La mort annoncée de SharePoint

Outre les défauts du produit et les faibles avancées de la nouvelle version du produit de Microsoft, ce qui intrigue est la place qui lui est réservée dans la nouvelle version d’Office 365 (qui est en passe d’être rapidement déployée au grand public).

Jugez un peu, plus une trace de la marque « SharePoint ». Tout est fait pour passer sous silence l’avatar du lourd fardeau que peut représenter un produit en décalage avec son temps. Cette mise sous silence est sans rappeler l’acquisition à grands frais de Yammer, et son imminente intégration. De là à imaginer que SharePoint se fasse totalement occulter par le réseau social, il n’y a qu’un pas.

À terme, SharePoint ne devrait être qu’une solution « technique ». La plomberie de fonctions collaboratives plus avancées, chose que l’on cache habilement sous le tapis. Une pure affaire de spécialistes, mais rien qui ne devrait arriver aux douces oreilles des utilisateurs lambda.

Un changement qui semble radical, spécialement lorsque l’on connait le chiffre d’affaire généré par SharePoint. Mais une prise en compte des réalités qui nécessite des adaptations. Microsoft tient peut-être le bon bout.

sharepoint-2013

L’ère post-Microsoft

Fraichement arrivé chez Microsoft en 2005, Ray Ozzie (Monsieur Lotus Notes), avait alors adressé une note interne intitulée The Internet Services Disruption. Dans ce mémo, Ozzie décrivait la situation idoine dans laquelle Microsoft se trouvait à l’époque. Un rythme de livraison jamais encore atteint incluant de nouvelles versions de logiciels maison ou encore l’arrivé de la Xbox 360. Les indicateurs étaient tous au vert.

Mais Ozzie flairait que le monde et l’industrie allait prendre un virage capital.

But we bring these innovations to market at a time of great turbulence and potential change in the industry. This isn’t the first time of such great change: we’ve needed to reflect upon our core strategy and direction just about every five years. Such changes are inevitable because of the progressive and dramatic evolution of computing and communications technology, because of resultant changes in how our customers use and apply that technology, and because of the continuous emergence of competitors with new approaches and perspectives.

L’évangéliste énonce les évolutions des prochaines années, division par division, d’une manière extrêmement lucide et qui avec le recul, est d’une impressionnante précision :

  • Cloud / SaaS : La validité du modèle basé sur des services, l’impérative nécessité de fournir des services Web à bas coût (il cite Salesforce …) et redéfinir Office, en l’étendant sur et pour le Web
  • Mobile : L’ubiquité des réseaux, le boom du sans-fil et l’émergence de nouveaux périphériques nécessitant une vision sans doute transverse (l’iPhone n’arrivant que 2 ans plus tard)

What new devices might emerge if we envision hardware/software/service fusion? What new kinds of devices might be enabled by the presence of a service ?

  • Développement : La nécessité d’assurer un rythme de livraison plus rapide, utilisant des méthodes de développement adaptées et légères
  • Social : Le besoin de travailler entre division, voir à l’externe avec les partenaires de la firme

The Platform team understands developers and has deep experience in communications and storage architectures. These teams must work together, benefiting from each others’ strengths, to develop a next generation internet services platform – a platform for both internal and external innovation

  • Pro/Perso : Faire interagir les produits perso et pro, uniformiser l’expérience utilisateur
  • Market : Créer un marketplace commun à la Xbox et au PC (vous avez dit AppStore ?)

Il décrivait un monde changeant, la nécessité d’évoluer et pointait l’unique opportunité que cela pouvait représenter pour Microsoft. 5 ans plus tard, Ozzie est sur le départ et nous livre, sous forme d’épitaphe, un nouveau mémo, Dawn of a New Day.

Que s’est-il passé entre temps ? Le mantra « All In » de Microsoft est devenu une réalité, mais il annonce sans détour l’ère du post-PC et supplie Microsoft d’y foncer tête baissée

Le dur réveil

A l’aube d’une nouvelle année 2013 qui promet, Microsoft est en train de boucler l’un de ces cycles décrit par Ray Ozzie. Entre 2005 et 2013 Microsoft a réalisé son coming out sur le Cloud mais aura peut-être payé chèrement son entêtement à ne pas embraser l’inconnu.

L’hégémonie du PC est terminée

Apple Ere Post-PC

Le constat est simple. En intégrant le marché par une porte différente, Apple, Google et quelques autres acteurs ont conjointement créés un paradigme fragilisant Microsoft.

