver aujourd’hui à 10 (en seulement 2 ans).
28/04/11 Plan for your Office 365 transition La transition de BPOS vers Office 365 se fera automatiquement … mais nécessite quelques petites préparations (« few things »)
12/05/11 Update On BPOS-Standard Email Issues Un énième crash majeur pour BPOS. Achevez la bête, elle n’en peut plus
27/06/11 365 reasons to consider Google Apps En réaction de la cérémonie de lancement d’Office 365, Google nous gratifie de « 365 raisons de considérer Google Apps ».
28/06/11 Evénement de lancement d’Office 365 par Steve Balmer Lancement d’Office 365 par Steve Balmer.
28/06/11 Microsoft admits Patriot Act can access EU-based cloud data Gordon Frazer, Microsoft Director de Microsoft UK, fait le point sur le Patriot Act vis-à-vis des sociétés US.
03/07/11 Microsoft Plans to Add Dynamics CRM Online to Office 365 Office 365 se verra bientôt dotée du CRM maison, Dynamics, dans sa version Online.
04/07/11 Office 365 : les clients BPOS devront attendre pour migrer La migration vers Office 365 est pour l’instant réservée à quelques rares clients triés sur le volet. Les autres devront attendre …
05/07/11 Microsoft Gave Customer $250,000 To Choose Office 365 Over Google Apps Une université dévoile accidentellement que Microsoft leur a versé 250.000 $ pour passer de Lotus Domino (On-Premise) vers Office 365.Microsoft étant en compétition avec Google sur cette affaire.
10/07/11 Pour y voir clair : Office 365 vs Google Apps Louis Naugès, Fondateur de Revevol, charge Office 365 comme n’étant pas multi-tenant (en autres choses).
15/07/11 Microsoft Project and Visio Will Come to Office 365 Les Office Web Apps d’Office 365 accueilleront bientôt, à l’instar de la version sur site, la prise en charge de fichiers MS Project et Visio.
18/07/11 Offensive de charme de Google en France Google intensifie sa conquête du marché français (l’un de ses plus lucratif) et acquiert des bureaux de 10.000 m² en plein Paris.

Bien évidemment certains de ces événements ne sont pas directement liés, mais je me plais à croire qu’ils puissent réellement l’être.

A suivre …

Google et la sécurité/protection de ces datas centers

Une vidéo intéressante, extraire d’un post du blog Google Enterprise, intitulé : Security First: Security and data protection in Google data centers

La sécurité, question redondante lorsque l’on aborde la question du SaaS ou du Cloud Computing de façon générale, est plus une affaire de réalisme qu’autre chose.

Il suffit de voir les efforts déployés (sans compter les différentes normes auxquels les data centers sont soumis) pour comprendre que seules des sociétés comme Google peuvent réellement s’offrir ce type d’infrastructures. Combiné aux différents apports du Cloud et en faisant appel à la clairvoyance de chacun, les idées négatives sont souvent vite balayées …

Néanmoins, les réticences et les aprioris on encore la dent dure, et la diffusion de ce type de matériaux, la communication allant avec, sont des preuves que certaines batailles sont encore à gagner, même si elles sont déjà idéologiquement parlant.

Tout ne serait donc qu’une question de temps …

Tour d’horizon d’Office 365

L’ouverture de la beta publique de l’offre Cloud collaborative de Microsoft fait beaucoup parler d’elle. Tout le monde en parle, juge sur pièce, les avis vont du tout au tout, les comparaisons vont bon train.

Histoire de vous forger votre propre avis, je vous livre mon petit tour d’horizon d’Office 365.

Note : Je vous passe les formulaires de demande et de confirmation de l’inscription à la beta. Ces éléments évolueront lors de la release publique, donc autant ne pas trop s’y attarder.