  • Il se vend plus d’iPad que de PC, les entreprises commençant même à reconsidérer l’évident choix du poste de travail sauce Microsoft
  • Windows 8 propose un OS hybride qui ne convainc personne, alors même que Windows Blue vient d’être annoncé (copiant par la même, un rythme de release qui n’est pas s’en rappeler celui d’Apple)
  • Les Windows Phone et la tablette Surface ne se vendent pas, faute à une qualité défaillante et des prix non-concurentiels
  • Les (fidèles) développeurs commencent à déserter Microsoft pour les plateformes mobiles (iOS / Android)
  • Étant donné l’émergence de nouveaux terminaux (tablettes / smartphones) et usages (Google Apps), la remise en cause de « l’évidence Office » commence à faire son chemin
  • L’érosion de produits entreprise saupoudré de hausses de prix allant jusqu’à 38% pour SharePoint 2013 !

Où va donc Microsoft ? Le constat ci-dessus devrait s’intensifier, creusant un fossé entre deux mondes bien réels. Steve Balmer en fera peut-être les frais. Comme un aveux de faiblesse, les rachats de Skype et Yammer sonnent peut-être comme l’annonce de la fin d’un âge d’or annoncé dès 2005.

Le problème de Microsoft, c’est qu’ils n’ont pas de goût, absolument aucun. Je parle au sens le plus général du terme. Ces gens-là sont incapables d’avoir des idées, ils ne cherchent pas à apporter du savoir ou du bonheur à l’humanité avec leurs produits… Alors, oui, la réussite de Microsoft m’attriste. Leur succès ne me pose pas de problème en soi. Ils l’ont plus ou moins mérité, à force d’opiniâtreté. Ce qui me désespère, c’est qu’ils font des produits de troisième zone

SharePoint 2013 antisocial

SharePoint 2010 profitait de l’effet d’aubaine généré par MOSS 2007, confirmant définitivement le succès de Microsoft en la matière. La concurrence étant assez faible, l’éditeur peaufinait son avantage stratégique logiquement centré sur le document, lui-même généré par les produits de la firme de Redmond. Limpide !

En Beta depuis quelques mois, la version 2013 de SharePoint était à l’honneur de la SharePoint Conference 2012 de Las Vegas. Plus qu’un rituel, cette grand-messe était l’occasion de définitivement lancer la nouvelle mouture du logiciel de Microsoft.

Un cycle de vie trop convivial

En 2010, le « Social » n’était que l’embryon d’une vague désormais stratégique.  BlackBerry était encore au centre de la plupart des stratégies d’entreprise. Le Cloud ne faisait pas encore école (sauf pour ce pauvre Ray Ozzie).

3 ans plus tard, c’est désormais un océan qui sépare l’éditeur d’une réalité qui lui échappe. D’où la nécessité d’aller plus vite, plus loin. Et Microsoft l’a bien compris, en suivant un plan que je décompose en 3 étapes :

  • Rationalisation – ou comment faire la même chose en plus efficace et conforme aux standards actuels
  • Évolution – ou comment intégrer les attentes des parties prenantes de son écosystème (utilisateurs, administrateurs, développeurs, etc.)
  • Expansion – ou comment pallier aux faiblesses natives de ses produits

Un produit génétiquement 1.0

SharePoint a toujours été le parfait produit d’un modèle d’entreprise organisée en silo. Sécurité, imbrication, partage de documents, la part des échanges et de l’humain n’étant réduit qu’à quelques bribes de fonctionnalités. En cela, SharePoint 2010 apportait une vision sociale très limitée, au mieux une surcouche applicative mal pensée et moyennement fonctionnelle.

Etant adapté aux organisations et non aux hommes, il s’accommodait mal d’un monde qui lui demandait d’être ce qu’il n’est pas. Car qu’est-ce que SharePoint si ce n’est :

  • Un Framework de développement = Il suffit de voir la demande de développeurs SharePoint. On ne le perçoit pas comme un produit fini apportant une vision fonctionnelle brute. On le modèle à volonté, c’est là toute sa force
  • Des espaces/sites collaboratifs = SharePoint s’organise en poupées gigognes. On parle de sites, de sous-sites, d’héritages de fonctionnalités, d’héritage de droits. SharePoint est un produit féodal dans sa manière de fonctionner, où tout est cloisonné et contrôlable

Microsoft, malgré sa position de leader sur le marché, savait que son enfant était mal né et souffrait de maux inguérissables …

2M$ = Yammer

Et c’est là qu’entre en jeu Yammer dans la stratégie de Microsoft. Incapable d’innover, les évolutions se font maintenant à grands coups de dollars. Hier Skype, aujourd’hui Yammer, qui sera le prochain ?

Quoiqu’il en soit, le rachat et donc la fusion de 2 produits phare du domaine fait désormais office d’épouvantail. La suite de tout cela ? Dixit Jared Spataro, directeur senior de la division Office :

The first step for us in this journey is SharePoint + Yammer integration

We see the people-centric paradigm of Yammer and the more document-centric model of SharePoint as incredibly complementary – and a powerful combination

L’explication est claire, Microsoft voyant en Yammer la parfaite mariée. Reste donc à réussir l’union.

Première étape, l’intégration SharePoint + Yammer. Côté marketing d’abord, avec une baisse de prix et l’intégration commerciale au Cloud collaboratif de Microsoft. Puis fonctionnellement, avec l’intégration de Web Part et l’Open Graph de Yammer (équivalent à celui de Facebook pour ceux qui se posent la question), les nouvelles fonctions communautaires de SharePoint 2013 pouvant paraitre comme les premières étapes d’intégration de Yammer dans SharePoint Server.

Quel futur donner aux deux produits ? On s’attend logiquement à du SSO, l’articulation et la cohabitation se faisant au fur et à mesure. Car Microsoft ne peut se permettre de tuer la poule aux œufs d’or qui lui rapporte  2 milliards de $ par an. Imaginez donc le potentiel, Microsoft affirme que SharePoint est utilisé par une entreprise française sur deux (la statistique est bien évidemment à pondérer, le terme « utilisé » pouvant prêter à sourire …).

Nous avons donc d’un côté un marché et des utilisateurs qui pousseraient naturellement vers Yammer et des organisations, des responsables qui continuent à ne jurer que par SharePoint. Le statuquo devrait donc encore primer quelque temps, laissant le choix du roi à Microsoft qui pour le moment va se servir de l’expérience acquise par Yammer et ses technologies pour les intégrer à ses produits historiques.

Quoi de neuf docteur ?

Mais finalement, de quel bois est-il fait ce SharePoint 2013 ?

Comme à l’accoutumé, SharePoint reste disponible en 2 versions, toutes partageant le même cœur de produit :

  • SharePoint Foundation 2013 : version gratuite, tout du moins si vous avez un Windows Server de disponible
  • SharePoint Server 2013 : version payante, que l’on risque de retrouver disponible sous forme de CAL (à l’identique de la version 2010)

Et concernant les nouvelles capacités et fonctionnalités de SharePoint 2013 ?

  • Peu de nouveautés côté architecture. On reprend les mêmes bases et on recommence
    • Côté fonctions avancées on notera pas mal d’efforts coté BI, ECM, eDiscovery, Identity Management
    • Toujours un peu plus de WCM. Des URL plus lisibles, navigation par tag ou la possibilité d’intégrer de la vidéo plus facilement, plus de fonctions de SEO
    • La recherche évolue. FAST est totalement intégré dans SharePoint Server, remisant l’ancien moteur de recherche SharePoint au placard
    • Web Analytics devient une partie intégrante des fonctionnalités de recherche
  • Côté personnalisation on s’essaye à rendre le travail un peu plus simple pour les web designer (pour ceux qui connaissent, il y avait de quoi s’arracher les cheveux)
    • Mise à jour de l’interface utilisateur pour l’adoption de l’UI Metro que l’on dit plus facile à utiliser (je demande encore à voir)
    • Meilleur respect des standards Web
  • Une nouvelle version de l’interface pour plateformes mobiles tirant allégrement parti d’HTML5
    • Possibilité de faire du push de notifications
  • Un nouveau modèle de déploiement des fonctionnalités : les Apps
    • Accès à un store local ainsi qu’à l’Office Apps Store de Microsoft
    • Bien évidemment, pas mal de nouveautés intégrées au tout nouveau Visual Studio 2012
  • Une mise à jour des fonctions sociales
    • Un vrai mur d’activités (rapport à la version 2010 qui faisait pleurer)
    • Apparition des Communautés, un nouveau type de modèle de site centré sur les interactions de personnes (fournissant entre autre, un système de Gamification)
    • Skydrive Pro, qui remplacera du même coup SharePoint Workspace ainsi que le « My Site »
    • Évolution du micro blog, apparition d’une fonction de partage en 1 clic, etc.