Au menu d’Office 365, nous retrouverons les produits suivants :

  • Outlook pour la messagerie / agenda / contacts
  • Office avec Excel, Word, PowerPoint et OneNote
  • Lync pour le présentiel / chat
  • SharePoint pour les sites d’équipes et votre site Web

1. Accueil

A la première connexion, l’ensemble des fonctionnalités d’Office 365 se mettent en marche et se configurent automatiquement. Cela nécessite quelques minutes pour le provisioning, rien de très méchant cependant. La première approche du produit passe donc par la page d’accueil du produit.

Claire, plutôt simple, les options de démarrage permettent rapidement de se lancer dans l’utilisation. On retrouve, outre les liens vers les différentes briques communautaires (je n’en parlerai pas ici, mais l’ensemble est plutôt de bonne facture), les différences ressources « téléchargeables » nécessaires à la configuration de votre poste de travail.

2. Téléchargements complémentaires

Pas de chat intégré en mode Web, d’où l’obligation de passer par un client lourd Lync 2010 (disponible pour Windows seulement). Je me passerai donc d’évaluer celui-ci, pour me concentrer sur les produits Web.

Pour compléter l’ensemble, un second téléchargement est mis à disposition, vous permettant de rendre compatible votre PC (et accessoirement votre suite Office 2007/2010) avec Office 365.

3. Outlook

Sans surprises, on se retrouve face à une copie de l’Outlook Web App déjà disponible sous Exchange. Pas de fioritures, les fonctionnalités sont simples mais répondent parfaitement au cahier des charges.

Outlook Web App

4. Office et SharePoint

A la création de documents, aucun doute n’est permis, la brique centrale d’Office 365 est SharePoint (vous retrouverez rapidement vos marques via l’utilisation de la charte graphique par défaut de SharePoint 2010). La déclinaison des Office Web Apps de SharePoint 2010 n’offre donc également aucune réelle surprise (encore une fois, les options proposées sont issues de l’héritage des produits Microsoft).

PowerPoint Web App

Word Web App

OneNote Web App

Excel Web App

Côté SharePoint, nous retrouvons la richesse du produit. La liste des modèles est vaste (Blog, Wiki, Sites d’équipes, Recherche, Projets, etc., etc.), l’interface d’administration est complète, le produit est bien évidemment exploitable au travers de SharePoint Designer 2010. Visual Studio 2010 est également la partie (un guide du développeur a déjà été publié à cet égard).

Un site SharePoint (intitulé « Site Web ») pré-paramétré et disposant d’options de personnalisations, vous permettra de créer et publier rapidement un site exposé sur l’Internet. Je trouve l’idée plutôt bonne.

6. Conclusion (Work In Progress)

Souvent, présenter un produit multi-facettes reviens rapidement à parler de « briques». Dans le cas d’Office 365 il est clair que le terme risque de faire école, même si bien évidemment la jeunesse de l’offre excuse un peu cela …

Au final, Microsoft s’appuie logiquement sur son existant et s’essaye au SaaS en jouant la carte de la sécurité. L’offre parait, de mon point de vue, extrêmement adaptée aux entreprises déjà équipées d’environnements Microsoft et ayant la volonté de s’avancer prudemment vers le Cloud. Côté fonctionnel, le manque de transversalité entre les différents produits est handicapant (à l’instar des produits On Premises de la firme de Redmond). Rien de tout cela n’empêchera de faire d’Office 365 un outil de productivité de qualité.

Où se trouve donc sa réelle valeur ajoutée ? Eh bien, vous en tirerez les enseignements que vous voudrez, mais Microsoft continue dans la voix de l’intégration au poste de travail (déjà présente via SharePoint). A savoir, des outils Web fortement liés aux outils Office en mode « client lourd ». Pour Microsoft, le poste de travail n’est pas représenté par le navigateur mais par sa suite d’outils de productivité. Et vu la cargaison de licences vendues, l’inverse aurait été étonnant … Une philosophie qui permet à Office 365 de se démarquer de la concurrence, à défaut de s’acheter une véritable identité.