Bref, rien de très révolutionnaire. On ne peut néanmoins que saluer les efforts consentis pour rendre le produit moins complexe et plus accessible.

SharePoint = Social ?

Quid du nerf de la guerre : le Social ? Nous avons vu plus haut que le rachat de Yammer pouvait facilement s’interpréter comme un aveu d’échec rapport à la nature même de SharePoint qui n’a tout simplement pas la carrure d’un vrai réseau social d’entreprise.

Je trouve que Microsoft fait preuve de lucidité. Nous avons d’un côté un produit 1.0 massivement implanté en entreprise et dont le taux d’adoption est, il faut le rappeler, en croissance. De l’autre côté, un marché qui évolue vite, très vite et des acteurs émergents qui se taillent la part du lion.

En rachetant Yammer, de même que Skype, Microsoft fait plusieurs opérations très profitables :

  • Suppression de concurrents potentiels et rentables, donc bien accueilli du côté des places de marché
  • Renforcement de son positionnement et de l’image de marque auprès de ses clients/prospects et autres cabinets d’experts, partenaires, etc.
  • Absorption de technologies innovantes au seing de ses produits historiques (ou comme vu plus haut, surement en complément)
  • Intégration d’hommes et de cultures radicalement opposées à l’esprit d’une grande corporation

En cela, le nouveau SharePoint n’est finalement pas une surprise. Comme décrit plus haut, on rationalise l’existant, on fait évoluer ce qui doit l’être et on étend le spectre fonctionnel du produit.

Bien évidemment on aurait pu souhaiter une vision beaucoup plus radicale, mais il est impossible de faire table rase du passé si facilement. En cela, les décisions prises sont donc logiques. La continuité également.

A suivre …

Tour d’horizon d’Office 365

L’ouverture de la beta publique de l’offre Cloud collaborative de Microsoft fait beaucoup parler d’elle. Tout le monde en parle, juge sur pièce, les avis vont du tout au tout, les comparaisons vont bon train.

Histoire de vous forger votre propre avis, je vous livre mon petit tour d’horizon d’Office 365.

Note : Je vous passe les formulaires de demande et de confirmation de l’inscription à la beta. Ces éléments évolueront lors de la release publique, donc autant ne pas trop s’y attarder.

Au menu d’Office 365, nous retrouverons les produits suivants :

  • Outlook pour la messagerie / agenda / contacts
  • Office avec Excel, Word, PowerPoint et OneNote
  • Lync pour le présentiel / chat
  • SharePoint pour les sites d’équipes et votre site Web

1. Accueil

A la première connexion, l’ensemble des fonctionnalités d’Office 365 se mettent en marche et se configurent automatiquement. Cela nécessite quelques minutes pour le provisioning, rien de très méchant cependant. La première approche du produit passe donc par la page d’accueil du produit.

Claire, plutôt simple, les options de démarrage permettent rapidement de se lancer dans l’utilisation. On retrouve, outre les liens vers les différentes briques communautaires (je n’en parlerai pas ici, mais l’ensemble est plutôt de bonne facture), les différences ressources « téléchargeables » nécessaires à la configuration de votre poste de travail.

2. Téléchargements complémentaires

Pas de chat intégré en mode Web, d’où l’obligation de passer par un client lourd Lync 2010 (disponible pour Windows seulement). Je me passerai donc d’évaluer celui-ci, pour me concentrer sur les produits Web.

Pour compléter l’ensemble, un second téléchargement est mis à disposition, vous permettant de rendre compatible votre PC (et accessoirement votre suite Office 2007/2010) avec Office 365.

3. Outlook

Sans surprises, on se retrouve face à une copie de l’Outlook Web App déjà disponible sous Exchange. Pas de fioritures, les fonctionnalités sont simples mais répondent parfaitement au cahier des charges.

Outlook Web App

4. Office et SharePoint

A la création de documents, aucun doute n’est permis, la brique centrale d’Office 365 est SharePoint (vous retrouverez rapidement vos marques via l’utilisation de la charte graphique par défaut de SharePoint 2010). La déclinaison des Office Web Apps de SharePoint 2010 n’offre donc également aucune réelle surprise (encore une fois, les options proposées sont issues de l’héritage des produits Microsoft).

PowerPoint Web App

Word Web App

OneNote Web App

Excel Web App

Côté SharePoint, nous retrouvons la richesse du produit. La liste des modèles est vaste (Blog, Wiki, Sites d’équipes, Recherche, Projets, etc., etc.), l’interface d’administration est complète, le produit est bien évidemment exploitable au travers de SharePoint Designer 2010. Visual Studio 2010 est également la partie (un guide du développeur a déjà été publié à cet égard).

Un site SharePoint (intitulé « Site Web ») pré-paramétré et disposant d’options de personnalisations, vous permettra de créer et publier rapidement un site exposé sur l’Internet. Je trouve l’idée plutôt bonne.

6. Conclusion (Work In Progress)

Souvent, présenter un produit multi-facettes reviens rapidement à parler de « briques». Dans le cas d’Office 365 il est clair que le terme risque de faire école, même si bien évidemment la jeunesse de l’offre excuse un peu cela …

Au final, Microsoft s’appuie logiquement sur son existant et s’essaye au SaaS en jouant la carte de la sécurité. L’offre parait, de mon point de vue, extrêmement adaptée aux entreprises déjà équipées d’environnements Microsoft et ayant la volonté de s’avancer prudemment vers le Cloud. Côté fonctionnel, le manque de transversalité entre les différents produits est handicapant (à l’instar des produits On Premises de la firme de Redmond). Rien de tout cela n’empêchera de faire d’Office 365 un outil de productivité de qualité.

Où se trouve donc sa réelle valeur ajoutée ? Eh bien, vous en tirerez les enseignements que vous voudrez, mais Microsoft continue dans la voix de l’intégration au poste de travail (déjà présente via SharePoint). A savoir, des outils Web fortement liés aux outils Office en mode « client lourd ». Pour Microsoft, le poste de travail n’est pas représenté par le navigateur mais par sa suite d’outils de productivité. Et vu la cargaison de licences vendues, l’inverse aurait été étonnant … Une philosophie qui permet à Office 365 de se démarquer de la concurrence, à défaut de s’acheter une véritable identité.

Suites collaboratives SaaS et navigateurs supportés

Besoin de modernité

Le déclin d’IE 6, le grand satan du Web standardisé, est en marche.

Depuis la décision de Google, début 2010, d’arrêter de supporter le navigateur de Microsoft, la tendance s’est fortement accentuée. Pour le grand public c’est une certitude (voir statistiques StatCounter ci-dessous), mais quand est-il réellement dans le monde de l’entreprise ? On peut facilement imaginer des chiffres de 30 à 50% d’adoption (!), cela a de quoi laisser songeur …

Microsoft a officiellement arrêté de supporter Internet Explorer 6 en Juillet 2010. Néanmoins, tout n’est pas très clair sur le sujet, le cas des Service Pack pouvant faire office de rallonge du support, ce qui arrange bien les nombreux clients utilisant encore IE6.

A côté de ça, Microsoft a pris à son compte la vague initiée par Google en lançant plusieurs messages forts. Parmi ceux-ci, la décision plutôt courageuse de rendre SharePoint 2010 non-compatible avec IE6. Bien évidemment lorsque l’on aborde l’implémentation de SharePoint dans une entreprise, il n’est pas rare de voir le problème IE6 ressurgir très rapidement, pour le meilleur et comme pour le pire.

Ci-contre quelques ressources sur le sujet :

IE6

 

L’épée de Damoclès

Microsoft n’en est pas resté là, et continue sur sa lancé avec le IE6 Coutdown. La ligne est claire, IE6 est mort, il va falloir s’y faire …

Pour une entreprise, quelle que soit sa taille, migrer une application aussi centrale que peut l’être un navigateur Internet n’est malgré tout pas un sujet anodin. Nombre d’applications métier « custom » et de versions ancestrales de solutions tierces sont des freins réels à la migration. On pourrait également s’amuser du parallèle avec Windows XP, encore majoritaire en entreprise (l’un étant packagé dans l’autre).

Qu’en est-il réellement ? Et bien, force est de constater que l’implication de plus en plus importante des éditeurs dans des solutions Web n’y est pas étrangère. Pour eux aussi, se trainer un existant d’une quinzaine d’années a un coût, et le boom des solutions SaaS, des réseaux sociaux, du mobile et autres HTML 5 oblige à prendre des solutions radicales.

Cet état de fait a pour but de pousser les entreprises à considérer le changement. A terme, on risque de donc voir se banaliser des solutions de virtualisation applicative permettant de contourner le problème (App-V / Sofgrid chez Microsoft, l’incontournable Citrix, etc.). A moins que le business ne se tourne vers une autre solution tel qu’UniBrows.

Navigateur et Social Business

Dans la guerre opposant Google Apps, Office 365 ou LotusLive (mon focus s’arrêtera sur ces trois-là) chacun essaye de tirer la couverture sur soi. Et autant être clair tout de suite, aucune des trois solutions ne sort clairement du lot, chacun trainant ses avantages et inconvénients, à l’instar de n’importe quel produit (sic).

Quelle place peut néanmoins avoir le navigateur dans une telle bataille ? Déjà, concentrons-nous sur les navigateurs supportés officiellement par les trois solutions :

En résulte le schéma qui suit. Quelques précisions sur ce dernier :

  • J’ai volontairement exclu BPOS de la liste, même si Office 365 est encore en version Beta
  • La compatibilité des fonctionnalités est souvent diverses. Par exemple Gmail supporte IE 5.5 là où Calendar et surtout Docs sont plus limités. Je n’ai pas pris en compte les limitations nécessaires pour les administrateurs (ce qui m’importe reste l’utilisateur final)
  • Je me base sur Windows côté OS, et Mac pour Safari uniquement. Les fonctionnalités diffèrent également suivant le niveau de l’OS (Service Pack), je n’en ai pas tenu rigueur (le schéma aurait été illisible)
  • Je n’ai pas pris en compte Opera, IE 9 et Firefox 4
  • Je n’ai pas pris en compte les versions de Java, ni les paramètres de sécurité nécessaires

Deux remarques s’imposent rapidement :

  • Google et Microsoft suivent leur ligne directrice: IE 6 est persona non grata, l’inverse aurait été étonnant
  • LotusLive est le seul produit supportant IE 6, mais se permet le luxe de ne pas supporter Chrome

Pour conclure, je dirais que Google me paraissait obligé d’écarter rapidement IE 6 (son ADN l’impose). Microsoft ne l’était pas, mais à préféré renié son propre monstre. C’est courageux, facile mais pas sans impacts. IBM joue la carte de la sécurité (le non-support de Chrome ne me parait pas problématique en l’état). Mais si la vision d’un navigateur unique -qu’il faille le migrer ou non- peut paraître viable à l’interne, elle me parait tomber en morceaux lorsque l’on aborde la carte de l’ouverture (la collaboration ne se limite pas à la seule messagerie).

Dans un écosystème où l’entreprise se doit de collaborer efficacement, s’affranchir d’un pourcentage non-négligeable d’acteurs peut s’avérer problématique. Imaginez-vous demander à votre client de migrer son navigateur pour utiliser un service (qui en plus de cela, risque de s’avérer payant). Imposer les vision d’éditeurs à un tiers est quelque chose d’extrêmement préjudiciable, voir même complètement inenvisageable (politiques de groupe).

La guerre des navigateurs promet d’être un argument de poids, un prérequis fort et risque de voir l’affrontement tradition/modernité se dessiner. Il semble intéressant de voir comment les roadmaps des différentes acteurs SaaS (et pas seulement ceux cités ci-dessus) s’adapterons à cet état de fait, et comment l’évolution et la mort annoncée d’IE 6 suivra son court.

Encore un sujet qui n’en fini plus de sentir le soufre.

Gérer l’affichage du ruban SharePoint 2010

Dans le cadre d’un projet de site de publication (Internet voir Intranet/Extranet), une demande revient invariablement : gérer l’affichage du ruban Office.

En effet, et ce malgré des droits gérés au plus juste, vous aurez quoi qu’il arrive un minimum d’informations affichées dans la zone du ruban Office. En l’occurence :

  • Bien évidemment, le ruban Office (incluant ses différents onglets)
  • Le bouton « Actions du site »
  • Le fil d’Ariane (Breadcrumb)
  • Le bouton de paramètres utilisateurs/déconnexion
  • Des choses plus « exotiques » comme le bouton du développeur dashboard ou le bouton de modification de pages

Ribbon

Partons du principe que tous les éléments cités n’ont pas à être affichés sur notre site de publication pour les non-administrateurs (on pourrait aussi exclure les personnes non-authentifiés dans le cas d’un site Web exposé en anonyme).

Pour nous permettre de masquer les éléments suivants les droits des utilisateurs, nous allons donc utiliser la propriété PermissionsString via un contrôle  SPSecurityTrimmedControl (l’article énumère les types de permissions possible). Pour l’exercice, nous allons englober le contrôle SPRibbon comme suit (n’oubliez pas la balise fermante après </SharePoint:SPRibbon) :

<SharePoint:SPSecurityTrimmedControl runat="server" PermissionsString="ManageWeb">

Dans le cas présent, nous pouvons constater que seul le bloc lié au ruban est encore visible.

SPTrimmed

Supprimez ce que nous venons de faire, essayons-donc de passer un niveau en dessous. Le PermissionsString pouvant être appliqué directement au contrôle SPRibbon, il nous suffit de modifier la page maître de notre site de publication comme suit :

<SharePoint:SPRibbon runat="server" PlaceholderElementId="RibbonContainer" CssFile="" PermissionsString="ManageWeb">

Dans ce cas, l’ajout de cette propriété permet effectivement de ne pas charger le bandeau.

SPRibbon

Essayons maintenant de faire disparaître ce bandeau supérieur. Pour se faire utilisons un SPSecurityTrimmedControl sur le div englobant le ruban. A savoir, <div id= »s4-ribbonrow »>.

NoRibbon

Vous devriez vite constater que les barre défilement de votre site réagissent bizarrement, empêchant par la même vos utilisateurs de faire défiler vos pages Web. Cela est dû au fait que la balise <DIV> s4-ribbonrow ne soit plus chargée. Sans rentrer dans les différents détails de chargement inhérent aux classes CSS appliquées, nous allons essayer de feinter en utilisant un hack CSS.

Supprimez ce que nous venons de faire, et ajouter le bout de code suivant après le </DIV> de s4-ribbonrow :

<style type="text/css">
div#s4-ribbonrow {
display:none;
}
</style>

On retrouve le même rendu fonctionnel qu’auparavant, sauf que cette fois ci, les barres de défilement fonctionnent parfaitement. Seul soucis, vous aurez le même rendu en vous connectant avec un utilisateur ayant des droits. Pour palier à ce soucis, ajoutez après le code précédent, les lignes suivantes :

<SharePoint:SPSecurityTrimmedControl runat="server" PermissionsString="ManageWeb">
<style type="text/css">
div#s4-ribbonrow {
display:block;
}
</style>
</SharePoint:SPSecurityTrimmedControl>

Si on résume la manipulation, pour nous permettre de ne pas casser la logique de navigation de SharePoint, nous cachons seulement le ruban, que nous ré-affichons ensuite aux administrateurs.

Vous pouvez également, histoire de donner quelques autres pistes, utiliser un contrôle LoginView. Il s’agit d’une méthode qui peut paraître plus simple d’utilisation que le SPSecurityTrimmedControl, car celui-ci introduit une notion de template d’utilisateurs (LoggedInTemplate, etc.).

Dernière petite astuce. Pour en revenir aux barres défilement, si vous souhaitez vous libérer de l’ancrage du ruban en haut de page, procédez à la manipulation suivante :

  • ajouter le hack CSS suivant (il faut qu’il puisse écraser la référence du CSS corev4) : body.v4master { overflow:auto; }
  • supprimez la référence scroll= »no » de la balise <BODY>
  • puis supprimez la référence ID= »s4-workspace” de sa balise <DIV>

Voilà, maintenant vous devriez avoir quelques bases nécessaires sur la gestion de l’affichage du ruban. Cet article est loin de faire le tour du sujet, mais permet de prendre conscience de différentes techniques et méthodes utilisées pour gérer le ruban Office … et indirectement, personnaliser vos interfaces SharePoint.

Message d’erreur « Les alertes ont été désactivées pour ce serveur virtuel »

Le message est assez explicite, n’essayez pas de comprendre la notion « virtuel », ça ne fait référence qu’à votre Web Application (WA).

Donc pour résumer les alertes sont justes désactivées sur votre WA. Pour les réactiver, deux solutions :

  • Via l’interface graphique de la centrale d’administration
    • « Gestion des applications » > « Gérer les applications Web »
    • « Paramètres généraux » > « Paramètres généraux » de votre WA
    • « Alertes » > « Activer »
  • Via stsadm
    • stsadm -o setproperty -propertyname alerts-enabled -propertyvalue true -url <URL de votre WA>

Si vous avez toujours des problèmes d’envois des alertes, jetez un coup d’oeil du côté du Timer Job d’envoi immédiat des alertes (job-immediate-alerts).

« Approbation – SharePoint 2010 » et démarrer le flux de travail lorsqu’un élément est modifié

Le workflow Out-of-the-Box  intitulé « Approbation – SharePoint 2010 » permet de piloter l’approbation de contenu d’un élément, en mettant à jour son état d’approbation. Ce workflow nous met à dispositions une batterie d’options permettant de couvrir un ensemble de cas. En l’occurence, à l’association de ce flux de travail à une liste SharePoint (ou bibliothèque, etc), plusieurs options de démarrage sont donc disponibles :

  • Autoriser le démarrage manuel de ce flux de travail par un utilisateur authentifié disposant des autorisations de modification d’éléments.
  • Démarrer le flux de travail lorsqu’un nouvel élément est créé.
  • Démarrer le flux de travail lorsqu’un élément est modifié.

Fait étonnant : lorsque l’on sélectionne le démarrage du flux de travail à la modification d’un élément, l’état d’approbation n’arrive jamais en état d’approbation « Approuvé ». Cela mérite une explication.

Lorsqu’on observe (voir capture ci-contre) les options de fin de tâche du flux de travail – via SharePoint Designer. On observe plusieurs choses :

  1. Il existe une conditionnelle qui teste si l’option de démarrage « démarrer le flux de travail lorsqu’un élément est modifié » n’est pas définie (égale à « Non »).
  2. Cette conditionnelle n’a pas d’embranchement « Sinon ». Autrement dit, si vous avez activé l’option de démarrage lié à une modification, les actions incluses dans la conditionnelle ne pourront jamais s’exécuter.
  3. La définition de l’état d’approbation du document en « Approuvé » (différente du statut du workflow) est définie dans cette conditionnelle.

ApprovalOptions

Utiliser cette fonctionnalité nécessite donc une intervention manuelle de chaque approbateur pour approuver chaque élément (en plus du worklow et des tâches associées).

Pour palier à ce soucis il va nous falloir modifier le workflow « Approbation – SharePoint 2010 ». Voici un petit mode oépratoire pour rapidement mettre en oeuvre une solution :

  • Ouvrez le site sur lequel vous voulez implémenter ce workflow via SharePoint Designer 2010.
  • Rendez-vous dans le menu des flux de travail, faites un clic sur « Approbation – SharePoint 2010 » et « Copier puis Modifier ».
  • Cliquez sur « Modifier le flux de travail »
  • Cliquez sur le processus du flux de travail : l’élément directement à droite de « Démarrer le processus »
  • Cliquez sur « Modifier le comportement du processus de tâche global »
  • Modifiez le workflow pour que la rubrique « Lorsque le processus de tâche se termine » ressemble à l’exemple suivant (voir catpure d’écran ci-dessous)
  • Enregistrez. Publiez. Ajoutez un workflow comme à l’accoutumé, via le menu des flux de travail de votre liste ou bibliothèque SharePoint.

ApprovalOptionsModified

Affichages personnels, ?contents=1 et ?PageView

Les affichages personnels c’est à la fois le bien et le mal, surtout lorsque ça touche à la sacro-sainte default.aspx

« Génial on peut modifier notre page à la demande ».

« Mais où sont passés mes Web Parts ? Ca plante encore votre bousin »

Néanmoins deux petites astuces pour pouvoir vous sauver de toutes les situations :

  • …/maPage.aspx?PageView=Shared : permet d’afficher l’affichage partagé
  • …/maPage?PageView=Personal : à l’inverse, permet d’afficher l’affichage personnel de l’utilisateur
  • …/maPage?contents=1 : permet d’afficher la page de maintenance des composants WebParts de la page. Permet, entre autre choses, de restaurer les WebParts supprimés ou fermés. Pour avoir accès à cette interface il faut un niveau d’autorisation vous octroyant « Mettre à jour des composants Web Parts personnels » (à ne pas mettre entre toutes les mains).

Timer Job Product Version Job : Erreurs 10016, 1015

Dans la série « Les anomalies redondantes » …

Chaque jour, à 0:45, s’exécute un Timer Job intitulé « Product Version Job ». Ou en français dans le texte « Travail de version de produit ». Comme l’indique l’article TechNet faisant référence aux travaux du minuteur, ce job vérifie l’état d’installation de l’ordinateur et ajoute ces données à la base de données. Soit …

Certaines manipulations permettant de résoudre les différentes remontées d’anomalies liées à ce job existent. Mais comme l’indique Tristan Watkins, en absence de réponse claire et précise sur le sujet, il est préférable de vivre avec ces événements et de les superviser plutôt que de s’affranchir des informations capitales qu’ils peuvent délivrer.

Références :